SASU ou auto entrepreneur : Comment choisir ? Notre comparatif

Mis à jour le 15/11/22
Sommaire
    Pour une entreprise, bien choisir son statut à sa création est important. La plupart des entrepreneurs choisissent le statut de SASU (Société par actions simplifiées à associé unique) ou d’Auto-entrepreneur, pourtant ils se différencient sur plusieurs critères, que ce soit au niveau juridique, social, fiscal et comptable. Alors quel statut privilégier pour vous, entrepreneurs ? Et bien, c’est ce que nous allons chercher à savoir à travers cette comparaison montrant les avantages de ses deux statuts.

    Quelle différence entre SASU et auto-entrepreneur ?

    Les statuts de SASU et de Micro-entreprise sont parfaits pour les entrepreneurs qui souhaitent se lancer en solo dans la création d’une entreprise, mais les deux statuts se différencient sur plusieurs points que nous allons revoir les uns après les autres.

    Le statut juridique est différent

    La SASU qui correspond à une société par actions simplifiée à Associé unique, ce qui fait que celle-ci et l’associé unique constitue deux personnes juridiquement distinctes.

    Ce qui va engendrer beaucoup de frais de formalités et qui va donc poser des problèmes pour certains entrepreneurs à leur début et qui permettra aussi à l’associé d’avoir une responsabilité limité à son capital et ses apports.

    La SASU est unipersonnelle et est une société par actions. La rédaction des statuts est obligatoire. Cette société commerciale est dirigée par un président (et non par un gérant, comme c’est le cas dans une SARL), ce qui a des conséquences sur le régime social.

    Elle présente un fonctionnement très souple pour les candidats à l’entrepreneuriat. Bien que ses formalités de création soit plus compliqué qu’en Micro-entreprise, la SASU reste flexible et celui-ci n’a pas de plafond de chiffre d’affaires à respecter.

    L’Auto-entrepreneur pourra lui bénéficier de formalités de création beaucoup plus simples et rapides (en quelques clics).

    En tant qu’Auto-entrepreneur, l’entrepreneur ne fera qu’un avec l’entreprise ce qui constitue un risque, car il y aura une responsabilité moins limitée qu’en SASU. Étant donné que l’entreprise et l’entrepreneur ne forme qu’un, le patrimoine personnel de l’entrepreneur peut être mis en péril. Pour rester en Micro-entreprise, il faut respecter les plafonds de chiffre d’affaires : 

    • 176 200 € pour les activités commerciales
    • 72 600 € pour les prestations de services
    • 72 600 € pour les activités libérales

    Si vous voulez en savoir plus en détails sur le fonctionnement de ses deux statuts vous pouvez vous renseigner ici :

    La micro-entreprise n'est pas adaptée à toutes les activités

    La micro-entreprise est un bon statut pour débuter dans le monde de l'entreprise, mais elle n'est pas adapté à toutes les activités, il faut donc s'assurer d'être compatible avec ce type de statut avant de le choisir.

    Ce statut n'est pas compatible avec les activités de commerce en boutique, les activités qui nécessitent des investissements, celles qui nécessitent des salariés, les activités agricoles et les activités relevant de la TVA immobilière.

    Le régime micro-social dont bénéficie les Auto-entrepreneurs exclu aussi les activités artistiques rémunérées par des droits d'auteur, c'est-à-dire celle qui relève de la protection sociale des artistes-auteurs. Sans oublier les activités libérales mais seulement celle qui relève d'une caisse de retraite autre que la CIPAV.

    Au contraire, il existe trois natures d'activités dans le régime du micro-entrepreneur qui vont déterminer par la suite votre taux de cotisations sociales et votre taux d'imposition.

    Ce sont des activités commerciales, artisanales (prestations de services) ou encore de profession libérale, ce sont ces trois activités qui sont accessible aux entreprises avec le statut de micro-entreprise:

    • Activités commerciales: Peuvent devenir micro-entrepreneurs les personnes qui achètent pour les revendre des biens, marchandises... ou qui vendent certains services rattachés au domaine commercial (la restauration rapide par exemple).
    • Activités artisanales: On appelle activité artisanale toute activité consistant à fabriquer, transformer ou réparer (de façon unitaire et non "en série") des produits qui nécessitent une intervention manuelle justifiant une qualification professionnelle et une immatriculation au répertoire des métiers
    • Activités libérales: Les professionnels libéraux relevant de la Cipav ou du régime de retraite des travailleurs indépendants peuvent être micro-entrepreneurs.

