- Tout commerçant doit enregistrer ses opérations, établir des comptes annuels (sauf micro-BIC), réaliser un inventaire et conserver ses justificatifs 10 ans.
- Trois régimes, trois niveaux : le micro-BIC (≤ 188 700 € en ventes) se limite à un livre des recettes, le réel simplifié demande un bilan simplifié et une TVA annuelle, le réel normal exige une comptabilité complète avec TVA mensuelle.
- E-commerce : les ventes en ligne dans l'UE au-delà de 10 000 € déclenchent le régime OSS pour la TVA, et les commissions marketplace sont des charges déductibles.
- EI vs société : seules les sociétés commerciales doivent déposer leurs comptes à l'INPI et faire approuver les comptes en assemblée générale.
- Pilotage : la marge commerciale, le taux de rotation des stocks, le panier moyen, le BFR et le seuil de rentabilité sont les cinq indicateurs à suivre chaque mois pour garder le contrôle sur la rentabilité de son commerce.
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Quelles sont les obligations comptables d'un commerçant ?
Qui est considéré comme commerçant au sens de la loi ?
L'article L121-1 du Code de commerce donne une définition simple : un commerçant est une personne qui exerce des actes de commerce (achat-revente, négoce, vente de marchandises) et en fait sa profession habituelle. Cette définition couvre aussi bien le commerçant personne physique, c'est-à-dire l'entrepreneur individuel (EI), que le commerçant personne morale, comme une SARL ou une SAS créée pour exploiter un commerce.
Tout commerçant doit être inscrit au Registre National des Entreprises (RNE, qui a remplacé l'ancien Registre du Commerce et des Sociétés). Cette inscription déclenche les obligations comptables prévues par le Code de commerce.
Attention à ne pas confondre : les artisans, les professions libérales et les agriculteurs ne sont pas des commerçants au sens juridique. Leurs obligations comptables relèvent d'autres textes. Un boulanger qui fabrique et vend son pain est artisan. Un boulanger qui achète du pain pour le revendre est commerçant. La nuance change tout.
Les 5 obligations comptables communes à tous les commerçants
Quel que soit le régime fiscal (micro, réel simplifié ou réel normal), tout commerçant est soumis à un socle commun d'obligations. L'article L123-12 du Code de commerce les résume en cinq points.
- Enregistrer chronologiquement tous les mouvements qui affectent le patrimoine de l'entreprise. Chaque vente, chaque achat, chaque paiement de charge doit être tracé, jour par jour. Un achat de stock le 15 mars est enregistré au 15 mars, pas à la fin du mois.
- Établir les comptes annuels à la clôture de chaque exercice. Trois documents composent ces comptes : le bilan comptable (photographie du patrimoine à un instant T), le compte de résultat (synthèse des produits et charges de l'année) et l'annexe (explications complémentaires). Les micro-entrepreneurs en sont dispensés.
- Réaliser un inventaire annuel au minimum une fois par exercice. Cela signifie compter physiquement les stocks, vérifier les créances clients, lister les dettes fournisseurs. L'inventaire sert à ajuster les comptes à la réalité.
- Conserver toutes les pièces comptables justificatives pendant 10 ans à compter de la clôture de l'exercice. Factures d'achat, factures de vente, relevés bancaires, tickets de caisse : tout doit être archivé, en format papier ou numérique.
- Déposer les comptes annuels à l'INPI pour les sociétés commerciales (SARL, SAS, SA). Ce dépôt doit intervenir dans les 7 mois suivant la clôture de l'exercice. Les entreprises individuelles ne sont pas concernées par cette obligation.
Les livres comptables obligatoires
Deux livres comptables sont imposés par le Code de commerce à tout commerçant soumis à un régime réel.
Le livre-journal enregistre chronologiquement toutes les opérations comptables, jour par jour. Chaque écriture mentionne la date, le libellé de l'opération, le montant, et les comptes débités et crédités. C'est le document de base de toute comptabilité d'un commerce.
Le grand-livre en comptabilité reprend les mêmes écritures, mais les classe par numéro de compte du Plan comptable général (PCG). Il permet de voir d'un coup d'œil tous les mouvements sur un compte donné : le compte 607 « Achats de marchandises » par exemple.
Le livre d'inventaire, autrefois obligatoire, a été supprimé pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2016. Le grand-livre le remplace dans les faits.
