SASU ou micro entreprise : Comment choisir ? (2024)

L'article en brefChoisir le bon statut pour son entreprise est crucial pour tout entrepreneur. Entre la SASU, qui offre une séparation juridique entre l'entreprise et l'entrepreneur, et l'auto-entreprise, privilégiant simplicité et rapidité de création, le choix dépend de nombreux critères. La SASU séduit par sa flexibilité, malgré des formalités plus lourdes et une responsabilité limitée au capital, tandis que l'auto-entreprise attire pour sa gestion allégée et ses formalités simplifiées. Chaque statut présente des avantages fiscaux et sociaux distincts, adaptés aux différents besoins et projets entrepreneuriaux.

L'article met également en lumière les spécificités non adaptées de la micro-entreprise pour certaines activités, soulignant l'importance de choisir un statut conforme à son projet d'entreprise. Les différences en matière d'imposition, de régime social, et d'obligations comptables entre SASU et auto-entrepreneur sont cruciales dans cette décision. Il est essentiel de comprendre ces nuances pour faire le choix le plus avantageux, que ce soit pour une entreprise individuelle visant une croissance modérée ou une structure plus ambitieuse prévoyant d'accueillir des investisseurs et des salariés.
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Article rédigé et certifié par Guillaume DELEMARLE
 
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
Temps de lecture : 8minDernière mise à jour : 25/04/2024
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Pour une entreprise, bien choisir son statut à sa création est important. La plupart des entrepreneurs choisissent le statut de SASU (Société par actions simplifiées à associé unique) ou d’Auto-entrepreneur, pourtant ils se différencient sur plusieurs critères, que ce soit au niveau juridique, social, fiscal et comptable. Alors quel statut privilégier pour vous, entrepreneurs ? Et bien, c’est ce que nous allons chercher à savoir à travers cette comparaison montrant les avantages de ses deux statuts.

Tableau comparatif SASU ou micro entreprise

 SASUMicro entreprise
Statut de l’entrepreneurUn associé unique pouvant être le présidentUn entrepreneur individuel
Régime socialAssimilé salariéTravailleur non salarié
Formalités de créationContraignantes (rédaction des statuts, publicité)Faciles et rapides
Plafond de chiffre d’affairesAucun188 700 € pour les ventes de marchandises, 77 700 € pour les prestations de services et professions libérales
FiscalitéImpôt sur les sociétés, option possible pour l’impôt sur le revenuImpôt sur le revenu avec accès au versement libératoire de l’impôt
Obligations comptablesComptabilité complète (livre de résultat, bilan comptable, annexe)Comptabilité simple (livre de recettes et registre des achats)
Charges sociales70% du salaireTaux de 12,3% à 21,2% selon la nature de l’activité

Qu'est-ce qu'une micro entreprise ?

Une micro-entreprise est une entreprise individuelle soumise au régime micro-fiscal et micro-social et grâce à laquelle une personne physique peut lancer une activité professionnelle rapidement. La gestion de la micro-entreprise est simple par rapport à d’autres formes d’entreprises avec une comptabilité et des déclarations fiscales allégées.

 

Qu'est-ce qu'une SASU ?

La SASU est une forme d’entreprise dotée d’une personnalité morale. Les actions de son capital social sont détenues par un associé unique. Elle offre une grande souplesse pour décider de son fonctionnement. Son régime fiscal est celui de l’impôt sur les sociétés de plein droit, mais il est possible d’opter pour l’impôt sur le revenu pour une durée de cinq exercices maximum.

Simulateur : Que choisir entre la micro entreprise et la SASU ?

 

Quelle différence entre SASU et auto-entrepreneur ?

Les statuts de SASU et de Micro-entreprise sont parfaits pour les entrepreneurs qui souhaitent se lancer en solo dans la création d’une entreprise, mais les deux statuts se différencient sur plusieurs points que nous allons revoir les uns après les autres.

Le statut juridique est différent

La SASU qui correspond à une société par actions simplifiées à Associé unique, ce qui fait que celle-ci et l’associé unique constituent deux personnes juridiquement distinctes.

Ce qui va engendrer beaucoup de frais de formalités et qui va donc poser des problèmes pour certains entrepreneurs à leur début et qui permettra aussi à l’associé d’avoir une responsabilité limitée à son capital et ses apports.

La SASU est unipersonnelle et est une société par actions. La rédaction des statuts est obligatoire. Cette société commerciale est dirigée par un président (et non par un gérant, comme c’est le cas dans une SARL), ce qui a des conséquences sur le régime social.

