- 37 000 € et 7 actionnaires : la SA exige un capital minimum de 37 000 € et au moins 7 actionnaires (2 si cotée), ce qui la réserve aux projets d'envergure.
- Deux modes de gouvernance : conseil d'administration + directeur général (le plus courant) ou directoire + conseil de surveillance (quand investisseurs et dirigeants sont distincts).
- Seule forme cotable en bourse : c'est le principal avantage de la SA par rapport à la SAS et la SARL, mais elle s'accompagne d'un formalisme lourd (AG, CAC, rapports).
- Fiscalité IS en 2026 : taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %. Les dividendes sont soumis au PFU de 31,4 % ou au barème progressif sur option.
- Budget de création : entre 2 000 et 7 000 € hors capital, contre 200 à 1 500 € pour une SAS ou une SARL.
Noté 4,9/5
Qu'est-ce qu'une SA (Société Anonyme) ? Définition et principes
Définition juridique de la Société Anonyme
La Société Anonyme (SA) est une société de capitaux régie par les articles L225-1 à L225-270 du Code de commerce. Le terme « anonyme » ne signifie pas que la société est secrète : il indique que seuls les fondateurs sont identifiés publiquement dans les statuts et les publications légales. Les actionnaires qui achètent des actions après la création restent anonymes vis-à-vis des tiers.
Comme toute société, la SA a une personnalité morale distincte de celle de ses actionnaires. Concrètement, elle peut signer des contrats, emprunter, agir en justice et détenir un patrimoine en son nom propre. La responsabilité des actionnaires est limitée à leurs apports : si la société rencontre des difficultés financières, les créanciers ne peuvent pas se retourner contre le patrimoine personnel des actionnaires.
Quelles sont les caractéristiques essentielles de la SA ?
La SA se distingue des autres formes juridiques par plusieurs caractéristiques structurantes :
- Capital social minimum de 37 000 € : c'est le seuil le plus élevé parmi les formes courantes (contre 1 € pour la SAS ou la SARL).
- 7 actionnaires minimum : ce seuil descend à 2 pour les SA cotées en bourse, depuis la loi PACTE.
- Actions librement cessibles : contrairement aux parts sociales de SARL (soumises à agrément), les actions d'une SA se transmettent sans autorisation préalable des autres actionnaires, sauf clause statutaire contraire.
- Possibilité de cotation en bourse : la SA est la seule forme juridique courante qui permet une introduction sur un marché réglementé (avec la SCA, société en commandite par actions).
- Société de capitaux : la SA fonctionne sur la base des capitaux investis, pas sur la confiance entre associés (pas d'intuitu personae). Un actionnaire peut céder ses actions sans que cela remette en cause le fonctionnement de la société.
Ces caractéristiques font de la SA une structure pensée pour les projets d'envergure, les levées de fonds importantes et les entreprises qui visent une croissance rapide avec un actionnariat large.
Comment fonctionne la gouvernance d'une SA ?
Le modèle classique : conseil d'administration et directeur général
Le mode de gouvernance le plus fréquent en SA repose sur un conseil d'administration associé à un directeur général (DG).
Le conseil d'administration compte entre 3 et 18 membres, élus par l'assemblée générale des actionnaires. Il définit la stratégie de la société, contrôle la gestion et veille au bon fonctionnement de l'entreprise. À sa tête, le président du conseil d'administration convoque et préside les réunions du CA.
Le directeur général, lui, dirige la société au quotidien. Il prend les décisions opérationnelles, signe les contrats et engage la société vis-à-vis des tiers. Sur le plan social, le DG est assimilé salarié : il relève du régime général de la Sécurité sociale.
Un point de souplesse : les fonctions de président du CA et de DG peuvent être cumulées par la même personne (on parle alors de PDG) ou dissociées. La dissociation est courante dans les grandes entreprises pour séparer la stratégie de la gestion opérationnelle.