Les journaux auxiliaires (journal des achats, journal des ventes, journal de banque, journal des opérations diverses) ne sont pas obligatoires, mais la plupart des logiciels de comptabilité les génèrent automatiquement. Ils facilitent la lecture et le contrôle des écritures.
Micro-entreprise, réel simplifié ou réel normal : quelles différences pour un commerce ?
Le régime micro-entreprise (micro-BIC)
Le régime micro-BIC s'applique aux commerçants dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 188 700 € pour la vente de marchandises ou 77 700 € pour les prestations de services (seuils 2025).
La comptabilité est ultra-simplifiée : le commerçant tient un livre des recettes (liste chronologique de tous les encaissements) et, s'il vend des marchandises, un registre des achats. Pas de bilan, pas de compte de résultat, pas d'annexe. Pour en savoir plus sur les démarches de création d'une micro-entreprise, un guide complet est disponible en ligne.
Le bénéfice imposable est calculé automatiquement par l'administration grâce à un abattement forfaitaire : 71 % pour les ventes de marchandises, 50 % pour les prestations de services. Un commerçant qui réalise 100 000 € de CA en vente de marchandises est donc imposé sur 29 000 €. Pour comprendre le détail de cet abattement auto-entrepreneur, il convient de distinguer les activités de vente des activités de service.
Le régime réel simplifié d'imposition
Le régime réel simplifié concerne les commerçants dont le CA se situe entre 188 700 € et 840 000 € pour les ventes, ou entre 77 700 € et 254 000 € pour les services.
La comptabilité d'engagement est obligatoire : les opérations sont enregistrées à la date de la facture, même si le paiement n'a pas encore eu lieu. Le commerçant peut toutefois opter pour la comptabilité de trésorerie en cours d'exercice (enregistrement au moment du paiement), à condition de régulariser les créances et dettes à la clôture.
Le bilan et le compte de résultat sont présentés sous forme simplifiée, avec une annexe allégée. La déclaration de TVA est annuelle (formulaire CA12), avec deux acomptes semestriels en juillet et décembre.
Le régime réel normal
Au-delà de 840 000 € de CA pour les ventes ou 254 000 € pour les services, le régime réel normal s'applique automatiquement.
La comptabilité d'engagement est complète et détaillée. Le Plan comptable général (PCG) doit être intégralement appliqué, avec un bilan, un compte de résultat et une annexe non simplifiés. Chaque poste est ventilé finement : les stocks sont détaillés par catégorie, les immobilisations par nature. La réforme du Plan Comptable Général a par ailleurs introduit des ajustements importants sur la présentation de certains postes.
La déclaration de TVA est mensuelle (formulaire CA3), ou trimestrielle si la TVA annuelle ne dépasse pas 4 000 €. La liasse fiscale (déclaration 2031 et tableaux annexes) est plus volumineuse qu'en régime simplifié.
Tableau comparatif des 3 régimes comptables du commerçant
| Critère | Micro-BIC | Réel simplifié | Réel normal |
|---|---|---|---|
| Seuil CA ventes de marchandises | ≤ 188 700 € | 188 700 € à 840 000 € | > 840 000 € |
| Seuil CA prestations de services | ≤ 77 700 € | 77 700 € à 254 000 € | > 254 000 € |
| Livre-journal | ❌ (livre des recettes) | ✅ | ✅ |
| Grand-livre | ❌ | ✅ | ✅ |
| Bilan | ❌ | ✅ Simplifié | ✅ Complet |
| Compte de résultat | ❌ | ✅ Simplifié | ✅ Complet |
| Annexe comptable | ❌ | ✅ Allégée | ✅ Complète |
| Inventaire annuel | ❌ | ✅ | ✅ |
| Comptabilité de trésorerie | N/A | ✅ Possible (option) | ❌ |
| Déclaration TVA | Franchise en base | CA12 (annuelle + acomptes) | CA3 (mensuelle) |
| Dépôt des comptes (sociétés) | ❌ | ✅ | ✅ |
| Liasse fiscale | ❌ (déclaration 2042-C-PRO) | 2031 + tableaux simplifiés | 2031 + tableaux complets |
Comment tenir la comptabilité d'un commerce au quotidien ?
