Cession de parts d'une SCI : étapes, fiscalité, formalités

Temps de lecture : 14 min
L'article en bref
  • 5 étapes à suivre : évaluer le prix des parts, obtenir l'agrément, rédiger l'acte, rendre la cession opposable, puis modifier les statuts et déposer au greffe.
  • Prix des parts : calculez l'actif net réévalué (valeur des biens − dettes) divisé par le nombre de parts, puis appliquez une décote de 5 % à 20 % selon le contexte.
  • Fiscalité à l'IR : la plus-value est taxée à 37,6 % en 2026 (19 % IR + 18,6 % PS), avec des abattements progressifs jusqu'à exonération totale après 30 ans de détention.
  • Droits d'enregistrement : 5 % du prix pour une SCI à prépondérance immobilière, après un abattement de 23 000 € proratisé au nombre de parts cédées.
  • Donation vs cession : la donation (gratuite, acte notarié obligatoire) bénéficie d'un abattement de 100 000 € par parent/enfant tous les 15 ans, ce qui en fait un outil de transmission souvent plus avantageux.
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Guillaume DELEMARLE

Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

Comment se déroule une cession de parts de SCI ? Les étapes clés

Les étapes pour la cession de parts d'une SCI

Voici les grandes phases d'une cession de parts sociales de SCI :

  • Chiffrer la valeur de chaque part en réévaluant le patrimoine immobilier
  • Recueillir le consentement des autres associés via la procédure d'agrément
  • Formaliser le transfert dans un acte de cession écrit
  • Notifier la société et rendre l'opération publique auprès des tiers
  • Actualiser les statuts et déposer les documents au greffe

Étape 1 : Évaluer le prix des parts de la SCI

Le point de départ de toute vente de parts de SCI est la détermination de leur valeur réelle. La formule de base est simple :

Valeur d'une part = (Valeur de marché des actifs immobiliers + trésorerie − dettes) ÷ nombre total de parts

Prenons un exemple concret. Une SCI détient un appartement estimé à 300 000 €, dispose de 15 000 € de trésorerie et supporte un emprunt restant de 120 000 €. Le capital est divisé en 1 000 parts. L'actif net s'élève à 195 000 €, soit une valeur théorique de 195 € par part.

Ce prix théorique est rarement le prix de cession final. Une décote de 5 % à 20 % s'applique souvent pour tenir compte de la difficulté à revendre des parts sociales (illiquidité), du caractère minoritaire de la participation ou de contraintes statutaires comme une clause d'agrément stricte. Un associé qui détient 10 % d'une SCI n'a pas le même pouvoir de décision qu'un associé majoritaire : le prix reflète cette réalité.

En cas de désaccord entre cédant et cessionnaire (l'acquéreur), l'article 1843-4 du Code civil permet de faire désigner un expert par le tribunal pour fixer la valeur des parts. Faire appel à un expert immobilier pour l'estimation du bien et à un expert-comptable pour le calcul de l'actif net réévalué reste la meilleure façon de sécuriser la négociation.

Étape 2 : Obtenir l'agrément des autres associés

La SCI est une société de personnes. La confiance entre associés est au cœur de son fonctionnement. C'est pourquoi toute cession de parts à un tiers extérieur nécessite l'accord unanime des associés (article 1861 du Code civil), sauf si les statuts prévoient une majorité différente.

La procédure d'agrément se déroule en trois temps :

  1. Notification du projet : le cédant informe les associés et le gérant de son intention de céder, en précisant l'identité du cessionnaire pressenti, le nombre de parts et le prix.
  2. Consultation et vote : les associés disposent d'un délai de 6 mois pour se prononcer. Passé ce délai sans réponse, l'agrément est réputé acquis.
  3. Décision : si l'agrément est accordé, la cession peut se concrétiser. En cas de refus, les associés doivent racheter les parts eux-mêmes ou les faire racheter par un tiers qu'ils agréent, dans le délai fixé par les statuts. Si aucune solution n'est trouvée, le cédant peut finalement céder ses parts au tiers initialement envisagé.

