- Budget à prévoir : entre 20 000 € et 100 000 € selon votre concept (café indépendant, mobile ou reprise d'un fonds de commerce).
- Statut juridique recommandé : la SASU est privilégiée pour sa souplesse, sa protection sociale et la possibilité de déduire les charges réelles.
- Autorisations obligatoires : permis d'exploitation, licence de débit de boissons (si vous servez de l'alcool), formation hygiène alimentaire (HACCP) et assurances professionnelles.
- Choix de l'emplacement : privilégiez un local à fort passage piéton, bien visible et proche de votre clientèle cible (bureaux, centres-villes, universités).
- Concept et positionnement : définissez une identité claire (coffee shop cosy, café de spécialité, coworking, brunch…) pour vous différencier de la concurrence.
- Marketing et fidélisation : soignez votre présence en ligne (Instagram, Google Maps), proposez des événements locaux et misez sur la qualité du café pour créer une communauté fidèle.
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Comment ouvrir un café ? Les étapes à suivre

Étudier le marché
Avant d'ouvrir votre café, prenez le temps d’analyser votre environnement. Qui sont vos concurrents ? Quels types de cafés existent déjà dans le quartier ? Repérez ce qui fonctionne, ce qui manque, et comment vous pouvez vous différencier.
Observez également les habitudes des consommateurs : recherchent-ils du café à emporter, des alternatives végétales, ou encore un espace convivial pour télétravailler ?
Enfin, inspirez-vous des tendances actuelles : café bio, latte végétal, torréfaction artisanale, café de spécialité ou ambiance hybride café-boutique... Ce sont autant d’opportunités pour bâtir un concept solide et attractif.
Choisir son concept de café
Le concept est le cœur de votre projet : il détermine l’ambiance, la clientèle cible, influence le choix du mobilier, du menu et même vos canaux de communication. Il est donc essentiel de choisir un positionnement cohérent et différenciant, fidèle à vos valeurs et adapté à votre marché.
Voici quelques idées de concepts populaires :
| Concept | Description | Atouts |
|---|---|---|
| Coffee shop cosy | Lieu chaleureux avec fauteuils, décoration soignée, ambiance détendue | Idéal pour fidéliser une clientèle locale et créer un lieu de vie |
| Café de spécialité | Café haut de gamme (torréfaction artisanale, méthodes douces) | Attire les amateurs de bon café et les connaisseurs |
| Café coworking | Espace de travail partagé avec wifi, prises et ambiance calme | Séduit les freelances, étudiants et télétravailleurs |
| Café brunch | Formule sucrée-salée servie en continu ou le week-end | Très tendance, surtout en zone urbaine ou touristique |
| Café mobile (food truck, vélo, triporteur) | Concept itinérant proposant du café à emporter, en événementiel ou zone de passage | Budget réduit, grande flexibilité, faible loyer |
| Café à thème | Univers spécifique : café-livres, café-animaux, café-jeux vidéo… | Expérience originale et différenciante, forte attractivité sur les réseaux sociaux |
| Café-librairie | Espace combinant café et coin lecture/vente de livres | Atmosphère calme et culturelle, attire les lecteurs, étudiants et familles |
Bon à savoir : Choisir un concept ne signifie pas s’enfermer ! Vous pouvez toujours le faire évoluer en fonction de la demande (brunch le week-end, ateliers le soir, etc.).
Franchise ou indépendant ?
L’une des premières décisions à prendre lorsque vous vous lancez dans l’ouverture d’un café, c’est de choisir entre un concept en franchise ou la création d’un café indépendant. Chaque option a ses avantages… mais aussi ses limites.
Bon à savoir : Si vous recherchez un cadre structuré avec un accompagnement solide, la franchise peut vous convenir. À l’inverse, si vous avez une vision précise de votre projet ou souhaitez plus de liberté, l’indépendance est probablement plus adaptée.