    Une imposition différente entre les 2 statuts

    Les Auto-entrepreneurs sont soumis à l’IR (impôt sur le revenu). Le cheminement est plutôt facile, car ils pourront simplement joindre à leur déclaration habituelle un formulaire mentionnant les revenus issus de leur activité d’Auto-entrepreneur. 

    Ils doivent également choisir entre :

    • le prélèvement à la source, en fonction d’une estimation du chiffre d’affaires 
    • le versement libératoire, qui permet de payer son impôt en temps réel,

    Le versement libératoire à la base est l’impôt sur le revenu payé par l’entrepreneur immédiatement avec ses cotisations.

    Quand il relève du régime de la Micro-entreprise, l’entrepreneur peut opter pour ce versement si son dernier revenu fiscal de référence est inférieur pour une part de quotient familial ou égal à la deuxième tranche de l’impôt sur le revenu de l’année antérieure.

    La limite peut être majorée de 25 % ou 50 % par quart de part ou demi-part supplémentaire.

    Attention : Un Auto-entrepreneur ne peut pas déduire ses charges et frais professionnels lorsqu’il déclare son chiffre d’affaires aux impôts. 

    Pour la SASU, la procédure est différente, par défaut, celle-ci est soumise à l’IS (impôt sur les sociétés) mais il peut bénéficier aussi de l’IR (impôt sur le revenu).

    Ce n’est pas la rémunération du président de SASU ou le chiffre d’affaires qui seront pris en compte, mais les bénéfices qui seront réalisés par l’entreprise en question, autrement dit le chiffre d’affaires auquel on aura déduit toutes les dépenses engagées envers la société.

    C’est le résultat qui est imposé, déduction faite de la rémunération du dirigeant, à un taux fixe.

    Le taux d’imposition différencie en fonction du bénéfice déclaré, cela peut être 15% pour un bénéfice de 38 120 €, 28% pour un bénéfice entre 38 120 € et 500 000 € et 33.33% pour les bénéfices supérieurs à 500 000 €. 

    La fiscalité est plus facile pour les Micro-entreprises. Néanmoins, pour bien choisir, vous devrez déterminer si vous avez intérêt ou pas à déclarer vos frais professionnels.

    Des régimes sociaux différents

    En SASU, vous êtes affilié au régime général et  assimilé salarié à partir du moment que vous vous rémunérez en contrepartie.

    En clair, vous profitez d’une protection sociale identique à un salarié (en dehors de l’assurance chômage). Vous devez donc faire des bulletins de salaires en bonne et due forme et déclarer vos cotisations sociales aux différentes caisses via la DSN (Déclaration sociale nominative).

    Quant à lui, l’Auto-entrepreneur, paye des cotisations sociales par rapport à son chiffre d’affaires et profite du régime micro-social. Ce régime offre une couverture sociale minimale au titre de la santé (maladie-maternité), de la retraite (base et complémentaire), des allocations familiales, de la formation professionnelle et de la prévoyance.

    Pas les mêmes obligations comptables

    Les Auto-entrepreneurs doivent faire face à des obligations comptables qui sont relativement simples. Ainsi, ils n’ont pas besoin de faire appel à un expert-comptable et n’ont pas beaucoup de documents comptables à tenir :

    • un livre de recettes qui constitue l’ensemble de leurs encaissements
    • un registre des achats (uniquement si l’entreprise vend des marchandises ou que celle-ci fourni des prestations d’hébergement)

    Du côté de la création de SASU, les formalités sont plus conséquentes. Vous devrez tenir en comptabilité :

    • Un livre-journal pour enregistrer l’ensemble des mouvements comptables de votre société
    • Un grand livre qui listera les différentes opérations comptables
    • Un livre de comptes annuels qu’il faudra déposer au Greffe du Tribunal de commerce. 

    Même si ce n’est pas obligatoire, l’accompagnement par un Expert-Comptable reste vivement conseillé en SASU

    Par exemple, vous pouvez vous renseigner sur L-Expert-Comptable.com qui pourra vous accompagner tout au long de vos différents exercices comptables.

    Comment changer et passer de statut auto-entrepreneur à SASU ou SARL ?