Certaines cessions sont dispensées d'agrément par défaut. C'est le cas des cessions entre associés. Les statuts peuvent aussi prévoir une dispense pour les cessions à un ascendant, un descendant ou au conjoint, ce qui facilite la transmission au sein d'une SCI familiale.

Étape 3 : Rédiger l'acte de cession de parts

La cession de parts sociales de SCI doit être formalisée par écrit. Deux options :

  • L'acte sous seing privé : rédigé et signé directement entre les parties. C'est la solution la plus courante et la moins coûteuse.
  • L'acte notarié (acte authentique) : obligatoire pour une donation de parts, et recommandé lorsque le montant est élevé ou que l'opération présente des enjeux fiscaux complexes.

L'acte de cession doit contenir les mentions suivantes :

  • Identité complète du cédant et du cessionnaire
  • Nombre de parts cédées et leur valeur nominale
  • Prix de cession convenu
  • Mention de l'agrément obtenu (date et modalités du vote)
  • Origine de propriété des parts (date d'acquisition, mode d'acquisition)
  • Situation de la SCI (dénomination, siège, numéro RCS)

Une promesse de cession peut être signée en amont de l'acte définitif, avec une clause de révision du prix si les conditions changent entre la promesse et la réalisation. Pour en savoir plus sur la valeur juridique d'un tel document, vous pouvez consulter notre article sur ce qu'est un acte sous seing privé.

Étape 4 : Rendre la cession opposable à la SCI et aux tiers

La signature de l'acte ne suffit pas. Pour que la cession produise ses effets, elle doit être rendue opposable, c'est-à-dire reconnue juridiquement par la SCI et par les tiers.

Opposabilité à la SCI (article 1865 du Code civil) : trois modes au choix :

  • Signification par commissaire de justice (anciennement huissier)
  • Acceptation de la cession dans un acte authentique
  • Transfert inscrit sur le registre des associés, signé par le gérant

Opposabilité aux tiers : elle passe par le dépôt des statuts modifiés au greffe du tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire. Le registre des mouvements de titres de la SCI doit aussi être mis à jour.

Étape 5 : Modifier les statuts et accomplir les formalités administratives

La cession entraîne un changement dans la répartition du capital social et dans l'identité des associés. Les statuts doivent être modifiés en conséquence.

Voici la checklist des formalités post-cession :

  • Convoquer une assemblée générale extraordinaire (AGE) pour approuver la modification des statuts
  • Rédiger le procès-verbal d'AGE
  • Mettre à jour les statuts (répartition du capital, identité des associés)
  • Publier une annonce légale dans un journal habilité
  • Déposer les statuts modifiés, le PV d'AGE et le formulaire de modification au greffe
  • Enregistrer l'acte de cession auprès du service des impôts (paiement des droits d'enregistrement)

Pour vous assurer que toutes les formalités sont accomplies dans les délais et que l'enregistrement fiscal est correctement effectué, vous pouvez confier le suivi de votre cession de parts à L-Expert-Comptable.com.

Comment calculer le prix de cession des parts d'une SCI ?

La formule de calcul de la valeur des parts

La valeur réelle d'une part de SCI repose sur l'actif net réévalué :

Actif net réévalué = Valeur vénale des immeubles + trésorerie + autres actifs − dettes. Valeur d'une part = Actif net réévalué ÷ nombre total de parts

Ne confondez pas valeur nominale et valeur réelle. La valeur nominale correspond au capital social divisé par le nombre de parts : si le capital est de 1 000 € pour 1 000 parts, chaque part vaut 1 € en nominal. La valeur réelle, elle, tient compte de l'appréciation (ou de la dépréciation) des biens immobiliers depuis la création de la SCI.

C'est pourquoi il faut faire estimer les biens immobiliers à leur valeur vénale actuelle, idéalement par un expert immobilier ou un notaire, avant toute cession.