Voici un tableau comparatif pour vous aider à faire le meilleur choix :
| Critères | Franchise | Café indépendant |
|---|---|---|
| Accompagnement | Formation initiale, aide à l’installation, suivi marketing | Autonomie totale, pas de soutien externe |
| Liberté de création | Concept imposé, charte à respecter | Liberté totale sur le menu, la décoration et l'identité |
| Budget de départ | Plus élevé (droits d'entrée et redevances) | Budget flexible selon vos choix |
| Notoriété immédiate | Oui, grâce à une marque déjà connue | À construire localement et via la communication digitale |
| Accès aux fournisseurs | Conditions négociées par la franchise | À rechercher et négocier soi-même |
| Temps de lancement | Plus rapide grâce aux process existants | Plus long (étude, test, conception du projet) |
Réaliser un business plan
Le business plan est le document de référence pour structurer votre projet et convaincre vos partenaires (banques, investisseurs, incubateurs…). Il vous permet de valider la viabilité économique de votre café avant même d’avoir levé le rideau.
Concrètement, il doit contenir :
- Coûts de démarrage : matériel, travaux, stock initial, frais d'immatriculation…
- Charges fixes et variables : loyer, salaires, matières premières, abonnements…
- Objectifs de chiffre d’affaires : prévisionnel sur 1 à 3 ans selon votre capacité d’accueil et vos prix moyens
- Analyse de rentabilité : à partir de quel seuil de chiffre d'affaires votre activité devient-elle rentable ?
- Pistes d’évolution : lancement d’une offre brunch, installation d’une terrasse, vente à emporter, événements privés, etc.
Si vous ne savez pas par où commencer, ou que vous souhaitez mettre toutes les chances de votre côté, on vous recommande de lire cet article complet : Comment faire et rédiger un business plan ?
Choisir le statut juridique et créer son entreprise
Le choix du statut juridique est une étape essentielle dans la création de votre café. Il détermine votre régime fiscal et social, vos obligations comptables et la manière dont votre activité pourra évoluer.
Pour ouvrir un café, la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est souvent privilégiée en raison de sa souplesse de fonctionnement, de sa protection sociale avantageuse et de la possibilité de déduire les charges réelles (matériel, matières premières, loyers…).
Voici un tableau comparatif des principaux statuts juridiques :
| Statut | À privilé gier pour… | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| SASU (recommandé) | Projets structurés, évolutifs, avec investissements |
|
|
| EURL | Petits projets avec gestion simple et familiale |
|
|
| Micro-entreprise | Très petit projet solo, test d’activité sans investissement lourd |
|
|
Utilisez notre simulateur de statut juridique gratuit pour identifier la forme la plus adaptée selon vos besoins, votre situation et la nature de votre projet.
Chez l-expert-comptable.com, nous sommes inscrits à l’Ordre des experts-comptables et nous vous accompagnons dans toutes les démarches liées à la création de votre société : du choix du statut juridique le plus pertinent à la réception de votre Kbis. Pour prendre rendez-vous avec l’un de nos experts, ça se passe ici !
Déterminer le montant du capital social
Le capital social correspond à la somme que vous apportez à votre société au moment de sa création. Il sert de base financière et de gage de crédibilité auprès de vos partenaires (banques, fournisseurs, bailleurs…).
Le capital social minimum est fixé à 1 € en SASU ou en EURL. Nous vous recommandons toutefois de prévoir entre 500 € et 1 000 € pour ouvrir un café. Cela montre que votre projet est sérieux et structuré, même à petite échelle. De plus, ce montant est suffisant pour couvrir les premiers frais administratifs et l’ouverture du compte bancaire. Enfin, il reste raisonnable et accessible, sans pour autant bloquer de la trésorerie inutilement.
Un capital trop faible (1 € symbolique) peut être mal perçu par les fournisseurs, les banques ou même certains partenaires commerciaux, et donner l’impression que votre structure manque de solidité.
Réaliser les démarches administratives
Une fois votre projet bien défini et votre structure juridique choisie, il est temps de passer aux démarches administratives obligatoires pour ouvrir votre café.