Le modèle dual : directoire et conseil de surveillance
Le second mode de gouvernance repose sur une séparation stricte entre direction et contrôle.
Le directoire compte 1 à 5 membres. Il assure la gestion opérationnelle de la SA et prend les décisions du quotidien. Le conseil de surveillance, composé de 3 à 18 membres, contrôle la gestion du directoire sans s'immiscer dans les décisions opérationnelles. Il vérifie les comptes, autorise certaines opérations importantes et rend compte aux actionnaires.
Ce modèle est privilégié quand les investisseurs et les dirigeants sont des personnes différentes. Les investisseurs siègent au conseil de surveillance pour garder un droit de regard, tandis que les dirigeants opérationnels composent le directoire.
Quel mode de gouvernance choisir pour votre SA ?
| Critère | CA + Directeur général | Directoire + Conseil de surveillance |
|---|---|---|
| Composition direction | 1 DG (+ DG délégués éventuels) | 1 à 5 membres du directoire |
| Composition contrôle | 3 à 18 administrateurs au CA | 3 à 18 membres au conseil de surveillance |
| Rôle principal | Le CA oriente la stratégie, le DG exécute | Le directoire gère, le conseil de surveillance contrôle |
| Séparation gestion/contrôle | Partielle (le CA peut aussi gérer) | Stricte |
| Profil type | Actionnaires impliqués dans la gestion | Investisseurs qui veulent contrôler sans gérer |
| Réactivité | Forte (décisions concentrées) | Plus lente (double validation sur certaines opérations) |
En pratique, le modèle CA + DG reste le plus répandu. Le modèle dual convient surtout aux SA avec un actionnariat diversifié où les financeurs souhaitent surveiller la gestion sans y participer directement.
Capital social d'une SA : montant minimum, apports et libération
Quel est le capital minimum pour créer une SA ?
Le capital social minimum d'une SA est fixé à 37 000 €. C'est un montant nettement supérieur à celui exigé pour une SAS ou une SARL (1 € symbolique dans les deux cas).
Ce seuil élevé s'explique par la vocation de la SA : accueillir un grand nombre d'actionnaires, garantir une assise financière crédible auprès des tiers (banques, fournisseurs, partenaires) et permettre l'accès aux marchés financiers. Le capital variable est juridiquement possible en SA, mais il reste très rare en pratique.
Apports en numéraire, en nature et en industrie
Trois types d'apports existent en droit des sociétés. En SA, seuls deux sont autorisés.
Apports en numéraire (sommes d'argent) : ils doivent être libérés à hauteur de 50 % minimum lors de la création. Le solde doit être versé dans les 5 ans suivant l'immatriculation de la société, sur appel du conseil d'administration ou du directoire. Pour en savoir plus sur les modalités pratiques, consultez notre guide sur le dépôt de capital en ligne.
Apports en nature (biens matériels ou immatériels : local, brevet, fonds de commerce) : leur évaluation par un commissaire aux apports est obligatoire. Ce professionnel indépendant vérifie que la valeur attribuée aux biens correspond à leur valeur réelle, pour protéger les autres actionnaires et les créanciers.
Apports en industrie (mise à disposition de compétences ou de savoir-faire) : ils sont interdits en SA. C'est une différence notable avec la SAS et la SARL, où les apports en industrie sont autorisés.
L'interdiction des apports en industrie en SA s'explique par la nature même de cette société de capitaux. Seuls les apports qui augmentent le patrimoine de la société (numéraire et nature) sont admis, car les actions doivent représenter une valeur patrimoniale réelle.
Quels sont les avantages et inconvénients de la SA ?
Les avantages de la Société Anonyme
- Cotation en bourse possible : la SA est la seule forme juridique courante qui permet une introduction sur un marché réglementé. C'est un atout décisif pour les entreprises qui veulent lever des fonds auprès du grand public. Les étapes pour s'introduire en bourse sont encadrées par une réglementation stricte.