Pourquoi et comment appliquer une décote sur la valeur des parts ?

La valeur patrimoniale théorique est un point de départ, pas un prix de vente. Plusieurs facteurs justifient une décote :

  • Décote d'illiquidité (5 % à 15 %) : des parts de SCI ne se revendent pas aussi facilement qu'un bien immobilier en direct. Il n'existe pas de marché organisé pour les parts sociales.
  • Décote de minorité (5 % à 20 %) : un associé minoritaire n'a pas le pouvoir de décision sur la gestion de la SCI ni sur la vente des biens.
  • Décote liée aux contraintes statutaires : une clause d'agrément stricte ou une clause d'inaliénabilité réduit encore l'attractivité des parts pour un acheteur.

Il n'existe aucun barème officiel pour ces décotes. Elles se négocient entre les parties, en tenant compte du contexte. L'administration fiscale peut toutefois remettre en cause un prix jugé anormalement bas.

Cas pratique : évaluer et céder 200 parts d'une SCI familiale

Situation : une SCI familiale détient un immeuble estimé à 500 000 €. L'emprunt restant s'élève à 180 000 €, la trésorerie à 20 000 €. Le capital est divisé en 1 000 parts. Un associé souhaite céder ses 200 parts (20 % du capital).

Calcul de l'actif net :
500 000 + 20 000 − 180 000 = 340 000 €

Valeur théorique d'une part :
340 000 ÷ 1 000 = 340 €

Valeur théorique des 200 parts :
340 × 200 = 68 000 €

Application d'une décote de minorité de 10 % :
68 000 × (1 − 0,10) = 61 200 €

Le prix de cession négocié entre les parties s'établit donc à 61 200 €. Ce montant servira de base au calcul des droits d'enregistrement et de la plus-value.

Quelle fiscalité pour une cession de parts de SCI ?

Plus-value de cession dans une SCI à l'IR (impôt sur le revenu)

Quand la SCI est soumise à l'impôt sur le revenu (régime par défaut), la cession de parts relève du régime des plus-values immobilières des particuliers (articles 150 U et suivants du CGI). Pour mieux comprendre les implications du choix entre ces deux régimes d'imposition, vous pouvez consulter notre comparatif IS ou IR.

Taux d'imposition en 2026 :

  • Impôt sur le revenu : 19 %
  • Prélèvements sociaux : 18,6 %
  • Total : 37,6 % sur la plus-value nette

Abattements pour durée de détention : la plus-value brute bénéficie d'abattements progressifs selon la durée de détention des parts. Le rythme diffère entre l'IR et les prélèvements sociaux (PS) :

Durée de détentionAbattement IR (par an)Abattement PS (par an)
Moins de 6 ans0 %0 %
De la 6e à la 21e année6 %1,65 %
22e année révolue4 %1,60 %
Au-delà de 22 ansExonération totale d'IR9 %
Au-delà de 30 ansExonération totale d'IRExonération totale de PS

Une surtaxe s'ajoute lorsque la plus-value nette (après abattement IR) dépasse 50 000 €. Son taux varie de 2 % à 6 % selon le montant.

Autre point à retenir : si la SCI détient la résidence principale de l'associé, la quote-part de plus-value correspondante peut être exonérée. Pour en savoir plus sur la fiscalité applicable lors de la vente d'un bien immobilier, consultez notre article sur l'impôt à payer si vous vendez votre maison.

Le cédant doit déposer le formulaire n° 2048-M auprès du service des impôts dans le mois suivant la cession.

Plus-value de cession dans une SCI à l'IS (impôt sur les sociétés)

Le régime est très différent pour une SCI soumise à l'IS. La plus-value est calculée au niveau de l'associé selon la formule :

Plus-value = Prix de cession − Valeur d'acquisition des parts − Frais d'acquisition

Ici, aucun abattement pour durée de détention ne s'applique. La plus-value est imposée selon le régime des revenus de capitaux mobiliers ou, si l'associé est une société, intégrée au résultat imposable à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà). Pour comprendre comment se calcule concrètement cet impôt, vous pouvez consulter notre article sur le calcul de l'impôt sur les sociétés.

