TJM Freelance: Comment fixer son prix ? Notre Guide

Mis à jour le 14/12/22
Sommaire

    Le TJM, ou Taux Journalier Moyen, correspond à la rémunération moyenne d’une journée de travail facturée hors taxe. Le travailleur freelance souhaitant déterminer son TJM doit prendre en compte plusieurs critères, tels que le marché, le secteur de l’activité, les diplômes obtenus, ses années d’expérience, ou encore les particularités de l’offre qu’il propose à ses clients (bonne réputation, travail technique, spécialisé…).

    Le travailleur freelance et le TJM

    Le travailleur indépendant peut travailler de chez lui et il peut organiser son temps en fonction de ses clients et a donc plus de flexibilité. Toutefois, devenir freelance ne signifie pas travailler toute l’année et le freelance ne dispose pas de la même stabilité qu’un salarié en CDD, ou même en CDI, sauf si c’est un consultant indépendant dans une société de portage salarial .

    Il faut donc prendre en compte dans le calcul du TJM les spécificités du mode de travail du prestataire indépendant

    Comprendre le calcul du TJM

    Afin de calculer le taux moyen journalier que se verse un travailleur indépendant et d’envisager la facturation idéale, nous prendrons comme point de départ le salaire moyen d'un salarié cadre.

    Par exemple :

    Si l’on part d’un salaire brut de 4 000 € par mois, avec un ajout de 10 % de frais de fonctionnement (4 400 €), des charges patronales de cadre : x 1.54 (= 6 776 €), le tout sur une base de 19 jours de travail sur un mois (= 228 jours par an). On obtient un résultat de taux journalier de 356,63 € HT par jour.

    Il ne faut toutefois pas oublier que le travailleur indépendant subit des périodes d’inactivité inévitables, et une instabilité qui régit la vie professionnelle de tout freelance.

    Pour faire le calcul du TJM, le consultant indépendant doit donc prendre en compte dans sa rémunération les périodes travaillées mais également les périodes creuses (tel que l’été par exemple) ainsi que les périodes de congés.

    Être indépendant implique de prendre en considération le paiement des frais liés à l’exercice de l’activité d’indépendant dans le calcul de la tarification journalière moyenne.

    Vous pouvez calculer votre TJM sur la base d’un salaire net que vous voudriez vous verser. Il faut intégrer des charges dans le calcul et celles-ci dépendent du statut que vous avez choisi. Il est alors possible d’utiliser un simulateur de TJM.

    Les Frais professionnels du Freelance

    Les frais professionnels du travailleur freelance sont nombreux, et incluent les cotisations sociales, les frais liés aux assurances, ainsi que les frais de déplacement et autres coûts opérationnels.

    Pour cette raison, un travailleur non-salarié ne peut pas se permettre d’avoir une rémunération nette se basant sur le salaire minimum, et doit facturer en prenant en compte les frais liés à son entreprise (auto-entreprise, SASU ou autre).

    Cotisations sociales

    Les cotisations sociales du freelance micro-entrepreneur doivent être payées de façon mensuelle ou trimestrielle (selon l’option choisie au démarrage de l’activité), lors de la déclaration en ligne du chiffre d’affaires.

    Le taux des charges sociales varie entre 13 % et 23 % selon le secteur d’activité du freelance. Si vous êtes travailleur non-salarié d’une autre entreprise individuelle, ou SARL, ce pourcentage sera plus élevé, et variera entre 30 % et 45 %.

    Assurances

    Outre l’assurance responsabilité civile professionnelle, d’autres types d’assurances pourront être souscrites dans le cadre de l’activité du freelance.

    En effet, les professions libérales, notamment en micro-entreprise, n’ont pas une bonne protection sociale, elles bénéficient rarement du régime général.

    Selon votre activité et le lieu d’exercice de votre profession, il pourra alors être nécessaire de souscrire à une assurance maladie complémentaire.

