Aides à l'apprentissage : ce qui change le 8 mars 2026

Temps de lecture : 4 min
L'article en bref
  • Deux aides coexistent pour l'embauche d'un apprenti : l'aide unique et l'aide exceptionnelle, qui ne sont pas cumulables entre elles.
  • L'aide exceptionnelle atteint jusqu'à 5 000 € : son montant varie selon la taille de l'entreprise et le niveau de diplôme préparé.
  • Les nouveaux montants s'appliquent dès le 8 mars 2026 : les contrats signés avant cette date restent soumis aux anciennes règles.
  • Les entreprises de 250 salariés et plus ont des conditions spécifiques : elles doivent justifier d'un quota d'alternance sous peine de remboursement.
  • Aucune démarche spécifique n'est requise pour percevoir l'aide : la déclaration en DSN et la transmission du contrat à l'OPCO suffisent.
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Déborha VINDIOLET
Leader comptable chez L'Expert-Comptable.com avec plus de 6 ans d'expérience dans le domaine. Diplômée en DCG et BTS Comptabilité.
Article mis à jour
Sommaire

Les aides à l’embauche d’apprentis sont maintenues en 2026 afin de continuer à soutenir l’insertion professionnelle des jeunes. Néanmoins, leurs modalités évoluent dans un contexte de rationalisation des dépenses publiques. Un décret du 6 mars 2026 vient ainsi préciser les nouvelles conditions d’attribution de cette aide exceptionnelle, notamment les montants applicables aux contrats d’apprentissage conclus à partir du 8 mars 2026 et débutant avant le 1er janvier 2027.

Quelles sont les aides disponibles pour les employeurs ?

Lorsqu’une entreprise recrute un apprenti, elle peut bénéficier de deux types d’aides publiques selon son profil et le niveau de formation préparé : l’aide unique ou l’aide exceptionnelle. Ces deux aides ne peuvent pas être cumulées, car elles répondent au même objectif : soutenir financièrement l’embauche d’un apprenti lors de la première année du contrat. 

  • L’aide unique à l’apprentissage : elle correspond au dispositif de droit commun prévu par le Code du travail. Elle s’adresse principalement aux entreprises de moins de 250 salariés recrutant un apprenti préparant un diplôme ou un titre professionnel jusqu’au niveau bac (niveau 4). Cette aide est versée au titre de la première année du contrat d’apprentissage. Son montant peut atteindre 5 000 €, ou 6 000 € lorsque l’apprenti est reconnu en situation de handicap.
  • L’aide exceptionnelle : en parallèle de l’aide unique, les pouvoirs publics ont mis en place une aide exceptionnelle à l’embauche d’apprentis, destinée à renforcer l’attractivité de l’apprentissage et à encourager davantage les entreprises à recruter. C’est ce dispositif qui a récemment évolué à la suite de la publication d’un décret le 6 mars 2026, lequel précise les nouveaux montants ainsi que les conditions d’accès pour les contrats conclus à partir du 8 mars 2026.

Une aide exceptionnelle reconduite, avec des conditions plus strictes

Afin de continuer à soutenir le recours à l’apprentissage, le gouvernement a décidé de prolonger l’aide exceptionnelle à l’embauche d’apprentis. Toutefois, dans un contexte de maîtrise des finances publiques, ses modalités ont été revues.

Désormais, le montant de cette aide varie entre 750 € et 5 000 €, selon la taille de l’entreprise et le niveau de formation préparé par l’apprenti. Les formations de l’enseignement supérieur sont notamment celles pour lesquelles le montant de l’aide a été le plus réduit.

Ce dispositif concerne les contrats d’apprentissage conclus entre le 8 mars 2026 et le 31 décembre 2026. Aucune application rétroactive n’est prévue : les employeurs ayant signé un contrat entre le 1er janvier et le 7 mars 2026 ne peuvent donc pas prétendre à cette nouvelle aide exceptionnelle. Durant cette période, seule l’aide unique à l’apprentissage pouvait être mobilisée, sous réserve de remplir les conditions prévues par la réglementation.

Montant de l’aide selon la taille de l’entreprise et le niveau de formation

Montant des aides à l'apprentissage en 2026

Les montants de l’aide varient à la fois selon la taille de l’entreprise et le niveau du diplôme ou du titre préparé par l’apprenti. Pour les contrats conclus à partir du 8 mars 2026, ils sont les suivants :

