- Le revenu net imposable : il correspond aux revenus perçus dans chaque catégorie, diminués des charges ou abattements propres à cette catégorie.
- Les salaires bénéficient d'un abattement de 10 % : plafonné à 14 555 €, il peut être remplacé par les frais réels si ceux-ci sont supérieurs.
- Les régimes micro appliquent un abattement forfaitaire : 71 % pour les ventes, 50 % pour les services, 34 % pour les activités libérales.
- Plusieurs charges réduisent le revenu net global : versements sur un PER, pensions alimentaires et déficit foncier jusqu'à 10 700 € sont déductibles.
- L-Expert-Comptable.com prend en charge les déclarations fiscales : de la liasse fiscale au suivi des revenus catégoriels, un conseiller dédié accompagne chaque entrepreneur.
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Le montant que vous déclarez à l'administration fiscale n'est jamais le montant brut que vous avez encaissé. Entre les abattements, les charges déductibles et les régimes spécifiques à chaque catégorie de revenus, le revenu net imposable peut s'éloigner significativement de la réalité financière. Voici comment ce calcul fonctionne, catégorie par catégorie, avec les règles en vigueur en 2026.
Qu'est-ce que le revenu net et comment est-il calculé ?
Le revenu net catégoriel correspond aux recettes perçues par un contribuable dans une catégorie donnée de revenus, diminuées des charges supportées pour les obtenir. Ces charges sont soit :
- Réelles : les dépenses effectivement engagées (frais réels pour les traitements et salaires, charges déductibles des revenus fonciers au réel…)
- Forfaitaires : un abattement représentatif de l'ensemble des charges, appliqué automatiquement (régime micro-BIC, déduction de 10 % sur les salaires…)
Le revenu net global est la somme de tous les revenus nets catégoriels, diminuée des charges déductibles du revenu global (pensions alimentaires, versements sur un Plan d'Épargne Retraite (PER)…). C'est cette base qui sert au calcul de l'impôt sur le revenu via le barème progressif. Pour simuler votre impôt, utilisez notre simulateur d'impôt sur le revenu 2026.
Parmi les catégories de revenus entrant dans le calcul figurent : les traitements et salaires, les revenus fonciers, les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), les bénéfices non commerciaux (BNC), les bénéfices agricoles (BA), les revenus de capitaux mobiliers, les plus-values et les pensions et rentes viagères.
Le revenu net imposable et le revenu fiscal de référence (RFR) sont deux notions distinctes. Le RFR prend en compte certains revenus exonérés ou à fiscalité spécifique (heures supplémentaires, plus-values immobilières…). Il sert de base à de nombreux avantages sociaux et fiscaux, mais n'est pas la base de calcul de l'impôt.
Le revenu net en matière de traitements et salaires
Sont imposés dans la catégorie des traitements et salaires : les salaires, les rémunérations des dirigeants de sociétés soumises à l'IS (gérant de SARL ou président de SAS), les traitements des fonctionnaires, et les revenus de remplacement comme les allocations France Travail.
Certains revenus de cette catégorie sont exonérés : salaires des stagiaires et apprentis (dans certaines limites), minimas sociaux, sommes versées dans le cadre de l'épargne salariale, indemnités de rupture de contrat jusqu'à un certain montant, rémunérations d'étudiants à côté de leurs études dans la limite de 3 SMIC mensuels.
L'abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels
Le revenu net à déclarer est automatiquement diminué d'un abattement forfaitaire de 10 %, censé couvrir les frais professionnels courants (transport, repas, documentation…). En 2026, cet abattement est encadré par deux bornes :
- Plancher : 509 € par membre du foyer percevant des salaires
- Plafond : 14 555 € par membre concerné
Le salarié ou dirigeant peut renoncer à cet abattement et déduire à la place les frais qu'il a réellement supportés dans le cadre de son activité : frais de déplacement, frais de repas, frais de double résidence, formation professionnelle… Cette option, globale pour chaque membre du foyer, est avantageuse dès que les frais réels dépassent 10 % des revenus déclarés. Notre article dédié compare en détail l'abattement de 10 % et les frais réels.
La différence entre le salaire net perçu et le revenu net imposable tient à la CSG non déductible : une fraction de la CSG (2,4 points sur les 9,2 % appliqués aux salaires) n'est pas déductible, ce qui explique pourquoi le net imposable sur la fiche de paie est légèrement supérieur au net perçu en main.
