Comment fixer son TJM en tant que freelance ? Zoom sur les critères à prendre en compte

Mis à jour le 16/07/2020

Le TJM, ou Taux Journalier Moyen, correspond à la rémunération moyenne d’une journée de travail facturée hors taxe. Le travailleur freelance souhaitant déterminer son TJM doit prendre en compte plusieurs critères, tels que le marché, le secteur de l’activité, les diplômes obtenus, ses années d’expérience, ou encore les particularités de l’offre qu’il propose à ses clients (bonne réputation, travail technique, spécialisé…).


Le TJM du travailleur indépendant

Les spécificités du mode de travail du prestataire indépendant doivent être prises en compte dans le calcul du TJM. En effet, un freelance ne travaille pas nécessairement toute l’année, et il ne dispose pas de la même stabilité qu’un salarié en CDD, ou même en CDI, sauf si c’est un consultant indépendant en portage salarial, dans une relation tripartite.

 

Cependant, il est possible, afin de calculer le taux moyen journalier que se verse un travailleur indépendant et d’envisager la facturation idéale, en prenant comme point de départ le salaire moyen d'un salarié cadre. Par exemple : si l’on part d’un salaire mensuel brut de 4 000 €, avec un ajout de 10 % de frais de fonctionnement (4 400 €), des charges patronales de cadre : x 1.54 (= 6 776 €), le tout sur une base de 19 jours de travail sur un mois (= 228 jours par an). On obtient un résultat de taux journalier de 356, 63 € HT par jour.

 

Il ne faut toutefois pas oublier que le travailleur indépendant subit des périodes d’inactivité inévitables, et une instabilité qui régie la vie professionnelle de tous freelances. Pour faire le calcul du TJM, le consultant indépendant doit donc prendre en compte dans sa rémunération les périodes travaillées mais également les périodes creuses (telle que l’été par exemple) ainsi que les périodes de congés.

 

Etre indépendant implique de prendre en considération le paiement des frais liés à l’exercice l’activité d’indépendant dans le calcul de la tarification journalière moyenne.

Les frais professionnels du freelance

Les frais professionnels du travailleur freelance sont nombreux, et incluent les cotisations sociales, les frais liés aux assurances, ainsi que les frais de déplacement, et autres coûts opérationnels. Pour cette raison, un travailleur non-salarié ne peut pas se permettre d’avoir une rémunération nette se basant sur le salaire minimum, et doit facturer en prenant en compte les frais liés à son entreprise (auto-entreprise, SASU ou autre).

Cotisations sociales

Les cotisations sociales du freelance micro-entrepreneur doivent être payées mensuellement ou trimestriellement (selon l’option choisie au démarrage de l’activité), lors de la déclaration en ligne du chiffre d’affaires. Le taux des charges sociales varie entre 13 % et 23 % selon le secteur d’activité du freelance. Si vous êtes travailleur non-salarié d’une autre entreprise individuelle, ou SARL, ce pourcentage sera plus élevé, et variera entre 30 % et 45 %.

Assurances

Outre l’assurance responsabilité civile professionnelle, d’autres types d’assurances pourront être souscrites dans le cadre de l’activité du freelance.

 

En effet, les professions libérales, notamment en micro-entreprise, n’ont pas une bonne couverture sociale, ils bénéficient rarement du régime générale. Selon votre activité et le lieu d’exercice de votre profession, il pourra alors être nécessaire de souscrire à une assurance maladie complémentaire. Le calcul du TJM doit aussi tenir compte de l’assurance des biens liés aux éventuels locaux de l’entreprise, à l’assurance des véhicules s’il y en a, ou encore à l’assurance des risques informatiques.