Taille de l’entrepriseNiveau du diplôme préparéMontant de l’aide
Moins de 250 salariésBac et infra-bac (niveaux 3 et 4)5 000 € (aide unique)
 Bac +2 (niveau 5)4 500 € en Hexagone (aide exceptionnelle) / 5 000 € en Outre-mer (aide unique)
 Licence et Master (niveaux 6 et 7)2 000 € (aide exceptionnelle)
 Apprenti en situation de handicap (tous niveaux)6 000 €
250 salariés et plusBac et infra-bac (niveaux 3 et 4)2 000 € (aide exceptionnelle)
 Bac +2 (niveau 5)1 500 € (aide exceptionnelle)
 Licence et Master (niveaux 6 et 7)750 € (aide exceptionnelle)
 Apprenti en situation de handicap (tous niveaux)6 000 €

Des conditions particulières pour les entreprises de 250 salariés et plus

Les entreprises comptant au moins 250 salariés doivent remplir certaines conditions pour pouvoir bénéficier de l’aide exceptionnelle à l’apprentissage en 2026. Elles doivent notamment s’engager à atteindre un objectif en matière de recours à l’alternance en respectant l’un des deux critères suivants :

  • atteindre au moins 5 % de contrats favorisant l’insertion professionnelle dans leurs effectifs (contrats d’apprentissage, contrats de professionnalisation, embauches à l’issue de ces contrats, volontariats internationaux en entreprise – VIE – ou conventions Cifre) ;
  • ou compter au minimum 3 % d’alternants dans leurs effectifs, tout en justifiant d’une progression d’au moins 10 % du nombre d’alternants.

Les entreprises concernées devront être en mesure de justifier le respect de ces engagements. Dans le cas contraire, elles pourront être tenues de rembourser l’aide perçue.

Comment bénéficier de l’aide ?

Aucune formalité particulière n’est requise pour obtenir l’aide à l’apprentissage. L’employeur doit simplement déclarer l’embauche de l’apprenti via la déclaration sociale nominative (DSN).

Le contrat d’apprentissage doit également être transmis à l’opérateur de compétences (OPCO) dont relève l’entreprise, au plus tard dans les six mois suivant sa signature. Selon l’organisme, cette démarche peut être réalisée en ligne via son site internet ou par courrier.

Une fois le contrat enregistré, l’OPCO le transmet aux services du ministère chargé de la formation professionnelle, qui le relaient ensuite à l’Agence de services et de paiement (ASP). L’employeur est alors informé de cette transmission, laquelle vaut acceptation et déclenche le versement de l’aide.

FAQ - Questions fréquentes sur les aides disponibles

À quelle fréquence l'aide est-elle versée à l'entreprise ?

L’aide (qu'elle soit unique ou exceptionnelle) est versée mensuellement tout au long de la première année du contrat. Une fois le contrat validé par l'OPCO, c'est l'Agence de services et de paiement (ASP) qui déclenche les virements automatiquement chaque mois, à condition que vous ayez bien transmis votre Déclaration Sociale Nominative (DSN) mensuelle prouvant que l'apprenti est toujours dans vos effectifs.

Que se passe-t-il si l'apprenti quitte l'entreprise avant la fin de sa première année ?

Si le contrat d'apprentissage est rompu de manière anticipée, le versement de l'aide est immédiatement interrompu à compter du mois suivant la date de fin du contrat. Vous ne percevez l'aide que pour les mois effectivement travaillés par l'apprenti. Vous n'avez aucune démarche de remboursement à effectuer pour les mois précédents, sauf en cas de fraude constatée.

L'aide exceptionnelle s'applique-t-elle aussi aux contrats de professionnalisation ?

Non. Le décret du 6 mars 2026 cible exclusivement les contrats d'apprentissage. Si vous recrutez un alternant en contrat de professionnalisation, vous ne pourrez pas prétendre à cette aide spécifique de l'État (bien que ce recrutement compte pour atteindre vos quotas d'alternants si vous êtes une entreprise de plus de 250 salariés).

Y a-t-il une limite d'âge pour l'apprenti afin de percevoir cette aide ?

Le versement de l'aide exceptionnelle ou de l'aide unique n'est pas conditionné par un âge précis, mais par le cadre légal du contrat d'apprentissage lui-même. En règle générale, l'apprenti doit avoir entre 16 et 29 ans révolus. Toutefois, il n'y a aucune limite d'âge maximum si l'apprenti est reconnu travailleur handicapé (RQTH) ou s'il est sportif de haut niveau.

L'aide à l'embauche est-elle cumulable avec d'autres dispositifs de l'État ?

Comme précisé, l'aide unique et l'aide exceptionnelle ne sont pas cumulables entre elles. En revanche, elles peuvent tout à fait se cumuler avec les aides spécifiques liées à l'embauche d'un travailleur en situation de handicap (comme les aides de l'Agefiph) ou avec certaines aides spécifiques versées par votre région, si celles-ci existent.

Sources et références

Economie Gouv - https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-ses-ressources-humaines-et-ses-salaries/embauche-dun-apprenti-vous-avez-droit-des-aides

Legifrance - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053634597

Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23556

Entreprendre Service Public - https://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18837

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