Le revenu net et les revenus fonciers
Les revenus fonciers couvrent les recettes tirées de la location nue (loyers, indemnités d'occupation…). La location meublée, elle, est imposée dans la catégorie des BIC.
Deux régimes d'imposition sont possibles :
- Le régime du micro-foncier : applicable lorsque le montant annuel brut des recettes ne dépasse pas 15 000 €. Un abattement forfaitaire de 30 % est appliqué automatiquement (le contribuable est imposé sur 70 % des loyers bruts).
- Le régime réel : obligatoire au-delà de 15 000 € de recettes, ou sur option. Les charges réelles sont déductibles.
Les charges déductibles au régime réel
Sont déductibles des revenus fonciers au régime réel :
- Les travaux d'amélioration, d'entretien ou de réparation (les travaux d'agrandissement, de construction ou de reconstruction ne sont pas déductibles)
- La taxe foncière, diminuée de la taxe sur les ordures ménagères
- Les frais de gestion locative
- Les primes d'assurance
- Les frais financiers (intérêts d'emprunt, frais de dossier, assurance emprunteur)
- Les provisions pour charges non récupérables
Le déficit foncier et son imputation
Lorsque les charges déductibles dépassent les recettes, le propriétaire constate un déficit foncier. Ce déficit est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Le reliquat éventuel s'impute sur les bénéfices fonciers des 10 années suivantes.
Ce plafond de 10 700 € a été temporairement doublé à 21 400 € pour les dépenses de travaux de rénovation énergétique éligibles — à condition que le devis ait été accepté entre le 5 novembre 2022 et le 31 décembre 2025, et que les travaux permettent au logement de passer d'une classe énergétique E, F ou G à une classe A, B, C ou D. Pour les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2025, ce doublement reste applicable lors de la déclaration 2026.
Le revenu net et les revenus des indépendants
Les revenus des travailleurs indépendants se répartissent en trois catégories selon la nature de l'activité :
- BIC (bénéfices industriels et commerciaux) : activités commerciales, artisanales ou industrielles
- BNC (bénéfices non commerciaux) : activités libérales et droits d'auteur
- BA (bénéfices agricoles) : activités agricoles
Le régime micro : seuils et abattements en 2026
Le régime micro (micro-BIC ou micro-BNC) s'applique automatiquement lorsque le chiffre d'affaires annuel n'excède pas les seuils suivants, valables pour la période 2026-2028 :
| Type d'activité | Seuil de chiffre d'affaires | Abattement forfaitaire |
|---|---|---|
| Ventes de marchandises, denrées (BIC) | 203 100 € | 71 % |
| Prestations de services (BIC) | 83 600 € | 50 % |
| Activités libérales (BNC) | 83 600 € | 34 % |
Pour les nouveaux seuils micro-entreprise en détail, consultez notre article sur les nouveaux seuils micro-entreprise 2026.
Le régime réel
Lorsque les seuils ci-dessus sont dépassés, ou sur option formulée avant le 1er février de l'année d'imposition, le revenu net est déterminé selon le régime réel. Toutes les charges engagées dans l'intérêt de l'activité sont alors déductibles : amortissements, cotisations sociales, frais de personnel, loyer, frais de déplacement, frais de repas, frais de réception…
Le contribuable doit déposer une liasse fiscale auprès du service des impôts des entreprises : déclaration 2031 en matière de BIC, déclaration 2035 en matière de BNC.
Les revenus des micro-entrepreneurs soumis au versement libératoire de l'IR sortent du revenu net global : ils ne sont pas intégrés dans le barème progressif. En revanche, ils sont pris en compte dans le revenu fiscal de référence.
Revenu net, revenus de capitaux mobiliers et plus-values
Les dividendes
Depuis le 1er janvier 2018, les dividendes sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé flat tax. En 2026, ce taux global s'élève à 31,4 % (12,8 % au titre de l'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux, suite à la hausse de la CSG par la LFSS 2026).
Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'IR en cochant la case 2OP de sa déclaration. Cette option, globale et irrévocable pour l'année, permet de bénéficier d'un abattement de 40 % sur les dividendes avant imposition au barème. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur le montant brut. Pour comparer les deux options selon votre taux marginal d'imposition, consultez notre article sur flat tax et barème progressif.
