Comment créer une SCI ? Guide complet 2026

Temps de lecture : 13 min
L'article en bref
  • C'est quoi ? : une SCI permet à au moins deux associés de détenir et gérer ensemble un ou plusieurs biens immobiliers via une société civile.
  • 4 étapes de création : rédiger les statuts, déposer le capital social, publier une annonce légale, puis immatriculer la SCI via le Guichet Unique INPI.
  • Budget : comptez 250 à 350 € en frais incompressibles, et jusqu'à 3 500 € avec un accompagnement professionnel (notaire ou expert-comptable).
  • IR ou IS : l'IR convient pour une revente à moyen terme grâce à l'abattement sur la plus-value, l'IS pour capitaliser à long terme grâce à l'amortissement du bien.
  • Transmission : la SCI familiale permet de donner des parts sociales aux enfants avec un abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans.
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Guillaume DELEMARLE

Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

Qu'est-ce qu'une SCI (Société Civile Immobilière) ?

Une SCI est une structure permettant à plusieurs personnes de détenir et gérer ensemble un bien immobilier via des parts sociales. Sa création nécessite des statuts, un gérant et une immatriculation au RCS. Très utilisée en famille, elle facilite la gestion et la transmission du patrimoine.

  • Définition et fonctionnement d'une SCI

  • La SCI est une personne morale distincte de ses associés. Elle possède les biens immobiliers en son nom, et les associés détiennent des parts sociales de la société. Voici ses caractéristiques principales :
  • Nombre d'associés : minimum 2 (personnes physiques ou morales), sans maximum
  • Capital social : libre, à partir de 1 €, divisé en parts sociales
  • Durée : 99 ans maximum
  • Gestion : assurée par un ou plusieurs gérants, selon les règles fixées dans les statuts
  • Concrètement, la SCI signe le bail, encaisse les loyers, paie les charges et les travaux. Les associés, eux, perçoivent leur quote-part de résultat ou de dividendes selon le régime fiscal choisi.
  • Les différents types de SCI

  • Toutes les SCI n'ont pas le même usage. Voici les quatre formes les plus courantes :
  • SCI familiale : les associés sont liés par parenté ou alliance (parents, enfants, conjoints). Elle sert à gérer un patrimoine familial et préparer la transmission.
  • SCI de gestion/location : créée pour acheter et louer un bien immobilier dans une logique d'investissement locatif classique.
  • SCI construction-vente : dédiée à la promotion immobilière, elle achète un terrain, construit, puis revend. Son objet est limité à une opération précise.
  • SCI professionnelle : elle détient les murs d'une entreprise. Le dirigeant sépare ainsi son patrimoine professionnel de son patrimoine personnel.

Quelles sont les conditions pour créer une SCI ?

Créer une SCI suppose de respecter quelques conditions de fond. Elles concernent les associés, l'objet social et la désignation du gérant.

Les associés : qui peut participer ?

Une SCI exige au minimum deux associés. Ce peuvent être des personnes physiques (particuliers) ou des personnes morales (autres sociétés). Il n'y a pas de condition de nationalité ni de résidence en France.

Un mineur peut être associé d'une SCI, à condition d'être représenté par son représentant légal (parent ou tuteur). Pour une SCI familiale, les associés sont liés par parenté ou alliance : conjoints, ascendants, descendants, frères et sœurs, beaux-parents, etc.

L'objet social : uniquement civil

L'objet social d'une SCI doit rester strictement civil : acquisition, gestion, administration et location nue de biens immobiliers. Toute activité commerciale est interdite.

La location meublée est considérée comme une activité commerciale. Si votre SCI pratique la location meublée, elle bascule automatiquement à l'impôt sur les sociétés (IS). Une tolérance existe lorsque les recettes meublées restent inférieures à 10 % du chiffre d'affaires total, mais ce montage reste risqué et doit être encadré.

Rédigez l'objet social de manière suffisamment large pour couvrir vos projets futurs (achat d'un second bien, travaux de rénovation, mise en location), sans tomber dans une formulation trop vague que le greffe pourrait refuser.

Le gérant : rôle et nomination

Toute SCI doit avoir au moins un gérant. Il peut être associé ou non. Le gérant est le représentant légal de la SCI : il signe les baux, engage les dépenses courantes et agit au nom de la société vis-à-vis des tiers.