Quatre actions structurent la gestion comptable quotidienne d'un commerce :
- Saisir chaque mouvement financier dans le journal au fil de l'eau
- Produire des factures conformes à la réglementation
- Compter et valoriser les stocks au moins une fois par an
- Séparer les flux bancaires personnels et professionnels
Enregistrer chaque opération dans le livre-journal
Chaque vente, achat, règlement de charge ou encaissement doit être enregistré dans le livre-journal de façon chronologique. Un achat de marchandises le 3 février est saisi au 3 février, avec les mentions obligatoires : date, libellé de l'opération, montant, et comptes débités et crédités.
Chaque écriture doit être rattachée à une pièce justificative : facture fournisseur, ticket de caisse, relevé bancaire, note de frais. Sans justificatif, l'écriture peut être rejetée en cas de contrôle fiscal. Un commerçant qui enregistre 200 opérations par mois a donc 200 pièces à classer et archiver. Les opérations diverses en comptabilité font l'objet d'un traitement spécifique dans le journal, notamment pour les régularisations de fin d'exercice.
Émettre des factures conformes
La facture est obligatoire pour toute vente entre professionnels (B2B), sans exception. Pour les ventes aux particuliers (B2C), elle est obligatoire au-delà de 25 € TTC, ou dès que le client en fait la demande.
Chaque facture doit comporter des mentions obligatoires sur une facture : numéro unique et chronologique, date d'émission, identité du vendeur et de l'acheteur, désignation précise des produits ou services, prix unitaire HT, taux et montant de TVA, montant TTC. L'oubli d'une seule mention expose à une amende de 15 € par mention manquante.
Le double de chaque facture émise doit être conservé pendant 10 ans. Côté facturation électronique, le calendrier se précise : toutes les entreprises devront recevoir des factures électroniques dès septembre 2026. L'émission sera obligatoire pour les grandes entreprises et ETI dès septembre 2026, puis pour les PME et micro-entreprises en septembre 2027.
Pour sécuriser la tenue comptable de votre commerce et anticiper le passage à la facturation électronique, L'Expert-Comptable.com met à disposition un expert-comptable en ligne dédié, adapté aux commerçants en régime réel simplifié comme en réel normal.
Réaliser l'inventaire annuel des stocks
L'article L123-12 du Code de commerce impose un inventaire au moins une fois par exercice. Concrètement, cela signifie compter physiquement toutes les marchandises, matières premières et produits finis présents en stock à la date de clôture. Un guide pratique détaille comment réaliser un inventaire étape par étape.
Chaque article est évalué au coût d'acquisition (prix d'achat + frais accessoires). Si la valeur actuelle d'un produit est inférieure à son coût d'acquisition (invendus, articles démodés), une dépréciation doit être constatée. La variation de stocks entre le début et la fin de l'exercice a un impact direct sur le résultat comptable : un stock qui augmente diminue le coût d'achat des marchandises vendues, et inversement. Les méthodes de valorisation des stocks (CUMP, FIFO) influencent directement ce calcul.
Ouvrir un compte bancaire dédié : est-ce obligatoire ?
La réponse dépend de la forme juridique du commerce.
Pour une société commerciale (SARL, SAS, SA), un compte bancaire professionnel est obligatoire dès la création. Le dépôt du capital social ne peut se faire que sur un compte ouvert au nom de la société.
Pour une entreprise individuelle, l'obligation est plus souple. Un compte bancaire dédié à l'activité professionnelle n'est requis que si le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. En dessous de ce seuil, le commerçant peut utiliser son compte personnel, même si ce n'est pas recommandé. Pour savoir comment créer un compte professionnel, les démarches varient selon l'établissement bancaire choisi.
Pour un micro-entrepreneur, la règle est identique à celle de l'EI : seuil de 10 000 € sur deux ans consécutifs.
Même sans obligation légale, séparer les flux personnels et professionnels simplifie considérablement la comptabilité d'un commerce et réduit le risque d'erreur lors du rapprochement bancaire.
Comptabilité e-commerce : quelles obligations spécifiques ?
TVA et ventes en ligne : les règles à connaître
Un e-commerçant qui vend à des particuliers dans l'Union européenne doit appliquer le taux de TVA du pays de livraison dès que ses ventes intracommunautaires dépassent 10 000 € par an. Exemple : un commerçant français qui vend pour 12 000 € à des clients allemands doit facturer la TVA allemande (19 %) sur ces ventes, et non la TVA française (20 %). Pour mémoire, les taux de TVA par pays en Europe varient sensiblement d'un État membre à l'autre.
