Simulation de revenu Freelance : Calculer son TJM en 2026

Mis à jour le 30/03/2026
Un tarif journalier de 500 € ne se traduit pas par un salaire équivalent, car un freelance ne facture réellement que 140 à 170 jours par an et doit en déduire de nombreuses charges. Il est donc recommandé de fixer son TJM en calculant à l'envers, c'est-à-dire en partant du revenu net souhaité à l'aide d'un simulateur. Enfin, le choix du statut juridique (micro-entreprise, EURL, SASU) est une étape indispensable puisqu'il influence drastiquement votre reste à vivre, votre protection sociale et votre retraite.

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Simulateur de salaire freelance : estimez votre revenu net en 2 minutes

Le simulateur interactif ci-dessus est intégré directement dans cette page. Renseignez quatre paramètres pour obtenir une estimation de votre salaire net mensuel :

  1. Votre TJM (taux journalier moyen) ou votre CA annuel estimé
  2. Votre nombre de jours facturés par an (par défaut : 160 jours, valeur réaliste pour un freelance à temps plein)
  3. Votre statut juridique : micro-entreprise, EURL à l'IS ou SASU à l'IS
  4. Vos frais professionnels estimés en pourcentage du CA (entre 5 et 15 % selon votre activité)

Le simulateur calcule deux résultats : votre revenu net avant impôt sur le revenu (IR) et votre revenu net après IR estimé. Pour la micro-entreprise, le calcul intègre l'option du versement libératoire (2,2 % du CA en BNC). Pour l'EURL et la SASU, l'impôt sur les sociétés (IS) à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà, est pris en compte avant le calcul du revenu disponible.

Les taux utilisés sont ceux en vigueur en 2026 : cotisations URSSAF à jour, barème IR 2026 et taux IS en vigueur.

Comment calculer son salaire net en freelance ? La méthode étape par étape

Passer d'un TJM affiché à un revenu réellement disponible demande cinq étapes. Voici la mécanique complète.

Étape 1 : calculer le CA brut annuel

La formule de base est simple : TJM × nombre de jours facturés = CA brut annuel.

Le piège classique est de multiplier son TJM par 218 jours ouvrés. En pratique, un freelance facture entre 140 et 170 jours par an. Les 50 à 80 jours restants partent dans la prospection commerciale, la gestion administrative, les congés non payés et les périodes d'inter-contrat entre deux missions. Retenir 160 jours est une hypothèse réaliste pour une activité bien lancée.

Exemple : TJM de 450 € × 160 jours = CA brut de 72 000 €.

Étape 2 : déduire les frais professionnels

En société (EURL ou SASU), les frais professionnels réels viennent en déduction du résultat imposable. Comptez entre 5 et 15 % du CA selon votre activité :

  • Activité de conseil avec peu de matériel : 5 à 8 %
  • Activité technique (développement, design) avec logiciels et équipement : 8 à 12 %
  • Activité avec déplacements fréquents ou bureau loué : 10 à 15 %

En micro-entreprise, aucune déduction de frais réels n'est possible : l'abattement forfaitaire de 34 % (BNC) remplace tous les frais.

Étape 3 : déduire les cotisations sociales

C'est l'étape qui creuse le plus l'écart entre les statuts. Les taux 2026 à retenir :

  • Micro-entreprise (BNC) : 22 % du CA brut, sans déduction possible
  • EURL à l'IS, régime TNS (Travailleur Non Salarié) : environ 40 à 45 % du revenu net de gérance (après déduction des frais et de l'IS)
  • SASU à l'IS, régime assimilé salarié : environ 75 à 82 % du salaire brut versé (cotisations patronales + salariales cumulées)

Étape 4 : calculer le revenu net avant impôt sur le revenu

Pour la micro-entreprise : CA - cotisations sociales - frais personnels non déductibles = revenu net avant IR.

Pour l'EURL et la SASU : CA - frais pro - IS - cotisations sociales sur la rémunération = revenu net avant IR. Les dividendes éventuels s'ajoutent à ce stade.