Frais professionnels divers

Lors du calcul de vos honoraires, essayez d’anticiper les frais professionnels divers qui seront à la charge de votre entreprise. Voici une liste non exhaustive des frais inhérents à la plupart des métiers exercés en freelance :

  • l’hébergement de sites internet,
  • les logiciels informatiques (logiciels de gestion administrative par exemple),
  • matériel et meubles de bureau,
  • publicité (cartes de visite, création de site, gestion des réseaux sociaux),
  • l’abonnement à un espace de coworking ou les frais de location d’espaces de bureaux,
  • les frais de déplacement (voiture, transports en commun),
  • les frais bancaires
  • l’expertise comptable si besoin

Quels critères pour fixer son TJM ?

Alors que des grilles tarifaires trop élevées peuvent vous priver d’une partie du marché, un tarif trop bas ne vous permettra pas de couvrir votre rémunération et les obligations de paiement liées à votre statut de travailleur indépendant. Pour effectuer le calcul d’un TJM lorsqu’on exerce en freelance, il convient de prendre en considération tous les critères internes (expérience, formation, prestations) et externes à votre activité (le marché, la réputation, les références).

Le marché

Un freelance tout juste arrivé sur le marché du travail ne facturera pas autant qu’un travailleur plus expérimenté. De même, le taux journalier moyen varie bien sûr en fonction du secteur d’activité. En effet les métiers de prestation de services sont pluriels (rédacteur, graphiste, consultant freelance, chef de projet, community manager, data scientist…) et la rémunération respective diffère et varie.

 

Un métier très demandé sur le marché, comme un développeur web , sera sera facturé plus cher, même pour un jeune travailleur. D’autre part, plus la fonction exercée est pénurique, plus la tarification pourra évoluer à la hausse. Le tarif journalier moyen est donc soumis à la fluctuation des prix du marché et à la concurrence. Une étude du marché pourra donc se révéler très utile lors de l’établissement du TJM.

L’expérience et la formation du prestataire

Le TJM est directement influencé par le panel de compétences proposées. En fonction du nombre d’années d’expérience professionnelle, des références clients, du niveau d’expertise, et de la réputation acquise sur le marché du travail, les tarifs horaires d’un freelance vont varier d’un professionnel à l’autre, et ce pour le même secteur d’activité.

 

Par exemple, le TMJ d’un directeur artistique junior varie entre 300 € et 400 €, contre 550 € et 650 € pour un professionnel senior bénéficiant de plus d’ancienneté. La formation du prestataire a aussi une incidence sur le calcul du TJM. En effet, de nombreuses années d’études ou une formation dans un établissement reconnu sont des facteurs de valorisation de l’offre du freelance.

La prestation

Si le travailleur indépendant offre une prestation spécialisée, pour des missions particulièrement techniques, une augmentation de la rémunération journalière est alors envisageable. Le niveau de difficulté d’une tâche peut être pris en compte même pour une mission ponctuelle, qui serait particulièrement technique. En effet, la complexité d’une mission, tout comme sa pénibilité, doivent être prises en considération pour la facturation (au cas par cas si nécessaire). En cela, le tarif peut varier d’une mission à l’autre et peut rester flexible. Pour savoir si votre offre comporte des spécificités, faire une étude de benchmarking est une étape incontournable.

Comment augmenter son TJM ?

Le taux journalier moyen calculé est destiné à évoluer en même temps que votre activité professionnelle. En vous affirmant dans votre secteur d’activité et en gagnant en expérience, vous pourrez, avec le temps, revoir vos tarifs à la hausse. Pour ce faire, une formation en continu est nécessaire pour rester compétitif dans son domaine et combler d’éventuelles lacunes.

 

Vous pouvez aussi prospecter de nouveaux clients et tenter de décrocher des contrats mieux rémunérés. Une augmentation de votre taux horaire pourra vous aider à accroître vos revenus bruts mensuels, ou bien à travailler un nombre de jours réduit dans la semaine, pour consacrer une partie de votre temps à une formation professionnelle, à de la prospection, ou aux tâches administratives par exemple.
 

Le plus important reste toutefois de pallier aux longues périodes d’inter-contrats, et de continuer à travailler de façon régulière. Votre rémunération pourra également être revue à la baisse afin de répondre aux demandes de contrats sur de longues périodes, si elles devaient se présenter.

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