- C'est quoi ? : une TPE est une entreprise de moins de 10 salariés avec un CA ou un bilan inférieur à 2 millions d'euros, quel que soit le statut juridique choisi.
- Quatre statuts courants : micro-entreprise (0 €), EI au réel (~25 €), EURL (250 à 400 €) ou SASU (300 à 500 €), à choisir selon vos charges, votre protection sociale et votre situation personnelle.
- Sept étapes de création : du business plan à l'immatriculation sur le guichet unique INPI, comptez 7 à 15 jours ouvrés pour recevoir votre Kbis.
- Aides mobilisables : ACRE (exonération de cotisations 12 mois), ARCE (60 % des droits ARE en capital) ou maintien intégral de l'ARE en SASU sans salaire.
- Piège trésorerie TNS : la régularisation des cotisations en année 2 peut dépasser 30 000 €, prévoyez 3 à 6 mois de charges d'avance.
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Une TPE (très petite entreprise) emploie moins de 10 salariés et génère un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 2 millions d'euros, selon la classification INSEE (décret n° 2008-1354). Environ 2,1 millions de TPE composent 96 % des entreprises du secteur marchand en France et font vivre l'économie locale. TPE n'est pas un statut juridique, c'est une catégorie de taille : une TPE peut être une micro-entreprise, une EI, une EURL ou une SASU. Au-delà, on parle de PME (10 à 249 salariés), puis d'ETI (entreprise de taille intermédiaire).
| Critère | TPE | Micro-entreprise | PME |
|---|---|---|---|
| Effectif maximum | Moins de 10 salariés | Pas de seuil spécifique | 10 à 249 salariés |
| CA annuel maximum | ≤ 2 M€ | 203 100 € (vente) / 83 600 € (services) | ≤ 50 M€ |
| Total bilan maximum | ≤ 2 M€ | Pas de critère | ≤ 43 M€ |
| Nature | Catégorie de taille (INSEE) | Régime fiscal et social simplifié | Catégorie de taille (INSEE) |
| Statuts juridiques possibles | Tous (EI, EURL, SASU, SARL…) | Entreprise individuelle uniquement | Tous |
Un auto-entrepreneur est une TPE, mais toutes les TPE ne sont pas des auto-entrepreneurs. La micro-entreprise est un régime simplifié de l'entreprise individuelle, avec des plafonds de CA stricts. La PME commence à partir de 10 salariés.
Comment créer une TPE étape par étape ?
Les formalités de création d'entreprise d'une TPE suivent un parcours en sept étapes. Voici le chemin complet, avec les coûts et délais à chaque stade, pour passer de l'idée à l'immatriculation.
- Étudier le marché et confirmer la viabilité du projet
- Sélectionner la forme juridique adaptée à votre profil
- Rédiger les statuts si vous créez une société
- Ouvrir un compte bloqué et y verser le capital
- Publier un avis de constitution dans un journal habilité
- Déposer le dossier complet sur le guichet unique INPI
- Finaliser les démarches fiscales et sociales
Étape 1 – Valider son projet et réaliser une étude de marché
Identifiez votre cible, votre offre et votre positionnement prix avant toute démarche administrative. Estimez votre chiffre d'affaires prévisionnel : ce montant détermine si le régime micro-entreprise est accessible (plafonds de 203 100 € en vente et 83 600 € en services) ou si un statut au réel s'impose.
Si vous avez besoin d'un financement externe (prêt bancaire, prêt d'honneur), rédigez un business plan chiffré pour structurer votre projet et rassurer les financeurs.
Étape 2 – Choisir le statut juridique adapté
Reportez-vous au tableau comparatif de la section précédente. Trois critères guident votre décision :
- CA prévisionnel : sous les plafonds micro et avec peu de charges, la micro-entreprise suffit. Au-delà, passez à l'EI au réel, l'EURL ou la SASU.
- Protection sociale : le régime général (SASU) couvre mieux mais coûte plus cher que le régime TNS (EI, EURL).
- Situation personnelle : un créateur inscrit à France Travail a souvent intérêt à choisir la SASU pour maintenir son ARE à 100 % sans se verser de salaire.
Étape 3 – Rédiger les statuts (sociétés uniquement)
Cette étape concerne uniquement l'EURL et la SASU. La micro-entreprise et l'EI n'ont pas de statuts à rédiger.