Étape 5 : estimer l'impôt sur le revenu

Trois mécanismes selon le statut :

  • Micro-entreprise : barème progressif de l'IR sur le bénéfice (CA moins abattement de 34 %) ou versement libératoire à 2,2 % du CA en BNC (option possible sous conditions de revenu fiscal de référence)
  • EURL à l'IS : IR sur la rémunération nette perçue + IR ou flat tax (PFU à 30 %) sur les dividendes
  • SASU à l'IS : même mécanique, mais les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales (uniquement la flat tax à 30 %)

Le tunnel complet : CA brut → frais pro déduits → IS → cotisations sociales → revenu net avant IR → IR → revenu disponible mensuel.

Pour aller plus loin sur la fiscalité de la micro-entreprise, les règles d'imposition diffèrent selon l'option choisie dès la création.

Quel salaire net pour un TJM de 300 €, 500 € et 700 € ? Cas pratiques chiffrés

Hypothèses communes à tous les cas : 160 jours facturés par an, célibataire sans enfant (1 part fiscale), pas d'ACRE. Les frais professionnels varient légèrement selon le profil (voir chaque cas).

Cas pratique 1 : TJM 300 € (CA 48 000 €)

Profil : consultant junior, 160 jours facturés, frais pro 8 % du CA.

En micro-entreprise (BNC)

  • CA brut : 48 000 €
  • Cotisations sociales (22 %) : 10 560 €
  • Revenu net avant IR : 37 440 €
  • IR estimé (barème, abattement 34 %) : environ 4 200 €
  • Revenu net mensuel : ~2 770 €

En EURL à l'IS

  • CA brut : 48 000 €
  • Frais pro déduits (8 %) : 3 840 € → base : 44 160 €
  • Rémunération brute versée : 30 000 €
  • Cotisations TNS (~42 %) : 12 600 €
  • Rémunération nette : 17 400 €
  • Bénéfice imposable à l'IS : 44 160 - 30 000 - 12 600 = 1 560 € → IS (15 %) : 234 €
  • Dividendes disponibles : 1 326 € → flat tax 30 % : 398 € → dividendes nets : 928 €
  • Revenu total net avant IR : 18 328 €
  • IR sur rémunération : environ 1 200 €
  • Revenu net mensuel : ~1 427 € (rémunération nette 1 450 € + dividendes nets 77 €)

Note : à ce niveau de CA, la micro-entreprise est nettement plus avantageuse. L'EURL génère des frais fixes (comptabilité, frais bancaires) qui pèsent lourd sur un CA de 48 000 €.

En SASU à l'IS

  • CA brut : 48 000 €
  • Frais pro déduits (8 %) : 3 840 € → base : 44 160 €
  • Salaire brut versé : 24 000 €
  • Cotisations sociales (patron + salarié, ~78 %) : 18 720 €
  • Salaire net : 13 680 €
  • Bénéfice imposable IS : 44 160 - 24 000 - 18 720 = 1 440 € → IS : 216 €
  • Dividendes nets après flat tax : environ 850 €
  • IR sur salaire net : environ 600 €
  • Revenu net mensuel : ~1 161 €

Cas pratique 2 : TJM 500 € (CA 80 000 €)

Profil : développeur freelance confirmé, 160 jours facturés, frais pro 8 %.

Micro-entreprise : impossible à ce niveau de CA. Le seuil BNC 2026 est fixé à 77 700 €. Un CA de 80 000 € dépasse ce plafond et entraîne la sortie du régime micro. Seules l'EURL et la SASU sont accessibles.

En EURL à l'IS

  • CA brut : 80 000 €
  • Frais pro déduits (8 %) : 6 400 € → base : 73 600 €
  • Rémunération brute versée : 45 000 €
  • Cotisations TNS (~42 %) : 18 900 €
  • Rémunération nette : 26 100 €
  • Bénéfice IS : 73 600 - 45 000 - 18 900 = 9 700 € → IS (15 %) : 1 455 €
  • Dividendes disponibles : 8 245 € → flat tax 30 % : 2 474 € → dividendes nets : 5 772 €
  • IR sur rémunération (26 100 €) : environ 3 100 €
  • Revenu net mensuel : ~2 398 € (rémunération + dividendes nets / 12)