Elle présente un fonctionnement très souple pour les candidats à l’entrepreneuriat. Bien que ses formalités de création soit plus compliquées qu’en Micro-entreprise, la SASU reste flexible et celui-ci n’a pas de plafond de chiffre d’affaires à respecter.

L’Auto-entrepreneur pourra lui bénéficier de formalités de création beaucoup plus simples et rapides (en quelques clics).

En tant qu’Auto-entrepreneur, l’entrepreneur ne fera qu’un avec l’entreprise ce qui constitue un risque, car il y aura une responsabilité potentiellement plus étendue qu’en SASU. Étant donné que l’entreprise et l’entrepreneur ne forment qu’un, le patrimoine personnel de l’entrepreneur peut être mis en péril. Il faut toutefois préciser que les dernières évolutions législatives ont abouti à grandement limiter le risque de perdre son patrimoine personnel du fait des dettes professionneles.
Pour rester en Micro-entreprise, il faut respecter les plafonds de chiffre d’affaires :

  • 188 700 € pour les activités commerciales

  • 77 700 € pour les prestations de services et les activités libérales

La micro-entreprise n'est pas adaptée à toutes les activités

La micro-entreprise est un bon statut pour débuter dans le monde de l'entreprise, mais elle n'est pas adaptée à toutes les activités, il faut donc s'assurer d'être compatible avec ce type de statut avant de le choisir.

Ce statut n'est pas compatible avec les activités de commerce en boutique, les activités qui nécessitent des investissements, celles qui nécessitent des salariés, les activités agricoles et les activités relevant de la TVA immobilière.

Le régime micro-social dont bénéficient les Auto-entrepreneurs exclu aussi les activités artistiques rémunérées par des droits d'auteur, c'est-à-dire celles qui relèvent de la protection sociale des artistes-auteurs. Sans oublier les activités libérales mais seulement celles qui relèvent d'une caisse de retraite autre que la CIPAV.

Au contraire, il existe trois natures d'activités dans le régime du micro-entrepreneur qui vont déterminer par la suite votre taux de cotisations sociales et votre taux d'imposition.

Ce sont des activités commerciales, artisanales (prestations de services) ou encore de profession libérale, ce sont ces trois activités qui sont accessibles aux entreprises avec le statut de micro-entreprise:

  • Activités commerciales: Peuvent devenir micro-entrepreneurs les personnes qui achètent pour les revendre des biens, marchandises... ou qui vendent certains services rattachés au domaine commercial (la restauration rapide par exemple).

  • Activités artisanales: On appelle activité artisanale toute activité consistant à fabriquer, transformer ou réparer (de façon unitaire et non "en série") des produits qui nécessitent une intervention manuelle justifiant une qualification professionnelle et une immatriculation au répertoire des métiers

  • Activités libérales: Les professionnels libéraux relevant de la Cipav ou du régime de retraite des travailleurs indépendants peuvent être micro-entrepreneurs.

Une imposition différente entre les 2 statuts

Les Auto-entrepreneurs sont soumis à l’IR (impôt sur le revenu). Le cheminement est plutôt facile, car ils n'auront qu'à servir une case dans leur déclaration d'impôt personnelle pour déclarer leurs revenus issus de leur activité d’Auto-entrepreneur.

Ils doivent également choisir entre :

  • l'intégration de leur chiffre d'affaires abattus dans les revenus du foyer fiscal

  • le versement libératoire, qui permet de payer son impôt en temps réel à un taux fixe, indépendant des autres revenus

Quand il relève du régime de la Micro-entreprise, l’entrepreneur peut opter pour ce versement si son dernier revenu fiscal de référence est inférieur ou égal pour une part de quotient familial à la deuxième tranche de l’impôt sur le revenu de l’année antérieure.

La limite peut être majorée de 25 % ou 50 % par quart de part ou demi-part supplémentaire.

Attention : Un Auto-entrepreneur ne peut pas déduire ses charges et frais professionnels lorsqu’il déclare son chiffre d’affaires aux impôts.

Pour la SASU, la procédure est différente, par défaut, celle-ci est soumise à l’IS (impôt sur les sociétés) mais une option à l’IR (impôt sur le revenu) est possible si elle est exercée dans les quatre années qui suivent celle de la création.