Les statuts doivent mentionner : la dénomination sociale, l'adresse du siège social, l'objet social, le montant du capital, la durée de la société (99 ans maximum) et les modalités de direction. Vous pouvez les rédiger vous-même à partir d'un modèle ou faire appel à un professionnel (avocat, expert-comptable, plateforme juridique).
Étape 4 – Déposer le capital social
Le capital social minimum est de 1 € pour l'EURL et la SASU. En pratique, prévoyez au moins quelques centaines d'euros pour crédibiliser votre société auprès des banques et partenaires.
Le dépôt se fait sur un compte bloqué ouvert auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des Dépôts. L'attestation de dépôt des fonds est délivrée sous 24 h à 72 h.
Étape 5 – Publier une annonce légale (sociétés uniquement)
La publication d'un avis de constitution est obligatoire pour l'EURL et la SASU. Elle se fait dans un journal d'annonces légales (JAL) ou un service de presse en ligne (SPEL) du département du siège social.
Coût : environ 124 € HT pour une EURL (147 € HT à La Réunion et Mayotte). L'annonce doit mentionner la dénomination, la forme juridique, le capital, le siège, l'objet, la durée, le nom du gérant ou président et le tribunal de commerce compétent.
Étape 6 – Immatriculer l'entreprise sur le guichet unique INPI
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création passent par procedures.inpi.fr. Vous y déposez : formulaire en ligne, pièce d'identité, justificatif de domiciliation du siège social, statuts signés, attestation de dépôt des fonds et attestation de parution de l'annonce légale.
Frais d'immatriculation : greffe société commerciale (~37,45 € TTC) + déclaration des bénéficiaires effectifs (~21,41 € TTC). Pour une EI commerciale : environ 25 € TTC. Pour connaître le détail de ces montants, consultez notre article sur les frais de greffe.
Délai moyen pour recevoir l'extrait Kbis : 7 à 15 jours ouvrés après dépôt d'un dossier complet.
| Étape | Objectif | Coût indicatif | Délai |
|---|---|---|---|
| 1. Étude de marché | Valider la viabilité du projet | 0 € | Variable |
| 2. Choix du statut | Déterminer la forme juridique | 0 € | 1 à 2 jours |
| 3. Rédaction des statuts | Formaliser les règles de la société | 0 à 200 € | 1 à 3 jours |
| 4. Dépôt du capital | Bloquer les fonds sur un compte | 0 € | 24 h à 72 h |
| 5. Annonce légale | Publier l'avis de constitution | ~124 € HT | 24 h à 48 h |
| 6. Immatriculation | Obtenir le Kbis / SIREN | ~59 € TTC | 7 à 15 jours ouvrés |
| 7. Formalités post-création | Activer les comptes fiscaux et sociaux | 0 € | 30 à 60 jours |
Étape 7 – Accomplir les formalités post-création
Une fois le Kbis reçu, plusieurs démarches sont à réaliser rapidement :
- Créer l'espace professionnel sur impots.gouv.fr (activation par email sous 72 h, puis code postal envoyé au siège sous 60 jours)
- Signer le mandat SEPA B2B pour le prélèvement automatique des impôts
- Renvoyer le questionnaire 751-SD au Service des Impôts des Entreprises (SIE) dans les 30 jours suivant sa réception
- Créer le compte URSSAF Indépendant sur urssaf.fr (gérants TNS uniquement, pas les présidents de SASU)
- Déposer la déclaration initiale CFE (formulaire 1447-C-SD) avant le 31 décembre de l'année de création
- Demander l'ACRE si éligible, au moment de la création ou dans les 60 jours suivants
- Afficher le nom de la société sur la boîte aux lettres si le siège est au domicile
L'entreprise est totalement exonérée de CFE l'année de sa création, et la base d'imposition est réduite de 50 % la deuxième année. Si le formulaire 1447-C-SD n'est pas déposé avant le 31 décembre, l'administration peut imposer d'office sans appliquer l'exonération.

Quel statut juridique choisir pour créer sa TPE ?
Le choix du statut juridique d'entreprise détermine votre régime fiscal, votre protection sociale et vos obligations comptables. Voici les quatre formes les plus courantes pour ouvrir une TPE.
Micro-entreprise (ex auto-entrepreneur)
La micro-entreprise est le statut le plus simple pour créer sa micro-entreprise. L'immatriculation est gratuite, la comptabilité se limite à un livre des recettes et, pour les activités de vente, un registre des achats.