Voici les principales étapes à ne pas manquer :
- Immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS) : c’est la première étape officielle pour donner naissance à votre entreprise. L'immatriculation se fait désormais exclusivement sur le site du Guichet unique de l’INPI.
- Déclaration d’ouverture auprès de la mairie : si vous installez une terrasse, diffusez de la musique ou occupez le domaine public, des autorisations spécifiques seront nécessaires. Pour avoir le droit de diffuser de la musique dans votre café, vous devez obligatoirement réaliser une déclaration préalable de diffusion publique auprès de la SACEM.
- Formation à l'hygiène alimentaire (HACCP) : obligatoire si vous préparez ou servez des denrées alimentaires (sandwichs, pâtisseries, brunchs…). Cette formation peut être suivie en ligne ou en présentiel, et doit être réalisée par au moins un membre du personnel.
- Licence pour la vente de boissons : si vous servez des boissons alcoolisées (même un simple verre de vin ou une bière artisanale), vous devez suivre une formation pour obtenir un permis d’exploitation (valable pendant 10 ans), puis demander la licence de débit de boissons correspondante (licence dans les HCR) :
- licence III : pour les boissons avec un taux d'alcool inférieur ou égal à 18° ;
- licence IV : pour les boissons avec un taux d'alcool supérieur à 18° ;
- Licence de restaurant : si vous servez de l’alcool uniquement à table, lors des repas, il faut être titulaire d'une licence de restaurant (pour tous les alcools) ou d'une petite licence restaurant (pour les vins, cidres et bières).
Souscrire aux assurances obligatoires
Ouvrir un café, c’est aussi anticiper les risques : dégâts matériels, litiges, sinistres, interruption d’activité… Certaines assurances sont obligatoires, d’autres sont fortement conseillées pour protéger durablement votre activité.
Assurances obligatoires pour ouvrir un café
| Assurance | Pourquoi c’est obligatoire | Ce qu’elle couvre |
|---|---|---|
| Responsabilité civile professionnelle (RC Pro) | Indispensable pour couvrir les dommages causés à des tiers (clients, fournisseurs, etc.) | Intoxication alimentaire, accident d’un client dans votre établissement, erreur de service… |
| Assurance multirisque professionnelle | Obligatoire pour louer un local commercial | Incendie, dégât des eaux, vol, bris de matériel, dommages au local ou à votre équipement |
Assurances recommandées
| Assurance | Utilité | Ce qu’elle permet d’anticiper |
|---|---|---|
| Protection juridique | Accompagnement en cas de litige | Aide juridique, prise en charge des frais d’avocat, médiation, litiges avec un fournisseur, un salarié ou un client |
| Assurance perte d’exploitation | Maintien de vos revenus en cas d'interruption d'activité | Incendie, sinistre ou travaux bloquant l’activité = indemnisation pour éviter la faillite |
Conseil pratique : Prenez le temps de comparer plusieurs offres d’assureurs professionnels pour adapter vos garanties en fonction de la taille de votre local, de votre matériel, de votre chiffre d’affaires et de la nature de votre activité (café, coffee shop, bar à jus, etc.).
Trouver un local
Le choix du local est stratégique : il influence à la fois votre visibilité, votre fréquentation et votre chiffre d’affaires. Pour maximiser vos chances de réussite, privilégiez un emplacement à fort passage piéton, bien visible depuis la rue, et proche de votre clientèle cible : zones de bureaux, centres-villes, universités, quartiers commerçants ou touristiques.