    Le calcul du TJM doit aussi tenir compte de l’assurance des biens liés aux éventuels locaux de l’entreprise, à l’assurance des véhicules s’il y en a, ou encore à l’assurance des risques informatiques.

    Frais professionnels divers

    Lors du calcul de vos honoraires, essayez d’anticiper les frais professionnels divers qui seront à la charge de votre entreprise. Voici une liste non exhaustive des frais inhérents à la plupart des métiers exercés en freelance :

    • l’hébergement de sites internet,

    • les logiciels informatiques (logiciels de gestion administrative par exemple),

    • matériel et meubles de bureau,

    • publicité (cartes de visite, création de site, gestion des réseaux sociaux),

    • l’abonnement à un espace de coworking ou les frais de location d’espaces de bureaux,

    • les frais de déplacement (voiture, transports en commun),

    • les frais bancaires

    • l’expertise comptable si besoin

    Quels critères pour fixer son TJM ?

    Alors que des grilles tarifaires trop élevées peuvent vous priver d’une partie du marché, un tarif trop bas ne vous permettra pas de couvrir votre rémunération et les obligations de paiement liées à votre statut de travailleur indépendant.

    Pour effectuer le calcul d’un TJM lorsqu’on exerce en freelance, il convient de prendre en considération tous les critères internes (expérience, formation, prestations) et externes à votre activité (le marché, la réputation, les références).

    Le Marché

    Un freelance tout juste arrivé sur le marché du travail ne facturera pas autant qu’un travailleur plus expérimenté. De même, le taux journalier moyen varie bien sûr en fonction du secteur d’activité.

    En effet les métiers de prestation de services sont pluriels (rédacteurs, graphistes, consultants indépendants, chefs de projet, community manager, data scientist …) et la rémunération respective diffère et varie.

    Des métiers très demandés sur le marché indépendant, comme les développeurs web, seront facturés plus cher, même pour des jeunes travailleurs.

    D’autre part, plus la fonction exercée est pénurique, plus la tarification pourra évoluer à la hausse. Le tarif journalier moyen est donc soumis à la fluctuation des prix du marché et à la concurrence.

    Une étude du marché pourra donc se révéler très utile lors de l’établissement du TJM.

    L’expérience et la formation du prestataire

    Le TJM est directement influencé par le panel de compétences proposées. En fonction du nombre d’années d’expérience professionnelle, des références clients, du niveau d’expertise, et de la réputation acquise sur le marché du travail, le tarif horaire d’un freelance va varier d’un professionnel à l’autre, et ce pour le même secteur d’activité.

    Par exemple, le TMJ d’un directeur artistique junior varie entre 300 € et 400 €, contre 550 € et 650 € pour un professionnel senior bénéficiant de plus d’ancienneté.

    La formation du prestataire a aussi une incidence sur le calcul du TJM. En effet, de nombreuses années d’études ou une formation dans un établissement reconnu sont des facteurs de valorisation de l’offre du freelance.

    La Prestation

    Si le travailleur indépendant offre une prestation spécialisée pour des missions particulièrement techniques, une augmentation de la rémunération journalière est alors envisageable.

    Le niveau de difficulté d’une tâche peut être pris en compte même pour une mission ponctuelle, qui serait particulièrement technique. En effet, la complexité d’une mission, tout comme sa pénibilité, doivent être prises en considération pour la facturation (au cas par cas si nécessaire).

    En cela, le tarif peut varier d’une mission à l’autre et peut rester flexible. Pour savoir si votre offre comporte des spécificités, faire une étude de benchmarking est une étape incontournable.

    Comment calculer et estimer son TJM ?

     

     

    Pour fixer votre tarif de freelance, vous devez donc prendre en considération les charges que nous venons d’énumérer. Il vous faut également estimer le temps que vous allez consacrer à votre activité professionnelle. Vous devez évaluer le nombre de jours que vous allez réellement travailler par an.