Les plafonds de chiffre d'affaires sont de 203 100 € pour les activités commerciales et d'hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services. Les cotisations sociales sont calculées sur le CA encaissé : 12,30 % pour la vente, 21,20 % pour les prestations BIC et 25,60 % pour les BNC.
Limite principale : vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles. Si vos frais professionnels sont élevés (loyer, matériel, sous-traitance), ce régime devient vite désavantageux.
Entreprise individuelle (EI) au réel
L'EI au réel permet de déduire toutes les charges déductibles pour les BIC et les BNC du bénéfice imposable. Depuis 2022, le patrimoine professionnel est séparé du patrimoine personnel par défaut.
Le régime fiscal par défaut est l'impôt sur le revenu (IR), avec une option possible pour l'impôt sur les sociétés (IS). Le dirigeant relève du régime TNS (travailleur non salarié) via la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), avec des cotisations d'environ 45 % du bénéfice net.
Coût de création : environ 25 € TTC pour l'immatriculation d'une EI commerciale au greffe.
EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée)
L'EURL est une société à associé unique. La responsabilité est limitée au montant des apports : vos biens personnels sont protégés en cas de dettes de l'entreprise (sauf faute de gestion).
Le gérant majoritaire d'EURL est travailleur non salarié (TNS). Les cotisations sociales s'élèvent à environ 45 % de la rémunération nette, soit un coût total d'environ 1 450 € pour 1 000 € nets versés. Le capital social est libre (1 € minimum). Le régime fiscal par défaut est l'IR, avec option IS.
Budget de création estimé : 250 à 400 €, répartis entre la rédaction des statuts, l'annonce légale (~124 € HT), les frais de greffe (~37,45 € TTC) et la déclaration des bénéficiaires effectifs ou DBE (~21,41 € TTC).
SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)
La SASU permet une grande flexibilité dans la rédaction des statuts. Le président est assimilé salarié : il relève du régime général de la Sécurité sociale, avec fiche de paie mensuelle et DSN.
Les cotisations sociales sont plus élevées qu'en EURL : environ 82 % du salaire net, soit un coût total d'environ 1 820 € pour 1 000 € nets. La couverture sociale est en contrepartie plus complète (maladie, retraite, prévoyance). Pour valider 4 trimestres de retraite, le président doit percevoir au moins 7 212 € bruts par an, soit environ 601 € bruts par mois (le SMIC horaire brut étant de 12,31 €).
Le régime fiscal par défaut est l'IS, avec une option temporaire pour l'IR. Le capital est libre (1 € minimum).
Avantage majeur pour les demandeurs d'emploi : en SASU, si vous ne vous versez aucun salaire, vous ne payez aucune cotisation sociale et vous maintenez 100 % de votre ARE (allocation de retour à l'emploi).
Budget de création estimé : 300 à 500 € tout compris.
Tableau comparatif des statuts pour une TPE
| Critère | Micro-entreprise | EI au réel | EURL | SASU |
|---|---|---|---|---|
| Nombre d'associés | 1 (entrepreneur individuel) | 1 | 1 | 1 |
| Responsabilité | Patrimoine professionnel exposé | Séparation pro/perso (depuis 2022) | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
| Capital minimum | Aucun | Aucun | 1 € | 1 € |
| Régime fiscal par défaut | IR (micro-fiscal) | IR (option IS possible) | IR (option IS) | IS (option IR temporaire) |
| Régime social | TNS (SSI) | TNS (SSI) | TNS (SSI) | Assimilé salarié (régime général) |
| Taux de cotisations | 12,30 % à 25,60 % du CA | ~45 % du bénéfice net | ~45 % du net | ~82 % du net |
| Plafond de CA | 203 100 € / 83 600 € | Aucun | Aucun | Aucun |
| Obligations comptables | Livre des recettes | Comptabilité complète + bilan | Comptabilité complète + bilan | Comptabilité complète + bilan |
| Coût de création | 0 € | ~25 € | 250 à 400 € | 300 à 500 € |
| Protection du patrimoine | Patrimoine professionnel exposé | Séparation automatique | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
Idéal pour : la micro-entreprise convient pour tester une activité à faibles charges. L'EI au réel s'adresse aux indépendants avec des frais professionnels importants. L'EURL combine protection du patrimoine et coût social modéré. La SASU est le choix privilégié des créateurs au chômage qui veulent maintenir leur ARE.
