Ouvrir un restaurant : quel budget prévoir en 2026 ?

Temps de lecture : 13 min
L'article en bref
  • Budget global : de 30 000 € pour un food truck à plus de 400 000 € pour un restaurant traditionnel, selon le concept, la localisation et le niveau de finition.
  • Neuf postes à chiffrer : local, travaux, cuisine, mobilier, stock, licences, technologie, marketing, frais juridiques, sans oublier la trésorerie de départ (3 à 6 mois de charges fixes).
  • Trésorerie = survie : ce poste représente 30 à 50 % du budget total et c'est le premier facteur de défaillance quand il est sous-estimé.
  • Financement combiné : apport personnel de 20-30 %, prêt bancaire sur 5-7 ans, aides publiques (ACRE, ARCE, prêts d'honneur à taux zéro) et éventuellement crowdfunding.
  • Prévisionnel solide : chiffrez chaque poste avec des devis réels, calculez votre seuil de rentabilité et formalisez un business plan sur 3 ans pour convaincre les financeurs.
  • L-Expert-Comptable.com crée votre société de restauration gratuitement et gère votre comptabilité dès 109€HT/mois, avec un comptable dédié, sans engagement.
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Guillaume DELEMARLE

Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

Quel budget total pour ouvrir un restaurant en 2026 ?

Le budget pour ouvrir un restaurant varie du simple au décuple selon le concept, la localisation et le niveau de finition. Avant de détailler chaque poste de dépense, voici les grandes fourchettes à retenir selon le type de projet.

Les fourchettes selon le type de restaurant

Un food truck ne demande pas le même investissement qu'un restaurant gastronomique. Le tableau ci-dessous donne une vision globale du budget d'ouverture selon cinq formats courants.

Type de restaurantFourchette basseFourchette hautePostes principaux
Food truck / snack30 000 €80 000 €Véhicule, équipement embarqué, stock, licences
Restaurant rapide / fast-food80 000 €200 000 €Local modeste, équipement standardisé, signalétique
Restaurant traditionnel150 000 €400 000 €Bail commercial, travaux, cuisine complète, mobilier, trésorerie
Restaurant gastronomique300 000 €1 000 000 €+Emplacement premium, aménagement haut de gamme, brigade, cave
Restaurant en franchise100 000 €500 000 €Droit d'entrée franchiseur, aménagement aux normes de l'enseigne

Ces montants incluent la trésorerie de départ, un poste souvent oublié mais qui représente à lui seul 30 à 40 % du budget total.

Les critères qui font varier le budget

Deux restaurants traditionnels de 40 couverts peuvent afficher un budget d'ouverture du simple au double. Voici les quatre facteurs qui créent l'écart :

  • Localisation géographique. Un local en centre-ville de Paris coûte 3 à 5 fois plus cher qu'en ville moyenne de province, tant en loyer qu'en droit au bail.
  • État du local. Reprendre un fonds de commerce avec cuisine existante réduit le budget travaux de 50 à 70 % par rapport à une création ex nihilo dans un local vide.
  • Concept et positionnement. Un restaurant bistronomique avec une carte courte demande moins d'équipement qu'un établissement gastronomique avec pâtisserie maison et cave de 300 références.
  • Nombre de couverts et amplitude horaire. Passer de 30 à 60 couverts double le besoin en mobilier, vaisselle et stock. Ouvrir midi et soir au lieu du seul déjeuner augmente la masse salariale de 40 à 60 %.

Quels sont les postes de dépense à prévoir ?

Le coût d'ouverture d'un restaurant se décompose en neuf grands postes. Les oublier dans votre budget prévisionnel, c'est risquer un trou de trésorerie dès les premiers mois.

Le local : bail commercial et dépôt de garantie

Le local représente souvent le premier poste de dépense. Le dépôt de garantie s'élève en général à 3 mois de loyer HT, parfois 6 mois pour les emplacements les plus demandés. Le loyer mensuel va de 500 € dans une petite ville à plus de 5 000 € en centre-ville parisien.

Si le local est déjà occupé, vous devrez payer un droit au bail au locataire sortant. Ce montant est libre et dépend de l'emplacement : de 0 € pour un local vacant à plusieurs dizaines de milliers d'euros dans un quartier prisé. Le pas-de-porte, lui, est versé directement au propriétaire en échange d'avantages sur le bail (loyer modéré, durée longue).

