- Une SCI peut emprunter en son nom ou par l'intermédiaire de ses associés : chaque option a des impacts différents sur la responsabilité et la fiscalité.
- La banque exige l'accord unanime des associés avant tout prêt : sans procès-verbal ou décision écrite, la demande de financement peut être refusée.
- La capacité d'emprunt est plafonnée à 35 % des revenus nets des associés : les banques appliquent les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière.
- Le régime fiscal de la SCI conditionne la rentabilité de l'investissement : l'IS permet d'amortir le bien, l'IR facilite la revente grâce aux abattements.
- Un dossier solide augmente les chances d'obtenir un prêt sans apport : business plan chiffré, rentabilité démontrée et capital social non symbolique sont décisifs.
- Le dispositif LLI remplace avantageusement le Pinel depuis 2024 : il permet d'acheter un bien à TVA réduite avec des avantages fiscaux sur les loyers.
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Pourquoi faire un emprunt immobilier via une SCI ?
Une Société Civile Immobilière (SCI) permet à plusieurs personnes de détenir et gérer un ou plusieurs biens immobiliers. Elle peut avoir plusieurs objectifs :
- simplifier la gestion quotidienne : paiement des charges, suivi des travaux, entretien du bien ;
- faciliter la transmission du patrimoine : passage des parts de la société aux héritiers, sans avoir à diviser directement le bien immobilier ;
- développer un projet locatif : mise en location d’un logement ou d’un local pour percevoir des revenus réguliers.
Les associés n’ont pas toujours les fonds pour payer un bien comptant. Dans ce cas, ils doivent recourir à un emprunt. Cela leur permet aussi de garder une réserve d’argent disponible pour d’autres projets ou investissements.
Il existe deux solutions :
- l’emprunt au nom de la SCI : la société signe directement le contrat de prêt avec la banque ;
- l’emprunt au nom des associés : chacun emprunte à titre personnel, puis apporte les fonds dans la SCI pour financer l’achat.
Quelles sont les options pour emprunter avec une SCI ?

Option 1 : L’emprunt au nom de la SCI
Ici, la SCI contracte directement le crédit auprès d'une banque. Elle devient l'emprunteur et rembourse le prêt avec ses fonds (loyers perçus, apports des associés, etc.).
Avant de faire une demande d’emprunt, le gérant doit préparer un dossier et réunir tous les documents nécessaires : statuts, comptes, prévisions financières, etc. Ce type de prêt nécessite généralement l’accord unanime des associés, car il engage la société dans son ensemble.
Le montant que la SCI peut emprunter dépend de sa situation financière globale. Dans certains cas, la banque peut demander des garanties personnelles aux associés.
| Avantages | Inconvénients |
| La SCI rembourse directement le prêt avec ses revenus (loyers) ou les apports des associés. | Dossier bancaire plus complexe à monter (statuts, comptes, prévisions financières, etc.) |
| Optimisation fiscale possible, surtout si la SCI est à l’impôt sur les sociétés (IS) | La banque peut demander aux associés de se porter garants, ce qui engage leur patrimoine personnel. |
| Les associés ne sont pas personnellement responsables du prêt. | Nécessite souvent l’accord unanime des associés, car le crédit engage la société entière. |
| Permet d’emprunter des montants plus importants qu’un prêt personnel. | Gestion plus rigoureuse obligatoire pour suivre les remboursements et la trésorerie de la SCI |
Option 2 : L’emprunt au nom des associés
Ici, chaque associé contracte un prêt bancaire en son nom. Ils versent ensuite ces fonds à la SCI :
- soit en augmentation de capital (les apports deviennent des parts sociales)
- soit en compte courant d’associé (prêt temporaire que la SCI remboursera plus tard).
Il s’agit d’une méthode souvent utilisée dans les SCI familiales ou lorsque les loyers perçus ne suffisent pas à rembourser un emprunt directement contracté par la SCI.