En SASU à l'IS

  • CA brut : 80 000 €
  • Frais pro déduits (8 %) : 6 400 € → base : 73 600 €
  • Salaire brut versé : 36 000 €
  • Cotisations (~78 %) : 28 080 €
  • Salaire net : 20 520 €
  • Bénéfice IS : 73 600 - 36 000 - 28 080 = 9 520 € → IS (15 %) : 1 428 €
  • Dividendes nets après flat tax : 5 666 €
  • IR sur salaire : environ 1 800 €
  • Revenu net mensuel : ~2 032 €

À 80 000 € de CA, l'EURL à l'IS génère un revenu net supérieur à la SASU grâce aux cotisations TNS moins élevées sur la rémunération. La SASU reprend l'avantage quand les dividendes représentent une part plus importante de la rémunération totale.

Pour comprendre les implications du passage de la micro-entreprise à une société, le changement de régime demande une anticipation comptable et fiscale.

Cas pratique 3 : TJM 700 € (CA 112 000 €)

Profil : consultant senior, 160 jours facturés, frais pro 10 %.

En EURL à l'IS avec stratégie rémunération + dividendes

  • CA brut : 112 000 €
  • Frais pro déduits (10 %) : 11 200 € → base : 100 800 €
  • Rémunération brute versée : 55 000 €
  • Cotisations TNS (~42 %) : 23 100 €
  • Rémunération nette : 31 900 €
  • Bénéfice IS : 100 800 - 55 000 - 23 100 = 22 700 € → IS (15 % sur 42 500 €, 25 % au-delà) : 3 405 €
  • Dividendes disponibles : 19 295 € → flat tax 30 % : 5 789 € → dividendes nets : 13 507 €
  • IR sur rémunération (31 900 €) : environ 4 500 €
  • Revenu net mensuel : ~3 409 €

En SASU à l'IS avec stratégie rémunération + dividendes

  • CA brut : 112 000 €
  • Frais pro déduits (10 %) : 11 200 € → base : 100 800 €
  • Salaire brut versé : 42 000 €
  • Cotisations (~78 %) : 32 760 €
  • Salaire net : 23 940 €
  • Bénéfice IS : 100 800 - 42 000 - 32 760 = 26 040 € → IS : 3 906 €
  • Dividendes disponibles : 22 134 € → flat tax 30 % : 6 640 € → dividendes nets : 15 494 €
  • IR sur salaire : environ 2 200 €
  • Revenu net mensuel : ~3 103 €

À ce niveau de CA, la SASU devient compétitive si l'on maximise les dividendes (soumis uniquement à la flat tax à 30 %, sans cotisations sociales). L'EURL reste légèrement en tête sur le revenu net total, mais la SASU offre une meilleure protection sociale (régime général, droits au chômage sous conditions).

Tableau récapitulatif des 9 cas pratiques

TJMStatutCA brutFrais proCotisations socialesNet avant IRIR estiméNet mensuel
300 €Micro (BNC)48 000 €N/A (abattement 34 %)10 560 €37 440 €4 200 €~2 770 €
300 €EURL IS48 000 €3 840 €12 600 €18 328 €1 200 €~1 427 €
300 €SASU IS48 000 €3 840 €18 720 €14 530 €600 €~1 161 €
500 €Micro (BNC)80 000 €Dépassement seuilImpossibleImpossibleImpossibleN/A
500 €EURL IS80 000 €6 400 €18 900 €31 872 €3 100 €~2 398 €
500 €SASU IS80 000 €6 400 €28 080 €26 186 €1 800 €~2 032 €
700 €Micro (BNC)112 000 €Dépassement seuilImpossibleImpossibleImpossibleN/A
700 €EURL IS112 000 €11 200 €23 100 €45 407 €4 500 €~3 409 €
700 €SASU IS112 000 €11 200 €32 760 €39 434 €2 200 €~3 103 €

Calculs indicatifs basés sur les taux 2026. Situation : célibataire, 1 part fiscale, 160 jours facturés.

Micro-entreprise, EURL ou SASU : quel statut pour maximiser son salaire freelance ?

Micro-entreprise : la simplicité qui a un prix

La micro-entreprise séduit par sa gestion zéro : pas de bilan, pas de comptabilité complexe, pas de frais de gestion. Les cotisations sociales s'appliquent directement sur le CA au taux de 22 % en BNC (prestations de services intellectuels). Aucune déduction de frais réels n'est possible.