Le régime OSS (One-Stop Shop), mis en place depuis juillet 2021, simplifie cette gestion. Il permet de déclarer et payer la TVA due dans tous les pays de l'UE via un guichet unique en France, sans avoir à s'immatriculer dans chaque État membre.
Pour les ventes B2B dans l'UE, un numéro de TVA intracommunautaire est obligatoire dès la première transaction. Les importations de marchandises hors UE sont soumises à la TVA à l'importation, qui peut être autoliquidée sur la déclaration de TVA depuis 2022. Le mécanisme d'autoliquidation de la TVA suit des règles précises qu'il convient de maîtriser avant de l'appliquer.
Vendre sur les marketplaces (Amazon, Etsy, Shopify) : impact comptable
Les commissions prélevées par les marketplaces (entre 8 % et 15 % du prix de vente selon la plateforme) sont des charges déductibles, enregistrées au compte 622 « Rémunérations d'intermédiaires et honoraires ». Pour les e-commerçants, faire appel à un expert-comptable spécialisé en e-commerce permet d'anticiper ces spécificités dès le démarrage de l'activité.
Depuis 2024, les plateformes de mise en relation sont tenues de déclarer les revenus de leurs vendeurs à l'administration fiscale. Le commerçant doit déclarer l'intégralité de ses revenus, même si la marketplace a collecté la TVA pour son compte dans le cadre du régime des plateformes.
Le rapprochement bancaire est plus complexe qu'en vente directe : il y a un décalage entre la date de la vente, la date du paiement par le client et la date du versement par la plateforme (souvent 14 jours plus tard). Automatiser l'import des données de vente dans le logiciel comptable évite les erreurs de saisie et fait gagner un temps considérable.
Facturation électronique et e-commerce : ce qui change en 2026-2027
Le passage à la facturation électronique concerne tous les commerçants, y compris les e-commerçants. Toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir des factures électroniques dès septembre 2026. L'obligation d'émettre des factures au format électronique sera progressive : septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.
Deux canaux sont prévus pour l'échange de factures : les plateformes de dématérialisation partenaires (PDP), certifiées par l'administration, et le Portail Public de Facturation (PPF).
Pour un e-commerçant qui émet des centaines de factures par mois, adapter ses outils de facturation dès maintenant permet d'éviter une migration en urgence à l'approche des échéances. Les 5 meilleurs logiciels de facturation pour auto-entrepreneur intègrent déjà pour la plupart des modules compatibles avec les futures normes.
Société ou entreprise individuelle : quelles différences comptables pour un commerce ?
Les obligations comptables en entreprise individuelle (EI / micro)
Le commerçant en entreprise individuelle n'a pas à déposer ses comptes annuels. Ses résultats restent confidentiels. Il n'est jamais soumis à l'obligation de nommer un commissaire aux comptes.
En régime réel simplifié, l'EI peut opter pour la comptabilité de trésorerie en cours d'exercice, ce qui allège la gestion quotidienne : les opérations sont enregistrées au moment de l'encaissement ou du décaissement, avec une régularisation des créances et dettes à la clôture.
Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine professionnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine personnel. L'ancien statut d'EIRL, qui permettait cette séparation par déclaration d'affectation, est gelé : il n'est plus possible d'en créer de nouveau. Pour les commerçants qui envisagent de passer de la micro-entreprise à une société, cette évolution du cadre juridique est un élément à intégrer dans la réflexion.
Les obligations comptables en société commerciale (SARL, SAS, SA)
Les sociétés commerciales ont des obligations plus lourdes. La comptabilité d'engagement est la règle (sauf option pour la comptabilité de trésorerie en régime simplifié). Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexes comptables) doivent être approuvés en assemblée générale des associés, puis déposés au greffe du tribunal de commerce via l'INPI dans les 7 mois suivant la clôture de l'exercice.
Un commissaire aux comptes est obligatoire si la société dépasse deux des trois seuils suivants : 5 millions d'euros de total bilan, 10 millions d'euros de chiffre d'affaires HT, 50 salariés.