Chaque associé est entièrement responsable de son propre prêt.
| Avantages | Inconvénients |
| Dossier bancaire plus simple à monter, car chaque associé emprunte à titre personnel | Chaque associé est responsable de son propre crédit, ce qui engage fortement son patrimoine personnel. |
| La SCI n’est pas endettée directement. | Montant empruntable plus limité, selon la capacité d’endettement de chaque associé |
| Adapté lorsque les loyers de la SCI sont insuffisants pour couvrir un prêt | Moins d’avantages fiscaux que l’emprunt au nom de la SCI |
| Rapidité de mise en place, pas besoin de l’accord unanime pour chaque prêt | Complexité dans la répartition des fonds entre capital social et compte courant d’associé |
Les autres solutions de financement
Le crédit-bail immobilier
Le crédit-bail immobilier permet à la SCI de louer un bien avec la possibilité de l’acheter à la fin du contrat. Pendant toute la durée du bail, la SCI paie des loyers au propriétaire du bien (appelé crédit-bailleur).
Cette formule est intéressante si la trésorerie de la SCI est limitée. En revanche, le coût total peut être plus élevé qu’un achat classique.
L’apport en nature déjà financé par un prêt personnel
Un associé peut apporter à la SCI un bien qu’il possède déjà. Le bien devient alors un actif de la société, et l’associé continue de rembourser son crédit.
Cela permet d’augmenter le capital social de la SCI sans faire un apport en numéraire .
Pour que l’apport soit correctement pris en compte, il faut déterminer la valeur du bien avant de l’intégrer au capital social :
- Si la valeur de l’apport dépasse 30 000 € ou représente plus de la moitié du capital social, la loi exige de faire appel à un commissaire aux apports pour évaluer le bien ;
- En dessous de ces seuils, les associés peuvent estimer eux-mêmes sa valeur, mais il est recommandé de se baser sur une estimation fiable, par exemple réalisée par un notaire ou un expert immobilier.
Le dispositif « Logement locatif intermédiaire » (LLI)
Avec la disparition du dispositif Pinel en 2024, le LLI est devenu aujourd’hui une alternative intéressante pour investir en SCI. Ce dispositif permet en effet d’acheter un bien immobilier exclusivement destiné à la location tout en bénéficiant des avantages suivants :
- Vous achetez un bien immobilier à prix réduit grâce à une TVA à 10 % (au lieu de 20 %) ;
- Vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt sur la taxe foncière pendant 15 à 20 ans ;
- Vos revenus locatifs sont moins imposés, grâce à une exonération partielle de TVA sur les loyers.
Pour bénéficier de ce dispositif, il faut réunir les conditions suivantes :
- Votre SCI doit être la propriétaire du bien ;
- Vous devez louer ce logement pendant au moins 15 ans ;
- Le bien doit se situer dans une zone où la demande locative est forte (zones A, A bis ou B1) ;
- Les loyers ne doivent pas dépasser un certain plafond, fixé selon la zone et la taille du logement ;
- Vos locataires doivent respecter des plafonds de ressources.
Les conditions à remplir pour obtenir un prêt immobilier avec une SCI
1. Constitution de la SCI
Pour faire une demande d’emprunt, vous devez déjà avoir créé votre SCI. Cela implique d’avoir effectué plusieurs démarches préalables :
- rédaction des statuts de la SCI ;
- désignation du gérant ;
- constitution et dépôt du capital social (1 € minimum) ;
- publication d’un avis de constitution dans un journal d’annonces légales (JAL) ;
- demande d’immatriculation au greffe du tribunal, via le Guichet unique.
Pour constituer le capital social de la SCI, les associés peuvent apporter de l’argent (apport en numéraire), un bien immobilier ou autre actif (apport en nature), ou leur travail et compétences (apport en industrie). Ces apports déterminent la répartition des parts sociales et le poids de chacun dans les décisions.
2. Accord des associés à l’unanimité
Dans une SCI, toute décision d’emprunt engage la société dans son ensemble. La banque vérifie toujours que la décision a été prise conformément aux statuts : si ces derniers exigent l’accord unanime des associés, vous devez fournir un procès-verbal ou une décision écrite validant l’emprunt.
Sans cette preuve, la banque peut refuser le prêt ou demander des garanties supplémentaires.
3. Examen de la capacité d’emprunt
La banque va ensuite analyser la capacité d’emprunt de la SCI et des associés :
- Elle vérifie les revenus de chaque associé pour savoir si chacun peut participer aux garanties si nécessaire.
- Elle évalue ensuite l’endettement maximal de la SCI, conformément aux règles du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF). Concrètement, elle vérifie que le remboursement du prêt, assurances comprises, ne dépasse pas environ 35 % des revenus nets des associés.
- À partir de cette limite, la banque fixe le montant maximum que la SCI peut obtenir pour financer son projet immobilier.
Elle peut aussi demander aux associés de faire un apport personnel pour sécuriser le prêt.