Ce régime convient parfaitement si votre CA reste sous 50 000 à 60 000 € annuels avec des frais professionnels limités. Au-delà, l'absence de déduction des frais réels et le plafond de 77 700 € (seuil BNC 2026) rendent le passage en société logique. Pour les questions de TVA en auto-entrepreneur, la franchise en base s'applique jusqu'à certains seuils qu'il convient de surveiller.

EURL à l'IS : le régime TNS pour les indépendants avec des frais

En EURL, le gérant majoritaire relève du régime SSI (Sécurité Sociale des Indépendants). Les cotisations TNS représentent environ 40 à 45 % du revenu net de gérance, soit un taux apparent inférieur à celui de la SASU. La contrepartie : une protection sociale moins complète, notamment sur la retraite complémentaire et les indemnités journalières.

L'EURL permet de déduire tous les frais professionnels réels et de piloter finement la rémunération pour minimiser l'IS et les cotisations. Elle devient pertinente dès 50 000 à 60 000 € de CA annuel.

Attention : en EURL, les dividendes dépassant 10 % du capital social + comptes courants d'associés + primes d'émission sont soumis aux cotisations sociales TNS. Ce mécanisme limite l'optimisation par dividendes, contrairement à la SASU.

SASU à l'IS : la flat tax comme outil d'optimisation

Le président de SASU est assimilé salarié : il cotise au régime général de la Sécurité sociale. Les charges patronales représentent une part significative du coût total, ce qui paraît élevé. Mais en contrepartie, les dividendes distribués ne supportent que la flat tax à 30 % (PFU), sans cotisations sociales.

Cette mécanique rend la SASU attractive à partir d'un CA élevé permettant de dégager des bénéfices significatifs après une rémunération minimale. La stratégie classique : se verser un salaire modéré (pour valider les trimestres retraite et maintenir la couverture sociale) et distribuer le reste en dividendes.

Le choix du statut impacte votre revenu net sur des années. Les conseillers de L'Expert-Comptable.com, noté 4,9/5 sur Google par plus de 50 000 clients, peuvent chiffrer précisément chaque option selon votre situation personnelle.

Tableau comparatif des trois statuts

CritèreMicro-entrepriseEURL à l'ISSASU à l'IS
Taux de cotisations sociales22 % du CA (BNC)~40-45 % du revenu net~75-82 % du salaire brut
Régime socialSSISSI (TNS)Régime général (assimilé salarié)
Protection retraiteFaibleMoyenneBonne
Indemnités journalières maladieLimitéesLimitéesOui (régime général)
Plafond de CA77 700 € (2026)AucunAucun
Déduction frais réels
Dividendes : cotisations socialesN/A✅ au-delà de 10 % capital❌ (flat tax 30 % uniquement)
Comptabilité obligatoireNonOuiOui
Net estimé pour 80 000 € de CAN/A (hors seuil)~2 400 €/mois~2 000 €/mois

Ne pas choisir son statut uniquement sur le critère des cotisations les plus basses. Un freelance en micro-entreprise qui ne cotise que 22 % construit une retraite très faible. La cotisation retraite en micro-entreprise fonctionne différemment du régime général, et l'écart de cotisations entre micro et EURL peut représenter, sur 20 ans de carrière, plusieurs centaines d'euros de retraite mensuelle en moins.

Quelles charges déduire pour calculer son vrai salaire freelance ?

Cotisations sociales obligatoires

Les taux 2026 par régime :

  • SSI micro-entreprise (BNC) : 22 % du CA, prélevés trimestriellement ou mensuellement par l'URSSAF
  • SSI EURL (TNS) : cotisations calculées sur le revenu net de gérance, avec appel provisionnel la première année basé sur un revenu forfaitaire, puis régularisation
  • Régime général SASU : cotisations patronales (~42 % du brut) + cotisations salariales (~22 % du brut) = environ 64 % du salaire brut en charges totales, ce qui ramène le net à environ 78 % du brut après déduction des cotisations salariales uniquement

Frais professionnels déductibles (en société)

En EURL ou SASU, les frais professionnels déductibles suivants réduisent le résultat imposable à l'IS :