Certains revenus mobiliers sont exonérés d'IR (revenus des PEA après 5 ans de détention, livret A, LDDS…) ou soumis à une fiscalité spécifique et sortent du calcul du revenu global (produits d'assurance-vie après 8 ans avec abattements).
Les plus-values sur valeurs mobilières
Les plus-values sur cessions de valeurs mobilières (actions, obligations, parts de sociétés…) sont imposées par défaut au PFU de 31,4 % depuis 2018. Elles entrent donc dans la catégorie des revenus du capital soumis à la flat tax, et ne font pas partie du revenu net global soumis au barème progressif.
Le contribuable peut opter pour le barème progressif (case 2OP). Dans ce cas seulement, et uniquement pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018, des abattements pour durée de détention peuvent réduire la part soumise à l'IR :
- 50 % pour les titres détenus de 2 à 8 ans
- 65 % pour les titres détenus plus de 8 ans
Des abattements renforcés (jusqu'à 85 %) s'appliquent pour les titres de PME dans certaines conditions. Ces abattements ne concernent que la part IR — les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la totalité de la plus-value brute.
Revenu net et charges déductibles du revenu global
Le revenu net global s'obtient en déduisant du total des revenus nets catégoriels les charges qui n'ont pu être imputées sur aucune catégorie. Ces charges réduisent directement la base imposable au barème progressif.
Les principales charges déductibles du revenu global sont :
- La CSG déductible acquittée sur les revenus du patrimoine (revenus fonciers notamment). La part déductible s'élève à 6,8 % de la CSG payée, uniquement pour les contribuables ayant opté pour le barème progressif. En cas d'option pour le PFU, aucune CSG n'est déductible. À noter : cette déduction s'applique avec un décalage d'un an — la CSG payée en 2025 sur les revenus fonciers est déduite des revenus de 2025 lors de la déclaration 2026.
- Les pensions alimentaires versées à des ascendants dans le besoin (justifiées) ; versées à des enfants mineurs non hébergés (séparation, divorce) ; versées à des enfants majeurs.
- Les frais d'accueil d'une personne de plus de 75 ans vivant sous le toit du contribuable, sans lien d'obligation alimentaire, dont les ressources n'excèdent pas certains seuils.
- Les pensions et prestations compensatoires versées à un ex-conjoint.
- Les versements sur un Plan d'Épargne Retraite (PER) : déductibles dans la limite du plafond Madelin ou du plafond salarié selon le statut. Le PERP, ancêtre du PER, est fermé aux nouveaux versements depuis le 1er octobre 2020.
- Les cotisations de sécurité sociale des travailleurs indépendants (versées à l'Urssaf) non déjà déduites d'un revenu catégoriel.
- Certains travaux de restauration dans le cadre de monuments historiques.
Déficits imputables sur le revenu global
Deux types de déficits peuvent être déduits du revenu global :
- Les déficits fonciers (issus de la location nue au régime réel), imputables à hauteur de 10 700 € par an (ou 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique éligibles, sous conditions, voir section revenus fonciers). Le reliquat non imputé est reportable sur les bénéfices fonciers des 10 années suivantes.
- Les déficits BIC professionnels (activité exercée à titre professionnel avec participation directe et continue du contribuable) : imputables sans limitation sur le revenu global de l'année et des 6 années suivantes.
En matière de BNC, seuls les déficits provenant d'une activité libérale à caractère professionnel ou de charges et offices peuvent être imputés sur le revenu global.
L'exemple qui montre comment le revenu imposable peut s'éloigner du revenu réel
Un président de SAS déclare les revenus suivants en 2025 (à déclarer en 2026) :
- Rémunération de gérance : 100 000 € (abattement de 10 % → revenu imposable : 90 000 €)
- Dividendes bruts : 10 000 € — par défaut soumis au PFU de 31,4 % et sortent du revenu net global ; ils ne s'intègrent pas dans le barème progressif. S'il optait pour le barème progressif, l'abattement de 40 % s'appliquerait et 6 000 € seraient intégrés au revenu net global.
- Activité de vente au régime micro, recettes : 10 000 € (abattement de 71 % → revenu net : 2 900 €)
- Déficit foncier : 10 000 € (entièrement imputable sur le revenu global)
- Plus-value sur cessions d'actions : 20 000 €, titres acquis en 2021. Par défaut, la plus-value est soumise au PFU (31,4 %) et sort du revenu net global. Si le contribuable optait pour le barème progressif pour des titres acquis après 2018, aucun abattement pour durée de détention ne s'appliquerait (le régime des abattements ne s'applique qu'aux titres acquis avant le 1er janvier 2018). La plus-value est donc imposée intégralement à son TMI.