Voici les principales options possibles :
| Type d’emplacement | Description | Avantages | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Local commercial classique | Boutique en rez-de-chaussée avec vitrine | Indépendance totale, excellente visibilité, possibilité d’aménager à votre goût | Loyer souvent élevé, travaux d’aménagement à prévoir, bail commercial à négocier |
| Galerie marchande / gare / centre commercial | Intégré dans un lieu à fort flux quotidien | Flux constant, public varié, idéal pour les cafés à emporter | Loyer élevé, horaires imposés, moins de liberté sur la décoration et l’ambiance |
| Café itinérant (food truck, triporteur, stand mobile) | Café mobile stationné dans des zones ciblées (marchés, événements, bureaux) | Investissement réduit, grande flexibilité, accès à plusieurs zones | Besoin d'une licence ambulante, dépendance à la météo, capacité de stockage limitée |
Choisir l’emplacement et négocier son bail commercial
Étudier le flux et la clientèle locale
Avant de signer un bail commercial, prenez le temps d’observer la vie du quartier et de mesurer le passage des piétons à différents moments de la journée. Cette analyse vous permettra de vérifier si la fréquentation correspond bien à votre clientèle cible, qu’il s’agisse de travailleurs, d’étudiants, de touristes ou encore d’habitants du quartier.
L’enjeu est d’évaluer à la fois la régularité du passage, mais aussi la visibilité du local : sa position dans la rue, la largeur de la vitrine ou encore la facilité d’accès du local...
Observez également le comportement des passants. Un café situé près d’un axe de passage rapide, proche des bureaux ou des transports, conviendra plutôt à un concept de type "grab & go”, tandis qu’un lieu plus calme et résidentiel se prêtera mieux à la consommation sur place.
Négocier le bail commercial
La majorité des cafés fonctionnent avec un bail commercial “3-6-9”, qui engage l'exploitant pour une durée de 9 ans, avec la possibilité de le résilier tous les 3 ans.
Avant de signer un bail, vous devez vérifier les éléments suivants : la destination du bail, qui doit mentionner explicitement la restauration et la vente de boissons, le montant du loyer, ainsi que la répartition des charges. Il est également recommandé de vérifier les modalités d’indexation du loyer, souvent calculées sur la base de l’indice des loyers commerciaux (ILC), car une hausse trop rapide pourrait fragiliser la rentabilité de votre activité.
D’autres points méritent une attention particulière : les travaux à réaliser, qui doivent être autorisés par le bailleur avant toute transformation du local, le dépôt de garantie, souvent équivalent à plusieurs mois de loyer, ainsi que les conditions de cession du bail, qui encadrent la possibilité de revendre votre fonds de commerce. Enfin, la présence d’une clause résolutoire, qui permet au propriétaire de mettre fin au bail en cas de manquement, doit être examinée attentivement.
En cas de reprise d'un local déjà exploité, distinguez bien le droit au bail, qui ne concerne que l’occupation des lieux, du fonds de commerce, qui comprend la clientèle, le matériel et parfois la notoriété du lieu. En cas de création, il est préférable de prévoir des conditions suspensives avant de signer définitivement le bail, comme l’obtention du permis d’exploitation, la licence de débit de boissons ou encore l’autorisation d'une terrasse...
Aménagement du bar et flux
L’aménagement du bar doit concilier esthétique, efficacité et confort. La conception du bar et l'organisation des équipements (machine à café, frigos, points d’eau ou éviers, etc.) doivent être pensés pour limiter les croisements et les déplacements inutiles. Les zones chaudes et froides doivent rester bien séparées pour garantir à la fois la sécurité et la rapidité de service.
Le choix des matériaux est tout aussi important dans l'aménagement d'un café : privilégiez des surfaces résistantes comme le quartz ou l’inox, faciles à entretenir, ainsi que des sols antidérapants pour garantir la sécurité du personnel. Une bonne isolation acoustique contribue également au confort général, particulièrement dans les petits espaces.
Enfin, l’agencement de votre café doit améliorer l’expérience client : varier les types d’assises, organiser clairement les zones de commande ou de retrait et veiller à l’accessibilité PMR.
Système de caisse, paiements et technologie
Pour ouvrir votre café, vous devez être équipé d’un système de caisse moderne certifié NF525, garantissant la traçabilité des opérations. En plus de disposer d'un point de vente pour faciliter le service au comptoir, vous pourrez mettre en place des terminaux de paiement sans contact pour offrir une expérience plus fluide aux clients.
La plupart des caisses actuelles intègrent des outils pratiques comme la commande en ligne, le click & collect, ainsi que la gestion des stocks et la synchronisation comptable.
