Chômage et création d'entreprise : Comment cumuler ? (2026)

Temps de lecture : 12 min
L'article en bref
  • Il est possible de cumuler le chômage et la création d’entreprise en 2026 grâce aux dispositifs de France Travail.
  • Deux aides principales existent : l’ARE pour un maintien mensuel des allocations et l’ARCE pour un versement en capital.
  • Le maintien partiel de l’ARE permet de percevoir une partie de ses allocations tout en générant des revenus d’activité.
  • Le montant de l’ARCE correspond à 60 % des droits restants, versés en deux fois sous conditions de poursuite d’activité.
  • En 2026, l’ARE devient mensualisée de façon fixe et les contrôles sur les revenus sont renforcés.
  • Le choix entre ARE et ARCE dépend de vos besoins de trésorerie et de sécurité financière au lancement de votre projet.
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Guillaume DELEMARLE

Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

Podcast : Cumuler compléments de revenus avec l'ARE et SASU

Peut-on cumuler chômage et création d'entreprise ?

Oui, il est tout à fait possible de cumuler le chômage et la création d’entreprise. France Travail (anciennement Pôle emploi) continue d’encourager cette démarche, considérant la création ou la reprise d’activité comme une véritable voie de retour à l’emploi. Le dispositif permet aux demandeurs d’emploi de sécuriser leur transition professionnelle tout en lançant leur projet entrepreneurial.

Deux aides principales soutiennent cette démarche :

  • L’ARE (Aide au Retour à l’Emploi), qui permet de maintenir tout ou partie des allocations chômage pendant la phase de lancement de l’activité.
  • L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise), qui offre la possibilité de percevoir une partie de ses droits sous forme de capital pour financer le démarrage du projet.
Cumul chômage ARCE ARE

Ces dispositifs sont conçus pour offrir à l’entrepreneur un équilibre entre sécurité et autonomie : l’ARE garantit un revenu mensuel régulier, tandis que l’ARCE soutient la trésorerie et l’investissement initial.

En 2025, France Travail renforce encore ce cadre d’accompagnement avec plusieurs évolutions clés :

  • une mensualisation fixe de l’ARE, qui simplifie les calculs pour les entrepreneurs aux revenus variables,
  • des contrôles renforcés afin d’assurer la conformité des déclarations de revenus,
  • et une nouvelle règle pour l’ARCE, prévoyant l’annulation du second versement en cas de reprise d’un CDI dans les six mois.

Comment obtenir l'ARE pendant sa création d'entreprise ?

Qu’est-ce que l’ARE et qui peut en bénéficier ?

L’ARE (Aide au Retour à l’Emploi) est l’allocation versée par France Travail (ex Pôle Emploi) aux personnes involontairement privées d’emploi, afin de les aider à compenser la perte de revenus entre deux activités. 

Les conditions générales d’éligibilité

Pour bénéficier de l’ARE, le demandeur d’emploi doit remplir plusieurs critères fixés par France Travail :

  • Avoir travaillé au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois (ou 36 mois pour les plus de 53 ans).
  • Être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail et accomplir les démarches de recherche ou de création d’activité.
  • Avoir perdu son emploi de manière involontaire (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle, etc.).
  • Être physiquement apte à exercer un emploi et résider sur le territoire français.

Une fois ces conditions réunies, l’ARE est versée mensuellement, selon un calcul prenant en compte les anciens salaires et la durée d’affiliation.

Les spécificités pour les créateurs d’entreprise

Lorsqu’un bénéficiaire de l’ARE crée ou reprend une entreprise, il peut choisir de conserver tout ou partie de son allocation sous certaines conditions :

  • Il doit déclarer son projet à France Travail avant ou au moment de la création de l’activité.
  • Il doit rester inscrit comme demandeur d’emploi, même s’il devient dirigeant.
  • Le montant de son allocation sera ajusté en fonction des revenus générés par l’entreprise (voir section suivante sur le maintien partiel).

Ce dispositif permet d’assurer une transition progressive : le créateur continue à percevoir une partie de ses allocations tant que son entreprise ne lui procure pas encore un revenu suffisant.

