Qu’est-ce qu’un travailleur indépendant ?

Mis à jour le 28/06/2018

Un travailleur indépendant n'a pas de pas de chef, travaille librement, en toute autonomie et est polyvalent. L'entrepreneur est chef de sa propre entreprise, commercial, gestionnaire de clientèle et parfois comptable, juriste, développeur, graphiste... dans les limites de ses compétences. Ce qu'il ne peut faire, il le délègue à d'autres, ce qui constitue un coût. Pour exercer comme freelance, il peut être auto-entrepreneur, entrepreneur individuel ou créer une société dont il est associé unique (EURL ou SASU). Si son activité est commerciale, il doit être enregistré au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Si son activité est artisanale, il doit être inscrit au au répertoire des métiers. Il peut devenir indépendant en se lançant à son compte, en cumulant un métier salarié avec une activité d'auto-entrepreneur ou devenir salarié porté : indépendant avec ses propres clients et rémunéré par une entreprise de portage qui lui paie un minimum légal quand les clients font défaut.


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Que veut dire être indépendant ?

Un travailleur indépendant n'a pas de lien de subordination (sans quoi il est considéré comme salarié), gère ses propres clients aux horaires et au rythme qu'il souhaite. Cette indépendance permet d'être libre dans ses choix et dans son travail mais nécessite auto-discipline et polyvalence pour réussir. Il faut démarcher des clients, les satisfaire, en trouver de nouveaux quand les missions se terminent, gérer ses factures, sa comptabilité, ses contrats, assurer un contact avec sa clientèle. 

Les travailleurs freelance se retrouvent dans métiers variés dont beaucoup sont nés de l'essor récent du secteur des technologies. En activité commerciale, l'indépendant doit être enregistré au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). En activité artisanale, il doit être inscrit au au répertoire des métiers. On dénombrait 1,1 million de travailleurs indépendants en France en 2016 et d'après de récents sondages, 50% des salariés souhaitent devenir indépendants. 

Statuts pour devenir travailleur indépendant

Auto-entrepreneur (micro-entrepreneur)

Les travailleurs en freelance exercent le plus souvent en tant qu'auto-entrepreneur. Une déclaration au Centre de Formalité des Entreprises (CFE) avec un formulaire P0 suffit pour devenir auto-entrepreneur. Ce régime ne facture pas la TVA en dessous des seuils de chiffre d'affaires et simplifie la gestion administrative en fusionnant cotisations sociales, impôts et taxes en une cotisation unique proportionnelle au chiffre d’affaires dont le taux dépend de l'activité :

  • Achat/revente : 14,4% du CA
  • Services commerciales et artisanales : 23,3% du CA
  • Activités libérales : 25,1% du CA

L'auto-entrepreneur est soumis à des seuils de chiffre d'affaires. Au-delà d'un chiffre d'affaires de 82.800 € pour de la vente de marchandise et 33.200 € pour de la prestation de services, l'auto-entrepreneur doit facturer la TVA et la reverser à l'état. Passé le seuil du chiffre d'affaires : 170.000€ pour la vente de marchandises et 70.000 € pour la prestation de service, l'indépendant doit quitter le régime de l'auto-entrepreneur pour un statut d'entrepreneur.

Attention à l'endettement : l'auto-entrepreneur est responsable de ses dettes sur son patrimoine personnel. Un créancier professionnel (ex : fournisseur, banque) peut se faire rembourser sur tous ses biens hormis sa résidence principale.

Entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL)

Le freelance peut créer une structure d'EIRL pour protéger son patrimoine personnel en cas de faillite. Comme pour l'auto-entreprise, l'EIRL se déclare avec un formulaire P0 au Centre de Formalité des Entreprises (CFE). L'indépendant choisit son régime de fiscalité : impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés et est redevable de la TVA. Contrairement à l'auto-entrepreneur, l'EIRL doit publier ses comptes chaque année au tribunal de commerce. 