    Pensez à y intégrer les heures consacrées à la mission qui vous est confiée, mais également tous les travaux annexes : prospection commerciale, comptabilité, tâches administratives, gestion de votre communication… On considère habituellement que ces heures non facturées représentent environ 30% de votre temps de travail.

    Prenez également en compte les tarifs de vos concurrents. Il est important d’avoir un ordre d’idées des TJM pratiqués dans votre secteur d’activité. Vous ne devez pas être trop cher, au risque de n’emporter aucun marché.

    Mais vous devez également déterminer la rémunération sous laquelle vous n’accepterez pas de mission. En-dessous de ce minimum, votre rémunération ne vous permettrait pas de couvrir tous vos frais.

    Vous avez ainsi déterminé une somme mensuelle, qui vous permet de payer vos charges et de vous verser une rémunération. Elle vous sert de base pour le calcul de votre TJM.

    Voici un exemple de calcul du TJM :

    Considérons que vous souhaitez percevoir une rémunération mensuelle nette de 2000 €.

    Temps de travail : 22 jours par mois

    Temps de travail facturé (- 30%) : 15,4 jours par mois

    Pour compenser les charges : 2000 € x 2 = 4000 €

    Pour prévoir des vacances : 4000 + 10% = 4400 €

    Frais inhérents à l’activité (environ 400 € / mois) : 4400 + 400 = 4800 €

    Calcul du TJM : 4800 / 15,4 = 312 € / jour

    Calcul du tarif horaire 312€ / 8h = 39 € / heure

    Comment augmenter son TJM ?

    Continuer à se former

    Le taux journalier moyen calculé est destiné à évoluer en même temps que votre activité professionnelle. En vous affirmant dans votre secteur d’activité et en gagnant en expérience, vous pourrez, avec le temps, revoir vos tarifs à la hausse.

    Pour ce faire, une formation en continu est nécessaire pour rester compétitif dans son domaine et combler d’éventuelles lacunes.

    Fixer un tarif

    Face à un travailleur indépendant, le client peut tenter de négocier les prix c’est pour cela qu’il faut proposer une fourchette tarifaire.

    Vous proposez ainsi une gamme de prix différente vous permettant d’être attractif et vous avez aussi un tarif plancher. Ce tarif signifie que vous refusez de travailler pour un prix plus bas.

    Prospecter de nouveaux clients

    Vous pouvez aussi prospecter de nouveaux clients et tenter de décrocher des contrats mieux rémunérés. Une augmentation de votre taux horaire pourra vous aider à accroître vos revenus bruts mensuels, ou bien à travailler un nombre de jours réduit dans la semaine, pour consacrer une partie de votre temps à une formation professionnelle, à de la prospection, ou aux tâches administratives par exemple.

    Savoir s'adapter

    Le plus important reste toutefois de pallier aux longues périodes d’inter-contrats, et de continuer à travailler de façon régulière. Votre rémunération pourra également être revue à la baisse afin de répondre aux demandes de contrats sur de longues périodes, si elles devaient se présenter.

    Ne pas mélanger TJM et salaire !

    En tant que Freelance, vous percevez une rémunération. Elle correspond à votre chiffre d’affaires après déduction de tous vos frais et charges.

    On ne peut pas la qualifier de salaire, puisque vous n’êtes pas un salarié. Par ailleurs, les différences entre TJM et salaire doivent être prises en considération avant de vous lancer dans la création de votre entreprise.

    En tant que salarié, vous bénéficiez peut-être de divers avantages tels que des primes, des chèques vacances, des tickets restaurant, etc…

    Ce sont des éléments de rémunération que le consultant freelance ne perçoit pas.

    Votre chiffre d’affaires sera votre seul revenu.

    Le régime de l’assurance chômage concerne uniquement les salariés. Ceux-ci se voient prélever par leur employeur une cotisation sur leur salaire brut. En contrepartie, ils ont la garantie d’un revenu en cas de perte de leur emploi.