Vous pourrez également mettre en place un programme de fidélité, ainsi que des cartes cadeaux, pour renforcer la relation avec vos clients.
Enfin, un tableau de bord complet vous permettra de suivre vos indicateurs clés (ticket moyen, fréquentation, taux de retour, ventes par produit…), indispensable pour piloter votre activité et ajuster votre offre en temps réel.
S’approvisionner en café et matériel
Un bon café commence… par un bon café ! Le choix de vos fournisseurs, notamment de votre torréfacteur, est un élément clé pour assurer la qualité et la régularité de vos boissons. Opter pour un torréfacteur local, artisanal ou engagé (bio, commerce équitable) renforce aussi votre storytelling et séduit une clientèle de plus en plus attentive à l’origine des produits.
En parallèle, il est essentiel de vous équiper avec du matériel professionnel fiable pour garantir une extraction parfaite et un service fluide :
- Choisir un bon torréfacteur : privilégiez un torréfacteur local ou artisanal, avec une traçabilité claire, une qualité constante et un éventail de grains adaptés à votre carte (espresso, filtre, décaféiné…).
- Machine à espresso professionnelle : c’est le cœur de votre café. Optez pour une machine robuste, performante et adaptée à votre volume quotidien.
- Moulin à café : préférez un moulin avec réglage précis pour moudre à la demande, gage de fraîcheur et de qualité.
- Vaisselle et accessoires : tasses, verres, cuillères, carafes, pichets à lait, serviettes… autant d’éléments qui doivent être choisis en cohérence avec votre image de marque.
- Mobilier et décoration : tables, chaises, comptoir, éclairage, végétation… L’ambiance joue un rôle clé dans l’expérience client et dans la viralité sur les réseaux sociaux.
Construire une carte cohérente avec votre concept
Votre carte doit être simple, lisible et alignée avec votre positionnement. Inutile de tout proposer : quelques produits bien pensés valent mieux qu’un menu trop chargé.
Selon votre concept, vous pouvez proposer :
- des boissons classiques (espresso, latte, cappuccino)
- du slow coffee (V60, Chemex, Aeropress)
- des alternatives : lait végétal, matcha, chai, cold brew
- des gourmandises sucrées : cookies maison, banana bread, cakes
- des en-cas salés : toasts, sandwichs, quiches, brunchs
Pensez à l’inclusivité alimentaire : sans lactose, sans gluten, végétarien ou vegan, ces options deviennent aujourd’hui incontournables.
Recruter, payer et gérer l’équipe (HCR)
La gestion du personnel est bien plus qu’une obligation administrative : c’est l’un des véritables moteurs d’un café qui fonctionne bien.
Le secteur relève de la convention collective HCR (hôtels, cafés, restaurants), qui encadre notamment les différents types de contrats (extras, CDD, CDI, contrats saisonniers, etc.), les minimas salariaux, les majorations pour heures supplémentaires, ainsi que les règles relatives aux conditions de travail et aux pourboires.
Avant d’accueillir votre première recrue, vous devez effectuer une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l'URSSAF et respecter plusieurs obligations légales : mettre en place une mutuelle d’entreprise, inscrire le salarié à la médecine du travail, mettre à jour le registre du personnel, afficher les informations obligatoires (horaires, consignes de sécurité, inspection du travail…) et organiser la gestion du temps de travail (plannings, heures supplémentaires, repos compensateurs…).
La formation fait également toute la différence sur le terrain. Le personnel doit maîtriser les règles d'hygiène alimentaire ( HACCP), dès lors que vous préparez ou manipulez des denrées alimentaires. Et si vous souhaitez proposer un café de qualité, investir dans une formation barista, notamment les certifications SCA (Specialty Coffee Association), est un excellent moyen d’élever le niveau de votre offre.
Bon à savoir : Les certifications SCA sont reconnues mondialement et permettent d'évaluer les compétences des baristas à un niveau international.
Enfin, des fiches de poste claires et des rituels d’ouverture et de fermeture apportent une structure rassurante, pour vous comme pour vos salariés.