  • Matériel informatique et équipements : 800 à 3 000 €/an selon l'activité
  • Logiciels et abonnements professionnels (suite Adobe, outils SaaS, licences) : 500 à 2 000 €/an
  • Coworking ou loyer d'un bureau : 1 200 à 8 400 €/an
  • Déplacements professionnels (train, avion, voiture) : variable
  • Formation professionnelle : 500 à 3 000 €/an
  • Assurance RC Pro (Responsabilité Civile Professionnelle) : 150 à 500 €/an selon l'activité
  • Mutuelle Madelin (déductible du bénéfice en EURL TNS) : 600 à 2 400 €/an
  • Frais bancaires du compte professionnel : 100 à 300 €/an
  • Comptabilité : à intégrer dans votre simulation pour un résultat réaliste. Chez L'Expert-Comptable.com, l'accompagnement comptable 100 % en ligne pour freelances en société démarre à 79 € HT/mois.

CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)

La CFE est due par tous les indépendants, quel que soit le statut. Son montant varie entre 200 et 2 000 € par an selon la commune et le CA. Les micro-entrepreneurs sous 5 000 € de CA en sont exonérés. Pour anticiper ce poste de charge, il est utile de savoir calculer la CFE selon votre situation et votre commune d'exercice.

La provision que la plupart oublient

Un freelance qui facture 160 jours sur 218 jours ouvrés prend de fait 58 jours de « congés » non payés et d'inter-contrat. Pour maintenir un revenu stable sur 12 mois, il faut provisionner 15 à 20 % du CA mensuel dans un compte dédié. Sans cette réserve, les mois sans facturation créent des creux de trésorerie douloureux.

La gestion de la trésorerie en freelance repose sur cette anticipation des périodes creuses.

Comment fixer son TJM pour atteindre le salaire net souhaité ?

La méthode inversée : du net vers le TJM

Plutôt que de partir d'un TJM et de voir ce qu'il reste, partez du revenu net mensuel que vous voulez atteindre et remontez vers le TJM nécessaire. Cette approche est détaillée dans notre guide sur le TJM freelance et comment fixer son prix.

Formule simplifiée :

TJM = (Salaire net annuel cible × coefficient statut) ÷ nombre de jours facturés

Les coefficients indicatifs 2026 :

  • Micro-entreprise : coefficient 1,35 (cotisations + IR estimé)
  • EURL à l'IS : coefficient 1,85 (cotisations TNS + IS + IR)
  • SASU à l'IS : coefficient 2,30 (cotisations assimilé salarié + IS + IR)

Exemple concret : 3 500 € nets/mois en EURL

Objectif : 3 500 € nets × 12 = 42 000 € nets annuels.

  • Revenu brut nécessaire avant charges : 42 000 € × 1,85 = 77 700 €
  • Avec 8 % de frais pro : base de facturation nécessaire = 77 700 € ÷ 0,92 = 84 457 €
  • TJM nécessaire pour 160 jours : 84 457 € ÷ 160 = 528 € de TJM

Pour atteindre 3 500 € nets/mois en EURL à l'IS avec 160 jours facturés, il faut donc un TJM d'environ 530 €. Si vous ne facturez que 140 jours (activité en démarrage), le TJM monte à environ 600 €.

Variables d'ajustement

Quatre leviers permettent d'augmenter le revenu net sans nécessairement augmenter le TJM :

  1. Augmenter les jours facturés : passer de 140 à 160 jours représente +14 % de CA à TJM identique
  2. Réduire les frais professionnels : chaque euro de frais économisé est un euro de revenu en plus
  3. Optimiser la répartition rémunération/dividendes : surtout en SASU, la flat tax à 30 % sur les dividendes peut être plus avantageuse qu'un salaire lourdement chargé. Pour approfondir ce point, la page sur les dividendes et l'impôt sur le revenu détaille les mécanismes d'imposition selon le régime choisi.
  4. Changer de statut au bon moment : passer de micro à EURL quand le CA dépasse 60 000 € avec des frais réels significatifs

Benchmark TJM par secteur en 2026

SecteurTJM junior (0-2 ans)TJM confirmé (3-7 ans)TJM senior (8+ ans)
Développement web/mobile350-450 €450-600 €600-800 €
Data / Intelligence artificielle400-500 €500-700 €700-950 €
Consulting stratégie400-550 €550-750 €750-1 000 €
Design / UX300-400 €400-550 €550-700 €
Marketing digital300-400 €400-550 €550-700 €
Gestion de projet / PMO350-450 €450-600 €600-800 €

Fourchettes indicatives basées sur les tendances marché 2026. Les TJM varient selon la région, le secteur client et la spécialisation.