    En tant que freelance, vous pouvez tenir compte de vos éventuelles périodes d’inactivité. Vous pouvez ainsi ajouter une prime de risque à votre TJM. Il est d’usage de retenir un taux de 10% pour anticiper ce risque.

    Enfin, c’est l’employeur qui retient les cotisations sociales sur le salaire de ses employés. Puis il les reverse aux différents organismes collecteurs. En étant indépendant, vous serez seul responsable de la déclaration et du paiement de vos charges sociales et fiscales.

    Attention à votre forme juridique pour votre TJM !

    Le taux de vos charges sociales et fiscales varie selon votre statut juridique.

    En micro-entreprise, les charges sont les moins élevées. Vous devrez ajouter environ 30 % à votre rémunération nette pour les couvrir. S’y ajoutera la CET (Contribution Économique Territoriale) et l’impôt sur le revenu.

    Ce dernier sera inclus dans vos paiements mensuels ou trimestriels si vous avez opté pour le prélèvement libératoire. En revanche, vous ne pourrez pas déduire vos charges d’activité, et devrez déclarer la totalité de votre chiffre d’affaires.

    Si vous avez un autre statut (entreprise individuelle ou autre), vous pouvez sans hésiter doubler la rémunération souhaitée. Dans ce cas en effet, les charges diverses représentent environ 50% de votre chiffre d’affaires.

    Par ailleurs, vous pouvez bénéficier d’exonérations de charges si vous étiez demandeur d’emploi au moment de votre création d’entreprise. Il existe des aides financières, comme l’ACCRE, pour vous soutenir financièrement dans votre entreprise.

    Ces aides, même si elles sont temporaires, doivent être intégrées dans votre projet de devenir indépendant.

    Enfin, votre TJM pourra également varier en fonction de votre client. Si vous travaillez pour une grande entreprise, elle fera référence à une grille tarifaire et votre marge de négociation sera plutôt réduite.

    La négociation avec une petite entreprise sera plus facile. Mais elle aura probablement des moyens plus limités. Enfin, si la mission vous est confiée par un particulier, pensez qu’il devra payer la TVA (si vous devez la facturer).

    Les tarifs moyens en fonction des freelances

    Le TJM peut varier de manière plus ou moins importante en fonction des villes, des services et des spécialités proposés. Si vous offrez une prestation très rare et spécifique, vous pourrez valoriser votre TJM. Il en va de même si l’offre de freelance est inférieure à la demande dans votre secteur.

    Vous devez donc impérativement étudier le marché avant de fixer votre TJM.

    Pour vous guider, voici quelques taux moyens selon les activités :

    • Développeur : 550€ / jour

    • Graphiste et photographe : 400€ / jour

    • Consultant Business Analyst junior : 380€ / jour

    • Chef de projet MOE expérimenté : 600€ / jour

    • Consultant SEO ou SEA : 450€ / jour

    • Community Manager : 350€ / jour

    • Rédacteur : 440€ / jour

    • Consultant marketing : 500€ / jour

    • Consultant en stratégie : 750€ / jour

    • Formateur : 550€ / jour

    Il peut être compliqué de fixer votre TJM au début de votre activité de freelance. Vous devez estimer le plus précisément possible vos charges et frais professionnels. Nous vous proposons par ailleurs un article dédié pour les freelances informatiques ne sachant pas estimer leur TJM.

    Les tarifs pratiqués dans votre secteur d’activité doivent également vous guider. Vous pourrez ainsi répondre aux offres et décrocher rapidement vos premières missions.

    Sachez également qu’il existe le régime du portage salarial. Il vous permet de bénéficier du régime social des salariés, tout en restant indépendant dans l’exercice de vos prestations. Une solution à envisager si vous hésiter encore à sauter le pas !

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    Aurélia HEY
    Accompagnement des freelances chez L'Expert-Comptable.com

    Aurélia est une personne franche qui sait se faire apprécier de ses collègues. Forte de ses 9 ans d'expérience, Aurélia sait se montrer pédagogue et bienveillante pour former les nouveaux arrivants !