- La taxe foncière augmente de +0,8 % en 2026 : c'est la revalorisation automatique la plus faible depuis plusieurs années.
- La taxe foncière est due par tout propriétaire au 1er janvier : elle est calculée sur 50 % de la valeur locative cadastrale.
- La taxe foncière 2026 est à régler avant le 16 octobre : le paiement en ligne reste possible jusqu'au 22 octobre.
- L'exonération totale de taxe foncière est possible dès 75 ans : elle s'applique si le plafond de revenus légal n'est pas dépassé.
- Le déficit foncier s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € : au-delà, il reste reportable sur les futurs revenus fonciers.
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Taxe foncière 2026 : qui paie, comment se calcule-t-elle et quelles exonérations
La taxe foncière est un impôt local dû chaque année par tout propriétaire d'un bien immobilier au 1er janvier de l'année d'imposition, qu'il soit occupant, bailleur ou que le bien soit vacant. Elle finance le budget des communes, des départements et des intercommunalités. En 2026, la revalorisation automatique des bases est de +0,8 %, la plus faible depuis plusieurs années.
La taxe foncière ne doit pas être confondue avec la taxe d'habitation. Depuis 2023, la taxe d'habitation est supprimée sur les résidences principales pour l'ensemble des ménages. Elle ne subsiste désormais que pour les résidences secondaires.
Le champ d'application de l'impôt foncier
Le régime des revenus fonciers concerne les contribuables qui louent un immeuble nu (les locations meublées relèvent des BIC). Sont imposables dans cette catégorie :
- Les revenus des propriétés bâties, des installations fixes et des propriétés non bâties
- Les revenus accessoires liés au droit de propriété : location du droit d'affichage, droit de chasse ou de pêche
Ces revenus peuvent provenir d'immeubles détenus en direct ou par une société soumise à l'IR (une SCI familiale, par exemple). Dans ce cas, chaque associé est imposé en proportion de sa quote-part du résultat.
Exemple SCI : une SCI met en location un immeuble. Elle comporte 2 associés à parts égales. Le résultat imposable est de 20 000 €. Chaque associé déclare 10 000 € sur sa déclaration 2044.
Les revenus provenant de parts de SCPI sont également imposés en revenus fonciers.
Les régimes d'imposition des revenus fonciers
| Régime | Condition | Base imposable | Déclaration |
|---|---|---|---|
| Micro-foncier | Recettes annuelles < 15 000 € | Recettes x 70 % (abattement forfaitaire 30 %) | Case 4BE de la 2042 |
| Régime réel | Recettes > 15 000 € ou option volontaire | Recettes - charges réelles | Déclaration 2044 |
L'option pour le régime réel est exercée pour une durée de 3 ans, irrévocable. Elle s'applique à l'ensemble des revenus fonciers du foyer fiscal. Une analyse sur 3 ans s'impose avant d'opter : une année de gros travaux peut fausser la comparaison si on ne regarde que l'exercice en cours.
Comment est calculée la taxe foncière en 2026 ?
Le montant de la taxe foncière résulte de la multiplication de trois éléments :
- La valeur locative cadastrale (VLC) : loyer théorique annuel que pourrait générer le bien s'il était mis en location, déterminé par l'administration selon une grille établie dans les années 1970
- Le coefficient de revalorisation annuel : indexé sur l'IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé) de novembre N-1. Pour 2026 : +0,8 % (après +1,7 % en 2025, +3,9 % en 2024 et +7,1 % en 2023)
- Le taux d'imposition voté par les collectivités : commune + intercommunalité + département. Ce taux varie fortement selon les territoires
Pour les propriétés bâties, la base d'imposition est égale à 50 % de la valeur locative. Pour les propriétés non bâties, elle est égale à 80 %.
Formule : Taxe foncière = (VLC × 50 %) × taux global des collectivités
Exemple chiffré 2026 : un appartement a une valeur locative cadastrale de 7 200 €. Base d'imposition : 7 200 × 50 % = 3 600 €. Taux communal + intercommunal = 30 %. Taxe foncière = 3 600 × 30 % = 1 080 €. Avec la revalorisation de +0,8 %, un contribuable qui payait 1 200 € en 2025 paie environ 1 210 € en 2026, soit 10 € de plus.
Les taux votés par les collectivités varient fortement d'une ville à l'autre. Pour connaître le taux applicable à votre commune, consultez votre avis d'imposition ou impots.gouv.fr (rubrique "Biens immobiliers"). Les améliorations apportées à un bien en cours d'année ne sont prises en compte qu'au 1er janvier de l'année suivante.