En pratique, l’ARE agit comme un filet de sécurité pour tester la viabilité du projet sans renoncer immédiatement à ses droits au chômage. C’est aussi une façon pour France Travail d’encourager la création d’entreprise tout en maintenant une forme de stabilité financière.

Le maintien partiel de l’ARE pendant la création d’entreprise

Créer son entreprise tout en continuant à percevoir ses allocations chômage, c’est possible grâce au maintien partiel de l’ARE. Ce dispositif permet au créateur d’entreprise de conserver une partie de ses indemnités tout en générant progressivement ses premiers revenus.

L’objectif est de favoriser la transition vers l’autonomie sans couper brutalement les ressources du demandeur d’emploi.

Comment est calculé le montant de l’ARE maintenue ?

Chaque mois, France Travail ajuste le montant de l’allocation en fonction des revenus issus de l’activité créée. Le calcul se base sur la formule suivante :

ARE versée = ARE mensuelle complète – (70 % des revenus professionnels)

Autrement dit, 70 % des revenus générés par l’entreprise sont déduits du montant brut de l’ARE.

Exemple : si vous percevez une allocation mensuelle de 1 200 € et que votre nouvelle activité vous rapporte 600 €, France Travail calculera : 1 200 € – (70 % × 600 €) = 780 € d’allocation versée. Votre revenu total du mois s’élève donc à 1 380 € (780 € + 600 €).

Ce système incitatif garantit que chaque euro gagné n’entraîne pas une perte équivalente d’allocation, ce qui encourage réellement la reprise d’activité.

Les limites minimales et maximales de l’ARE maintenue

Pour éviter les effets de seuil et les situations de surcompensation, France Travail encadre le maintien de l’ARE avec des plafonds précis :

  • Le revenu cumulé (ARE + revenus professionnels) ne peut pas dépasser le salaire mensuel moyen brut perçu avant la perte d’emploi.
  • Si le revenu de l’activité devient supérieur ou égal à 70 % de l’ancien salaire, le versement de l’ARE peut être suspendu temporairement.
  • En revanche, si l’activité ne dégage aucun revenu, l’allocataire peut continuer à percevoir la totalité de son ARE jusqu’à épuisement de ses droits.

Ce mécanisme assure une progression équilibrée : l’entrepreneur conserve une sécurité financière tout en étant incité à développer son activité.

Le maintien partiel de l’ARE constitue un levier puissant pour entreprendre sans risque financier immédiat. Il permet de tester son projet, d’ajuster sa stratégie et de stabiliser ses revenus avant de quitter définitivement le statut de demandeur d’emploi.

Obtenir l'ARE ou l'ARCE

Comment est versée l’ARE selon votre statut juridique ?

Le mode de versement de l’ARE dépend directement du statut juridique de l’entreprise créée. En effet, France Travail distingue les  micro-entrepreneurs , dont le revenu est calculé sur le chiffre d’affaires, des dirigeants de sociétés (SASU, EURL, SARL, SAS…), dont la rémunération est assimilée à un salaire ou à un revenu professionnel.

Cas n°1 : Auto/micro-entrepreneur

Pour les auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs, France Travail ne prend pas en compte le chiffre d’affaires brut déclaré, mais un revenu estimé après abattement forfaitaire. Cet abattement vise à simuler les charges professionnelles que l’activité implique.

Les taux d’abattement appliqués sont les suivants :

Type d’activitéRégime fiscalTaux d’abattement appliqué
Achat-revente, vente de marchandises, fourniture de logementBIC (commerciaux)71 %
Prestations de services commerciales ou artisanalesBIC / BNC50 %
Professions libérales (activités relevant des BNC)BNC34 %

Revenu estimé = chiffre d’affaires déclaré – abattement forfaitaire

Exemple : Un micro-entrepreneur déclare 2 000 € de chiffre d’affaires pour une activité de prestation de services (abattement de 50 %). Revenu estimé = 2 000 € – (50 % × 2 000 €) = 1 000 €.

France Travail appliquera ensuite la formule du maintien partiel :

ARE versée = ARE mensuelle complète – (70 % × revenu estimé)

Ainsi, si votre allocation mensuelle initiale est de 1 200 €, vous percevrez : 1 200 € – (70 % × 1 000 €) = 500 € d’allocation, soit un total de 1 500 € de revenus mensuels (ARE + activité).