Pour les développeurs, la comparaison des statuts pour freelance informatique détaille les spécificités du secteur tech.

Freelance vs salarié : comparaison de salaire à niveau équivalent

Pourquoi la comparaison directe est trompeuse

Un salarié à 45 000 € brut annuel coûte environ 60 000 € à son employeur (charges patronales incluses) et touche environ 2 800 € nets par mois. Pour calculer le salaire net imposable d'un salarié, il faut déduire les cotisations salariales du brut. Un freelance qui facture 45 000 € de CA ne touche pas la même chose : il paie ses propres cotisations, son matériel, ses congés, sa formation et ses périodes sans mission.

La règle empirique : pour maintenir un niveau de vie équivalent à un salaire brut de 45 000 €/an, un freelance doit facturer entre 55 000 et 75 000 € de CA selon son statut.

Cas pratique : salarié à 3 500 € brut/mois

Un salarié à 3 500 € brut mensuel (42 000 € brut annuel) touche environ 2 730 € nets par mois. Pour atteindre ce même niveau de revenu disponible en freelance :

  • En micro-entreprise : CA nécessaire d'environ 50 000 €, soit un TJM de 313 € pour 160 jours
  • En EURL à l'IS : CA nécessaire d'environ 68 000 €, soit un TJM de 425 €
  • En SASU à l'IS : CA nécessaire d'environ 80 000 €, soit un TJM de 500 €

Tableau comparatif freelance vs salarié

Élément comparéSalarié 45K brut/anFreelance microFreelance EURLFreelance SASU
Revenu brut / CA45 000 € brut48 000 € CA68 000 € CA80 000 € CA
Cotisations sociales~20 000 € (pat. + sal.)10 560 €~18 000 €~28 000 €
Frais professionnelsPris en charge par l'employeurN/A (abattement)5 440 €6 400 €
Net avant IR33 000 €37 440 €32 000 €31 600 €
IR estimé~4 500 €~4 200 €~3 500 €~3 000 €
Net disponible mensuel~2 375 €~2 770 €~2 375 €~2 383 €
Congés payés✅ (5 semaines)
Droit au chômage✅ (sous conditions)

Note : les montants sont arrondis et indicatifs. La SASU peut ouvrir des droits au chômage si le président est aussi salarié d'une autre entreprise ou dans certains cas de cessation d'activité.

Ce que les chiffres ne montrent pas

Le freelancing offre des avantages non financiers que les tableaux ne capturent pas : choix des missions, organisation du temps, possibilité de déduire des frais qui seraient personnels en salariat, et fiscalité pilotable sur le long terme. Le salariat apporte la stabilité, les congés payés, la mutuelle employeur et une retraite construite sans effort de gestion.

La comparaison entre le statut de salarié et d'indépendant dépasse la seule question du revenu net. Pour ceux qui envisagent une transition progressive, il est également possible de cumuler une activité salariée et auto-entrepreneur dans un premier temps.

Questions fréquentes - simulateur salaire freelance

Combien gagne un freelance en net par mois en France ?

Cela dépend du TJM, du nombre de jours facturés et du statut juridique. Un freelance au TJM de 500 € facturant 160 jours/an en EURL à l'IS peut espérer environ 2 400 € nets mensuels après cotisations et impôts. En micro-entreprise, le seuil de CA à 77 700 € en 2026 limite les possibilités au-delà d'un certain TJM.

Comment convertir un TJM en salaire net mensuel ?

Multipliez votre TJM par le nombre de jours facturés dans le mois (en moyenne 13 à 14), déduisez vos frais professionnels (8 à 10 % environ), puis déduisez les cotisations sociales selon votre statut : 22 % en micro, environ 42 % du net en EURL TNS, environ 78 % du brut en SASU. Le résultat est votre revenu net avant impôt sur le revenu. Pour aller plus loin, notre guide sur le salaire freelance et le calcul du TJM détaille chaque étape.