Créer une société

Le travailleur en freelance peut se constituer sous forme de société. Dans ce cas, il est responsable dans la stricte limite du montant de ses capitaux. Plusieurs types de sociétés s’offrent à lui :

  • EURL : Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée : conseillé si le freelance ne prévoit pas de faire entrer d'autres associés ou de développer d'autres structures : le régime fiscal du gérant travailleur non salarié est avantageux mais les statuts de la SARL (EURL à plusieurs associés) offrent moins de marge de manoeuvre pour définir les rôles, droits et devoirs des associés envers la société et entre eux.
  • SASU : société par actions simplifiée unipersonnelle : conseillé s'il est prévu de faire entrer des associés ou créer d'autres structures car il sera possible de rédiger des statuts de société fixant les rôles de chacun dans l'entreprise et un pacte d'actionnaires pour les droits et devoirs des actionnaires entre eux. 
  • SELARL : société d'exercice libéral de type EURL/SARL, pour les professions réglementées
  • SELAS : société d'exercice libéral de type SASU/SAS, pour les professions réglementées

Métiers dans lesquels l’on retrouve les travailleurs indépendants

Les travailleurs freelance se retrouvent dans plusieurs corps de métiers : formation,conseil, journalisme, (pigistes), informatique (développeurs, web designers…). Depuis l’avènement du web 2.0 et l’essor qu’a connu le secteur des technologies, de nouveaux métiers sont apparus qui s’exercent en freelance : community manager, web marketing, ou référenceur. 

Avantages du freelance

Le travailleur indépendant n’est soumis à aucun lien de subordination, il choisit ses horaires, s'organise à sa convenance et est autonome. Il peut travailler de longues périodes à un rythme intense puis calmer le jeu et prendre du temps pour lui sans que personne ne le lui reproche. 

Le travailleur freelance est polyvalent. Il joue les rôles de chef d'entreprise, commercial, gestionnaire de clientèle, parfois même juriste, comptable, designer, webmarketer. Il peut faire appel à des prestataires extérieurs : un avocat pour rédiger les contrats, un comptable pour établir ses états financiers, un développeur et un graphiste pour son site. Le freelance assure un maximum de tâches connexes afin de réduire ses coûts et délègue ce qu'il ne maîtrise pas à d'autres. Exit la routine, les procédures, le décompte des horaires de travail : le freelance est maître de ses décisions. 

Inconvénients du freelance

L'entrepreneur subit une forte variabilité des revenus. Entre deux missions, le travailleur en freelance peut manquer de nouvelles commandes et de rentrées financières. Il doit trouver de nouveaux clients et ces dernier peuvent exercer sur lui une pression importante quant à la qualité du travail demandé. 

La polyvalence et la pression des clients constitue un frein pour certains. Le freelance perd du temps à effectuer des tâches pour lesquelles il n'est pas expert : tenir sa comptabilité, monter un site internet, démarcher des clients, rédiger des contrats, gérer les réclamations. En début d'activité, les freelances économisent un maximum et gèrent une multitude de tâches qui seraient traitées par d'autres s'ils étaient salariés. 

Comment devenir freelance quand on est salarié

Un salarié qui souhaite devenir freelance peut préparer sa transition pour devenir indépendant. Il peut notamment bénéficier du portage salarial ou devenir auto-entrepreneur en restant salarié.

Salarié et auto-entrepreneur 

Les salariés d'activités non réglementées (commissaire aux comptes, corps médical, avocat, architecte) peuvent cumuler leur emploi avec un statut d'auto-entrepreneur. Les fonctionnaires peuvent aussi devenir auto-entrepreneur avec l'aval de leur hiérarchie et s'il leur fonction occupe moins de 70% de la durée légale du travail. Le salarié/fonctionnaire auto-entrepreneur est soumis à des obligations : informer son employeur de son activité d'auto-entrepreneur, ne pas travailler sur ses heures d'employé, ne pas utiliser le matériel de son employeur et ne pas médire sur son entreprise, sans quoi il peut être licencié, interdit d'activité et puni de dommages et intérêts.

Portage salarial

Le freelance signe un contrat avec une entreprise de portage salarial. Il devient salarié porté : il démarche ses clients, négocie les prix, les prestations, il gère son travail et ses horaires de manière indépendante et est rémunéré à la mission. L'entreprise perçoit la rémunération de la mission et en reverse une partie au salarié porté. Si le salarié porté n'a pas de client, l'entreprise de portage le rémunère au minimum légal (75% du plafond de la sécurité sociale ou minimum de l'accord de branche).