L'alternative : racheter un fonds de commerce existant. Vous récupérez le bail, la clientèle, le matériel et parfois la licence IV, mais le prix d'achat intègre la valeur de ces éléments. Pour estimer ce que vaut un tel actif, il est utile de savoir comment calculer la valeur d'un fonds de commerce avant de négocier.

Un bail nu vous donne un local vide à aménager entièrement, tandis qu'un fonds de commerce inclut l'existant (équipement, clientèle, licence). Le fonds de commerce coûte plus cher à l'achat mais réduit les travaux et accélère le démarrage.

Les travaux et la mise aux normes

L'aménagement et la décoration d'un restaurant coûtent entre 20 000 et 150 000 € selon l'état du local. Un ancien restaurant nécessitant un simple rafraîchissement restera sous les 30 000 €. Un local brut à transformer intégralement dépassera facilement les 80 000 €.

La mise aux normes hygiène (HACCP), sécurité incendie et accessibilité PMR est obligatoire et non négociable. L'extraction et la ventilation de la cuisine sont le poste le plus souvent sous-estimé : comptez 5 000 à 30 000 € selon la configuration du local et les contraintes de copropriété. Les raccordements (eau, gaz, électricité triphasé) ajoutent 2 000 à 8 000 € si l'installation existante est insuffisante.

Le matériel de cuisine et le mobilier de salle

L'équipement d'une cuisine professionnelle coûte entre 15 000 et 100 000 €. Les postes principaux : four, piano de cuisson, chambre froide, lave-vaisselle professionnel et hotte d'extraction. Un restaurant traditionnel de 40 couverts se situe autour de 30 000 à 50 000 € en matériel neuf.

Le mobilier de salle (tables, chaises, comptoir, éclairage d'ambiance) représente 5 000 à 40 000 €. La vaisselle, les couverts et la verrerie ajoutent 2 000 à 10 000 € selon le positionnement.

Pour lisser la trésorerie, le crédit-bail ou la location longue durée permet de financer le gros matériel de cuisine sans mobiliser tout le capital au démarrage. Le coût total est plus élevé qu'un achat comptant, mais la charge mensuelle est prévisible.

Le stock initial de matières premières

Le premier approvisionnement en matières premières représente 2 000 à 10 000 € selon la taille de la carte et le nombre de couverts. Les boissons (vins, softs, café) constituent un poste distinct : une cave de départ pour un restaurant traditionnel coûte 3 000 à 8 000 €. Ajoutez les consommables du quotidien (emballages, produits d'entretien, papier) pour 500 à 1 000 €.

Les licences, permis et formations obligatoires

Plusieurs obligations réglementaires s'imposent avant l'ouverture :

  • Permis d'exploitation : formation de 20 heures obligatoire pour tout exploitant, coût de 290 à 645 €.
  • Licence de débit de boissons : licence III (boissons fermentées : vin, bière, cidre) ou licence IV (tous alcools). Le transfert est gratuit, mais l'achat d'une licence IV sur le marché peut coûter plusieurs milliers d'euros selon la commune.
  • Formation HACCP en hygiène alimentaire : obligatoire pour au moins un membre de l'équipe, environ 400 €.
  • Déclaration SACEM : si vous diffusez de la musique dans votre établissement, la redevance annuelle varie de 400 à 1 500 € selon la surface.
  • Immatriculation RCS : environ 37,45 € TTC pour les frais de greffe d'une société commerciale, plus 21,41 € TTC pour la déclaration des bénéficiaires effectifs.

La technologie : caisse, logiciels et terminaux

Depuis 2018, tout restaurant doit utiliser un logiciel de caisse certifié NF525. Comptez 50 à 150 €/mois en abonnement. Le terminal de paiement (TPE) coûte 20 à 50 €/mois en location. Si vous ajoutez des tablettes de commande en salle, prévoyez 500 à 2 000 € par unité. Un site internet avec plateforme de réservation revient à 500 à 3 000 € en création, plus un abonnement mensuel de 30 à 100 €.