Ouvrir le café et attirer des clients
L’ouverture de votre café doit créer l’événement ! Une identité visuelle forte (nom, logo, déco) vous rendra immédiatement identifiable. Soignez aussi votre présence en ligne : Google Maps, Instagram, voire TikTok sont vos meilleurs alliés pour attirer les curieux.
Pensez à une offre de lancement avec un véritable impact : boissons à prix réduit, carte de fidélité, jeux-concours… Créez du trafic et de l’engagement dès le départ.
Et pour tisser des liens localement, misez sur des partenariats de proximité : artistes, producteurs, événements. Rien de tel pour faire parler de vous et fidéliser votre quartier.
Quel budget pour ouvrir un café ?
Ouvrir un café est un projet passionnant, mais il demande un investissement financier conséquent. En moyenne, il faut prévoir un budget compris entre 20 000 € et 100 000 €, selon la taille du projet, la localisation et le concept choisi (café indépendant, franchise ou version mobile comme un coffee truck).
Voici les principaux postes de dépense à anticiper :
| Poste de dépense | Budget estimatif | Détails |
|---|---|---|
| Travaux d’aménagement et décoration | 5 000 € à 30 000 € | Rafraîchissement des murs, sols, électricité, création d’un espace chaleureux et fonctionnel |
| Matériel professionnel | 8 000 € à 25 000 € | Machine à espresso, moulin, vitrines réfrigérées, lave-vaisselle, caisse enregistreuse, mobilier, etc. |
| Loyer et dépôt de garantie | 3 000 € à 15 000 € | Dépend fortement de la ville, de la surface et du quartier |
| Stock de départ | 1 000 € à 5 000 € | Café, lait, boissons, viennoiseries, vaisselle, emballages, etc. |
| Création de l’entreprise et démarches administratives | 500 € à 2 000 € | Rédaction des statuts, frais d'immatriculation, licences, formations obligatoires (hygiène, permis d’exploitation) |
| Communication et marketing | 1 000 € à 5 000 € | Création de logo, site web, réseaux sociaux, signalétique, flyers, campagne de lancement |
| Fonds de roulement | 2 000 € à 10 000 € | Trésorerie pour couvrir les premiers mois (charges fixes, salaires éventuels, imprévus) |
Il est possible de réduire certaines dépenses en achetant du matériel d’occasion ou en développant un concept plus léger (café à emporter, corner dans un lieu partagé, coffee truck…).
Combien de temps pour ouvrir son café ?
En moyenne, comptez entre 4 et 9 mois pour passer de l’idée à l’ouverture effective de votre café. Cela dépend de votre niveau de préparation, de la rapidité à trouver un local et de la complexité de votre concept.
Voici un aperçu des grandes étapes et des délais moyens associés :
| Étape | Durée estimée | Détails |
|---|---|---|
| Étude de marché et recherche de financement | 2 à 3 mois | Analyse du marché local, élaboration du business plan, démarches bancaires ou aides financières |
| Recherche du local et travaux d’aménagement | 2 à 4 mois | Signature du bail, devis, travaux, décoration et installation du matériel |
| Démarches administratives et création d’entreprise | 1 à 2 mois | Choix du statut, immatriculation, permis d’exploitation, licences, assurances |
Quelles sont les aides pour ouvrir son café ?
Les organismes d'accompagnement
Ces structures vous offrent un suivi personnalisé, des ateliers pratiques et parfois même du mentorat :
- BGE : accompagnement à la création, coaching, ateliers business plan, aide au financement.
- CCI (Chambres de Commerce et d’Industrie) : conseils juridiques et fiscaux, formations, accès à des réseaux d’entrepreneurs locaux.
- Réseau Entreprendre : mentorat par des chefs d’entreprise, et possibilité de prêt d’honneur à taux 0.
- France Active : soutien aux entrepreneurs engagés, accompagnement financier et social, garanties pour faciliter l’accès aux prêts bancaires.