Cette méthode permet une évaluation équitable, tout en simplifiant les démarches grâce à la déclaration mensuelle ou trimestrielle de chiffre d’affaires.

Cas n°2 : Dirigeant de société (SAS/SASU, EURL/SARL)

Pour les dirigeants de société, le calcul et le versement de l’ARE dépendent de la rémunération réellement perçue. France Travail distingue deux situations :

  • Si le dirigeant est rémunéré : le montant de la rémunération brute est pris en compte pour calculer la réduction de l’ARE. Le principe reste identique : ARE versée = ARE mensuelle complète – (70 % × rémunération perçue)

France Travail détermine également le nombre de jours indemnisables dans le mois en fonction des revenus déclarés.

  • Si le dirigeant ne se verse aucune rémunération, il peut continuer à percevoir l’intégralité de ses allocations chômage, à condition de transmettre à France Travail les justificatifs suivants :
Justificatifs à fournirObjectif
Attestation sur l’honneur d’absence de rémunérationConfirmer officiellement qu’aucun salaire n’a été perçu
Copie des statuts ou procès-verbal d’assembléeProuver que le dirigeant n’est pas rémunéré selon les décisions de l’entreprise
Relevé bancaire de la société (si demandé)Vérifier qu’aucun versement n’a été effectué au profit du dirigeant

Cette transparence permet à France Travail de maintenir le versement de l’ARE tout en suivant l’évolution de la situation du créateur.

Les dividendes versés aux dirigeants (notamment en SASU ou EURL) ne sont pas considérés comme une rémunération au sens de l’ARE, tant qu’ils proviennent de bénéfices et non d’une activité salariale.

Cependant attention, France Travail recommande la plus grande prudence : des versements de dividendes trop précoces ou réguliers peuvent être interprétés comme une rémunération déguisée. Il est donc préférable de les reporter à la fin de l’exercice comptable, lorsque la situation de l’entreprise est clairement établie.

L’ARCE : Comment bien financer son démarrage avec cette aide ?

Définition et fonctionnement

L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) est une aide financière proposée par France Travail aux demandeurs d’emploi qui choisissent de créer ou de reprendre une entreprise. Contrairement au maintien partiel de l’ARE, l’ARCE permet de percevoir une partie de ses droits (60%) au chômage sous forme de capital, versé directement sur le compte du bénéficiaire.

L’objectif de cette aide est de faciliter le démarrage du projet entrepreneurial en apportant rapidement de la trésorerie pour financer les premières dépenses : frais de création, investissements matériels, communication, ou encore trésorerie de fonctionnement.

Comment fonctionne le versement de l’ARCE ?

Le versement de l’ARCE s’effectue en deux temps :

  1. 60% du montant total de l’aide sont versés au moment de la création ou de la reprise de l’entreprise, dès validation du dossier par France Travail.
  2. Les 40% restants sont versés six mois plus tard, à condition que le bénéficiaire exerce toujours l’activité déclarée.

Cette structure en deux versements vise à sécuriser le dispositif et à s’assurer que le projet entrepreneurial est bien poursuivi dans le temps.

Une règle de versement assouplie mais plus encadrée

Depuis janvier 2025, une nouvelle règle encadrait le second versement de l’ARCE : si le bénéficiaire reprenait un emploi en CDI dans les six mois suivant le premier versement, le second versement était annulé. Cette mesure visait à s’assurer que l’aide servait réellement à développer le projet entrepreneurial.

Pour tout comprendre sur la réforme France Travail nous vous invitons à lire cet article : Réforme France Travail 2026 : Ce qui change pour les créateurs d’entreprise.

Quelles sont les conditions à remplir pour demander l’ARCE ?

Pour bénéficier de l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise), il ne suffit pas d’être demandeur d’emploi : plusieurs conditions précises doivent être réunies. L’objectif de France Travail est de s’assurer que le projet entrepreneurial est réel, déclaré et éligible avant de débloquer le capital.

1. Être éligible à l’ARE

L’ARCE s’adresse exclusivement aux demandeurs d’emploi indemnisés ou potentiellement indemnisables au titre de l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi).

Autrement dit, il faut :

  • avoir perdu son emploi de manière involontaire (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD, etc.) ;
  • être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail ;
  • et disposer de droits à l’ARE encore ouverts au moment de la demande.