Sa nomination figure dans les statuts ou dans un acte séparé. Les statuts définissent précisément ses pouvoirs : actes de gestion courante (encaissement des loyers, paiement des charges) et actes exceptionnels soumis à l'approbation de l'assemblée générale (AG), comme la vente d'un bien ou la souscription d'un emprunt important. Le procès-verbal d'assemblée générale formalise ces décisions collectives.

Quelles sont les étapes de création d'une SCI ?

La création d'une SCI suit un parcours administratif en quatre temps. Comptez 2 à 4 semaines entre la rédaction des statuts et la réception du Kbis.

  • Formaliser les règles de fonctionnement dans un acte écrit (statuts)
  • Verser les apports sur un compte bloqué et obtenir l'attestation bancaire
  • Diffuser un avis de constitution dans un journal habilité du département
  • Déposer le dossier complet en ligne pour recevoir le Kbis

Étape 1 : rédiger les statuts de la SCI

Les statuts sont l'acte fondateur de la SCI. Ils fixent les règles du jeu entre associés. L'article 1835 du Code civil impose d'y faire figurer un certain nombre de mentions obligatoires :

  • Dénomination sociale
  • Objet social
  • Siège social
  • Montant du capital social et répartition des parts sociales
  • Apports de chaque associé (en numéraire ou en nature)
  • Durée de la société (99 ans maximum)
  • Modalités de fonctionnement (pouvoirs du gérant, règles de vote en AG)

Au-delà de ces mentions, plusieurs clauses sont fortement recommandées : clause d'agrément pour encadrer la cession de parts sociales à un tiers, règles relatives aux comptes courants d'associés, conditions de révocation du gérant, et modalités de prise de décision en assemblée générale.

Les statuts peuvent être rédigés sous acte sous seing privé (entre associés, sans notaire). L'acte notarié devient obligatoire uniquement si un associé apporte un bien immobilier à la SCI (apport en nature).

Un expert-comptable peut vous accompagner dans la rédaction des statuts et le choix du régime fiscal adapté à votre projet. Chez L'Expert-Comptable.com, nos équipes vous guident dès la phase de création pour sécuriser vos choix juridiques et fiscaux.

Étape 2 : déposer le capital social

Le rôle du capital social minimum d'une SCI est de 1 €. En pratique, un capital trop faible fragilise la crédibilité de la société auprès des banques. Il est courant de fixer le capital entre 1 000 € et 10 000 € pour rassurer les partenaires financiers sans immobiliser trop de fonds.

Les associés déposent leurs apports en numéraire sur un compte bloqué ouvert auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts. La banque délivre alors une attestation de dépôt des fonds, document indispensable pour la suite de la procédure. Les fonds sont libérés (débloqués) après l'immatriculation de la SCI.

Étape 3 : publier une annonce légale

Avant l'immatriculation, vous devez publier un avis de constitution dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) habilité dans le département du siège social. Cet avis contient les informations principales de la SCI : dénomination, forme juridique, objet social, siège, capital, durée, identité du gérant et tribunal de commerce compétent.

Le coût de publication varie de 150 à 250 € selon le département. Le JAL vous remet une attestation de parution, à joindre au dossier d'immatriculation.

Étape 4 : immatriculer la SCI via le Guichet Unique INPI

Depuis janvier 2023, toutes les formalités de création de société passent par le Guichet Unique en ligne (procedures.inpi.fr). Voici la checklist des documents à préparer :

  • Statuts signés et datés par tous les associés
  • Attestation de dépôt du capital social
  • Attestation de parution de l'annonce légale
  • Justificatif de jouissance du siège social (bail, titre de propriété, attestation d'hébergement)
  • Copie de la pièce d'identité du gérant
  • Déclaration sur l'honneur de non-condamnation du gérant
  • Formulaire de déclaration des bénéficiaires effectifs

Les frais d'immatriculation s'élèvent à environ 66,88 € (greffe du tribunal de commerce) auxquels s'ajoutent 21,41 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs. Vous recevez votre extrait Kbis sous 7 à 15 jours ouvrés. Ce document officiel prouve l'existence juridique de votre SCI.

Les étapes de création SCI

Quand procéder à la création d'une SCI ?

Cas pratiques de création d'une SCI

La transmission familiale

Les parents propriétaires d’un bien immobilier qui souhaitent transmettre à leurs enfants apprécieront la facilité de transmission qu’offre la SCI. En effet, ils peuvent céder leurs parts sociales à leurs héritiers directs de manière progressive. Ce procédé permet de bénéficier d’un abattement sur les droits de succession à concurrence de 100 000 € par enfant. Cet abattement est valable pour chaque donation et renouvelable tous les 15 ans.

