Entrepreneuriat : 15 millions de Français prêts à se lancer en 2026

Temps de lecture : 4 min
L'article en bref
  • Un désir d'entreprendre record : près de 15,7 millions de Français se disent prêts à créer ou reprendre une entreprise, un niveau inédit depuis la pandémie.
  • Une nouvelle définition du succès : pour les Français, réussir en tant qu'entrepreneur passe d'abord par l'épanouissement et la créativité, pas par les chiffres.
  • L'instabilité financière, frein majeur : plus d'un Français sur deux craint de perdre sa stabilité en se lançant.
  • Pas besoin de tout quitter : la micro-entreprise en parallèle d'un emploi salarié reste la voie la plus douce pour tester son projet.
  • L-Expert-Comptable.com à vos côtés : de la rédaction des statuts à la réception du Kbis, nos experts vous accompagnent à chaque étape.
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Guillaume DELEMARLE

Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

À l'occasion du salon Go Entrepreneurs, la CCI France et le Medef ont publié les résultats d'une enquête menée avec OpinionWay intitulée "Les Français redéfinissent la performance entrepreneuriale". Le constat est clair : l'envie de créer son entreprise est plus forte que jamais, portée par des aspirations nouvelles (créativité, impact, sens), même au prix d'une rémunération revue à la baisse. Mais entre l'intention et le passage à l'acte, il y a un fossé : 74 % des Français avouent se heurter à au moins un obstacle.

15 millions de Français prêts à franchir le pas de l'entrepreneuriat : un record depuis le Covid

L'étude le confirme : 15,7 millions de Français envisagent sérieusement de créer ou reprendre une activité. Un chiffre qui n'avait pas été atteint depuis la période pré-pandémie, preuve que ni les turbulences économiques ni les défaillances record de 2025 n'ont entamé la motivation des porteurs de projets.

Parmi eux, 52 % souhaitent concrétiser leur projet d'ici deux ans, ce qui représente 8,1 millions de personnes. Les nouvelles générations sont en première ligne : 53 % des 18-24 ans et 48 % des 25-34 ans se disent prêts à sauter le pas, là où seuls 18 % des 50-64 ans partagent cette intention.

Vous avez un projet de création d'entreprise ? L-Expert-Comptable.com vous aide à identifier le statut juridique le plus adapté et gère vos formalités administratives à votre place.

Créativité, épanouissement, impact : ce que les Français considèrent vraiment comme une réussite entrepreneuriale

Pour les Français, un entrepreneur performant est avant tout quelqu'un qui s'épanouit et innove. Découvrez les critères plebiscités par

Critère de réussite% des Français
Créativité et capacité à innover49 %
Épanouissement personnel48 %
Préserver son équilibre de vie39 %
Rémunération4e position

Cette vision s'étend aussi à la façon d'évaluer la santé d'une entreprise :

Critère% des Français
Satisfaction client, innovation, résilience78 %
Critères financiers (rentabilité, croissance du CA)64 %
Impact positif43 %

Pour les Français, performance économique et utilité sociale ne s'opposent pas : ils forment les deux piliers d'une entreprise véritablement réussie.

Cette conviction se retrouve jusque dans les arbitrages personnels : plus d'un Français sur deux (52 %) serait prêt à gagner moins pour exercer une activité porteuse de sens, certains acceptant jusqu'à -10 % (24 %) voire -20 % de leurs revenus (18 %).

S'implanter en France et dans sa région : le choix de la proximité

L'étude révèle un attachement fort au territoire national. 83 % des Français qui souhaitent entreprendre choisiraient la France comme pays d'implantation, contre 16 % qui envisageraient l'étranger. Un ancrage patriotique qui se confirme à l'échelle locale : la majorité préfèrerait créer dans leur région de résidence, privilégiant un entrepreneuriat de proximité, loin des grandes métropoles et de l'international.

Quels sont les freins à la création d'entreprise et comment les surmonter ?

L'envie est là, mais le passage à l'acte reste difficile. 74 % des Français identifient au moins un frein qui les retient de se lancer.