Revenu net global soumis au barème progressif (sans option pour le barème sur revenus mobiliers) :
90 000 € (salaires après abattement) + 2 900 € (micro-BIC) − 10 000 € (déficit foncier) = 82 900 €
Les dividendes et la plus-value sont imposés séparément au PFU de 31,4 %. La somme encaissée réellement était pourtant de 140 000 € bruts. L'écart avec les 82 900 € de base imposable au barème illustre concrètement l'impact des abattements, déficits et régimes spécifiques.
Si le contribuable optait pour le barème progressif sur ses dividendes et plus-values, le revenu net global atteindrait 82 900 + 6 000 (dividendes après abattement 40 %) + 20 000 (plus-value sans abattement car titres post-2018) = 108 900 €. L'option barème n'est donc avantageuse que si le TMI est inférieur au taux PFU de 12,8 %.
Questions courantes sur le revenu net et les charges déductibles
Quelle est la différence entre revenu net catégoriel et revenu net global ?
Le revenu net catégoriel est le revenu d'une catégorie donnée (salaires, revenus fonciers, BIC…) après déduction des charges ou abattements propres à cette catégorie. Le revenu net global est la somme de tous ces revenus nets catégoriels, diminuée des charges déductibles du revenu global (pensions alimentaires, versements sur PER…). C'est ce dernier qui constitue la base de calcul de l'impôt sur le revenu.
Peut-on cumuler l'abattement de 10 % et la déduction des frais réels ?
Non. Pour chaque salarié, c'est l'un ou l'autre. L'abattement de 10 % est automatiquement appliqué. Pour opter pour les frais réels, il suffit de les indiquer dans la déclaration de revenus : l'administration retiendra alors le montant réel à la place du forfait. Chaque membre du foyer peut exercer son choix indépendamment.
Le déficit foncier peut-il être reporté si je ne peux pas l'imputer entièrement cette année ?
Oui, selon deux mécanismes. La fraction qui dépasse le plafond d'imputation sur le revenu global (10 700 € ou 21 400 € selon les cas) est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. La fraction du déficit provenant des intérêts d'emprunt (et non des charges courantes) ne peut jamais être imputée sur le revenu global : elle s'impute exclusivement sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Les versements sur un PER sont-ils toujours déductibles ?
Oui, dans la limite du plafond d'épargne retraite. Pour un salarié, ce plafond est égal à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, dans la limite de 10 % de 8 fois le PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale). Pour un travailleur non salarié, le plafond Madelin permet une déduction plus large. Le montant déductible est mentionné chaque année sur l'avis d'imposition.
Comment sont imposées les plus-values mobilières en 2026 ?
Par défaut, au PFU de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS, hausse de 1,4 point issue de la LFSS 2026, applicable rétroactivement aux cessions réalisées dès le 1er janvier 2025). Le contribuable peut opter pour le barème progressif (case 2OP) : cette option permet de bénéficier d'abattements pour durée de détention sur les titres acquis avant le 1er janvier 2018, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la totalité de la plus-value.
La CSG déductible est-elle à déclarer manuellement ?
Non. La CSG déductible sur les revenus du patrimoine est préremplie par l'administration dans la case 6DE de la déclaration 2042. Elle est calculée automatiquement à partir des revenus fonciers déclarés. Il convient simplement de vérifier le montant prérempli. Elle n'est déductible que si le contribuable a opté pour l'imposition au barème progressif sur ses revenus du patrimoine.
Qu'arrive-t-il si mon chiffre d'affaires dépasse le seuil micro une seule année ?
Un dépassement ponctuel sur une seule année ne remet pas en cause le régime micro. Vous conservez le régime micro l'année suivante. En revanche, si les seuils sont dépassés deux années consécutives, le passage au régime réel d'imposition s'impose de plein droit à compter du 1er janvier de l'année suivante. Pour anticiper ce basculement, consultez notre article sur les nouveaux seuils micro-entreprise 2026.
Sources et références
Impots.gouv.fr — https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-puis-je-beneficier-de-la-deduction-forfaitaire-de-10
Service-public.gouv.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2329
Economie.gouv.fr — https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/investir-dans-limmobilier/tout-savoir-sur-le-deficit-foncier
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