- Crédibilité renforcée : le statut de SA, avec son capital minimum élevé et sa gouvernance structurée, rassure les banques, les investisseurs institutionnels et les grands donneurs d'ordres. Certains marchés publics exigent d'ailleurs la forme SA.
- Responsabilité limitée aux apports : les actionnaires ne risquent que le montant de leur investissement. Leur patrimoine personnel est protégé.
- Transmission facilitée : les actions se cèdent librement, sans agrément par défaut. Un actionnaire peut vendre ses titres sans l'accord des autres, ce qui simplifie les entrées et sorties de capital.
- Régime social protecteur du dirigeant : le directeur général et le président du CA sont assimilés salariés. Ils bénéficient du régime général de la Sécurité sociale (maladie, retraite, prévoyance).
Les inconvénients de la SA
- Capital minimum élevé (37 000 €) : c'est une barrière à l'entrée significative, surtout pour les projets en phase d'amorçage.
- 7 actionnaires minimum : trouver et gérer 7 actionnaires dès la création complique la structuration de l'actionnariat. Les désaccords entre actionnaires peuvent ralentir les prises de décision.
- Formalisme lourd : la SA impose la tenue d'assemblées générales ordinaires (AGO) et extraordinaires (AGE), la rédaction de procès-verbaux d'assemblée générale, l'établissement de rapports de gestion. Chaque décision importante suit une procédure codifiée.
- Commissaire aux comptes souvent requis : dès que certains seuils sont dépassés, la nomination d'un CAC est obligatoire, ce qui alourdit les coûts.
- Coûts de fonctionnement supérieurs : honoraires du commissaire aux comptes (3 000 à 15 000 € par an), frais juridiques pour la tenue des AG, coût de rédaction des statuts par un professionnel. Le budget annuel de fonctionnement d'une SA est nettement plus élevé que celui d'une SAS ou d'une SARL.
SA vs SAS vs SARL : quel statut choisir ?
Tableau comparatif SA, SAS et SARL
| Critère | SA | SAS | SARL |
|---|---|---|---|
| Capital social minimum | 37 000 € | 1 € | 1 € |
| Nombre minimum d'associés | 7 (2 si cotée) | 1 (SASU) | 1 (EURL) |
| Nombre maximum d'associés | Illimité | Illimité | 100 |
| Direction | CA + DG ou Directoire + CS | Président (organisation libre) | Gérant(s) |
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié | Assimilé salarié | TNS (gérant majoritaire) ou assimilé salarié (minoritaire/égalitaire) |
| Cotation en bourse | ✅ | ❌ (sauf exception) | ❌ |
| Cession de titres | Libre (actions) | Libre (actions) | Agrément obligatoire (parts sociales) |
| Apports en industrie | ❌ | ✅ | ✅ |
| CAC obligatoire | ✅ Au-delà des seuils | ✅ Au-delà des seuils | ✅ Au-delà des seuils |
| Imposition par défaut | IS | IS | IS |
| Flexibilité statutaire | Faible (encadrée par la loi) | Très forte (liberté contractuelle) | Modérée |
| Formalisme de fonctionnement | Lourd (AG, PV, rapports) | Souple | Modéré |
| Coût de création estimé (hors capital) | 2 000 à 7 000 € | 200 à 1 500 € | 200 à 1 500 € |
Quand choisir la SA plutôt que la SAS ?
La SA s'impose dans quatre cas de figure précis :
- Projet d'introduction en bourse : c'est la seule forme courante qui permet l'accès à un marché réglementé.
- Actionnariat large et dispersé : avec des dizaines ou des centaines d'investisseurs, la gouvernance structurée de la SA (CA, AG, CAC) apporte un cadre rassurant.
- Crédibilité institutionnelle : certains marchés publics, appels d'offres ou partenariats avec de grands groupes exigent ou favorisent la forme SA.
- Secteurs réglementés : certaines activités (banques, assurances, sociétés d'investissement) imposent la forme SA par la réglementation.
