Ouvrir un cabinet de podologue-pédicure

Mis à jour le 04/07/2018

La podologie-pédicure est une activité paramédicale qui relève des professions libérales réglementées – catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Ouvrir un cabinet de podologue-pédicure nécessite une inscription à l’Ordre et l’enregistrement de son diplôme auprès de l’ARS. Le podologue doit choisir d’adhérer ou non à la Convention Nationale. Les frais d’immatriculation pour démarrer l’activité de podologue-pédicure sont à effectuer à l’URSSAF pour une entreprise individuelle ou au greffe du tribunal de commerce pour une société.


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La podologie-pédicure : définition de l’activité et réglementation

La podologie-pédicure est une activité paramédicale qui relève des professions libérales réglementées (catégorie des Bénéfices Non Commerciaux – BNC). La pédicure traite les affections des pieds et des ongles et opère des soins d’entretien plus courant (ponçage...). La podologie vient en prolongation du métier de pédicure et consiste à concevoir et fabriquer des prothèses, orthèses, semelles destinées à prévenir ou soigner les affections du pied.

La réglementation pour exercer une activité de podologue-pédicure

Nous le disions, la podologie-pédicure est une profession libérale réglementée qui relève de l’Ordre des Nationale des Pédicures-Podologues (ONPP).

  • L’inscription au tableau de l’Ordre est obligatoire et entraîne le versement d’une cotisation annuelle. Les formalités sont à effectuer auprès du conseil de l’Ordre régional du lieu d’exercice de l’activité.

  • Le podologue-pédicure qui démarre son activité est obligé de souscrire une assurance civile professionnelle (RC Pro).

  • Il doit enregistrer son diplôme d’État auprès de la Délégation Territoriale de l’ARS (Agence régionale de santé) pour obtenir un numéro ADELI.

L’adhésion à la convention nationale du podologue-pédicure

En tant que profession paramédicale, le podologue-pédicure a le choix d’adhérer à la Convention Nationale ou non. Les praticiens conventionnés appliquent les honoraires conformes aux tarifs d’assurance maladie. Les praticiens non conventionnés fixent librement leurs honoraires, mais le remboursement de la Sécurité sociale se fait sur la base des « tarifs d’autorité » dont le montant s’avère inférieur aux tarifs de remboursement des soins des praticiens conventionnés.

Les étapes pour ouvrir un cabinet de podologue-pédicure

L’étude de marché pour créer son entreprise de podologie-pédicure

Le choix de la localité influence largement la réussite d’un projet de création d’une entreprise de podologie-pédicure. La première étape consiste à envisager les parts de marché que vous pourrez avoir dans votre zone de chalandise, au vu de la densité de la population, du niveau de vie et du nombre de cabinets de podologue-pédicure déjà présents. Les infrastructures de la commune (maisons de retraite, cliniques...) sont aussi une source de clientèle à prendre en compte.
Pour faire votre étude de marché en podologie-pédicure, vous pouvez consulter des statistiques auprès de votre CROPP (Centre Régional de l’Ordre des Pédicures-Podologues), de l’IRDES (Institut de Recherche et Documentation en Économie de la Santé), des ARS (missions régionales de santé et unions régionales des caisses d’assurance maladie) ou encore du CIPS (Centre d’Information des Professionnels de Santé).

Le choix du local

Une fois le marché validé, le choix d’un local stratégiquement situé et bien desservi contribuera à la réussite du projet d’entreprise de pédicure-podologie. Les normes en matière de réception du public doivent être respectées (sécurité incendie et électrique, réception de personnes handicapées, toilettes...), selon l’article R.123-1 du Code de la construction et de l’habitat.

Attention à la règle relative à l’affichage des honoraires dans le local, à l’hygiène et à la sécurité dans l’exercice de l’activité, selon les règles que vous pourrez valider auprès de l’Ordre des Pédicure-Podologues.