Le marketing de lancement

L'identité visuelle (logo, charte graphique, design des menus) coûte 1 000 à 5 000 €. La communication digitale (photos professionnelles, création de comptes sur les réseaux sociaux, fiche Google Business) représente 1 000 à 5 000 € supplémentaires. Une soirée d'inauguration revient à 500 à 3 000 €. Le référencement sur les plateformes (TheFork, TripAdvisor, Uber Eats) est gratuit à l'inscription mais génère des commissions de 15 à 30 % sur chaque commande. Pour structurer votre approche, il peut être utile de comprendre ce qu'est le marketing et ses leviers avant de lancer votre communication.

Les frais juridiques et administratifs

La rédaction des statuts (SARL, SAS, EURL) peuvent coûter jusqu'à 1 500 € avec un avocat. La publication d'une annonce légale revient à environ 120 à 150 € HT. Les frais de greffe totalisent environ 59 € TTC (37,45 € pour l'immatriculation + 21,41 € pour la DBE). Les honoraires d'un expert-comptable traditionnel se situent entre 100 et 300 €/mois. L'assurance RC Pro coûte 30 à 80 €/mois, et l'assurance multirisque professionnelle 80 à 200 €/mois.

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La trésorerie de départ : le poste que tout le monde oublie

C'est le poste qui fait la différence entre un restaurant qui survit et un restaurant qui ferme dans les 18 premiers mois. Prévoyez 3 à 6 mois de charges fixes en réserve : loyer, salaires, charges sociales, fournisseurs, abonnements.

La masse salariale représente en moyenne 30 à 40 % du chiffre d'affaires d'un restaurant. Pour un établissement de 40 couverts avec 2 salariés en cuisine et 1 en salle, comptez 8 000 à 12 000 € de charges salariales mensuelles (salaires bruts + cotisations patronales).

Le décalage entre les premières dépenses (travaux, stock, loyer) et les premiers encaissements (clients) crée un besoin en fonds de roulement (BFR) que beaucoup de créateurs sous-estiment. Résultat : 25 % des restaurants ferment avant leur deuxième anniversaire, souvent par manque de trésorerie plutôt que par manque de clients.

Tableau récapitulatif : budget estimé poste par poste

Le tableau ci-dessous synthétise l'ensemble des postes de dépense pour un restaurant traditionnel de 40 couverts en ville moyenne. Un cas pratique chiffré suit le tableau pour illustrer concrètement ces fourchettes.

Poste de dépenseFourchette estiméeRemarques
Local (dépôt de garantie + droit au bail)5 000 – 50 000 €3 mois de loyer HT minimum ; droit au bail très variable
Travaux et mise aux normes20 000 – 150 000 €Extraction cuisine souvent sous-estimée (5 000 – 30 000 €)
Matériel de cuisine15 000 – 100 000 €Leasing possible pour lisser la trésorerie
Mobilier et décoration de salle5 000 – 40 000 €Tables, chaises, comptoir, éclairage
Vaisselle et petit matériel2 000 – 10 000 €Couverts, verrerie, ustensiles de service
Stock initial (matières premières + boissons)3 000 – 15 000 €Premier approvisionnement + cave de départ
Licences, permis et formations1 500 – 5 000 €Permis d'exploitation, HACCP, SACEM, licence
Technologie (caisse, TPE, logiciels)2 000 – 8 000 €Logiciel de caisse NF525 obligatoire
Marketing de lancement2 500 – 13 000 €Identité visuelle, digital, inauguration
Frais juridiques et administratifs1 500 – 5 000 €Statuts, annonce légale, greffe, expert-comptable
Assurances (RC Pro, multirisque)1 500 – 3 500 €/anRC Pro + multirisque professionnelle
Trésorerie de départ (3-6 mois de charges)30 000 – 120 000 €Loyer + salaires + charges + fournisseurs
Total restaurant traditionnel150 000 – 400 000 €Fourchette moyenne constatée

Cas pratique : restaurant traditionnel de 40 couverts en ville moyenne

Voici le budget détaillé d'un projet concret : reprise d'un local de 80 m² avec travaux légers, 2 salariés, ouverture midi et soir, en ville moyenne.