Attention : dans une SCI à l'IS, la société amortit les immeubles et déduit les charges. Ces amortissements réduisent la valeur fiscale des parts au fil du temps. Quand l'associé revend, la plus-value est donc mécaniquement plus élevée, car elle intègre les bénéfices non distribués et les amortissements pratiqués. C'est un piège fréquent : la fiscalité semble avantageuse pendant la détention (déduction des amortissements), mais la facture arrive à la cession.

Les droits d'enregistrement sur la cession de parts de SCI

Les droits d'enregistrement sont dus par le cessionnaire (l'acquéreur) lors de l'enregistrement de l'acte auprès du service des impôts. Leur taux dépend de la nature de la SCI :

  • SCI à prépondérance immobilière (plus de 50 % de l'actif en immeubles non affectés à une activité professionnelle) : 5 %
  • Autres sociétés civiles : 3 %

Un abattement de 23 000 € s'applique, mais il est rapporté au prorata des parts cédées :

Droits = (Prix de cession − 23 000 × parts cédées ÷ total des parts) × taux. Le minimum de perception est de 25 €. Une convention entre les parties peut prévoir que les droits soient partagés ou supportés par le cédant, mais par défaut, ils restent à la charge du cessionnaire.

Exemple chiffré : cession de 50 parts sur 400 au prix de 50 000 €, dans une SCI à prépondérance immobilière.

  • Abattement proratisé : 23 000 × 50 ÷ 400 = 2 875 €
  • Base taxable : 50 000 − 2 875 = 47 125 €
  • Droits d'enregistrement : 47 125 × 5 % = 2 356,25 €

Cas pratique complet : fiscalité d'une cession de parts de SCI à l'IR

Situation : un associé a acquis ses parts il y a 12 ans pour 30 000 €. Il les cède aujourd'hui pour 68 000 €. La SCI est soumise à l'IR et détient un immeuble à usage locatif. Pour rappel, les revenus générés par ce type de bien relèvent du régime fiscal des revenus fonciers.

1. Plus-value brute :
68 000 − 30 000 = 38 000 €

2. Abattements pour durée de détention (12 ans) :
Les abattements s'appliquent à partir de la 6e année révolue. Avec 12 ans de détention, on compte 7 années d'abattement (de la 6e à la 12e).

  • Abattement IR : 7 × 6 % = 42 %
  • Abattement PS : 7 × 1,65 % = 11,55 %

3. Plus-value nette imposable :

  • Plus-value nette IR : 38 000 × (1 − 0,42) = 22 040 €
  • Plus-value nette PS : 38 000 × (1 − 0,1155) = 33 611 €

4. Impôt dû :

  • IR : 22 040 × 19 % = 4 187,60 €
  • PS : 33 611 × 18,6 % = 6 251,65 €
  • Total : 10 439,25 €

Pas de surtaxe ici, car la plus-value nette IR (22 040 €) reste inférieure à 50 000 €.

Les droits d'enregistrement (à la charge du cessionnaire) s'ajoutent séparément au coût global de l'opération.

Le calcul de la plus-value et des abattements pour durée de détention peut vite devenir complexe, surtout lorsque la SCI a réalisé des travaux ou changé de régime fiscal. Un expert-comptable en ligne comme L-Expert-Comptable.com peut sécuriser vos calculs et vous aider à anticiper la fiscalité de votre cession.

Cession de parts de SCI à un associé, à un tiers ou par donation : quelles différences ?

Cession de parts entre associés

La cession de parts entre associés existants est le cas le plus simple. L'article 1861 du Code civil n'impose pas d'agrément pour ce type de transfert, sauf si les statuts prévoient le contraire. Le prix est librement fixé entre les parties. Les formalités restent les mêmes : acte de cession, opposabilité, modification des statuts et enregistrement fiscal. Pour comprendre les mécanismes similaires qui s'appliquent dans d'autres formes sociales, vous pouvez consulter notre article sur le calcul de la cession des parts sociales en SARL.