Quand la SAS ou la SARL sont-elles préférables ?
La SAS est le choix le plus fréquent pour les créateurs d'entreprise en 2026. Elle peut être créée par un seul associé (SASU), avec 1 € de capital. Sa gouvernance est entièrement libre : les statuts définissent les règles de fonctionnement sans contrainte légale rigide. Pour mieux comprendre ses spécificités, vous pouvez consulter notre article sur le statut juridique de la SAS. C'est la forme idéale pour les startups, les projets à plusieurs associés et les entreprises qui veulent de la souplesse.
La SARL convient aux projets familiaux ou aux petites structures. Elle est simple à gérer, permet le statut de conjoint collaborateur et offre un cadre juridique bien balisé. Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), avec des cotisations sociales plus faibles mais une protection moindre.
Prenons un exemple concret : trois associés lancent une entreprise de conseil avec 10 000 € de capital, sans ambition boursière. La SAS est plus adaptée qu'une SA. Elle coûte moins cher à créer, n'impose pas de trouver 4 actionnaires supplémentaires et laisse une liberté totale dans l'organisation de la gouvernance.
Le commissaire aux comptes en SA : quand est-il obligatoire ?
Seuils de nomination obligatoire du CAC
La nomination d'un commissaire aux comptes (CAC) est obligatoire dès que la SA dépasse 2 des 3 seuils suivants :
| Critère | Seuil société mère | Seuil filiale significative |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires HT | 8 M€ | 4 M€ |
| Total bilan | 4 M€ | 2 M€ |
| Effectif salarié | 50 salariés | 25 salariés |
Même sous ces seuils, une SA peut nommer un CAC volontairement. Certains actionnaires ou partenaires financiers l'exigent pour sécuriser leur investissement.
Rôle et coût du commissaire aux comptes
Le CAC a une mission légale : certifier que les comptes annuels de la SA sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle du patrimoine et du résultat. Il vérifie aussi la concordance entre le rapport de gestion et les comptes.
Son mandat dure 6 exercices (soit 6 ans). Il ne peut pas être révoqué librement pendant cette période, sauf faute ou empêchement. Le budget annuel d'un CAC varie entre 3 000 et 15 000 € selon la taille et la complexité de la SA.
Le non-respect de l'obligation de nommer un CAC est un délit pénal : la non-désignation expose les dirigeants à des sanctions pénales et peut entraîner la nullité des décisions prises sans certification des comptes.
Quel régime fiscal et social pour une SA ?
L'imposition des bénéfices : IS par défaut
La SA est soumise de plein droit à l'impôt sur les sociétés (IS). En 2026, deux taux s'appliquent :
- Taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice, sous trois conditions cumulatives : chiffre d'affaires HT inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques.
- Taux normal de 25 % sur la fraction de bénéfice au-delà de 42 500 €.
Pour mieux comprendre comment calculer l'impôt sur les bénéfices des sociétés, il est utile de simuler les différents scénarios en amont. Une SA de moins de 5 ans peut opter temporairement pour l'impôt sur le revenu (IR), pendant 5 exercices maximum. Cette option reste marginale en pratique, car elle suppose que tous les actionnaires acceptent d'être imposés personnellement sur leur quote-part de bénéfice.
Pour choisir la stratégie fiscale la plus adaptée à votre SA (arbitrage entre rémunération et dividendes, éligibilité au taux réduit d'IS), un expert-comptable comme L'Expert-Comptable.com vous aide à simuler les différents scénarios et à sécuriser vos déclarations.
La distribution de dividendes : flat tax ou barème progressif ?
Quand la SA distribue des dividendes à ses actionnaires personnes physiques, deux modes d'imposition sont possibles en 2026.
Option 1 : la flat tax (PFU) à 31,4 %, qui se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. C'est l'option par défaut, simple et automatique.
Option 2 : le barème progressif de l'IR, avec un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la totalité.
Cas pratique : un actionnaire perçoit 50 000 € de dividendes en 2026.