PosteMontant estimé
Bail (dépôt de garantie 3 mois + droit au bail modéré)15 000 €
Travaux (rafraîchissement + mise aux normes extraction)30 000 €
Matériel de cuisine (four, piano, chambre froide, lave-vaisselle)35 000 €
Mobilier de salle et décoration12 000 €
Stock initial (matières premières + boissons)5 000 €
Licences, permis et formations (permis d'exploitation + HACCP + SACEM)2 000 €
Technologie (caisse NF525 + TPE + site web)3 000 €
Marketing de lancement (identité visuelle + digital + inauguration)4 000 €
Frais juridiques et administratifs (statuts + greffe + annonce légale + comptable)2 500 €
Assurances (1re année)1 500 €
Trésorerie de départ (6 mois de charges fixes)70 000 – 110 000 €
Total estimé180 000 – 220 000 €

La trésorerie de départ représente à elle seule 40 à 50 % du budget total. C'est ce matelas de sécurité qui permet de traverser les 6 premiers mois de montée en charge sans se retrouver en cessation de paiement.

Comment financer l'ouverture de votre restaurant en 2026 ?

Une fois le budget chiffré, reste à trouver les fonds. Plusieurs sources de financement se combinent pour boucler un plan de financement solide :

  • Constituer un apport personnel suffisant pour convaincre les banques
  • Négocier un prêt bancaire professionnel avec garantie Bpifrance
  • Mobiliser les aides publiques (ACRE, ARCE, prêts d'honneur)
  • Compléter avec du financement participatif si besoin

L'apport personnel

Les banques exigent en règle générale un apport personnel de 20 à 30 % du budget total. Pour un projet à 200 000 €, cela représente 40 000 à 60 000 €. Cet apport montre votre engagement et rassure le prêteur sur votre capacité à prendre des risques mesurés.

L'apport peut provenir de votre épargne personnelle, de la love money (prêts ou dons de la famille et des amis), ou du déblocage anticipé d'un PER dans le cadre d'une création d'entreprise (cas de déblocage autorisé par la loi).

Le prêt bancaire professionnel

Le prêt bancaire reste la source principale de financement. La durée courante est de 5 à 7 ans, avec un taux qui dépend de votre profil et de la solidité de votre business plan. Un prévisionnel sur 3 ans (compte de résultat, plan de trésorerie, plan de financement) est indispensable pour décrocher un accord.

Bpifrance peut garantir jusqu'à 60 % du montant emprunté, ce qui réduit le risque pour la banque et facilite l'obtention du prêt. Cette garantie se demande directement via votre banque.

Les aides publiques à la création

L'ACRE

L'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) accorde une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d'activité. La demande se fait au moment de la création ou dans les 60 jours suivants.

L'ARCE

L'ARCE permet de convertir 60 % de vos droits ARE restants en capital. Le premier versement de 30 % est effectué au démarrage de l'activité. Le second versement intervient 6 mois plus tard, à condition que l'activité existe toujours et que vous n'exerciez pas de CDI à temps plein. Pour en savoir plus sur le cumul chômage et création d'entreprise, les règles sont précises et méritent d'être vérifiées avant de vous lancer.

Les prêts d'honneur

Le Réseau Initiative et le Réseau Entreprendre accordent des prêts d'honneur allant jusqu'à 50 000 € à taux zéro, sans garantie personnelle. Leur effet de levier est puissant : 1 € de prêt d'honneur permet en moyenne de débloquer 7 à 8 € de prêt bancaire. Ces dispositifs font partie des principales aides financières pour la création d'entreprise accessibles aux porteurs de projet.

Le financement participatif (crowdfunding)

Le crowdfunding en don ou contrepartie (Ulule, KissKissBankBank) mobilise votre communauté locale et finance des postes visibles comme le mobilier ou la décoration. Le crowdlending (prêt entre particuliers via des plateformes comme LITA) donne accès à des fonds sans garantie lourde, mais à un taux plus élevé que le bancaire. Ces financements complètent le plan mais ne remplacent pas le prêt bancaire pour les gros montants.

Comment établir votre budget prévisionnel étape par étape avant d'ouvrir votre restaurant ?