Les petites entreprises (au sens comptable) peuvent demander la confidentialité de leurs comptes annuels lors du dépôt, pour que seuls le bilan et l'annexe soient accessibles aux tiers, ou même la confidentialité totale pour les micro-entreprises au sens comptable. Le procès-verbal d'assemblée générale qui approuve les comptes doit être conservé avec les autres documents sociaux.
Cas pratique : la comptabilité d'un commerce de détail au régime réel simplifié
Le profil : boutique de prêt-à-porter, CA 320 000 €
Prenons l'exemple de Marie, gérante d'une boutique de prêt-à-porter à Lyon. Sa structure est une SARL unipersonnelle au régime réel simplifié (CA entre 188 700 € et 840 000 €). Elle réalise 70 % de son chiffre d'affaires en boutique et 30 % via son site e-commerce. Son stock moyen s'élève à 45 000 € et elle emploie 2 salariés.
Les obligations comptables concrètes de cette boutique
Voici le calendrier comptable annuel de Marie :
- Tout au long de l'année : tenue du livre-journal et du grand-livre via un logiciel comptable. Chaque vente en boutique, chaque commande en ligne, chaque facture fournisseur est enregistrée.
- À chaque vente B2B : émission d'une facture conforme. Pour les ventes B2C en boutique, le ticket de caisse suffit en dessous de 25 € TTC. La tenue d'une caisse en comptabilité obéit à des règles précises, notamment pour le rapprochement quotidien du fond de caisse.
- Au 31 décembre : inventaire physique complet des stocks. Marie et ses salariés comptent chaque article en rayon et en réserve, puis valorisent le stock au coût d'achat.
- En janvier-février : établissement du bilan simplifié, du compte de résultat simplifié et de l'annexe allégée. Pour comprendre comment lire un bilan comptable, il est utile de distinguer l'actif (ce que possède l'entreprise) du passif (ce qu'elle doit).
- Avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai : dépôt de la liasse fiscale 2031 et des tableaux annexes auprès de l'administration fiscale. Le délai de dépôt de la liasse fiscale est une échéance à ne pas manquer sous peine de pénalités.
- Avant fin juillet : approbation des comptes en assemblée (même en SARL unipersonnelle, un PV de décision de l'associé unique est nécessaire), puis dépôt des comptes à l'INPI. La date limite pour tenir une assemblée générale est fixée à 6 mois après la clôture de l'exercice.
- En juillet et décembre : paiement des acomptes de TVA. En mai : dépôt de la déclaration CA12 et régularisation.
Les KPI à suivre pour piloter la rentabilité
La comptabilité d'un commerce ne sert pas qu'à être en règle. Elle fournit les données nécessaires pour piloter la rentabilité. Voici les indicateurs que Marie suit chaque mois.
| KPI | Formule | Résultat pour Marie | Objectif type prêt-à-porter |
|---|---|---|---|
| Marge commerciale | CA − coût d'achat des marchandises vendues | 320 000 € − 140 000 € = 180 000 € (56 %) | > 55 % |
| Taux de rotation des stocks | Coût d'achat / stock moyen | 140 000 € / 45 000 € = 3,1 rotations/an | 3 à 5 rotations |
| Panier moyen | CA / nombre de transactions | 320 000 € / 8 000 = 40 € | Variable selon positionnement |
| BFR | Stocks + créances clients − dettes fournisseurs | 45 000 € + 15 000 € − 30 000 € = 30 000 € | Le plus bas possible |
| Seuil de rentabilité | Charges fixes / taux de marge | À calculer selon les charges fixes réelles | Point mort atteint le plus tôt dans l'année |
Avec une marge commerciale de 56 %, Marie est dans la moyenne haute du prêt-à-porter. Son taux de rotation de 3,1 signifie qu'elle renouvelle son stock environ 3 fois par an, ce qui est correct mais pourrait être amélioré pour libérer de la trésorerie. Son besoin en fonds de roulement de 30 000 € indique qu'elle doit financer cette somme en permanence pour faire tourner son activité. Pour aller plus loin, un article dédié explique comment savoir si une entreprise est rentable à partir de ces indicateurs.
Vous êtes dans une situation similaire ? Les experts-comptables de L'Expert-Comptable.com accompagnent les commerçants dans la tenue de leur comptabilité, la production de la liasse fiscale et le suivi de leurs indicateurs de performance. Consultez nos tarifs d'expert-comptable pour trouver la formule adaptée à votre commerce.