4. Garanties exigées par les banques
La banque peut en plus exiger différents types de garanties :
- Une hypothèque sur le bien : la SCI met le bien immobilier acheté en garantie. Si la SCI ne rembourse pas, la banque peut le vendre pour récupérer le montant du prêt ;
- L’hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers : il s’agit d’une garantie particulière qui permet à la banque d’être prioritaire pour se faire rembourser si le bien est revendu, avant même les autres créanciers ;
- Une caution simple ou solidaire : les associés peuvent s’engager personnellement. En caution simple, la banque peut se tourner vers un associé seulement si la SCI ne paie pas. En caution solidaire, la banque peut demander le remboursement à n’importe quel associé, même si les autres ont payé ;
- Une assurance emprunteur : elle peut demander aux associés de souscrire une assurance qui couvre le prêt en cas de décès, invalidité ou incapacité de travail.
Emprunter sans apport : est-ce possible avec une SCI ?
Oui, il est possible de contracter un prêt pour une SCI sans apport personnel, mais dans ce cas, la banque se basera sur la rentabilité de votre projet et la sécurité de vos garanties :
- Elle commence par vérifier que votre investissement est réaliste et rentable. Concrètement, elle compare le prix d’achat du bien, le coût des travaux éventuels et les loyers prévus pour s’assurer que la SCI pourra rembourser le prêt ;
- Elle analyse les revenus locatifs attendus : les loyers doivent être stables et suffisants pour couvrir les mensualités, même en cas de vacance locative ou de charges imprévues ;
- Elle peut demander une hypothèque sur le bien, une caution personnelle des associés ou une assurance emprunteur.
Comment optimiser son dossier de financement en SCI ?
Soigner son projet immobilier
Il faut préparer un dossier complet et chiffré. Vous devez donc rédiger un business plan qui détaille :
- le prix d’achat du bien : indiquez le montant exact, les frais de notaire et les éventuelles charges annexes (taxe foncière, copropriété) ;
- les travaux éventuels : listez précisément les rénovations à prévoir, une estimation des coûts et le calendrier des travaux ;
- les loyers prévus : calculez les revenus locatifs mensuels ou annuels, en vous basant sur le marché local et les loyers pour des biens comparables ;
- les charges associées : intégrez les charges de copropriété, les frais de gestion, les assurances et les impôts locaux ;
- les périodes de vacance locative : par exemple 1 à 2 mois par an, pour ne pas surestimer vos revenus ;
- la rentabilité nette : faites un calcul simple montrant que les loyers couvriront les mensualités du prêt, les charges et les travaux, et qu’il reste un bénéfice éventuel.
Renforcer la crédibilité de la SCI
Le capital social minimum légal pour créer une SCI est d’1 euro, mais il est fortement déconseillé de se limiter à ce montant. En apportant un capital un peu plus important, même modeste, vous montrez que vous êtes réellement engagé dans votre projet. Cela permet aussi de régler les premières dépenses, comme les frais de notaire, les petits travaux ou les premières charges.
Nous vous le disions, la banque va aussi examiner la stabilité financière des associés. Idéalement, les associés doivent donc avoir des revenus réguliers et peu de dettes personnelles.
Enfin, vous devez démontrer la bonne organisation de votre SCI. Les statuts doivent donc préciser qui prend les décisions concernant les travaux, la gestion locative ou les dépenses exceptionnelles, et comment les obligations financières sont partagées entre les associés.
Faire jouer la concurrence
Pour améliorer vos conditions de prêt, vous pouvez déposer des demandes dans plusieurs banques et regarder :
- la durée du prêt : plus le prêt est long, plus les mensualités sont faibles, mais le coût total du crédit augmente ;
- le taux d’intérêt et le TAEG : le taux d’intérêt correspond à ce que la banque vous facture chaque année pour le prêt. Le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) inclut en plus tous les frais liés au prêt : assurance, frais de dossier, garantie, etc. C’est ce chiffre qui vous permet de comparer le coût réel entre plusieurs offres ;
- les garanties exigées : faites des comparaisons pour choisir la solution la plus adaptée à votre projet, en tenant compte du coût et du risque que chaque option représente pour les associés ;
- les assurances emprunteur : vous pouvez peut-être souscrire une assurance externe, moins chère ou plus adaptée que celle de la banque. Vérifiez les garanties couvertes (décès, invalidité, incapacité) et les conditions pour chaque associé.