Combien coûte la création d'une TPE ?
Le coût de création d'entreprise d'une TPE va de 0 € à environ 600 € selon le statut juridique choisi et le recours ou non à un professionnel pour la rédaction des statuts.
Coûts de création par statut
| Poste de dépense | Micro-entreprise | EI au réel | EURL | SASU |
|---|---|---|---|---|
| Immatriculation greffe | 0 € | ~25 € TTC | ~37,45 € TTC | ~37,45 € TTC |
| DBE | N/A | N/A | ~21,41 € TTC | ~21,41 € TTC |
| Annonce légale | N/A | N/A | ~124 € HT | ~138 € HT |
| Rédaction des statuts | N/A | N/A | 0 à 200 € | 0 à 200 € |
| Dépôt du capital | N/A | N/A | 0 € | 0 € |
| Total estimé | 0 € | ~25 € | ~250 à 400 € | ~300 à 500 € |
Cas pratique – Budget de création d'une SASU
Profil : Marie, consultante freelance, crée une SASU au capital de 500 €.
Détail de ses dépenses :
- Rédaction des statuts (modèle en ligne adapté) : 200 €
- Dépôt du capital (banque en ligne) : 0 €
- Annonce légale (SPEL) : 138 € HT, soit 165,60 € TTC
- Frais de greffe : 37,45 € TTC
- Déclaration des bénéficiaires effectifs : 21,41 € TTC
- Total : ~424 € TTC
Marie doit aussi anticiper les charges récurrentes de sa première année : comptabilité, assurance RC Pro (~150 à 300 €/an), mutuelle et CFE (exonérée la première année, réduite de 50 % la deuxième).
Quelles aides pour créer une TPE ?
Plusieurs dispositifs permettent de réduire le coût de lancement ou de sécuriser les premiers mois d'activité d'une TPE. Pour une vue d'ensemble, consultez notre guide sur les aides financières pour la création d'entreprise.
L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise)
La demande d'ACRE accorde une exonération partielle de cotisations sociales pendant 12 mois. La demande se fait au moment de la création ou dans les 60 jours suivants. Condition : ne pas en avoir bénéficié au cours des 3 années précédentes.
Pour un micro-entrepreneur, l'ACRE réduit les taux de cotisations de moitié la première année. Pour un gérant TNS ou un président assimilé salarié, l'exonération porte sur les cotisations maladie, maternité, retraite de base et allocations familiales.
L'ARCE (Aide à la Reprise ou Création d'Entreprise)
L'ARCE permet de recevoir 60 % de vos droits ARE restants sous forme de capital. Le premier versement (30 %) intervient au démarrage de l'activité. Le second (30 %) est versé 6 mois plus tard, à condition que l'activité existe toujours et que vous n'exerciez pas de CDI à temps plein.
Le choix entre ARCE et maintien de l'ARE est irréversible. L'ARCE convient si vous avez besoin de trésorerie immédiate pour acheter du stock ou du matériel.
Le maintien de l'ARE en création d'entreprise
Vous pouvez cumuler chômage et création d'entreprise, sous conditions. La configuration la plus avantageuse : créer une SASU, ne se verser aucun salaire et fournir un PV de non-rémunération à France Travail. L'ARE est alors maintenue à 100 %.
Chaque mois, France Travail peut demander une attestation de non-rémunération établie par votre expert-comptable, confirmant qu'aucun salaire n'a été versé sur la période écoulée.
Prêts d'honneur et autres dispositifs
Les prêts d'honneur sont des prêts personnels à taux zéro, sans garantie, accordés au créateur. Les montants vont jusqu'à 50 000 € via Initiative France ou Réseau Entreprendre.
BPI France peut garantir jusqu'à 60 % d'un prêt bancaire, ce qui facilite l'accès au crédit. Des subventions régionales et des aides locales existent aussi, variables selon le territoire et le secteur d'activité.
Quelles obligations comptables et fiscales après la création ?
Les obligations comptables et fiscales varient selon le statut choisi. Les connaître dès le départ évite les mauvaises surprises en matière de trésorerie et de conformité.