Cession de parts à un tiers extérieur

Céder ses parts de SCI à une personne extérieure à la société est plus encadré. L'agrément des associés est obligatoire (unanimité, sauf clause statutaire prévoyant une majorité différente).

Les parts de SCI ne sont pas des titres négociables. Elles ne peuvent pas faire l'objet d'une annonce publique ni d'une offre de vente sur un site internet. La recherche d'un acquéreur se fait de manière privée : réseau personnel, notaire, intermédiaire spécialisé.

Le cessionnaire qui entre dans la SCI devient associé avec une responsabilité indéfinie sur les dettes sociales, à proportion de sa participation au capital. Concrètement, si la SCI ne peut pas rembourser un emprunt, les créanciers peuvent se retourner contre chaque associé sur son patrimoine personnel. Le cessionnaire doit en être pleinement informé avant de signer.

Donation de parts de SCI

La donation de parts est un transfert gratuit, sans prix de vente. Elle obéit à des règles différentes de la cession à titre onéreux :

  • Acte notarié obligatoire : toute donation de parts sociales doit être formalisée devant notaire. Pour comprendre ce que cela implique concrètement, consultez notre article sur ce qu'est un acte notarié.
  • Droits de donation : ils sont calculés sur la valeur des parts au jour de la donation, après application des abattements selon le lien de parenté. L'abattement est de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans.
  • Agrément : les mêmes règles que pour la cession à titre onéreux s'appliquent. Les statuts peuvent toutefois prévoir une dispense pour les donations aux descendants.

La donation de parts de SCI est un outil de transmission patrimoniale très utilisé dans les familles. La décote applicable aux parts (illiquidité, minorité) réduit la base taxable aux droits de donation. Donner des parts d'une SCI revient souvent moins cher en droits que donner un bien immobilier en direct. Pour aller plus loin sur ce sujet, notre article sur la donation-partage vous donnera des éléments complémentaires.

Transmission des parts en cas de décès d'un associé

Au décès d'un associé, ses parts sont transmises à ses héritiers (article 1870 du Code civil). La SCI ne se dissout pas automatiquement.

Les statuts peuvent toutefois soumettre les héritiers à une procédure d'agrément (article 1870-1 du Code civil). Si l'agrément est refusé, les associés restants doivent racheter les parts ou procéder à une réduction de capital. Les héritiers reçoivent alors la valeur de leur quote-part du capital social. Dans certains cas, les héritiers peuvent également envisager de renoncer à la succession si le passif de la SCI est trop important.

Quelles clauses statutaires encadrent la cession de parts de SCI ?

La clause d'agrément

La clause d'agrément est la disposition la plus courante. Le Code civil prévoit par défaut l'unanimité pour agréer un tiers cessionnaire. Les statuts peuvent aménager cette règle de plusieurs façons :

  • Remplacer l'unanimité par une majorité qualifiée (deux tiers, trois quarts)
  • Dispenser d'agrément les cessions à certains cessionnaires (conjoint, descendants, ascendants)
  • Fixer un délai de réponse différent du délai légal de 6 mois

Si les associés ne se prononcent pas dans le délai prévu, l'agrément est réputé acquis. C'est un point que le cédant peut utiliser à son avantage si les associés tardent à répondre.

La clause de préemption

Le droit de préemption donne aux associés existants une priorité pour racheter les parts mises en vente. Quand un associé souhaite céder ses parts à un tiers, il doit d'abord les proposer aux autres associés, aux mêmes conditions (prix et modalités) que l'offre du tiers.

Les statuts fixent les modalités : notification du projet, délai d'exercice du droit de préemption (souvent 1 à 3 mois), et conséquences en cas de non-exercice. Si aucun associé ne se porte acquéreur dans le délai, la cession au tiers peut se poursuivre.