Avec la flat tax :
- Imposition totale : 50 000 € × 31,4 % = 15 700 €
- Net perçu : 50 000 € − 15 700 € = 34 300 €
Avec le barème progressif (TMI à 30 %) :
- Abattement de 40 % : 50 000 € × 40 % = 20 000 €
- Base imposable à l'IR : 50 000 € − 20 000 € = 30 000 €
- IR (tranche à 30 %) : 30 000 € × 30 % = 9 000 €
- Prélèvements sociaux : 50 000 € × 18,6 % = 9 300 €
- Imposition totale : 9 000 € + 9 300 € = 18 300 €
- Net perçu : 50 000 € − 18 300 € = 31 700 €
Dans cet exemple, la flat tax est plus avantageuse (34 300 € nets contre 31 700 €). C'est le cas pour la majorité des actionnaires dont la tranche marginale d'imposition est à 30 % ou plus. Le barème progressif peut devenir intéressant pour les contribuables faiblement imposés (TMI à 11 % ou moins).
Le régime social du dirigeant de SA
Le directeur général et le président du conseil d'administration d'une SA sont assimilés salariés. Ils sont affiliés au régime général de la Sécurité sociale et paient des cotisations patronales et salariales sur leur rémunération.
Cette affiliation leur donne une couverture sociale complète : assurance maladie, retraite de base et complémentaire, prévoyance, indemnités journalières en cas d'arrêt de travail. C'est un avantage par rapport au statut de travailleur non salarié (TNS) du gérant majoritaire de SARL, qui a une couverture moins étendue.
Attention cependant : si le DG ou le président ne perçoit aucune rémunération, il ne paie aucune cotisation et ne bénéficie d'aucune couverture sociale. Zéro salaire = zéro protection. C'est un point à anticiper dès la création de la SA.
Les membres du conseil d'administration ou du conseil de surveillance, quant à eux, ne sont pas assimilés salariés au titre de leur mandat. Ils perçoivent des jetons de présence (rémunération de leur participation aux réunions), soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % et non aux cotisations sociales. Pour approfondir la question de l'imposition des dividendes et revenus de capitaux mobiliers, il convient de bien distinguer les différentes natures de revenus perçus.
Comment créer une SA ? Les étapes clés
Voici les grandes étapes pour immatriculer une SA :
- Rédiger et signer les statuts avec l'ensemble des actionnaires fondateurs
- Déposer le capital social sur un compte bloqué et obtenir l'attestation
- Publier l'annonce légale puis déposer le dossier au guichet unique de l'INPI
- Prévoir un budget global de 2 000 à 7 000 € hors capital
Rédiger les statuts de la SA
Les statuts sont l'acte fondateur de la SA. Ils doivent contenir plusieurs mentions obligatoires : dénomination sociale, objet social, adresse du siège, montant du capital, durée de la société (99 ans maximum), modalités de direction (choix entre CA + DG ou directoire + conseil de surveillance), règles de fonctionnement des assemblées générales.
Vu la complexité juridique d'une SA, la rédaction par un professionnel (avocat ou expert-comptable) est vivement recommandée. Une erreur dans les statuts peut bloquer l'immatriculation ou créer des conflits entre actionnaires. Tous les actionnaires fondateurs doivent signer les statuts.
Les experts-comptables de L'Expert-Comptable.com accompagnent les créateurs de SA dans la rédaction de leurs statuts et les formalités d'immatriculation, pour sécuriser chaque étape de la constitution.
Constituer et déposer le capital social
Les fonds correspondant aux apports en numéraire doivent être déposés sur un compte bloqué ouvert auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts. Au moins 50 % du montant total des apports en numéraire doit être libéré à la création. Le solde sera appelé dans les 5 ans.
Le dépositaire remet une attestation de dépôt des fonds, document indispensable pour le dossier d'immatriculation.