- L-expert-comptable.com : accompagnement dans la création de votre société, du choix du statut juridique à la réception de votre Kbis. Nous vous guidons dans toutes les démarches administratives pour garantir la bonne mise en place de votre projet.
Les aides financières
Voici les principales aides à envisager lors du lancement de votre café :
- ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) : permet une exonération partielle de charges sociales pendant la première année d’activité.
- ARCE (Aide à la Reprise et à la Création d’Entreprise) : vous percevez 60 % de vos droits restants aux allocations chômage, versés sous forme de capital, en deux fois.
- ARE (Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi) : vous pouvez continuer à toucher l'intégralité de vos allocations chômage tout en lançant votre café, tant que vous ne vous rémunérez pas. Si vous percevez des revenus, l’ARE sera maintenue partiellement, en fonction des revenus déclarés auprès de France Travail.
- Prêt d’honneur : prêt à taux 0 souvent proposé par des structures comme Réseau Entreprendre ou Initiative France, accordé sur la base du projet et de la motivation.
- Prêt bancaire : en complément, vous pouvez solliciter un prêt classique, notamment si vous disposez d’un apport et d’un business plan solide.
Quelles autorisations et réglementations pour ouvrir un café ?
Si vous souhaitez vendre des boissons alcoolisées (même une simple bière ou un verre de vin), il vous faudra obtenir une licence de débit de boissons .
La licence III permet de vendre des alcools "légers" (bière, vin, apéritifs), tandis que la licence IV est nécessaire pour les alcools forts (rhums, spiritueux…). Pour obtenir cette licence, vous devez suivre une formation au permis d’exploitation auprès d’un organisme agréé.
Votre établissement doit également respecter les normes d’hygiène et de sécurité. Cela inclut des règles strictes concernant la conservation des aliments, la propreté des équipements, l’aération des locaux, ainsi que la sécurité incendie (extincteurs, issues de secours, signalétique, etc.).
De plus, si vous installez une terrasse extérieure ou si vous diffusez de la musique (même en fond sonore), vous devrez faire une déclaration préalable en mairie. En cas de musique, une redevance auprès de la SACEM est aussi à prévoir.
Créer ou reprendre un fonds de commerce de café ?
Si vous hésitez encore entre créer votre propre café ou reprendre un fonds de commerce existant, voici un comparatif pour vous aider à faire votre choix :
| Critères | Créer un café | Reprendre un café |
| Budget initial | Budget modulable (travaux, matériel et trésorerie à prévoir) ; coût total compris entre 20 000 € et 100 000 €, selon l’ambition du projet et le niveau d'aménagement | Budget plus élevé : achat du fonds de commerce (entre 50 000 € et 300 000 € selon l'emplacement), mais activité déjà en place (matériel, clientèle, etc.) |
| Délais d’ouverture | Délais plus longs : travaux, démarches administratives, obtention des licences de débit de boissons, constitution de la clientèle | Délais plus courts : l’activité peut se poursuivre presque immédiatement après la cession |
| Risques | Incertitude sur la fréquentation, risque de dépassement de budget, imprévus techniques ou administratifs | Risque de passif caché (social ou fiscal), matériel à changer ou travaux à prévoir, baisse de clientèle non communiquée |
| Avantages | Liberté totale dans le concept, le design, l’offre et le positionnement ; maîtrise complète du projet | Clientèle existante, matériel et agencement déjà en place, historique du chiffre d’affaires, parfois une équipe déjà formée |
| Points de vigilance | Obtenir les autorisations (permis d’exploitation, licence de débit de boissons, terrasse ou autorisation pour diffuser la musique), bien négocier le bail, anticiper un fonds de roulement suffisant | Faire un audit complet : bail, conformité ERP/PMR, contrôles sanitaires, contrats fournisseurs, licences (dont transférabilité de la licence IV), analyse du chiffre d'affaires |
Comment réussir l’ouverture de son café ? Nos conseils
Réussir l’ouverture de votre café ne repose pas uniquement sur le bon emplacement ou une belle décoration. C’est un ensemble de détails bien pensés, qui créent une vraie expérience client… et donnent envie de revenir.