Les questions fréquentes sur la comptabilité d'un commerce
Qu'est-ce que la comptabilité commerciale exactement ?
La définition de la comptabilité commerciale désigne l'ensemble des obligations imposées par le Code de commerce (article L123-12) à toute personne ayant le statut de commerçant. Elle inclut l'enregistrement chronologique des opérations, l'établissement des comptes annuels et la conservation des pièces justificatives pendant 10 ans.
Un micro-entrepreneur commerçant doit-il tenir une comptabilité ?
Oui, mais très simplifiée. Le micro-entrepreneur commerçant tient un livre des recettes chronologique et, pour les activités de vente, un registre des achats. Il n'a pas à produire de bilan ni de compte de résultat. Les impôts d'un auto-entrepreneur sont calculés directement sur le chiffre d'affaires encaissé, après application de l'abattement forfaitaire.
Combien de temps faut-il conserver les documents comptables d'un commerce ?
Les pièces comptables (factures, relevés bancaires, livre-journal) doivent être conservées pendant 10 ans à compter de la clôture de l'exercice, conformément à l'article L123-22 du Code de commerce. Les documents fiscaux (déclarations, avis d'imposition) suivent un délai de 6 ans.
Faut-il obligatoirement un expert-comptable pour un commerce ?
Aucune loi n'impose de recourir à un expert-comptable. Le commerçant peut tenir sa comptabilité lui-même. Cependant, pour les régimes réel simplifié et réel normal, la complexité des obligations (bilan, liasse fiscale, annexe) rend l'accompagnement par un professionnel fortement recommandé. Pour trouver un expert-comptable en ligne, plusieurs critères sont à prendre en compte : spécialisation sectorielle, tarifs, outils numériques proposés.
Quelles sont les obligations comptables d'un e-commerçant ?
Un e-commerçant a les mêmes obligations qu'un commerçant classique, auxquelles s'ajoutent des spécificités : gestion de la TVA intracommunautaire via le régime OSS pour les ventes dans l'UE, déclaration des revenus perçus via les marketplaces, et préparation à la facturation électronique obligatoire en 2026-2027. Pour ceux qui souhaitent créer et lancer un e-commerce, anticiper ces obligations dès le départ évite des régularisations coûteuses.
Quelle différence entre comptabilité d'engagement et comptabilité de trésorerie pour un commerce ?
La comptabilité d'engagement enregistre les opérations à la date de la facture, même si le paiement n'a pas eu lieu. La comptabilité de trésorerie enregistre au moment du paiement effectif. Les commerçants au régime réel simplifié peuvent opter pour la comptabilité de trésorerie en cours d'année, avec régularisation des créances clients et dettes à la clôture.
Est-ce qu'un commerçant doit déposer ses comptes annuels ?
Uniquement s'il exerce en société commerciale (SARL, SAS, SA). Les comptes doivent être déposés au greffe du tribunal de commerce via l'INPI dans les 7 mois suivant la clôture. Les entreprises individuelles ne sont pas soumises à cette obligation.
Comment gérer la TVA quand on vend en ligne dans toute l'Europe ?
Le régime OSS (One-Stop Shop) permet de déclarer et payer la TVA due dans tous les pays de l'UE via un guichet unique en France. Il s'applique dès que les ventes à distance intracommunautaires dépassent 10 000 € par an. Sans OSS, il faut s'immatriculer à la TVA dans chaque pays de livraison. La TVA déductible sur les achats réalisés dans d'autres États membres peut dans certains cas être récupérée via une procédure spécifique.
Quels KPI suivre pour piloter la rentabilité de mon commerce ?
Les cinq indicateurs à surveiller sont : la marge commerciale, le taux de rotation des stocks, le panier moyen, le besoin en fonds de roulement (BFR) et le seuil de rentabilité. Un suivi mensuel permet d'anticiper les difficultés de trésorerie.
La facturation électronique sera-t-elle obligatoire pour mon commerce ?
Oui. Toutes les entreprises devront recevoir des factures électroniques dès septembre 2026. L'émission sera obligatoire dès septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, puis en septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.
Sources & Références
Legifrance : Article L123-12 - Code de commerce
Service-Public : Obligations comptables du commerçant (entrepreneur individuel)
Impots.gouv.fr : Différences entre le régime simplifié d'imposition et le réel normal
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