L’investissement locatif

La SCI permet de détenir un ou plusieurs biens immobiliers à plusieurs associés. C’est une alternative intéressante pour se constituer un patrimoine à mettre en location pour en tirer une rentabilité. Elle permet de s’affranchir du régime de l’indivision, qui peut poser certaines contraintes dans le cadre de la location de biens :

  • un des copropriétaires peut se retirer de l’indivision à tout moment, obligeant les autres propriétaires à racheter sa part ou à vendre le bien ;
  • la nécessité d’obtenir l’accord unanime des indivisaires pour signer un contrat de bail avec un locataire, compromettant la finalité de l’investissement locatif.

En SCI, la prise de décision aux mains du gérant favorise la gestion locative des biens immobiliers et ne requiert l’unanimité des associés que pour des actes bien spécifiques.

L’acquisition entre amis

Là encore, créer une SCI est tout indiqué pour acquérir des biens immobiliers à plusieurs personnes, sans aucun lien de filiation. Ces dernières peuvent mutualiser leurs ressources financières pour l’achat d’un bien d’une gamme supérieure, qui leur serait inaccessible dans le cadre d’un achat isolé. Il peut s’agir d’une résidence secondaire ou d’une maison de vacances à partager entre amis.

Chacune des parties prenantes réalise l’apport à la hauteur de ses moyens, et reçoit les parts qui lui correspondent. Chaque ami perçoit alors les bénéfices de la SCI en fonction des parts qu’il détient et dispose d’un droit de participer aux décisions relatives à la gestion de la structure. Ils désignent un gérant chargé de gérer la société et se prémunissent d’éventuelles situations de blocage relatives au régime de l’indivision.

Combien coûte la création d'une SCI ?

Le budget de création dépend du niveau d'accompagnement choisi. Certains frais sont incompressibles, d'autres varient selon que vous rédigez les statuts vous-même ou faites appel à un professionnel. Pour avoir une idée précise, vous pouvez consulter les frais de greffe applicables selon la forme juridique choisie.

Les frais incompressibles

Trois postes de dépenses s'imposent à toute création de SCI :

  • Annonce légale : 150 à 250 €
  • Immatriculation au greffe : environ 66,88 €
  • Déclaration des bénéficiaires effectifs : environ 21,41 €

Total minimum (sans accompagnement) : 250 à 350 €.

Les frais optionnels selon le mode de création

Poste de dépenseFourchette de prixObligatoire ?
Annonce légale150 à 250 €Oui
Immatriculation au greffe~66,88 €Oui
Déclaration des bénéficiaires effectifs~21,41 €Oui
Rédaction des statuts par un notaire1 500 à 3 000 €Seulement si apport immobilier
Accompagnement par un expert-comptable500 à 1 500 €Non
Plateforme juridique en ligne150 à 500 € (hors frais de greffe)Non
Droits d'enregistrement (apport d'un immeuble)5 % de la valeur du bienSi apport immobilier

Si un associé apporte un bien immobilier à la SCI, l'acte notarié est obligatoire et les droits d'enregistrement de 5 % s'appliquent sur la valeur du bien (sauf exonération sous conditions). Ce poste peut représenter plusieurs milliers d'euros et doit être anticipé dans le budget de création.

Quelle fiscalité choisir pour votre SCI : IR ou IS ?

Le choix du régime fiscal est la décision la plus structurante lors de la création d'une SCI. Il conditionne la manière dont les revenus locatifs sont imposés, le traitement de la plus-value à la revente et les obligations comptables de la société. Une analyse approfondie du choix entre l'IS et l'IR s'impose avant toute décision.

La SCI à l'impôt sur le revenu (IR) : transparence fiscale

L'IR est le régime par défaut de la SCI. On parle de transparence fiscale : la société elle-même ne paie pas d'impôt. Chaque associé déclare sa quote-part de résultat dans ses revenus fonciers personnels, proportionnellement à ses parts sociales.

Les charges déductibles comprennent les intérêts d'emprunt, la taxe foncière, les travaux d'entretien et les frais de gestion. Pour connaître en détail les charges déductibles dans une SCI soumise à l'IR, il convient de se référer aux règles fiscales applicables. En revanche, l'amortissement du bien n'est pas possible à l'IR.

L'atout majeur de l'IR se révèle à la revente : la plus-value immobilière bénéficie d'un abattement progressif à partir de la 6ᵉ année de détention. L'exonération est totale après 22 ans pour l'impôt sur le revenu et après 30 ans pour les prélèvements sociaux.