Les personnes non indemnisées (par exemple après démission sans motif légitime) ne peuvent pas prétendre à l’ARCE, sauf si elles remplissent les conditions d’une démission reconnue légitime pour création d’entreprise.

2. Obtenir l’ACRE : une condition indispensable

Pour déclencher le versement de l’ARCE, il est obligatoire d’obtenir l’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise). Cette aide, gérée par l’Urssaf, ouvre droit à :

  • une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d’activité ;
  • et, surtout, la validation automatique de l’éligibilité à l’ARCE.

Sans attestation d’obtention de l’ACRE, France Travail ne peut pas verser l’aide au capital. Il est donc conseillé de faire la demande d’ACRE dès la création de l’entreprise, simultanément au dépôt de dossier auprès du guichet unique des formalités d’entreprises.

3. Démarches et documents à transmettre à France Travail

Une fois ces conditions remplies, le demandeur doit adresser une demande écrite d’ARCE à son conseiller France Travail. Le dossier doit contenir :

  • le formulaire officiel de demande d’ARCE (fourni par France Travail) ;
  • une attestation d’obtention de l’ACRE délivrée par l’Urssaf ;
  • un extrait Kbis ou le certificat d’inscription au registre national des entreprises (RNE) ;
  • et, le cas échéant, les statuts de la société si l’activité est exercée en société.

Une fois le dossier validé, France Travail calcule le montant de l’aide sur la base des droits ARE restants et procède au premier versement du capital.

Quels sont les montants de l’ARCE selon votre situation ?

Le montant de l’ARCE est calculé sur la base des droits à l’ARE restants au moment où vous créez ou reprenez votre entreprise. Depuis le 1er juillet 2023, ce taux est passé à 60 %, rendant l’aide plus attractive pour les créateurs et repreneurs.

1. Taux applicable et modalités

ÉlémentsDétails / Règles applicables
Taux de calcul60 % des droits restants à l’ARE (contre 45 % avant juillet 2023)
Base de calculMontant brut des droits à l’ARE non encore perçus au moment de la création
VersementEn deux fois : 60 % à la création, 40 % après 6 mois si l’activité est toujours en cours
Condition pour le 2ᵉ versementLe bénéficiaire ne doit pas avoir repris un CDI entre-temps
Retenue pour retraite complémentaire3 % du montant brut de l’ARCE

2. Exemple concret de calcul

SituationMontant (en €)Détails
Droits restants à l’ARE12 000 €Montant total des droits non consommés
Taux de calcul ARCE60 %12 000 × 0,60 = 7 200 €
Retenue de 3 % (retraite complémentaire)– 216 €7 200 × 0,03
Montant net total perçu6 984 €Versement en deux fois de 4 190.4 puis 2 793.6

ARE ou ARCE : quelle aide choisir quand on crée son entreprise ?

Lorsque vous créez votre entreprise en étant au chômage, vous avez deux options principales pour conserver vos droits :

  • l’ARE, qui vous assure un revenu mensuel pendant le lancement,
  • ou l’ARCE, qui vous permet de toucher une partie de vos droits sous forme de capital.

Le choix entre les deux dépend avant tout de votre situation personnelle et du rythme de développement de votre projet.

Tableau comparatif : ARE vs ARCE

Choisir entre l’ARE et l’ARCE dépend largement de votre profil, de vos besoins financiers immédiats et du rythme de développement de votre projet. Pour vous aider à y voir plus clair, voici un tableau comparatif récapitulant les principales différences entre ces deux dispositifs :

CritèreAREARCE
Nature de l’aideRevenu mensuelCapital versé en deux fois
Montant perçuVariable selon vos revenus60 % des droits restants (moins 3 % de retenue)
SouplesseTrès souple : ajustement chaque moisNon réversible : engagement définitif
Trésorerie immédiateNonOui, dès la création
Sécurité financièreOui, filet de sécurité régulierNon, dépend de la réussite du projet
Idéal pourProjets progressifs ou incertainsLancements nécessitant un capital de départ
Actualisation mensuelleOui, obligatoireNon
Reprise d’un emploi salariéPossible, ARE suspendue puis reprise2e versement annulé si CDI avant 6 mois

L’ARE : souplesse et sécurité mensuelle

L’Allocation d’aide au Retour à l’Emploi (ARE) est idéale si vous souhaitez conserver un revenu régulier tout en développant progressivement votre activité.