Frein identifiéPart des Français concernés
Peur de l'instabilité financière53 %
Sentiment de ne pas "être fait pour ça"28 %
Idée qu'il faut "tout quitter"20 %
Attendre le projet parfait18 %
Syndrome de l'imposteur (18-24 ans)27 %

Peur de l'instabilité financière : le frein n°1 à la création d'entreprise

La crainte de perdre sa sécurité financière est l'obstacle le plus cité, et le plus compréhensible. Voici comment l'aborder sereinement :

  • Tester son concept en micro-entreprise sans quitter son emploi : une façon de valider son projet sans prendre de risque majeur. Quand vient le moment de choisir un statut définitif, L-Expert-Comptable.com peut vous accompagner dans cette décision.
  • Élaborer un prévisionnel financier solide pour avoir une vision claire de ses revenus et charges futurs. Les CCI et France Travail proposent un accompagnement gratuit à cet effet.
  • Se renseigner sur les dispositifs d'aide comme l'ACRE ou le maintien de l'ARE, qui permettent de sécuriser les premiers mois d'activité.
  • Constituer une épargne de précaution dès la phase de préparation, avant même de déposer les statuts.

"Je ne suis pas fait pour entreprendre" : un frein psychologique que l'on peut dépasser

Cette croyance est l'une des plus répandues, et l'une des plus injustes. Entreprendre, ça s'apprend — ce n'est pas une disposition innée réservée à quelques élus. Pour en sortir :

  • Se faire coacher ou mentorer par quelqu'un qui est passé par là avant vous.
  • Faire l'inventaire de ses compétences : un bilan de compétences ou une simple réflexion personnelle révèle souvent des atouts insoupçonnés, nés d'expériences professionnelles passées.
  • Intégrer un réseau d'entrepreneurs pour constater que le doute est universel et que la légitimité se construit en marchant.

Faut-il tout quitter pour créer son entreprise ? Non, et voici pourquoi.

Beaucoup imaginent que se lancer implique une rupture nette avec leur vie professionnelle actuelle. C'est faux. Il existe des voies plus douces :

  • Développer son activité en parallèle de son emploi salarié, grâce au statut de micro-entrepreneur.
  • Avancer par étapes, avec des objectifs intermédiaires et un calendrier structuré.
  • Et si finalement l'aventure entrepreneuriale ne vous convient pas, revenir au salariat reste toujours possible — rien n'est irréversible.

Attendre le projet parfait pour se lancer : un mythe qui freine trop d'entrepreneurs

La perfection est l'ennemie du lancement. Le projet idéal n'existera probablement jamais sous sa forme imaginée — et c'est tant mieux. Pour passer à l'action :

  • Commencer avec ce que vous avez : une offre simple, un premier client, un premier retour terrain.
  • Fixer une date butoir : sans échéance, un projet peut rester "en cours de finalisation" indéfiniment.
  • Embrasser l'imperfection : les entreprises les plus solides d'aujourd'hui ont toutes démarré avec une version imparfaite d'elles-mêmes.

Syndrome de l'imposteur : les jeunes entrepreneurs principalement concernés

Chez les moins de 25 ans, la peur de ne pas être à la hauteur est particulièrement présente. Se sentir illégitime ne signifie pas l'être. Quelques leviers pour y remédier :

  • Rejoindre des communautés de jeunes entrepreneurs : associations, incubateurs, réseaux étudiants… les espaces pour se retrouver entre pairs sont nombreux.
  • S'appuyer sur un accompagnateur professionnel pour objectiver ses forces réelles. Les écoles et universités proposent souvent des dispositifs de mentorat ; dans la vie active, des structures publiques et privées peuvent prendre le relais.
63 % des Français pensent que l'entrepreneuriat est réservé aux "très bons", et 57 % admettent que la peur de ne pas être à la hauteur les freine concrètement.

Entrepreneuriat en France : un manque de reconnaissance encore trop fort

Malgré cet élan entrepreneurial, 65 % des Français jugent que leur pays ne reconnaît pas suffisamment le rôle des entrepreneurs. Ce sentiment est partagé par toutes les tranches d'âge, et atteint son pic chez les plus de 65 ans (76 %).

Ce paradoxe se reflète aussi dans les formes d'entrepreneuriat envisagées. La micro-entreprise ou auto-entreprise domine (34 %), devant la TPE/PME classique (16 %) et le statut de freelance (15 %). Ces préférences traduisent une envie d'indépendance progressive, sans rupture brutale avec le monde salarié.

La micro-entreprise est souvent perçue comme le point d'entrée le plus simple... mais ce n'est pas toujours le statut le plus adapté à votre activité. Prenez rendez-vous avec un conseiller L-Expert-Comptable.com pour une analyse personnalisée de votre situation.

Sources & Références

OpinionWay : https://www.opinion-way.com/fr/publications/les-francais-redefinissent-la-performance-entrepreneuriale-2026-23089/

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A propos de l'auteur

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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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