Obligations comptables selon le statut
En micro-entreprise, la comptabilité est allégée : un livre des recettes chronologique et, pour les activités de vente, un registre des achats. Pas de bilan ni de liasse fiscale.
En EI au réel, EURL et SASU, la comptabilité est complète : enregistrement de toutes les opérations, bilan comptable, compte de résultat et dépôt de la liasse fiscale dans les 3 mois suivant la clôture (4 mois si clôture au 31 décembre).
Les SASU qui restent sous les seuils de la « micro SAS » (bilan ≤ 450 000 €, CA ≤ 900 000 € et moins de 10 salariés) bénéficient d'obligations allégées.
Pour sécuriser ces obligations dès le départ, L-Expert-Comptable.com accompagne les créateurs de TPE avec une comptabilité 100 % en ligne et un expert-comptable dédié.
TVA : franchise en base ou régime réel ?
La franchise en base de TVA dispense de facturer et de déclarer la TVA tant que le CA reste sous les seuils : 37 500 € pour les prestations de services et 85 000 € pour les ventes. La mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » doit figurer sur chaque facture.
Si le CA dépasse le seuil majoré en cours d'année (41 250 € en services, 93 500 € en vente), l'assujettissement à la TVA est immédiat.
Au-delà de la franchise, deux régimes existent :
- Régime réel normal : déclaration mensuelle (ou trimestrielle si TVA annuelle < 4 000 €)
- Régime simplifié : acomptes semestriels (55 % en juillet, 40 % en décembre) + déclaration annuelle CA12
IS, IR et cotisations : ce qu'il faut anticiper
Le choix entre IS ou IR s'applique par défaut en SASU et sur option en EURL. Le taux réduit est de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (conditions : CA HT < 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques). Au-delà, le taux normal est de 25 %.
L'IR s'applique par défaut en micro-entreprise, EI et EURL. Le barème progressif va de 0 % (jusqu'à 11 600 €) à 45 % (au-delà de 181 917 €), comme le détaille notre article sur les tranches d'imposition.
Les cotisations TNS (EI, EURL) sont calculées sur un forfait d'environ 3 500 € la première année (19 % du PASS, soit 48 060 €). La régularisation intervient en mai de l'année suivante, sur la base des revenus réels. Les cotisations du président de SASU sont prélevées le mois suivant le versement du salaire. La CFE est exonérée l'année de création et réduite de 50 % la deuxième année.
En régime TNS, le forfait de cotisations de la première année (~3 500 €) est faible, mais la régularisation en année 2 peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros selon votre rémunération réelle. Constituez une trésorerie tampon dès le départ pour absorber cet appel de cotisations.
Les erreurs fréquentes à éviter lors de la création d'une TPE
Créer une TPE est accessible, mais certains pièges reviennent régulièrement chez les nouveaux entrepreneurs.
Choisir son statut uniquement sur les frais de création
L'écart entre 0 € (micro-entreprise) et 500 € (SASU) est négligeable face au coût social annuel. Un président de SASU qui se verse 30 000 € nets paie environ 24 600 € de cotisations par an. Pour comparer précisément les deux options, utilisez notre simulateur SASU. Un gérant d'EURL avec la même rémunération nette paie environ 13 500 € — notre simulateur EURL permet de chiffrer précisément cet écart. Le bon réflexe : raisonner en coût total annuel (rémunération nette + cotisations + fiscalité), pas en frais de lancement.
Négliger les formalités post-création
Trois oublis fréquents qui coûtent cher :
- Le questionnaire 751-SD non renvoyé au Service des Impôts des Entreprises entraîne un mauvais paramétrage fiscal (régime de TVA erroné, date de clôture incorrecte)
- La déclaration CFE 1447-C-SD non déposée avant le 31 décembre fait perdre l'exonération de première année et déclenche une imposition d'office
- Le mandat SEPA non signé provoque le rejet du prélèvement de vos impôts, avec pénalités de retard
Sous-estimer la trésorerie nécessaire la première année
C'est le piège le plus courant pour les gérants TNS (EI, EURL).
Exemple concret : Paul crée une EURL et se verse 40 000 € nets en année 1. Ses cotisations réelles s'élèvent à 18 000 €. L'URSSAF ne lui a réclamé que le forfait de début d'activité : 3 500 €.