Ce n’est pas la rémunération du président de SASU ou le chiffre d’affaires qui seront pris en compte, mais les bénéfices qui seront réalisés par l’entreprise en question, autrement dit le chiffre d’affaires auquel on aura déduit toutes les dépenses engagées envers la société.

C’est le résultat qui est imposé, déduction faite de la rémunération du dirigeant, à l'IS.

Il existe deux taux d'IS :

  • un taux général de 25%.

  • un taux réduit de 15% applicable aux petites et moyennes entreprises. Le taux d’imposition se différencie en fonction du bénéfice déclaré. Il est de 15% pour la part de bénéfices inférieure ou égale à 42 500 € et 25% pour la part supérieure.

La fiscalité est plus simple à appréhender pour les micro-entreprises. Néanmoins, pour bien choisir, vous devrez déterminer si vous avez intérêt ou pas à déclarer vos frais professionnels.

Des régimes sociaux différents

En SASU, vous êtes affilié au régime général et assimilé salarié à partir du moment où vous vous rémunérez en contrepartie.

En clair, vous profitez d’une protection sociale identique à un salarié en dehors de l’assurance chômage. Vous devez donc établir des bulletins de salaires en bonne et due forme et déclarer vos cotisations sociales aux différentes caisses via la DSN (Déclaration sociale nominative).

Quant à lui, l’Auto-entrepreneur, paye des cotisations sociales par rapport à son chiffre d’affaires et profite du régime micro-social. Ce régime offre une couverture sociale minimale au titre de la santé (maladie-maternité), de la retraite (base et complémentaire), des allocations familiales, de la formation professionnelle et de la prévoyance.

Les obligations comptables des micro entreprises

Les Auto-entrepreneurs doivent faire face à des obligations comptables qui sont relativement simples. Ainsi, ils n’ont pas besoin de faire appel à un expert-comptable et le formalisme est très limité. Les documents à tenir sont :

  • un livre de recettes qui constitue l’ensemble de leurs encaissements

  • un registre des achats (uniquement si l’entreprise vend des marchandises ou que celle-ci fourni des prestations d’hébergement)

Les obligations comptables des SASU

Du côté de la création de SASU, les formalités sont plus conséquentes. Vous devrez tenir en comptabilité :

  • Un livre-journal pour enregistrer l’ensemble des mouvements comptables de votre société

  • Un grand livre qui listera les différentes opérations comptables

  • Un livre de comptes annuels qu’il faudra déposer au Greffe du Tribunal de commerce.

Même si ce n’est pas obligatoire, l’accompagnement par un Expert-Comptable reste vivement conseillé en SASU

Par exemple, vous pouvez vous renseigner sur L-Expert-Comptable.com qui pourra vous accompagner tout au long de vos différents exercices comptables.

 

Transformation d'une micro entreprise en SASU

Pourquoi passer de micro-entreprise à sasu ?

Plusieurs raisons peuvent pousser un entrepreneur à passer d’une micro-entreprise à une SASU :

  • Dépasser le plafond de chiffre d’affaires du régime de la micro-entreprise ;

  • Développer son entreprise avec la possibilité de faire rentrer d’autres actionnaires ;

  • Renforcer la crédibilité de l’entreprise auprès des partenaires commerciaux et des clients ;

  • Optimiser sa fiscalité en fonction des objectifs et de la situation financière de l’entreprise.

Comment transformer sa micro entreprise SASU ?

L’auto-entrepreneur qui souhaite développer son activité en créant une SASU doit tout d’abord radier sa micro entreprise, puis créer la SASU. Les démarches s’effectuent sur le guichet des formalités des entreprises.

En présence d'un fonds de commerce, il faudra organiser le transfert de l'activité via une cession de branche d'activité de la micro vers la SASU.

 

Quel est le statut le plus avantageux ? (Comparaisons auto entrepreneur vs SASU)

 

La SASU et la Micro-entreprise sont tous les deux avantageuses, mais sur plusieurs points différents.

Avantages de la SASU :

  • Lorsque qu’aucune rémunération n’est versée, aucune cotisation sociale n’est due.

  • La fiscalité est avantageuse sur les dividendes et le niveau de couverture sociale est le même que celui des salariés

  • La cession d’actions s’effectue simplement et librement. La clause d’agrément n’est pas obligatoire en SASU. Ce point est important pour les projets qui nécessitent l’entrée d’investisseurs. La SASU a une structure évolutive

  • En SASU, il n’y a pas de plafond de chiffre d’affaires et la responsabilité est limité au capital social

  • Et celle-ci profite d’une meilleure couverture sociale.