Les prévisions financières

Un plan de financement vous permet de connaître le budget à investir pour lancer votre cabinet de podologue-pédicure. Pensez au matériel nécessaire pour exercer l’activité, mais aussi aux frais d’aménagement, aux frais de souscription à une assurance civile professionnelle, aux frais administratifs d’immatriculation... Un prévisionnel financier anticipe le chiffre d’affaires minimum à réaliser pour couvrir vos charges mensuelles puis pour vous rémunérer. Le prévisionnel financier réalise des simulations fiscales et sociales.

Le business plan pour ouvrir un cabinet de podologue-pédicure

Un business plan formalise toutes les informations récoltées au sujet de la création de votre entreprise de podologue-pédicure. Il est l’outil de dialogue avec la banque si vous envisagez un prêt à la création d’entreprise.

Le choix du statut juridique

Une fois votre modèle économique formalisé, vous pourrez choisir la forme juridique la plus adaptée, sachant que le régime social et fiscal diffère selon le statut choisi. Vous pouvez :

  • créer une entreprise individuelle pour devenir podologue-pédicure indépendant. Vous serez soumis à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC)

  • créer une société, seul ou à plusieurs associés (EURL/SARL, SASU/SAS). La création d’une société sépare votre patrimoine personnel et votre patrimoine professionnel, ce qui s’avère plus adapté en cas de risque financier (prêt, engagement via un local professionnel...).

Notez que :

  • on parle d’une Société d’Exercice Libéral (SEL) pour une société dont l’objet social représente une activité libérale réglementaire. C’est le cas si vous créez votre société de pédicure-podologie seul ou à plusieurs associés et dès lors que ceux-ci exercent aussi cette activité au sein de la société (ou une autre activité libérale réglementaire). La SEL suit des règles spécifiques en matière de cession des titres financiers et de suivi comptable.

En plus de votre statut juridique, vous pouvez :

  • créer une Société Civile de Moyens (SCM) avec un ou plusieurs confrères pour mettre en commun les moyens nécessaires à l’exercice de l’activité (matériels, humains...). Les associés de la SCM sont des pédicures-podologues ou d’autres professionnels paramédicaux.

L’auto-entreprise pour un podologue-pédicure ?

Attention à la création d’une micro-entreprise qui ne permet pas de récupérer la TVA ni de déduire ses charges professionnelles et qui engage le patrimoine personnel du podologue-pédicure en cas de dette financière. Dans ces conditions, le régime du micro-entrepreneur est rarement recommandé si vous envisagez d’intégrer un local.

Les formalités d’immatriculation pour devenir podologue-pédicure

Pour ouvrir un cabinet de podologie-pédicure, vous immatriculez votre activité au Centre de Formalité des Entreprises (CFE) :

  • de l’URSSAF pour une entreprise individuelle

  • du greffe du tribunal de commerce pour une société

Si vous créez une société, n’oubliez pas les formalités complémentaires :

Le CFE se charge de l’adhésion auprès des organismes sociaux concernés, mais vous devrez contacter la CARPIMKO (la caisse de retraite pour les podologues-pédicures) et la CPAM (Sécurité sociale) de votre lieu d’exercice dans les 30 jours suivant l’immatriculation.

Combien coûte la création d’un cabinet de podologue-pédicure

Les frais d’immatriculation d’un cabinet de podologue-pédicure vont de 0 (auto-entrepreneur) à 250 euros (création d’une société), hors frais de rédaction des statuts, de publication dans un JAL et d’adhésion à l’Ordre. Les coûts les plus conséquents d’un cabinet de podologue-pédicure concernent les frais d’aménagement dans le local, l’achat du matériel pour exercer l’activité et les coûts de l’assurance RC Pro.

Le rachat de clientèle pour exercer l’activité de podologue-pédicure

Le rachat de clientèle est une solution pour démarrer son activité de podologue-pédicure. Dans ce contexte, vous devrez valider les motifs de la cession de clientèle, bien évaluer les risques et les perspectives d’avenir. Un conseil de l’Ordre est un plus, notamment pour valider le prix de cession.