La SCI à l'impôt sur les sociétés (IS) : optimisation comptable

L'IS est une option que les associés peuvent choisir lors de la création ou en cours de vie de la SCI. Cette option est en principe irrévocable (un retour à l'IR est possible dans les 5 premières années, sous conditions strictes).

Le principal avantage de l'IS : la SCI peut amortir le bien immobilier. Cet amortissement, déduit chaque année du résultat, réduit fortement l'impôt courant. Le taux d'IS est de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice (sous conditions : capital entièrement libéré, détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques, CA HT inférieur à 10 M€), puis de 25 % au-delà.

Quand la SCI distribue ses bénéfices aux associés, ceux-ci sont imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou sur option au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Pour comprendre tous les mécanismes de la flat tax sur les dividendes, il est utile de se pencher sur son fonctionnement détaillé.

Le revers de la médaille apparaît à la revente. La plus-value est calculée sur la valeur nette comptable du bien (prix d'achat moins les amortissements cumulés). Après 15 ou 20 ans d'amortissement, cette valeur nette comptable est très basse, ce qui gonfle mécaniquement la plus-value imposable à l'IS, puis au PFU lors de la distribution.

IR ou IS : comment choisir selon votre projet ?

CritèreSCI à l'IRSCI à l'IS
RégimePar défautSur option (irrévocable)
Amortissement du bienNonOui
Plus-value à la reventeRégime des particuliers, abattement progressifValeur nette comptable, plus-value souvent élevée
Imposition des associésTMI + prélèvements sociaux 18,6 % sur revenus fonciersIS 15 %/25 % + PFU 31,4 % sur dividendes
ComptabilitéSimplifiée (recettes/dépenses)Partie double obligatoire
Déclarations fiscalesDéclaration 2072 + revenus fonciers personnelsLiasse fiscale 2065, bilan et compte de résultat
Changement de régimeOption IS possible à tout momentRetour IR très limité (5 premières années)
Profil recommandéRevente à moyen terme, faibles revenus fonciersCapitalisation long terme, revenus fonciers élevés

Cas pratique : SCI détenant un appartement locatif

Hypothèses : bien acheté 300 000 €, loyers annuels de 20 000 €, charges de 5 000 €, intérêts d'emprunt de 3 000 €, deux associés à 50/50 avec un taux marginal d'imposition (TMI) de 30 %.

À l'IR :

  • Résultat foncier imposable : 20 000 - 5 000 - 3 000 = 12 000 €
  • Chaque associé déclare 6 000 € de revenus fonciers
  • Impôt par associé : 6 000 × 30 % (IR) + 6 000 × 18,6 % (PS) = 2 916 €
  • Impôt total annuel : 5 832 €

À l'IS :

  • Amortissement du bâti (80 % de 300 000 € sur 25 ans) : 9 600 €/an
  • Résultat imposable : 20 000 - 5 000 - 3 000 - 9 600 = 2 400 €
  • IS à 15 % : 360 €
  • Bénéfice distribuable : 2 040 €
  • PFU sur dividendes distribués : 2 040 × 31,4 % = 641 €
  • Impôt total annuel : 1 001 €

L'IS génère une économie annuelle de 4 831 € grâce à l'amortissement. Mais à la revente, la plus-value sera calculée sur une valeur nette comptable très basse (300 000 € moins les amortissements cumulés), ce qui alourdira la facture fiscale. L'IR reste plus avantageux si vous prévoyez de revendre le bien dans les 10 à 20 ans.

Le choix entre IR et IS a des conséquences fiscales durables. Les experts-comptables de L'Expert-Comptable.com analysent votre situation patrimoniale pour vous recommander le régime le plus adapté à votre stratégie.

SCI familiale : un outil puissant pour transmettre votre patrimoine

La SCI familiale permet d'organiser la transmission d'un patrimoine immobilier de manière progressive et fiscalement avantageuse. Plutôt que de donner un immeuble en direct, les parents transmettent des parts sociales à leurs enfants.

Comment fonctionne la donation de parts sociales ?

Le mécanisme est simple : les parents créent une SCI, y logent un bien immobilier, puis donnent progressivement des parts à leurs enfants. La valeur des parts sociales correspond à la valeur du bien, diminuée des dettes de la SCI (emprunt en cours). Si la SCI a emprunté pour acheter le bien, la valeur des parts est mécaniquement réduite.