    L’auto-entrepreneur qui souhaite développer son activité en créant une EURL doit tout d’abord radier sa micro entreprise, puis créer une EURL, c’est-à-dire une SARL (société à responsabilité limitée) composée d’un seul associé.

    Il faut noter qu’il s’agit là de la constitution d’une personne morale distincte de l’associé. Il faut faire le cheminement identique pour passer d'une SARL à une Auto-entreprise, il faudra radier la SARL puis créer une micro-entreprise.

    Quel est le statut le plus avantageux ? (Comparaisons auto entrepreneur vs SASU)

    La SASU et la Micro-entreprise sont tous les deux avantageux, mais sur plusieurs points différents.

    Avantages de la SASU :

    • La SASU ne doit aucune cotisation sociale lorsqu’il n’y a aucune rémunération versée.
    • Lorsque qu’aucune rémunération n’est versée, aucune cotisation sociale n’est due.
    • La fiscalité est avantageuse sur les dividendes et le niveau de couverture sociale est le même que celui des salariés
    • La cession d’actions s’effectue simplement et librement. La clause d’agrément n’est pas obligatoire en SASU. Ce point est important pour les projets qui nécessitent l’entrée d’investisseurs. La SASU  a une structure évolutive
    • En SASU, il n’y a pas de plafond de chiffre d’affaires et la responsabilité est limité au capital social
    • Et celle-ci profite d’une meilleure couverture sociale.

    Avantages de l’Auto-entrepreneur :

    • Comptabilité plus simple : des obligations comptables réduites à simplement la  tenue d'un livre de recettes et d'un registre des achats. 
    • Pas de TVA à facturer et donc pas de déclaration de TVA à faire en dessous d'un certain montant de chiffre d'affaires.
    • Possibilité de choisir le versement fiscal libératoire pour ses impôts (sous conditions de revenus). 
    • Possibilité de choisir le paiement de cotisations minimales pour s'assurer une meilleure protection sociale.
    • Des formalités de création plus simples et plus rapides
    • Des cotisations sociales moins élevées (Les cotisations sociales d'une Micro-entreprise sont de 12,80% pour les activités de commerce, 22% pour les activités de prestations de services et 22% pour les activités libérales).

    Bien sûr, qui dit avantages dit aussi inconvénients, et la SASU et la Micro-entreprise ne sont pas dispensées. 

    Au niveau des inconvénients principaux, la SASU nécessite plus d’implication, car les formalités de création sont plus longues et plus coûteuses.

    Il faudra faire attention à la rédaction des statuts pour éviter les risques futurs. Il faudra aussi plus s’impliquer au niveau de la comptabilité.

    En effet, la SASU nécessite bilan et compte de résultat contrairement à la Micro-entreprise.

    Sans oublier que le taux de charges sociales est élevé pour un montant de 70% du salaire net.

    L’Auto-entrepreneur n’est pas sans reste non plus, il a plusieurs plafonds de chiffre d’affaires, n’a pas d’ouverture de droits au chômage et il est plus difficile d’embaucher des salariés avec ce statut, puis les charges sociales sont calculées sur la base du chiffre d'affaires et non des bénéfices de l'entreprise.

    Vous l'aurez compris, la Micro-entreprise est un statut idéal pour lancer ou tester une activité, à titre complémentaire ou principal, à condition de ne pas avoir pour ambition un développement allant au-delà des plafonds. Si vous voulez travailler seul, avec très peu de contraintes administratives et des charges minimes, choisissez l’Auto-entreprise. 

    La SASU, par sa flexibilité qu’elle offre dans les plafonds de chiffre d’affaires, est idéale pour un objectif de plus grande ampleur. Vous avez du temps et un apport financier pour monter votre entreprise, et souhaitez créer un projet qui emploiera à terme plusieurs salariés ? Choisissez la SASU.

    À vous ensuite de peser le pour et le contre en comparant les avantages et inconvénients des deux statuts, pour ensuite choisir le profil de statut qui vous convient le mieux. Bien choisir son statut est important pour bien démarrer son aventure entrepreneuriale.

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    Mélissa TURKMEN

    Accompagnateur de freelances chez L-Expert-Comptable.com

    Souriante et altruiste sont deux qualificatifs qui collent à la peau de Mélissa, ce qui n'est pas pour déplaire à ses clients.

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