Elle vous garantit un filet de sécurité, puisque vos allocations sont maintenues chaque mois, en fonction de vos revenus professionnels.

C’est une option recommandée si votre entreprise nécessite un temps de montée en charge, ou si vos premiers mois d’activité génèrent des revenus irréguliers.

L’ARCE : capital immédiat pour financer le démarrage

L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE) vous verse 60 % de vos droits restants sous forme de capital, en deux fois : 60 % à la création et 40 % après six mois.

Cette formule offre une trésorerie immédiate pour financer du matériel, des frais de lancement ou une communication de départ.

En revanche, le choix de l’ARCE est irréversible : vous renoncez définitivement à percevoir vos allocations mensuelles (ARE).

Comment faire le bon choix ?

Le bon dispositif dépend de vos besoins de trésorerie et de votre niveau de risque :

  • Optez pour l’ARE si vous avez besoin d’un revenu régulier et que votre activité démarre lentement.
  • Choisissez l’ARCE si vous avez besoin de liquidités immédiates pour investir dans votre entreprise et que vous êtes confiant dans sa viabilité rapide.

Avant de vous décider, simulez les deux options sur le site de France Travail ou échangez avec un conseiller en création d’entreprise. Cela vous permettra d’anticiper l’impact sur votre budget et vos droits restants.

Comment bénéficier de l’ARE ou de l’ARCE ?

Les étapes incontournables

Pour profiter de l’ARE ou de l’ARCE lors de la création ou reprise d’entreprise, il faut suivre quelques étapes essentielles :

  1. S’inscrire ou rester inscrit à France Travail 
     
    • Vous devez être inscrit comme demandeur d’emploi.
    • Même en créant votre entreprise, l’inscription doit être active et actualisée chaque mois.
  2. Demander l’ACRE avant ou au moment de la création 
     
    • L’ACRE est obligatoire pour obtenir l’ARCE et facilite le maintien de l’ARE.
    • Elle permet aussi une exonération partielle de charges sociales la première année.
  3. Déclarer vos revenus et transmettre les justificatifs 
     
    • Auto-entrepreneurs : déclarer le chiffre d’affaires.
    • Dirigeants de société : déclarer la rémunération ou l’absence de salaire.
    • Fournir les documents attestant de l’exercice réel de l’activité.
  4. Faire une demande d’ARCE si vous choisissez cette option
     
    • Joindre : attestation ACRE, extrait Kbis ou certificat d’inscription, formulaire officiel ARCE.
    • Le versement se fait ensuite en deux temps : 50 % à la création, 50 % six mois plus tard si l’activité continue.

Noter toutes vos démarches et dates de déclaration permet d’éviter les oublis et de sécuriser vos droits.

Les erreurs fréquentes à éviter

Lors de la création de votre entreprise tout en étant au chômage, certaines erreurs peuvent compromettre vos droits aux aides. La première consiste à lancer son activité avant de s’être inscrit à France Travail. L’inscription comme demandeur d’emploi doit être active avant toute création pour pouvoir bénéficier de l’ARE ou demander l’ARCE.

Il est aussi important de fournir tous les justificatifs demandés. Pour un auto-entrepreneur, cela inclut le chiffre d’affaires déclaré, mensuellement ou trimestriellement. Pour un dirigeant de société, il faudra indiquer la rémunération perçue ou fournir une attestation prouvant l’absence de salaire. Dans tous les cas, documents officiels comme le Kbis, les statuts ou les procès-verbaux d’assemblée générale doivent être transmis. L’absence de ces pièces peut entraîner un blocage des allocations ou de l’ARCE.

Et il faut aussi anticiper les conséquences d’un retour à l’emploi. En cas de reprise d’un CDI après avoir choisi l’ARCE, le second versement peut être annulé. Pour l’ARE, le revenu salarié peut réduire ou suspendre temporairement vos allocations. Anticiper ces situations vous permet de planifier vos démarches et d’éviter les mauvaises surprises.

En résumé : comment bien cumuler chômage et création d’entreprise ?