SCI à l’IS ou à l’IR : quel régime fiscal choisir pour un emprunt ?
SCI à l’IR (impôt sur le revenu)
Si vous optez pour une SCI à l’IR (Impôt sur le Revenu), les loyers perçus par la société sont directement répartis entre les associés selon leurs parts sociales.
Chaque associé déclare sa part dans sa déclaration personnelle et paie l’impôt selon son taux d’imposition.
L’associé peut réduire son impôt en déduisant de ses revenus fonciers la part des intérêts du prêt immobilier que la SCI a payés.
En revanche :
- La SCI ne peut pas amortir le bien pour diminuer ses bénéfices imposables.
- En cas de revente, la plus-value est imposée comme pour un particulier, avec un abattement possible selon la durée de détention.
Pour qui ? Ce régime est intéressant pour des projets de petite envergure ou pour des associés qui privilégient la revente à moyen terme.
SCI à l’IS (impôt sur les sociétés)
Si la SCI est à l’IS (Impôt sur les Sociétés), c’est la société elle-même qui paie l’impôt, et non les associés individuellement.
Dans ce cas, elle peut réduire sa base d'imposition grâce à :
- l'amortissement du bien immobilier ;
- la déduction de charges (travaux, frais, rémunération du gérant, etc.).
Les déficits peuvent aussi être reportés sur les exercices suivants.
En revanche :
- la revente d’un bien détenu par une SCI à l’IS entraîne une taxation sur les plus-values professionnelles, sans abattement pour durée de détention.
- la comptabilité est plus complexe : il faut tenir des comptes annuels complets.
Pour qui ? Il est recommandé de choisir ce régime d’imposition si vous avez un projet d’investissement locatif important et sur le long terme.
SCI à l’IR ou à l’IS : tableau comparatif
| Critère | SCI à l’IR | SCI à l’IS |
| Imposition | Associés (déclaration personnelle) | Société (taux normal 25 %, taux réduit 15 % sur les premiers 42 500 € si conditions remplies) |
| Amortissement | Non | Oui |
| Déduction des charges | Limitée (intérêts du prêt, taxe foncière) | Large (travaux, frais, rémunération du gérant) |
| Plus-values | Comme pour un particulier, avec abattement selon durée de détention | Plus-values professionnelles, sans abattement |
| Comptabilité | Simple | Comptes annuels complets obligatoires |
FAQ - Questions fréquentes sur comment emprunter avec une SCI ?
Quelle est la capacité d’emprunt d’une SCI ?
La capacité d’emprunt d’une SCI correspond au montant que la société peut rembourser chaque mois. La banque examine les loyers prévus, les charges du bien et, si nécessaire, les revenus des associés.
Comment emprunter avec une SCI familiale ?
Une SCI familiale peut emprunter soit directement via la société, soit par l’intermédiaire des associés. Dans le premier cas, la SCI devient l’emprunteur et rembourse le prêt avec ses fonds, issus des loyers perçus ou des apports des associés. Dans le second cas, chaque associé contracte un prêt personnel et apporte les fonds à la SCI, soit par augmentation de capital, soit par compte courant d’associé.
Est-il plus facile d’emprunter avec une SCI ?
Pas forcément. Emprunter via une SCI peut être plus complexe qu’un prêt personnel, car la banque va vérifier à la fois la solidité financière de la société et celle des associés. En revanche, emprunter via une SCI permet de répartir les responsabilités, ce qui peut rassurer les prêteurs.
Quel apport est nécessaire pour un emprunt en SCI ?
Vous n’êtes pas obligé d’apporter de l’argent, mais faire un apport personnel peut vous aider à convaincre la banque et à obtenir de meilleures conditions de prêt.
Une SCI peut-elle obtenir un prêt sans revenus ?
Oui, mais c’est plus difficile. Vous devez prouver la viabilité de votre projet et apporter des garanties solides (hypothèque, caution des associés).
Quels sont les risques pour les associés ?
Si la SCI emprunte directement, votre responsabilité est normalement limitée à celle de la société, mais la banque peut vous demander de vous porter garant personnellement. Si vous empruntez vous-même, vous engagez votre patrimoine personnel.
Sources & références
Légifrance - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070721/LEGISCTA000006136391/#LEGISCTA000006136391
Impots.gouv.fr - https://www.impots.gouv.fr/particulier/societe-civile-immobiliere
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