Autre avantage : les parts de SCI bénéficient d'une décote de 10 à 15 % par rapport à la valeur réelle du bien. Cette décote reflète le caractère illiquide des parts (on ne les revend pas aussi facilement qu'un appartement) et la situation de minorité de chaque associé.

Les parents peuvent aussi conserver l'usufruit des parts (et donc percevoir les revenus locatifs) tout en transmettant la nue-propriété à leurs enfants. La donation en usufruit permet ainsi, au décès des parents, aux enfants de récupérer la pleine propriété sans droits de succession supplémentaires.

Abattement de 100 000 € : le calcul concret

Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € à chacun de ses enfants en franchise de droits de donation, et cet abattement se renouvelle tous les 15 ans. Un couple avec deux enfants peut donc transmettre jusqu'à 400 000 € sans payer de droits (2 parents × 2 enfants × 100 000 €).

Cas pratique : transmission d'un bien de 500 000 €

  • Valeur du bien détenu par la SCI : 500 000 €
  • Emprunt résiduel : 200 000 €
  • Valeur nette des parts : 500 000 - 200 000 = 300 000 €
  • Décote de 10 % (illiquidité) : 300 000 × 90 % = 270 000 €
  • Les parents donnent 50 % des parts en nue-propriété : 270 000 × 50 % = 135 000 €
  • Répartition : 4 donations (2 parents × 2 enfants) = 33 750 € chacune
  • Abattement applicable : 100 000 € par donation
  • 33 750 € < 100 000 € : aucun droit de donation à payer

En donnant un immeuble en direct (sans SCI), les parents ne bénéficient ni de la décote sur les parts, ni de l'effet de levier lié à l'emprunt. La base taxable serait alors de 250 000 € (50 % de 500 000 €), soit 62 500 € par donation, toujours sous l'abattement, mais avec une marge bien plus réduite pour les patrimoines plus importants. La donation-partage constitue une alternative complémentaire pour organiser la transmission de son vivant.

Quelles obligations après la création de votre SCI ?

Une fois le Kbis en main, la SCI doit respecter plusieurs obligations de fonctionnement. Elles varient selon le régime fiscal choisi et concernent la comptabilité, les assemblées générales et la responsabilité des associés.

La comptabilité et les déclarations fiscales

Une SCI à l'IR tient une comptabilité simplifiée de type recettes/dépenses. Elle dépose chaque année une déclaration 2072 auprès de l'administration fiscale. Chaque associé reporte ensuite sa quote-part de résultat dans sa déclaration de revenus fonciers.

Une SCI à l'IS a des obligations plus lourdes : comptabilité en partie double, tenue d'un bilan comptable et d'un compte de résultat, dépôt d'une liasse fiscale (déclaration 2065). Le recours à un expert-comptable est vivement recommandé dans ce cas.

L'assemblée générale annuelle

Les associés doivent se réunir en assemblée générale (AG) au moins une fois par an pour approuver les comptes de l'exercice écoulé. Pour ne pas manquer les échéances, il est utile de connaître les dates limites pour tenir une assemblée générale. Le procès-verbal de l'AG est conservé dans un registre dédié.

Les décisions extraordinaires (modification des statuts, cession de parts à un tiers, dissolution de la SCI) nécessitent une majorité renforcée, définie dans les statuts. Sans clause spécifique, l'unanimité est requise pour les modifications statutaires.

La responsabilité des associés

Les associés d'une SCI ont une responsabilité indéfinie mais non solidaire. Chaque associé est responsable des dettes de la SCI à proportion de ses parts sociales. Si la SCI détient un emprunt de 200 000 € et qu'un associé possède 40 % des parts, sa responsabilité est engagée à hauteur de 80 000 €.

Cette responsabilité est aussi subsidiaire : les créanciers doivent d'abord poursuivre la SCI elle-même avant de se retourner contre les associés personnellement. C'est une protection importante, mais elle ne dispense pas de bien dimensionner le capital social et les garanties dès la création.

Les questions fréquentes sur la création d'une SCI

Peut-on créer une SCI seul, sans associé ?

Non, une SCI exige au minimum 2 associés. Pour investir seul dans l'immobilier via une société, vous pouvez opter pour une SASU ou une EURL. Une solution courante consiste à associer un membre de la famille (conjoint, enfant majeur) avec une part symbolique.

Quel est le capital minimum pour créer une SCI ?

Le capital social minimum est de 1 €. En pratique, un capital trop faible peut freiner l'obtention d'un crédit bancaire. Il est courant de fixer le capital entre 1 000 € et 10 000 € pour donner de la crédibilité au projet sans immobiliser trop de fonds.