Cumuler chômage et création d’entreprise nécessite de choisir la bonne aide, de planifier ses démarches et d’anticiper l’impact de son statut et de ses revenus. Le tableau ci-dessous synthétise les points essentiels pour sécuriser vos droits et optimiser votre projet entrepreneurial :

ObjectifConseils pratiques
Choisir entre ARE et ARCEARE pour un revenu mensuel régulier et filet de sécurité, ARCE pour obtenir un capital immédiat et financer le démarrage
Planifier ses démarchesInscription ou maintien à France Travail, demande d’ACRE, déclarations mensuelles, constitution du dossier ARCE si nécessaire
Anticiper l’impact de son statut et de ses revenusLes revenus générés par l’entreprise réduisent l’ARE, reprise d’un CDI peut annuler le second versement ARCE
Se faire accompagnerUtiliser un simulateur France Travail ou contacter un conseiller pour sécuriser ses droits et anticiper la trésorerie
Optimiser le cumulChoisir l’aide en fonction de votre profil, respecter le calendrier des démarches, suivre vos déclarations mensuelles avec rigueur

Foire aux questions

Comment garder 100 % de ses allocations chômage lors de la création d'entreprise ?

Pour conserver 100 % de vos allocations, vous devez opter pour le maintien partiel de l’ARE et ne pas percevoir de revenus dépassant les plafonds autorisés. Les revenus de l’entreprise sont déduits à 70 % pour calculer le montant exact versé chaque mois.

Comment puis-je toucher l'ARE pour la création d'une entreprise ?

Pour toucher l’ARE, il faut être inscrit à France Travail et avoir des droits ouverts. Ensuite, vous devez déclarer vos revenus professionnels et fournir tous les justificatifs nécessaires selon votre statut juridique.

Combien de fois peut-on demander l'ARCE ?

L’ARCE peut être demandée une seule fois par projet. Elle est calculée sur les droits ARE restants et versée en deux temps : 50 % à la création et 50 % six mois plus tard si l’activité continue.

Un auto-entrepreneur peut-il toucher le chômage ?

Oui, un auto-entrepreneur peut percevoir l’ARE. Le calcul se fait sur le chiffre d’affaires après abattement correspondant à la nature de l’activité, et les allocations sont ajustées mensuellement selon les revenus générés.

Peut-on cumuler ARCE et ARE ?

Non il n'est pas possible de cumuler, choisir l’ARCE signifie renoncer à l’ARE mensuelle. L’ARCE se verse sous forme de capital, ce qui permet d’obtenir une trésorerie immédiate, mais sans actualisation mensuelle comme pour l’ARE.

Que se passe-t-il si je reprends un CDI après avoir perçu l’ARCE ?

Si vous reprenez un CDI dans les six mois suivant le premier versement, le second versement de l’ARCE est annulé. L’objectif ici est de garantir que l’aide est utilisée pour le maintien d’une activité entrepreneuriale et non pour un retour rapide à l’emploi.

Quelle est la différence entre l'ARE et l'ARCE  ?

L’ARE permet de continuer à percevoir chaque mois ses allocations chômage tout en lançant son activité, offrant un filet de sécurité. L’ARCE, elle, verse 60 % des droits restants en deux fois pour financer le démarrage du projet. En revanche, le choix de l’ARCE est irréversible et met fin au versement mensuel de l’ARE.

Sources et références

Service-public.gouv.fr - https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/N178 

Economie.gouv.fr - https://www.economie.gouv.fr/entreprises/creer-une-entreprise/entrepreneur-avez-vous-droit-lallocation-chomage-are 

 

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A propos de l'auteur

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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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Questions & réponses

AnonymeLe 13 août 2025

Bonjour Je suis entrain de vendre les parts de ma société a mon associée suite a une mésentente quand a la façon de redresser l entreprise en difficulté;Je vais donc m inscrire a France travail mais je droit a quelque chose.
En attente d un retour
Cordialement

L-Expert-Comptable.comLe 07 novembre 2025

Bonjour,

Cela dépend de certaines conditions, notamment du statut que vous aviez dans votre ancienne société. Nous vous conseillons de vous rapprocher de France Travail pour faire la simulation.

Bien à vous.

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