La clause d'inaliénabilité

Cette clause interdit temporairement toute cession de parts. Elle doit être justifiée par un intérêt légitime (par exemple, protéger la stabilité de la SCI pendant la phase de remboursement d'un emprunt) et limitée dans le temps. Sa durée maximale est de 10 ans, renouvelable.

Le droit de préemption urbain en cas de cession majoritaire

Quand la cession porte sur la majorité des parts d'une SCI détenant un immeuble situé en zone de préemption, la commune peut exercer son droit de préemption urbain.

Le cédant doit alors adresser une déclaration d'intention d'aliéner (DIA) à la mairie. La commune dispose de 2 mois pour se prononcer. Sans réponse dans ce délai, la cession peut se réaliser librement.

Ce droit de préemption urbain est souvent méconnu des associés de SCI. Il s'applique dès lors que la cession entraîne un changement de contrôle de la société et que l'immeuble se situe dans un périmètre de préemption défini par la commune.

Tableau récapitulatif : cession de parts de SCI, formalités, coûts et fiscalité

CritèreCession à un associéCession à un tiersDonationSuccession
Agrément requis ?Non (sauf clause contraire)Oui (unanimité par défaut)Oui (sauf dispense statutaire)Selon les statuts (art. 1870-1 C. civ.)
Forme de l'acteSous seing privé ou notariéSous seing privé ou notariéActe notarié obligatoireActe de notoriété + partage
Droits d'enregistrement5 % (SCI immobilière)5 % (SCI immobilière)Droits de donation (barème progressif)Droits de succession (barème progressif)
Abattement sur les droits23 000 € proratisé23 000 € proratisé100 000 € parent/enfant (tous les 15 ans)100 000 € parent/enfant
Fiscalité PV (SCI à l'IR)19 % + 18,6 % PS avec abattements19 % + 18,6 % PS avec abattementsPas de plus-value (transfert gratuit)Pas de plus-value (purge au décès)
Fiscalité PV (SCI à l'IS)IR sur PV mobilière ou ISIR sur PV mobilière ou ISPas de plus-valuePas de plus-value
Modification des statuts✅ Obligatoire✅ Obligatoire✅ Obligatoire✅ Obligatoire
OpposabilitéSignification, acte authentique ou registreSignification, acte authentique ou registreActe notarié vaut opposabilitéActe de notoriété
Délai moyen1 à 2 mois2 à 6 mois (agrément inclus)1 à 3 moisVariable (règlement de succession)

Les questions fréquentes sur la cession de parts de SCI

Peut-on céder ses parts de SCI sans l'accord des autres associés ?

En principe, non. Toute cession à un tiers nécessite l'agrément unanime des associés (article 1861 du Code civil), sauf si les statuts prévoient une majorité différente. La cession entre associés est libre par défaut, et les statuts peuvent aussi dispenser d'agrément les cessions aux ascendants, descendants ou au conjoint.

Comment calculer le prix de vente des parts d'une SCI ?

On calcule la valeur patrimoniale : (valeur de marché des biens immobiliers + trésorerie − dettes) ÷ nombre total de parts. Une décote de 5 % à 20 % peut s'appliquer selon la taille de la participation et la liquidité des parts. En cas de désaccord, un expert peut être désigné judiciairement (article 1843-4 du Code civil).

Quels sont les droits d'enregistrement sur une cession de parts de SCI ?

Pour une SCI à prépondérance immobilière, le taux est de 5 % du prix de cession, après un abattement de 23 000 € rapporté au prorata des parts cédées. Le minimum de perception est de 25 €. Ces droits sont en principe à la charge du cessionnaire.

Quelle est la fiscalité de la plus-value lors d'une cession de parts de SCI à l'IR ?

La plus-value relève du régime des plus-values immobilières des particuliers : 19 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026. Des abattements pour durée de détention s'appliquent : exonération totale d'IR après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans. Pour comprendre comment la CSG et la CRDS s'intègrent dans ces prélèvements sociaux, consultez notre article dédié.