Construire un budget prévisionnel fiable demande une méthode rigoureuse en cinq étapes. Voici la marche à suivre pour passer de l'idée au document bankable :

  • Cadrer votre concept et votre positionnement tarifaire
  • Collecter des devis réels pour chaque poste de dépense
  • Projeter votre chiffre d'affaires avec des hypothèses prudentes
  • Déterminer votre seuil de rentabilité mensuel
  • Assembler le business plan complet pour les financeurs

Étape 1 : définir le concept et le positionnement

Avant de chiffrer quoi que ce soit, posez les bases : type de cuisine, gamme de prix, nombre de couverts cible et amplitude horaire (midi seul, midi + soir, 7j/7). Un restaurant ouvert uniquement le midi avec 30 couverts n'a pas du tout le même budget qu'un établissement de 60 couverts ouvert 6 jours sur 7 midi et soir. Chaque choix impacte directement le dimensionnement de tous les postes de dépense.

Étape 2 : chiffrer chaque poste de dépense

Demandez des devis réels pour les travaux, l'équipement de cuisine, les assurances et la technologie. Comparez systématiquement achat neuf, occasion et leasing. Attention : les dépenses engagées avant l'immatriculation de la société ne permettent pas de récupérer la TVA. Intégrez cette TVA non récupérable dans votre budget si vous achetez du matériel avant la création. Pour comprendre les règles applicables, consultez notre article sur la TVA en restauration.

Étape 3 : estimer le chiffre d'affaires prévisionnel

La formule de base : ticket moyen × nombre de couverts × taux de remplissage × jours d'ouverture. Par exemple, un restaurant de 40 couverts avec un ticket moyen de 22 €, un taux de remplissage de 70 % et 280 jours d'ouverture génère un chiffre d'affaires annuel d'environ 172 000 €. Prévoyez un CA plus faible les 3 à 6 premiers mois (montée en charge). Le CA moyen d'un restaurant traditionnel se situe entre 200 000 et 500 000 €/an.

Étape 4 : calculer le seuil de rentabilité

Séparez vos charges fixes et charges variables (les matières premières représentent 25 à 35 % du CA). Le seuil de rentabilité se calcule ainsi : charges fixes / (1 - taux de charges variables). Si vos charges fixes mensuelles sont de 10 000 € et vos charges variables représentent 30 % du CA, votre seuil de rentabilité mensuel est de 10 000 / 0,70 = 14 286 € de CA. L'objectif : atteindre cet équilibre entre le 6e et le 12e mois.

Étape 5 : formaliser le business plan

Le business plan regroupe le compte de résultat prévisionnel sur 3 ans, le plan de financement initial et le plan de trésorerie mensuel. C'est le document que les banques, les investisseurs et les organismes d'aides publiques demandent systématiquement.

Budget d'un restaurant : quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?

Même avec un bon concept et un emplacement porteur, certaines erreurs financières peuvent mettre un restaurant en difficulté dès les premiers mois.

Sous-estimer la trésorerie de départ

C'est la première cause de défaillance dans la restauration. Beaucoup de créateurs investissent tout dans les travaux et l'équipement, puis se retrouvent sans réserve pour payer les salaires et les fournisseurs en attendant que le restaurant tourne à plein régime. Règle d'or : prévoyez au minimum 3 mois de charges fixes en réserve, idéalement 6 mois. Pour analyser la solidité financière de votre projet, comprendre le cash-flow est indispensable.

Oublier les coûts cachés

La SACEM, la mise aux normes accessibilité PMR, la CFE (cotisation foncière des entreprises, exonérée la première année puis réduite de 50 % la deuxième) sont des postes que beaucoup de porteurs de projet découvrent après l'ouverture. Pour anticiper ce qu'elle représente, il est utile de savoir comment calculer la CFE et quelles exonérations s'appliquent. Les cotisations sociales du dirigeant sont un autre angle mort : un gérant TNS (SARL/EURL) paie un forfait de début d'activité d'environ 3 500 €/an, tandis qu'un président de SAS/SASU coûte environ 1 820 € à la société pour 1 000 € net versé.

 

Choisir un local sans vérifier la conformité

Un local non conforme (extraction insuffisante, normes incendie non respectées, accessibilité PMR absente) peut générer 30 000 à 80 000 € de travaux imprévus. Faites toujours réaliser un diagnostic technique complet avant de signer le bail. Vérifiez aussi le règlement de copropriété : certains immeubles interdisent les activités de restauration ou imposent des contraintes sur les horaires et les nuisances.

Les questions fréquentes sur le budget pour ouvrir un restaurant

Quel budget minimum pour ouvrir un petit restaurant ?

