Création entreprise indépendant : étapes, statuts et coûts

L'article en bref

  • Création entreprise indépendant : quatre statuts possibles, la micro-entreprise, l'EI au réel, l'EURL et la SASU.
  • Cinq étapes : validez le projet, choisissez le statut puis immatriculez sur le guichet unique INPI.
  • Coût de lancement : de 0€ en micro-entreprise à 220-850€ pour une société.
  • ACRE : cette exonération de 50% des cotisations se demande dans les 45 jours suivant l'immatriculation.
  • Micro ou réel : le régime micro reste avantageux tant que vos charges restent inférieures à l'abattement.
  • Lancer son activité d'indépendant avec L-Expert-Comptable.com : le cabinet propose la création d'entreprise à 0€, frais administratifs offerts.
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Guillaume DELEMARLE Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Mis à jour le 7 août 2026
5 min

Sommaire

Freelances : créez votre société gratuitement avec L-Expert-Comptable.com !

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Ca m'intéresse

Quel statut juridique choisir pour devenir indépendant ?

La première décision pour créer son entreprise en tant qu'indépendant est le choix du statut juridique d'entreprise. Quatre options principales existent, chacune avec ses propres règles de cotisations, de fiscalité et de responsabilité.

La micro-entreprise (ex auto-entreprise)

La micro-entreprise est le régime le plus simple pour travailler à son compte. Vous déclarez votre chiffre d'affaires chaque mois ou trimestre, et vos cotisations sociales sont calculées directement dessus : 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les services BIC et 25,6 % pour les BNC.

Les plafonds de CA sont fixés à 203 100 € pour les activités de vente et 83 600 € pour les prestations de services. Côté impôt, un abattement forfaitaire s'applique automatiquement : 71 % (vente), 50 % (services BIC) ou 34 % (BNC). Vous pouvez aussi opter pour le prélèvement libératoire si votre revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil.

Les limites à connaître :

  • Pas de déduction de charges réelles
  • Pas de récupération de TVA tant que vous restez en franchise de base
  • Régime intéressant uniquement si vos frais professionnels sont faibles

L'entreprise individuelle (EI) au régime réel

L'entrepreneur individuel au régime réel déduit ses charges réelles (loyer, matériel, déplacements) de son chiffre d'affaires. Il n'y a aucun plafond de CA. Vous êtes imposé sur votre bénéfice net, ce qui est avantageux si vos charges dépassent 34 % de votre CA (en BNC) ou 50 % (en services BIC).

Depuis le 15 mai 2022, la séparation des patrimoines est automatique : vos biens personnels sont protégés des créanciers professionnels, sans formalité particulière. Vous pouvez aussi opter pour l'impôt sur les sociétés (IS) depuis la loi en faveur de l'activité professionnelle indépendante.

Les obligations comptables sont plus lourdes qu'en micro : bilan, compte de résultat et liasse fiscale annuels.

L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée)

L'EURL est une société à associé unique. Votre responsabilité est limitée aux apports que vous avez investis dans la société. Le capital social est libre, à partir de 1 €.

En tant que gérant associé unique, vous relevez du régime travailleur non salarié (TNS). Vos cotisations sociales s'élèvent à environ 45 % de votre bénéfice net. L'EURL est soumise à l'IR par défaut, avec une option pour l'IS. Cette option devient pertinente quand votre bénéfice dépasse 35 000 à 40 000 € par an, car le taux réduit d'IS à 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice.

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)

Le président d'une SASU a le statut d'assimilé salarié. Ses cotisations sociales sont plus élevées qu'en TNS : environ 75 à 80 % du salaire net versé. La couverture sociale est en contrepartie proche de celle d'un salarié classique, hors assurance chômage.

Si vous ne vous versez aucune rémunération, vous ne payez aucune cotisation, mais vous n'avez aucune couverture sociale. Les dividendes sont soumis à la flat tax de 30 %, sans cotisations sociales supplémentaires.

La SASU est le statut le plus flexible si vous prévoyez une levée de fonds ou l'entrée de nouveaux associés.

Tableau comparatif des statuts pour indépendant

CritèreMicro-entrepriseEI au réelEURLSASU
ResponsabilitéIllimitée (patrimoine séparé)Illimitée (patrimoine séparé)Limitée aux apportsLimitée aux apports
Plafond de CA203 100 € / 83 600 €AucunAucunAucun
Régime fiscal par défautIR micro (abattement)IR au réelIR (option IS)IS (option IR temporaire)
Régime socialTNS (cotisations sur CA)TNS (cotisations sur bénéfice)TNS (gérant associé)Assimilé salarié
Protection du patrimoineSéparation automatiqueSéparation automatiqueLimitée aux apportsLimitée aux apports
Complexité de gestionTrès simpleMoyenneÉlevéeÉlevée
Profil idéalCA modéré, charges faiblesCharges réelles élevéesResponsabilité limitée, option ISLevée de fonds, dividendes
devenir travailleur indépendant


Comment créer votre entreprise d'indépendant : les étapes

étapes création entreprise indépendante

Devenir travailleur indépendant passe par cinq étapes, de la validation de votre projet jusqu'à la mise en place de votre gestion quotidienne.

  • Confirmer la faisabilité de votre activité et ses contraintes réglementaires
  • Sélectionner la forme juridique et le régime fiscal adaptés
  • Déposer votre dossier d'immatriculation en ligne sur le guichet unique
  • Réceptionner votre SIRET et votre code APE après traitement
  • Configurer votre compte bancaire et vos outils de gestion

Étape 1 - Valider votre projet et vérifier les conditions d'exercice

Avant toute démarche administrative, vérifiez si votre activité est libre, réglementée ou soumise à autorisation. Un consultant peut se lancer sans diplôme ni agrément. Un électricien ou un coiffeur doit justifier d'une qualification professionnelle.