Avantages de l’Auto-entrepreneur :

  • Comptabilité plus simple : des obligations comptables réduites à simplement la tenue d'un livre de recettes et d'un registre des achats.

  • Pas de TVA à facturer et donc pas de déclaration de TVA à faire en dessous d'un certain montant de chiffre d'affaires. Ceci est vrai avec toutes les structures pas seulement la micro entreprise, mais les limites de CA de cette dernière font qu'on rencontre plus fréquemment ce cas qu'en SASU.

  • Possibilité de choisir le versement fiscal libératoire pour ses impôts (sous conditions de revenus).

  • Possibilité de choisir le paiement de cotisations minimales pour s'assurer une meilleure protection sociale.

  • Des formalités de création plus simples et plus rapides

  • Des cotisations sociales moins élevées (Les cotisations sociales d'une Micro-entreprise sont de 12,3% pour les activités de commerce, 21,2% pour les activités de prestations de services commerciales et 21,1% pour les activités libérales).

Les principaux inconvénients de la SASU

Bien sûr, qui dit avantages dit aussi inconvénients.

Au niveau des inconvénients principaux, la SASU nécessite plus d’implication, car les formalités de création sont plus longues et plus coûteuses.

Il faudra faire attention à la rédaction des statuts pour éviter les risques futurs. Il faudra aussi plus s’impliquer au niveau de la comptabilité.

En effet, la SASU nécessite bilan et compte de résultat contrairement à la Micro-entreprise.

Sans oublier que le taux de charges sociales est élevé pour un montant de 70% du salaire net.

Les principaux inconvénients de la micro entreprise

L’Auto-entrepreneur n’est pas sans reste non plus, il a plusieurs plafonds de chiffre d’affaires, n’a pas d’ouverture de droits au chômage et il est plus difficile d’embaucher des salariés avec ce statut, puis les charges sociales sont calculées sur la base du chiffre d'affaires et non des bénéfices de l'entreprise.

Vous l'aurez compris, la Micro-entreprise est un statut idéal pour lancer ou tester une activité, à titre complémentaire ou principal, à condition de ne pas avoir pour ambition un développement allant au-delà des plafonds. Si vous voulez travailler seul, avec très peu de contraintes administratives et des charges minimes, choisissez l’Auto-entreprise.

La SASU, par sa flexibilité qu’elle offre dans les plafonds de chiffre d’affaires, est idéale pour un objectif de plus grande ampleur. Vous avez du temps et un apport financier pour monter votre entreprise, et souhaitez créer un projet qui emploiera à terme plusieurs salariés ? Choisissez la SASU.

À vous ensuite de peser le pour et le contre en comparant les avantages et inconvénients des deux statuts, pour ensuite choisir le profil de statut qui vous convient le mieux. Bien choisir son statut est important pour bien démarrer son aventure entrepreneuriale.

Comment choisir entre sasu et auto-entrepreneur ?

SASU vs Micro entreprise : quand choisir la SASU ?

Introduction d'associé possible en SASU

La SASU est à associé unique et peut se développer en intégrant un autre associé. L’entreprise devient alors une SAS. Le micro-entrepreneur n’a pas cette possibilité puisqu’il n’existe pas de capital social.

Protection de patrimoine en SASU

La responsabilité de l’associé unique de la SASU est limitée au montant de ses apports. Comme l’associé unique a une personnalité distincte de celle de la SASU, son patrimoine est mieux protégé que celui du micro-entrepreneur. Ce dernier bénéficie toutefois de la protection de ses biens personnels.

Cumuler dividendes et allocation-chômage avec la SASU

Le président associé unique qui était demandeur d’emploi avant de créer sa SASU peut conserver le versement total de l’allocation chômage s’il ne se rémunère pas. Le cumul avec les dividendes est possible puisque ces revenus ne constituent pas un salaire. En cas de rémunération, l’allocation chômage sera partielle.

SASU vs Micro entreprise : quand choisir la micro entreprise ?

Recherche d'une gestion simple pour tester son activité

La micro-entreprise est idéale pour lancer son activité de manière rapide tout en bénéficiant de formalités administratives allégées.

Création d'une société à moindres frais

Devenir micro-entrepreneur est gratuit quelle que soit l’activité de l’entreprise. En effet, l’entrepreneur évite les démarches coûteuses obligatoires pour la SASU comme la rédaction des statuts et la publication d’une annonce légale.

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