Publier une annonce légale et immatriculer la SA
- Publication d'une annonce légale dans un journal d'annonces légales (JAL) du département où se situe le siège social. L'annonce mentionne la dénomination, la forme juridique, le capital, le siège, l'objet social et l'identité des dirigeants.
- Dépôt du dossier complet au guichet unique de l'INPI : statuts signés, attestation de dépôt des fonds, formulaire M0, justificatif de domiciliation du siège, liste des administrateurs ou membres du directoire, copie de l'annonce légale publiée.
- Obtention du Kbis : une fois le dossier validé par le greffe, la SA reçoit son extrait Kbis. Elle acquiert alors la personnalité morale et peut commencer son activité.
Combien coûte la création d'une SA ?
Le budget de création d'une SA (hors capital social) se décompose ainsi :
- Frais de greffe : environ 60 à 80 €
- Annonce légale : 150 à 250 € selon le département
- Honoraires de rédaction des statuts (avocat ou expert-comptable) : 1 500 à 4 000 €
- Commissaire aux apports (si apports en nature) : 1 000 à 3 000 €
Budget total estimé hors capital : 2 000 à 7 000 €. C'est nettement plus élevé que pour une SAS ou une SARL (200 à 1 500 €), en raison de la complexité des statuts et de l'éventuelle intervention d'un commissaire aux apports. Pour avoir une vision complète des frais de création d'entreprise, il est conseillé d'établir un budget prévisionnel détaillé avant de se lancer.
Les assemblées générales en SA : AGO, AGE et formalisme
L'assemblée générale ordinaire (AGO)
L'AGO doit se tenir au moins une fois par an, dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice comptable. Elle traite les décisions courantes : approbation des comptes annuels, affectation du résultat (distribution de dividendes ou mise en réserve), nomination ou révocation des administrateurs, fixation des jetons de présence.
Les règles de quorum et de majorité sont les suivantes :
- Première convocation : quorum de 20 % des actions ayant droit de vote.
- Deuxième convocation (si le quorum n'est pas atteint) : aucun quorum requis.
- Majorité : majorité simple, soit 50 % des voix exprimées + 1 voix.
L'assemblée générale extraordinaire (AGE)
L'AGE est convoquée chaque fois qu'une modification des statuts est nécessaire : augmentation ou réduction du capital, changement d'objet social, transfert du siège social, fusion, scission, dissolution anticipée. Pour ne pas manquer les dates limites des assemblées générales, il est important d'anticiper le calendrier dès la clôture de l'exercice.
Les règles sont plus strictes que pour l'AGO :
- Première convocation : quorum de 25 % des actions ayant droit de vote.
- Deuxième convocation : quorum de 20 %.
- Majorité : deux tiers des voix exprimées.
Ce formalisme renforcé protège les actionnaires minoritaires : une modification des statuts ne peut pas être votée par une poignée d'actionnaires représentant une faible part du capital.
Que se passe-t-il si la SA ne respecte pas ses obligations ?
Risque de dissolution si le nombre d'actionnaires descend sous 7
Si le nombre d'actionnaires d'une SA non cotée passe en dessous de 7, la société a un délai d'un an pour régulariser la situation (trouver de nouveaux actionnaires ou se transformer en SAS, par exemple). Passé ce délai, tout intéressé (actionnaire, créancier, ministère public) peut demander la dissolution judiciaire de la SA.
Cette règle ne s'applique pas aux SA cotées sur un marché réglementé, pour lesquelles le minimum est fixé à 2 actionnaires depuis la loi PACTE.
Capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social
Quand les pertes accumulées font tomber les capitaux propres en dessous de la moitié du capital social, le conseil d'administration (ou le directoire) doit convoquer une assemblée générale extraordinaire dans les 4 mois suivant l'approbation des comptes qui constatent cette situation.
L'AGE a deux options : voter la dissolution anticipée de la SA ou décider la poursuite de l'activité. Dans ce second cas, la société dispose de 2 exercices pour reconstituer ses capitaux propres au-dessus du seuil de 50 % du capital. La décision prise doit être publiée au greffe du tribunal de commerce.