- Soigner votre branding visuel : le nom, le logo, la typographie, les couleurs, la musique, la lumière… Tout doit raconter une histoire cohérente. C'est ce qui permet à votre café de marquer les esprits et d'être instagrammable sans forcer.
- Ne pas transiger sur la qualité du café : proposez des grains sélectionnés avec soin, idéalement issus de torréfacteurs locaux, bio ou équitables. Une bonne extraction, un service soigné, et un vrai engagement dans la qualité feront toute la différence… même pour un espresso à 2 €.
- Penser marketing digital : créez un compte Instagram actif, alimentez votre fiche Google Maps avec des photos engageantes, et si possible, développez un petit site vitrine. Votre présence en ligne est souvent le premier contact avec vos futurs clients.
- Animer votre lieu : organisez des événements, collaborez avec des artistes ou producteurs locaux, proposez un brunch spécial le week-end… Ces initiatives créent du lien et favorisent la naissance d'une communauté fidèle, bien au-delà du simple passage en caisse.
Les questions courantes sur l’ouverture d’un café
Quel diplôme pour ouvrir un café ?
Aucun diplôme n’est requis, mais une formation en gestion, hôtellerie ou restauration (CAP, BTS, etc.) est un vrai plus pour démarrer sereinement.
Est-ce rentable d’ouvrir un café ?
Oui, si le concept est bien ciblé et la gestion rigoureuse. Les marges sur les boissons peuvent atteindre 60 à 80 %.
Où se fournir pour son café ?
Privilégiez les torréfacteurs locaux pour le café, les grossistes CHR pour le matériel, et les circuits courts ou bio pour les produits alimentaires.
Faut-il une licence pour vendre du café ?
Non pour le café et les boissons non alcoolisées. Mais une licence III ou IV est obligatoire si vous servez de l’alcool.
Quelles sont les erreurs courantes à éviter lors de l'ouverture d'un café ?
Sous-estimer les charges, mal choisir l’emplacement ou négliger le marketing digital sont des erreurs fréquentes à éviter dès le départ.
Comment choisir le concept qui attirera une clientèle fidèle dans mon café ?
Observez les habitudes locales, inspirez-vous des tendances, et proposez une expérience cohérente avec votre identité et votre public cible.
Quels financements sont les plus adaptés pour lancer un café en 2026 ?
ACRE, ARCE, ARE, prêt d’honneur, crowdfunding ou prêt bancaire : combinez plusieurs solutions pour démarrer avec un budget solide.
Quelles réglementations spécifiques dois-je respecter pour ouvrir un café en France ?
Licence de débit de boissons (si vente d'alcool), normes d’hygiène, sécurité incendie, accessibilité, déclaration de terrasse ou autorisation pour diffuser de la musique : tout doit être en règle.
En quoi un business plan solide peut-il garantir la réussite de mon projet de café ?
Il structure votre projet, valide sa viabilité financière, et renforce votre crédibilité auprès des banques et partenaires.
Quel est le budget moyen pour ouvrir un café (indépendant vs coffee truck vs reprise) ?
Comptez généralement entre 80 000 à 250 000 € pour un café indépendant, entre 30 000 à 80 000 € pour un coffee truck, et de 50 000 à plus de 300 000 € pour une reprise, selon l’emplacement et l’état du fonds de commerce. Des travaux et du matériel supplémentaire sont souvent à prévoir.
Quels sont les affichages obligatoires dans un café ?
Les cafés doivent obligatoirement afficher les prix des boissons et denrées, aussi bien à l’intérieur qu'à l’extérieur de l'établissement, les horaires d'ouverture et de fermeture, ainsi que les informations relatives aux allergènes. Si le café sert de l’alcool, la licence de débit de boissons doit être visible par la clientèle.
Sources et références
- Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique : Cafés et bars : quelles obligations pour les professionnels ?
- Service public Entreprendre : Licences de débits de boissons
- France Travail : Aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE)
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