En mai de l'année 2, la régularisation tombe : 18 000 € − 3 500 € = 14 500 € au titre de l'année 1. L'URSSAF appelle aussi 18 000 € d'acomptes provisionnels pour l'année 2. Total : 32 500 € à payer en année 2. Sans trésorerie d'avance, c'est la difficulté assurée.
La règle : prévoyez 3 à 6 mois de charges en trésorerie dès le lancement. Un expert-comptable anticipe ces régularisations dès la création et ajuste la stratégie de rémunération. Sur L-Expert-Comptable.com, le suivi de trésorerie est intégré à l'accompagnement.
Les questions fréquentes sur la création d'une TPE
Combien coûte la création d'une TPE en France ?
De 0 € pour une micro-entreprise à environ 400-600 € pour une SASU ou une EURL (statuts + annonce légale ~124 € HT + greffe ~37,45 € + DBE ~21,41 €). Le coût varie selon le statut juridique et le recours ou non à un professionnel pour la rédaction des statuts.
Quel est le meilleur statut pour créer une TPE ?
Il n'existe pas de statut universel. La micro-entreprise convient pour tester une activité avec peu de charges. L'EURL permet de déduire les charges réelles avec un coût social modéré (~45 % du net). La SASU est idéale pour un créateur au chômage souhaitant maintenir son ARE tout en se versant des dividendes.
Peut-on créer une TPE en étant salarié ?
Oui, sous réserve de respecter la clause de non-concurrence et l'obligation de loyauté envers l'employeur. Il n'y a pas d'interdiction légale de cumuler un emploi salarié et la création d'une entreprise, sauf clause contractuelle contraire ou activité concurrente.
Combien de temps faut-il pour créer une TPE ?
Comptez 24 à 48 h pour une micro-entreprise (immatriculation en ligne) et 7 à 15 jours ouvrés pour une société (EURL, SASU) entre le dépôt du dossier complet sur le guichet unique INPI et la réception du Kbis.
Quelle différence entre TPE et micro-entreprise ?
La TPE est une catégorie de taille (moins de 10 salariés, CA ≤ 2 M€). La micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié (plafonds CA : 203 100 € vente / 83 600 € services). Un auto-entrepreneur est une TPE, mais une TPE peut aussi être une EURL ou une SASU.
Quelles aides financières existent pour créer une TPE ?
Les principales sont l'ACRE (exonération partielle de cotisations pendant 12 mois), l'ARCE (60 % des droits ARE restants versés en capital en 2 fois), le maintien de l'ARE en parallèle de l'activité, et les prêts d'honneur à taux zéro (jusqu'à 50 000 € via Initiative France ou Réseau Entreprendre).
Faut-il un expert-comptable pour créer une TPE ?
Ce n'est pas obligatoire, mais fortement recommandé dès que l'on dépasse le régime micro-entreprise. En EURL ou SASU, la comptabilité est complexe (bilan, liasse fiscale, TVA, cotisations). Un expert-comptable sécurise les déclarations et aide à définir la rémunération du dirigeant.
Quelles sont les obligations après la création d'une TPE ?
Les démarches à accomplir sont : créer l'espace professionnel impots.gouv.fr, renvoyer le questionnaire 751-SD au SIE, signer le mandat SEPA, déposer la déclaration CFE (1447-C-SD) avant le 31/12, créer le compte URSSAF (si TNS) et demander l'ACRE dans les 60 jours.
Est-ce qu'une TPE paie la CFE dès la première année ?
Non. L'entreprise est exonérée de CFE l'année de création. La deuxième année, la base d'imposition est réduite de 50 %. Pour comprendre comment calculer la CFE et ses conditions d'exonération, la déclaration initiale (1447-C-SD) doit impérativement être déposée avant le 31 décembre de l'année de création, sous peine d'imposition d'office.
Vaut-il mieux l'ARCE ou le maintien de l'ARE pour créer sa TPE ?
Si vous avez besoin de capital de départ (achat de stock, matériel), l'ARCE est pertinente : vous recevez 60 % de vos droits restants en deux versements. Si vos charges de lancement sont faibles et que vous pouvez ne pas vous rémunérer (SASU sans salaire), le maintien de l'ARE est généralement plus avantageux car vous conservez 100 % de vos droits sur la durée.
Sources & Références
Service-Public : Je crée mon entreprise
URSSAF : Créer mon auto-entreprise
Impots.gouv.fr : Obligations fiscales de l'année de création
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