La réforme des valeurs locatives en 2026 : ce qui a changé (et ce qui est suspendu)
Deux réformes étaient annoncées pour 2026 :
- Mise à jour des "éléments de confort" : la DGFiP devait intégrer dans les fichiers cadastraux les équipements installés depuis les années 1970 (salle de bain, douche, chauffage central...) pour 7,4 millions de logements, entraînant une hausse moyenne de 63 €/an. Cette mesure a été suspendue par le gouvernement le 26 novembre 2025 après un tollé général. Une concertation est en cours jusqu'au printemps 2026, une application avant 2027 paraît peu probable
- Révision générale des valeurs locatives cadastrales : reportée à 2031 par le PLF 2026. Les valeurs actuelles, datant des années 1970, continueront donc de servir de base de calcul
En 2026, seule la revalorisation automatique de +0,8 % s'applique à l'ensemble des 32 millions de propriétaires.
Quand payer la taxe foncière en 2026 ?
L'avis de taxe foncière est généralement reçu en septembre. Les dates limites de paiement pour 2026 sont :
- 16 octobre 2026 : paiement non dématérialisé
- 22 octobre 2026 : paiement en ligne (délai supplémentaire de 5 jours)
Depuis 2019, le paiement en ligne est obligatoire si le montant excède 300 €.
Exonérations et dégrèvements de taxe foncière
Pour les propriétés bâties
| Dispositif | Condition | Durée |
|---|---|---|
| Exonération constructions nouvelles | Constructions nouvelles, reconstructions ou additions | 2 ans dès le 1er janvier suivant l'achèvement |
| Exonération logements aidés | Accession à la propriété financée à > 50 % par prêts aidés | 10 ans |
| Exonération qualité environnementale | Chantier ouvert après le 01/01/2020, critères environnementaux | 20 ans |
| Exonération travaux économies d'énergie | Travaux sur immeuble ancien (partielle ou totale selon collectivité) | 5 ans |
| Exonération totale +75 ans | 75 ans au 1er janvier + revenus sous plafond + conditions d'occupation | Annuelle, sur demande |
| Réduction 100 € (+65 ans) | 65 à 75 ans + revenus sous plafond | Annuelle |
| Exonération AAH | Titulaires de l'allocation adulte handicapé + conditions revenus | Annuelle |
| Dégrèvement logement vacant | Vacance > 3 mois, indépendante de la volonté du propriétaire | Sur demande avant le 31/12 de l'année suivante |
Les exonérations pour personnes âgées ou handicapées ne sont pas accordées d'office pour les constructions nouvelles. En revanche, les exonérations liées à l'âge ou au handicap s'appliquent automatiquement si vous remplissez les conditions. Les plafonds de revenus sont revalorisés chaque année : consultez votre avis d'imposition ou impots.gouv.fr pour les seuils applicables à votre situation 2026.
Pour les propriétés non bâties
- Exonération totale pour les propriétés publiques d'intérêt général
- Exonération de 20 % pour les propriétaires agricoles
- Exonérations temporaires selon la localisation, la nature et les cultures
- Dégrèvement de 50 % pour certains jeunes agriculteurs
Les produits imposables en revenus fonciers
Les recettes suivantes sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers :
- Loyers et fermages : hors charges de copropriété. Un bailleur qui facture 800 € de loyer + 100 € de charges déclare 800 × 12 = 9 600 €
- Revenus accessoires : location du droit d'affichage, de chasse, de pêche, concession d'exploitation de carrières
- Dépenses du propriétaire mises à la charge du locataire
- Recettes exceptionnelles : subventions ANAH, indemnités compensant une perte de revenu (les indemnités réparant un préjudice ne sont pas imposables)
On prend en compte les recettes encaissées au cours de l'année, même si elles se rapportent à un loyer d'une autre période. Un loyer de décembre N perçu en N+1 est rattaché à N+1. Pour aller plus loin sur la déclaration : comment déclarer vos loyers perçus.
Les charges déductibles des revenus fonciers
En régime réel, les charges sont limitativement énumérées. Pour être déductible, une charge doit se rapporter à un bien dont les revenus sont imposables en foncier, être engagée pour acquérir ou conserver le revenu, être supportée par le propriétaire, être payée au cours de l'année et être justifiée par une facture.