Quel TJM pour gagner 4 000 € net par mois en freelance ?

En EURL à l'IS avec 160 jours facturés par an, visez un TJM d'environ 600 à 650 €. En SASU, comptez plutôt 700 à 750 € pour le même net, en raison des cotisations assimilé salarié plus élevées. En micro-entreprise, ce niveau de revenu est difficilement atteignable à cause du plafond de CA à 77 700 €.

Est-ce qu'un freelance en micro-entreprise gagne plus qu'en SASU ?

En dessous de 40 000 à 50 000 € de CA annuel, la micro-entreprise génère généralement un revenu net plus élevé grâce à des cotisations de 22 % seulement. Au-delà, la SASU peut devenir intéressante grâce à l'optimisation rémunération/dividendes et à une meilleure couverture sociale, notamment pour la retraite. Pour comparer précisément ces deux structures, consultez notre analyse EURL ou SASU : comment faire le bon choix.

Quelles charges un freelance doit-il payer en plus des cotisations sociales ?

En plus des cotisations sociales, prévoyez : la CFE entre 200 et 2 000 €/an selon la commune, l'assurance RC Pro entre 150 et 500 €/an, la mutuelle, les frais de comptabilité en société, le matériel et les logiciels professionnels. En société, l'IS (15 % puis 25 %) s'applique sur le bénéfice avant distribution de dividendes.

Puis-je cumuler freelance et chômage (ARE) ? Quel impact sur mon salaire ?

Oui, sous conditions. En SASU sans se verser de salaire, l'ARE est intégralement maintenue. En micro-entreprise, le CA déclaré réduit proportionnellement l'ARE (70 % du CA en BNC est déduit). En EURL à l'IR, le bénéfice est considéré comme revenu et impacte l'ARE. Pour comprendre les règles applicables, notre guide sur le cumul chômage et création d'entreprise détaille les conditions selon chaque statut.

Comment simuler son salaire freelance quand on est encore salarié ?

Partez de votre salaire net actuel et ajoutez 30 à 40 % pour couvrir les charges supplémentaires du freelance : congés non payés, inter-contrats, frais professionnels, cotisations plus élevées en société. Un salarié à 3 000 € nets devra facturer environ 65 000 à 75 000 € de CA annuel en freelance pour maintenir le même niveau de vie. Notre guide complet pour devenir freelance aborde cette transition en détail.

Le simulateur prend-il en compte l'ACRE pour les créateurs d'entreprise ?

L'ACRE (exonération partielle de cotisations la première année) réduit significativement les charges : en micro-entreprise, les cotisations passent à environ 11 % au lieu de 22 % la première année. Notre simulateur permet de cocher cette option. L'ACRE est conditionnée à certains critères (demandeur d'emploi, bénéficiaire de minima sociaux, etc.) et limitée à 12 mois.

Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes en freelance ?

En SASU, les dividendes sont soumis à la flat tax à 30 % sans cotisations sociales, ce qui est souvent plus avantageux qu'un salaire lourdement chargé. Pour les présidents de SASU, le guide sur l'imposition des dividendes en SASU détaille les arbitrages possibles. En EURL, les dividendes dépassant 10 % du capital social + comptes courants d'associés sont soumis aux cotisations TNS (~42 %), ce qui réduit l'avantage. La stratégie la plus courante combine un salaire minimum pour valider les trimestres retraite et le reste en dividendes.

Quelle différence de salaire net entre un freelance développeur et un freelance consultant ?

À statut identique, la différence vient uniquement du TJM. En 2026, un développeur senior facture en moyenne 600 à 800 €/jour et un consultant stratégie senior 750 à 1 000 €/jour. Pour 160 jours facturés en EURL, cela donne respectivement environ 3 500 à 4 800 € et 4 400 à 6 000 € nets mensuels. Les tranches d'imposition progressives de l'IR s'appliquent différemment selon ces niveaux de revenus, ce qui accentue l'écart net entre les deux profils.

Sources et Références

Service-Public.fr - Micro-entreprise : plafonds de chiffre d'affaires

Service-Public.fr - ACRE : aide à la création ou à la reprise d'entreprise