Les questions fréquentes sur la Société Anonyme
Qu'est-ce qu'une SA (Société Anonyme) en France ?
La SA est une société de capitaux régie par les articles L225-1 à L225-270 du Code de commerce. Les actionnaires ne sont responsables qu'à hauteur de leurs apports. Elle se distingue par un capital minimum de 37 000 €, un minimum de 7 actionnaires et la possibilité d'être cotée en bourse.
Quel est le capital minimum pour créer une SA en 2026 ?
Le capital social minimum est de 37 000 €. Au moins 50 % des apports en numéraire doivent être libérés à la création. Le solde doit être versé dans les 5 ans suivant l'immatriculation.
Quelle est la différence entre une SA et une SAS ?
La SA impose 7 actionnaires minimum et un capital de 37 000 €, avec une gouvernance encadrée par la loi (conseil d'administration ou directoire). La SAS peut être créée par un seul associé avec 1 € de capital et offre une liberté statutaire totale. Seule la SA permet la cotation en bourse.
Peut-on créer une SA seul ou à deux ?
Non, une SA non cotée exige au minimum 7 actionnaires. Pour une SA cotée, le minimum est de 2 actionnaires depuis la loi PACTE. Si vous êtes seul ou à quelques associés, la création d'une SAS est plus adaptée.
Pourquoi la société anonyme s'appelle-t-elle « anonyme » ?
Le terme « anonyme » signifie que l'identité des actionnaires n'apparaît pas dans les statuts ni dans les publications légales. Seuls les fondateurs y figurent. Les actionnaires qui acquièrent des actions après la création restent anonymes vis-à-vis des tiers.
La SA est-elle obligée d'avoir un commissaire aux comptes ?
Le CAC est obligatoire dès que la SA dépasse 2 des 3 seuils suivants : 8 M€ de chiffre d'affaires HT, 4 M€ de total bilan, 50 salariés. Pour une filiale significative, les seuils sont abaissés à 4 M€ de CA, 2 M€ de bilan et 25 salariés.
Quel est le régime fiscal d'une SA ?
La SA est soumise de plein droit à l'IS. En 2026, le taux réduit est de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice (sous conditions) et le taux normal est de 25 % au-delà. Les dividendes distribués sont soumis au PFU de 31,4 % ou, sur option, au barème progressif de l'IR. Pour arbitrer entre ces deux options, notre article sur flat tax ou barème progressif vous aidera à choisir la solution la plus avantageuse.
Combien coûte la création d'une SA ?
Hors capital social, le budget se situe entre 2 000 et 7 000 €. Il comprend les frais de greffe (60-80 €), l'annonce légale (150-250 €), la rédaction des statuts par un professionnel (1 500-4 000 €) et éventuellement le commissaire aux apports (1 000-3 000 €).
Que se passe-t-il si une SA a moins de 7 actionnaires ?
La SA a un délai d'un an pour régulariser sa situation. Passé ce délai, tout intéressé peut demander la dissolution judiciaire. Cette règle ne s'applique pas aux SA cotées, pour lesquelles le minimum est de 2 actionnaires.
Le dirigeant d'une SA est-il assimilé salarié ?
Oui, le directeur général et le président du conseil d'administration sont assimilés salariés et relèvent du régime général de la Sécurité sociale. Ils bénéficient d'une couverture complète (maladie, retraite, prévoyance). Sans rémunération, ils n'ont cependant aucune couverture sociale.
Sources & Références
Service-Public : Société anonyme (SA)
Legifrance : Code de commerce - Articles L225-1 à L225-270
Bpifrance Création : Société anonyme (SA)
Résumer cet article avec :
- ChatGPT
- Perplexity


Questions & réponses
Je suis vraiment satisfait de votre développement sur la SA .Vos arguments mon permis d'avoir plus de connexion dans le fonctionnement des SA .