Faut-il un notaire pour céder des parts de SCI ?

Non, un acte sous seing privé suffit dans la plupart des cas. L'acte notarié est toutefois obligatoire pour une donation de parts. Il est aussi recommandé lorsque la cession porte sur un montant important ou présente des enjeux fiscaux complexes, car le notaire sécurise l'opération et procède à l'enregistrement.

Quelle différence entre cession de parts de SCI et donation de parts ?

La cession est un transfert à titre onéreux (contre un prix) soumis à l'impôt sur la plus-value et aux droits d'enregistrement à 5 %. La donation est un transfert gratuit soumis aux droits de donation selon le lien de parenté, avec un abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. La donation nécessite obligatoirement un acte notarié. Pour approfondir le mécanisme de la donation en usufruit, qui peut constituer une alternative intéressante dans certaines situations patrimoniales, consultez notre article dédié.

Que se passe-t-il si les associés refusent d'agréer le cessionnaire ?

En cas de refus d'agrément, les associés disposent d'un délai fixé par les statuts (ou de 6 mois à défaut) pour racheter eux-mêmes les parts ou les faire racheter par un tiers qu'ils agréent. Si aucune solution n'est trouvée dans ce délai, l'associé peut céder ses parts au tiers initialement envisagé.

Comment rendre une cession de parts de SCI opposable ?

Trois modes d'opposabilité sont prévus par l'article 1865 du Code civil : la signification par commissaire de justice, l'acceptation de la cession dans un acte authentique, ou le transfert inscrit sur le registre des associés signé par le gérant. L'opposabilité aux tiers nécessite en plus le dépôt des statuts modifiés au greffe. Pour en savoir plus sur les formalités liées au procès-verbal d'assemblée générale qui accompagne cette modification, consultez notre article dédié.

Est-ce qu'une cession de parts de SCI entre époux nécessite un agrément ?

Cela dépend des statuts. Le Code civil ne prévoit pas de dispense automatique d'agrément pour les cessions entre époux. Il faut vérifier les statuts de la SCI : s'ils prévoient une dispense pour le conjoint, l'agrément n'est pas requis. Sinon, la procédure classique s'applique.

Peut-on vendre ses parts de SCI par annonce publique ?

Non. Les parts de SCI sont des parts sociales, pas des titres négociables. Elles ne peuvent pas faire l'objet d'une offre publique ni d'une annonce commerciale. La recherche d'un acquéreur doit se faire de manière privée : réseau personnel, intermédiaire, notaire.

Sources & Références

Service-Public : Transmission d'entreprise : cession de parts sociales à un associé

Legifrance : Chapitre II : De la société civile (Articles 1845 à 1870-1)

Impots.gouv.fr : Cession de parts de SCI à l'IR : imposition de la plus-value

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A propos de l'auteur

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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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Questions & réponses

AnonymeLe 17 mai 2025

Dans la cession de parts de SCI, sans aucun actif, en somme, le remboursement pure et simple du montant nominal des parts en questions, y-a-t-il des droits à payer ?

L-Expert-Comptable.comLe 24 février 2026

Bonjour,

Même sans plus-value, vous devrez payer des droits d’enregistrement de 5 % du prix de vente à l'administration fiscale. Il n'y a pas d'abattement possible pour les parts de société immobilière, quel que soit le montant.

Bonne journée.

AnonymeLe 28 décembre 2025

Bonjour, Je déclare mes revenus fonciers tous les ans, même si aucun montant n'était perçu puisqu'il servait à rembourser un crédit de la SCI pour l'acquisition du bien il y a 11 ans..
Début décembre je viens de céder mes parts de cette SCI à l'IR. Dois je quand même déclarer les revenus fonciers?
Merci
Cordialement

L-Expert-Comptable.comLe 24 février 2026

Bonjour,

Le résultat à la date de clôture est fiscalement attribué aux associés présents à la date de clôture. De ce fait, vous n'avez pas à déclarer de revenus fonciers pour cette SCI.

Bonne journée.

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