Seuil de rentabilité : définition, charges, calcul et utilité

L'article en brefLe seuil de rentabilité est une notion cruciale pour toute entreprise, définissant le volume de chiffre d'affaires nécessaire à réaliser sur un exercice comptable pour couvrir l'ensemble de ses charges et éviter les pertes. Cette mesure, qui distingue les charges fixes des variables, guide les entrepreneurs dans l'établissement de leurs objectifs financiers et dans la prise de décisions stratégiques. En dessous de ce seuil, l'entreprise se trouve en situation déficitaire, tandis qu'au-dessus, elle commence à générer des bénéfices. La maîtrise de ce concept est donc fondamentale pour la gestion et la pérennité des activités.

Par ailleurs, l'article explore la relation entre le seuil de rentabilité et le point mort, ce dernier exprimant le moment où l'entreprise atteint son seuil de rentabilité en termes de durée. La distinction entre ces deux notions est essentielle pour comprendre à quel moment l'activité devient profitable au cours de l'année. Le calcul de ces indicateurs fournit aux dirigeants une base solide pour élaborer des plans d'action efficaces et ajuster leur stratégie en fonction des fluctuations de l'activité, s'avérant ainsi indispensable aussi bien pour les entreprises naissantes que pour celles en phase de restructuration ou de reprise.
Temps de lecture : 2minDernière mise à jour : 02/02/2024
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Ecrit par Sébastien LECOANETConsultant en création d'entreprise et comptabilité chez L’Expert-Comptable.com
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Article certifié par
Guillaume DELEMARLE
 
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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Le seuil de rentabilité représente le niveau de chiffre d’affaires que l’entreprise doit réaliser au cours de l’exercice comptable pour obtenir un résultat nul. En dessous du seuil de rentabilité, l’entreprise est déficitaire. Au-dessus du seuil de rentabilité, elle est bénéficiaire.

La formule de calcul du seuil de rentabilité prend en compte les charges fixes et les charges variables et elle est étroitement liée à la formule de calcul du point mort, qui représente quant à lui la « durée d’activité » minimum nécessaire pour que l’entreprise réalise un résultat nul (exprimé en nombre de jours).

Définition du seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité correspond au niveau de chiffre d’affaires (hors taxes) que l’entreprise doit réaliser au cours d’un exercice comptable pour obtenir un résultat nul. Il correspond à l’objectif minimum pour ne pas perdre d’argent.
 
Si le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise est inférieur à son seuil de rentabilité, l’entreprise est déficitaire. Le seuil de rentabilité est exprimé en valeur, contrairement au point mort, exprimé en nombre de jours, que nous aborderons dans une seconde partie.

Le seuil de rentabilité est un indicateur de gestion obtenu en décomposant les charges de l’entreprise. Dans ce contexte, il faut savoir distinguer les charges fixes (qui ne varient pas selon le volume de chiffre d’affaires) des charges variables (qui sont fonction du niveau de chiffre d’affaires obtenu).

Notion de charges fixes

Les charges fixes, appelées également « charges structurelles » ou « charges de structure », sont indépendantes du niveau de l’activité de l’entreprise.
Le montant des charges fixes demeure stable, il ne varie pas en fonction du niveau de vente ou de production de l’entreprise.
 
Les charges fixes sont récurrentes et déterminées à l’avance.
Parmi les charges fixes, on peut trouver les loyers commerciaux, les primes d’assurance, les honoraires, les salaires, les dotations aux amortissements...

Notion de charges variables

À l’inverse, les charges variables, appelées également « charges opérationnelles », varient directement en fonction du niveau de l’activité, c’est-à-dire du chiffre d’affaires.
Il s’agit par exemple des achats de marchandises, des achats de matières et fournitures, de l’énergie utilisée (électricité, essence…), des frais de distribution...
Attention : Certaines charges peuvent être mixtes, c’est-à-dire semi-variables et semi-fixes.
Ces charges comportent ainsi une partie fixe et une partie qui varie en fonction du niveau d’activité.

Formule de calcul du seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité se calcule ainsi :

Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coûts variables
 
Taux de marge sur coûts variables = ((Chiffre d’affaires – Charges variables) / Chiffre d’affaires) x 100
                                                        =            (Marge sur coûts variables)         / Chiffre d’affaires) x 100

Seuil de rentabilité et point mort : quelles différences ?

Le seuil de rentabilité et le point mort sont deux notions étroitement liées.
 
Le seuil de rentabilité correspond au montant de chiffre d’affaires que l’entreprise doit réaliser afin d’obtenir un résultat nul.

Le point mort exprime quant à lui la « durée d’activité » nécessaire (exprimé en nombre de jours) pour que l’entreprise réalise un résultat nul.
Le point mort permet de déterminer la date à laquelle l’entreprise atteint son seuil de rentabilité ; à partir de quel moment l’activité devient bénéficiaire.

Calcul du point mort : la formule

Point Mort = (Seuil de rentabilité/Chiffre d’affaires) x 365

À quoi sert le seuil de rentabilité ?

Le seuil de rentabilité permet de définir l’objectif à atteindre sur une période donnée pour commencer à être bénéficiaire. L’entreprise développe en conséquence des plans d’action appropriés pour y parvenir.
 
Tout changement affectant l’exploitation de l’entreprise entraîne une modification du seuil de rentabilité. Le chef d’entreprise doit en tenir compte pour prendre les bonnes décisions et sa stratégie (investissements, embauches, budgets communication...).

Le seuil de rentabilité en création d’entreprise

Le seuil de rentabilité est un indicateur clé pour le prévisionnel financier en phase de création d’entreprise ou dans le cadre d’une reprise d’entreprise (appréciation de la rentabilité de l’entreprise avant acquisition). Il valide la rentabilité de l’entreprise au vu des objectifs de vente définis par l’entrepreneur.