Pour un petit restaurant de 20-30 couverts en ville moyenne, comptez au minimum 80 000 à 150 000 €, en incluant le local, l'équipement de base, les licences et 3 mois de trésorerie. Un food truck permet de démarrer à partir de 30 000 à 50 000 € si le véhicule est acheté d'occasion.

Combien coûte l'ouverture d'un restaurant en franchise ?

Le budget dépend du franchiseur. Comptez un droit d'entrée de 10 000 à 50 000 € auquel s'ajoutent les travaux d'aménagement aux normes de l'enseigne, l'équipement et la trésorerie. Budget total : généralement entre 100 000 et 500 000 €, voire plus pour les enseignes premium. Pour comprendre le fonctionnement de ce modèle, vous pouvez consulter notre article sur ce qu'est une franchise.

Est-ce que je peux ouvrir un restaurant sans apport personnel ?

C'est très difficile. Les banques exigent en règle générale un apport de 20 à 30 % du budget total. Un prêt d'honneur (Réseau Initiative, Réseau Entreprendre) à taux zéro peut compléter votre apport, et l'ARCE permet de convertir 60 % de vos droits au chômage en capital de démarrage.

Quelles aides existent pour ouvrir un restaurant ?

Les principales aides sont l'ACRE (exonération partielle de cotisations sociales la première année), l'ARCE (versement de 60 % des droits ARE en capital), les prêts d'honneur à taux zéro et la garantie Bpifrance (jusqu'à 60 % du prêt bancaire garanti). Certaines régions proposent aussi des subventions locales.

Quelle est la différence entre droit au bail et pas-de-porte ?

Le droit au bail est le prix payé au locataire sortant pour reprendre son bail commercial. Le pas-de-porte est versé directement au propriétaire en contrepartie d'avantages liés au bail (emplacement, loyer modéré). Les deux sont négociables et varient de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d'euros selon l'emplacement.

Combien de temps avant d'être rentable avec un restaurant ?

En moyenne, un restaurant atteint son seuil de rentabilité entre 6 et 18 mois après l'ouverture. Cela dépend du ticket moyen, du taux de remplissage, de la maîtrise des coûts matières (idéalement 25-35 % du CA) et de la masse salariale (30-40 % du CA). Prévoir une trésorerie suffisante pour couvrir cette période de montée en charge est la clé.

Faut-il un expert-comptable pour ouvrir un restaurant ?

Ce n'est pas légalement obligatoire, mais c'est fortement recommandé. En plus de la création de votre entreprise gratuite, L-Expert-Comptable.com propose la prise en charge de votre comptabilité de A à Z dès 109€HT/mois, sans engagement : TVA, bilan, liasse fiscale, avec un conseiller dédié qui connaît les spécificités de la restauration.

Quels sont les coûts récurrents après l'ouverture d'un restaurant ?

Les charges mensuelles récurrentes incluent le loyer, les salaires et charges sociales (30-40 % du CA), les achats de matières premières (25-35 % du CA), les assurances, l'expert-comptable, les abonnements (caisse, logiciels), l'énergie et les cotisations obligatoires (SACEM, CFE à partir de la deuxième année). La TVA en restauration obéit à des règles spécifiques qu'il convient de maîtriser dès l'ouverture.

Quel statut juridique choisir pour ouvrir un restaurant ?

Les statuts les plus courants sont la SARL/EURL (gérant TNS, cotisations sociales d'environ 45 % du net, coût total moindre) et la SAS/SASU (président assimilé salarié, cotisations d'environ 82 % du net, meilleure couverture sociale). Vous pouvez simuler votre statut juridique selon votre activité pour faire le choix le plus adapté à votre situation.

Peut-on ouvrir un restaurant avec le statut de micro-entreprise ?

C'est possible pour un petit projet (food truck, traiteur), mais le plafond de CA en micro-entreprise est de 203 100 € pour une activité de vente. Au-delà, il faut basculer vers un régime réel. La micro-entreprise ne permet pas de déduire les charges réelles, ce qui est pénalisant dans un secteur à forts investissements comme la restauration.

Sources & Références

Service-Public : Ouvrir un restaurant

Entreprendre.Service-Public : Tourisme - Restauration

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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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