Combien de temps faut-il pour créer une SCI ?

Comptez 2 à 4 semaines entre la rédaction des statuts et la réception du Kbis. Le dépôt du capital et la publication de l'annonce légale prennent quelques jours. Pour mieux anticiper les délais, consultez les informations sur le délai d'obtention du Kbis après immatriculation.

Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour créer une SCI ?

Non, sauf si un associé apporte un bien immobilier à la SCI (apport en nature). Dans ce cas, l'acte notarié est obligatoire et les frais de notaire s'appliquent. Pour une création simple avec des apports en numéraire, les statuts peuvent être rédigés sous seing privé, éventuellement avec l'aide d'un expert-comptable ou d'une plateforme juridique.

Vaut-il mieux choisir l'IR ou l'IS pour une SCI ?

Cela dépend de votre stratégie. L'IR convient si vous envisagez de revendre le bien à moyen terme, grâce à l'abattement progressif sur la plus-value. L'IS est intéressant pour capitaliser à long terme grâce à l'amortissement du bien. Le choix de l'IS est en principe irrévocable : faites valider votre décision avec un expert-comptable avant la création.

Une SCI peut-elle faire de la location meublée ?

En principe non, car la location meublée est une activité commerciale incompatible avec l'objet civil de la SCI. Si la SCI exerce une activité de location meublée, elle bascule automatiquement à l'IS. Une tolérance existe si les recettes meublées restent inférieures à 10 % du chiffre d'affaires total, mais ce montage reste à manier avec prudence. La fiscalité des revenus fonciers mérite d'être bien maîtrisée avant de faire ce choix.

Comment transmettre un bien immobilier à ses enfants via une SCI ?

Vous donnez progressivement des parts sociales à vos enfants en profitant de l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Vous pouvez conserver l'usufruit des parts (et donc les revenus locatifs) tout en transmettant la nue-propriété. Ce mécanisme réduit les droits de donation par rapport à une donation d'immeuble en direct.

Quelles sont les obligations comptables d'une SCI ?

Une SCI à l'IR tient une comptabilité simplifiée (recettes/dépenses) et dépose une déclaration 2072. Une SCI à l'IS doit tenir une comptabilité en partie double et déposer une liasse fiscale (déclaration 2065). Dans les deux cas, une assemblée générale annuelle d'approbation des comptes est obligatoire.

Les associés d'une SCI sont-ils responsables des dettes ?

Oui, mais la responsabilité est indéfinie et non solidaire. Chaque associé répond des dettes de la SCI à proportion de ses parts sociales. Les créanciers doivent d'abord poursuivre la SCI elle-même avant de se retourner contre les associés personnellement (responsabilité subsidiaire).

Combien coûte la création d'une SCI au total ?

En faisant tout vous-même, comptez environ 250 à 350 € (annonce légale + frais de greffe + bénéficiaires effectifs). Avec un accompagnement professionnel, le budget total se situe entre 1 000 et 3 500 €. Pour estimer précisément le coût d'un accompagnement, vous pouvez consulter les tarifs d'un expert-comptable selon la mission confiée.

Sources & Références

Service-Public : Société civile immobilière (SCI) : ce qu'il faut savoir

Économie.gouv.fr : Société civile immobilière : comment ça marche ?

Service-Public : Comment créer une société ?

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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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Questions & réponses

AnonymeLe 14 avril 2025

Bonjour. Mon fils et moi-même étant belges et résidents fiscaux belges, pouvons-nous créer une sci en France pour la gestion de 2 appartements dont je suis déjà propriétaire ? Merci pour votre réponse et guidance.

L-Expert-Comptable.comLe 16 juin 2025

Bonjour,

Il est tout à fait possible de constituer une SCI de droit français en étant résidents fiscaux belges. Il faudra simplement que la SCI ait son siège social en France.
Attention toutefois, le traitement fiscal peut être complexe : il est fortement recommandé de se faire accompagner par un expert-comptable ou un conseiller fiscal.

Bien à vous.

AnonymeLe 13 septembre 2025

Est il possible de créer une sci avec mes 2 enfants pour éviter de payer des frais de donation, étant propriétaire de 3 biens immobiliers évalués à 700000€

L-Expert-Comptable.comLe 06 octobre 2025

Bonjour,

Il est possible de créer une SCI avec vos 2 enfants pour anticiper la transmission.
Nous vous conseillons de faire appel à un expert-comptable pour vous accompagner dans la transmission de vos biens.

Bien à vous.

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