Les frais de gestion
- Rémunérations des gardes, concierges, agences immobilières, syndic
- Frais de procédure (litiges avec locataire ou prestataire)
- Autres frais de gestion : forfait de 20 € par local
Les assurances
Assurance loyers impayés, responsabilité civile, risques climatiques, incendie. Les assurances emprunteur sont rattachées aux charges financières.
La taxe foncière elle-même
La taxe foncière payée par le bailleur est déductible des revenus fonciers. La taxe sur les ordures ménagères (TEOM) n'est pas déductible car elle est à la charge du locataire.
Les travaux
Seuls les travaux d'entretien, de réparation ou d'amélioration sont déductibles. Les dépenses de construction, reconstruction ou agrandissement ne le sont pas (elles majorent le prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value).
La pose d'une cuisine équipée ou un ravalement de façade : travaux d'amélioration déductibles. La construction d'une véranda ou d'une annexe : dépenses non déductibles car elles modifient le capital.
Les charges financières
- Intérêts d'emprunt pour acquérir ou rénover le bien
- Assurances emprunteur, frais de dossier, commissions bancaires
- Frais d'inscription hypothécaire, frais de résiliation anticipée
Les provisions pour charges de copropriété
Déclarez les provisions versées au cours de l'année, puis régularisez l'année suivante selon la répartition définitive. Les charges locatives (récupérables sur le locataire) ne sont pas déductibles.
Les déductions spécifiques
Certains régimes de faveur permettent des déductions supplémentaires : amortissements (anciens dispositifs Robien, Périssol), déductions Borloo/Cosse, régime des monuments historiques.
Les déficits fonciers : comment les imputer
Le déficit foncier peut être imputé sur le revenu global dans la limite de 10 700 €, sous deux conditions : l'immeuble doit être loué pendant au moins 3 ans après l'imputation, et la location doit être effective et continue.
La part du déficit correspondant aux intérêts d'emprunt ne peut pas être déduite du revenu global : elle est reportable uniquement sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Exemple : recettes 7 000 €, intérêts d'emprunt 9 000 €, autres charges 10 000 €. Déficit total : -12 000 €. Part imputable sur le revenu global : 10 000 € (charges hors intérêts). Part reportable sur revenus fonciers futurs : 2 000 € (déficit lié aux intérêts d'emprunt).
Le déficit excédant 10 700 € est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Questions fréquentes sur la taxe foncière 2026
Quelle est la hausse de la taxe foncière en 2026 ?
La revalorisation automatique des valeurs locatives cadastrales est de +0,8 % en 2026, indexée sur l'IPCH de novembre 2025. C'est la plus faible hausse automatique depuis plusieurs années. À cela peuvent s'ajouter les hausses de taux votées par certaines collectivités, qui varient selon les communes.
Peut-on être exonéré de taxe foncière sur sa résidence principale ?
Oui, sous conditions. L'exonération totale est possible si vous avez plus de 75 ans au 1er janvier, que vous occupez le logement dans les conditions requises et que vos revenus ne dépassent pas le plafond légal (revalorisé chaque année). Les titulaires de l'AAH bénéficient des mêmes conditions. Entre 65 et 75 ans, une réduction de 100 € est possible sous condition de revenus.
Qui paie la taxe foncière en cas de vente en cours d'année ?
Légalement, c'est le propriétaire au 1er janvier de l'année qui est redevable de la totalité de la taxe. Dans la pratique, les actes de vente prévoient généralement un remboursement prorata temporis par l'acheteur pour la période où il est propriétaire, mais cette répartition est une convention entre les parties et non une obligation fiscale.
La taxe foncière est-elle déductible des revenus locatifs ?
Oui, au régime réel des revenus fonciers. La taxe foncière payée par le bailleur est déductible des recettes locatives. Elle n'est pas déductible au régime micro-foncier (où l'abattement forfaitaire de 30 % est censé couvrir l'ensemble des charges).
Qu'est-ce que la réforme "éléments de confort" suspendue en 2026 ?
La DGFiP avait prévu de mettre à jour les fichiers cadastraux de 7,4 millions de logements pour intégrer des équipements installés depuis les années 1970 (salle de bain, chauffage central, etc.), générant une hausse moyenne de 63 €/an. Cette réforme a été suspendue par le gouvernement le 26 novembre 2025. Elle ne s'applique pas aux avis 2026.
Sources et références
Economie.gouv.fr — https://www.economie.gouv.fr/particuliers/impots-et-fiscalite/gerer-mes-impots-locaux/taxe-fonciere-mode-de-calcul-et-reductions
Service-public.gouv.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F42
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