Même pour une activité de freelance, prenez le temps de réaliser une étude de marché simplifiée : qui sont vos clients potentiels, quel prix pratiquer, combien de CA pouvez-vous viser la première année ? Préparez un budget prévisionnel avec vos recettes estimées, vos charges prévisibles et votre seuil de rentabilité.

Étape 2 - Choisir votre statut juridique et vos options fiscales

creation entreprise indépendant

Le choix du statut dépend de plusieurs critères : votre volume de CA prévisionnel, le montant de vos charges déductibles, votre besoin de protection sociale et vos perspectives de croissance. Relisez le comparatif ci-dessus pour identifier la forme juridique qui correspond à votre situation.

Vous devez aussi choisir votre régime de TVA. En franchise en base, vous ne facturez pas la TVA tant que votre CA reste sous les seuils : 37 500 € pour les services et 85 000 € pour les ventes. Au-delà, vous basculez au régime réel de TVA.

Le dépassement des seuils de franchise en base de TVA entraîne l'assujettissement dès le premier jour du mois de dépassement, et non en fin d'année. Anticipez ce basculement dès le choix de votre statut pour éviter de devoir refacturer la TVA à vos clients en cours de mission.

Étape 3 - Réaliser les formalités sur le guichet unique (INPI)

Toutes les créations d'entreprise passent désormais par le guichet unique de l'INPI. Voici la marche à suivre :

  1. Connectez-vous via FranceConnect+ (identité numérique La Poste ou carte d'identité électronique)
  2. Renseignez vos informations : identité, adresse du siège, nature de l'activité, options fiscales et sociales
  3. Joignez les pièces justificatives : pièce d'identité, justificatif de domicile, déclaration de non-condamnation, attestation de filiation
  4. Signez électroniquement et réglez les frais en ligne (environ 25 € pour une activité libérale, jusqu'à 60 € pour une activité commerciale, davantage pour une société)

Étape 4 - Obtenir vos numéros d'identification (SIRET, code APE)

Après le dépôt de votre dossier, comptez 1 à 4 semaines de délai selon la nature de votre activité. Vous recevez un certificat d'inscription au Registre national des entreprises (RNE). L'INSEE vous attribue votre numéro SIRET (identifiant de votre établissement) et votre code APE (qui correspond à votre secteur d'activité).

Vous pouvez commencer à facturer dès réception de ces numéros.

Étape 5 - Ouvrir un compte bancaire et mettre en place votre gestion

Un compte professionnel est obligatoire pour les sociétés (EURL, SASU). Pour les entrepreneurs individuels et micro-entrepreneurs, il est fortement recommandé de séparer vos flux personnels et professionnels.

Mettez en place une facturation conforme aux mentions obligatoires d'une facture (numéro SIRET, mention de TVA, conditions de paiement). Choisissez un outil de comptabilité adapté à votre régime : un simple tableur peut suffire en micro, mais un logiciel de comptabilité dédié est nécessaire au régime réel.

Les erreurs fréquentes à éviter lors de la création

Les créateurs d'entreprise commettent souvent les mêmes erreurs au moment de se lancer :

  • Sous-estimer les cotisations sociales la première année. L'URSSAF applique des cotisations provisionnelles forfaitaires, puis régularise l'année suivante. Le rattrapage peut être brutal.
  • Mal choisir son régime fiscal sans simuler les deux scénarios (micro vs réel). Quelques heures de calcul peuvent vous faire économiser plusieurs milliers d'euros.
  • Oublier de demander l'ACRE dans les délais. L'exonération partielle de cotisations est perdue si la demande arrive trop tard.
  • Ne pas anticiper le décalage de trésorerie. Vos charges (loyer, matériel, cotisations) tombent avant que vos clients ne vous paient.

La demande d'ACRE doit être effectuée au moment de l'immatriculation (en cochant la case sur le guichet unique) ou dans les 45 jours suivants auprès de l'URSSAF. Passé ce délai, l'exonération de 50 % des cotisations pendant 12 mois est définitivement perdue.

Pour sécuriser ces choix dès le départ, L-Expert-Comptable.com accompagne la création d'entreprise à 0 € (frais administratifs pris en charge) avec un juriste qui vous aide à choisir les bonnes options fiscales et sociales avant l'immatriculation.

Combien coûte la création d'une entreprise en tant qu'indépendant ?

Le budget pour créer une activité indépendante varie fortement selon le statut choisi. Voici les coûts à prévoir, des formalités initiales aux charges récurrentes de la première année.

Les frais de formalités de création

PosteMicro-entrepriseEI au réelEURLSASU
Frais de greffe0 à 60 €0 à 60 €70 à 150 €70 à 150 €
Annonce légale--150 à 200 €150 à 200 €
Rédaction des statuts--0 à 500 €0 à 500 €
Total estimé0 à 60 €0 à 60 €220 à 850 €220 à 850 €
Délai moyen1 à 2 semaines1 à 2 semaines2 à 4 semaines2 à 4 semaines

En micro-entreprise ou en EI libérale, l'immatriculation est gratuite. Pour les activités commerciales ou artisanales, les frais de greffe s'élèvent à 25-60 €. Pour une société (EURL ou SASU), le budget grimpe avec l'annonce légale et la rédaction des statuts. Vous pouvez réduire ce dernier poste en rédigeant les statuts vous-même à partir d'un modèle.

Les charges récurrentes la première année

Au-delà des frais de création, plusieurs charges reviennent chaque mois ou chaque trimestre :

  • Cotisations sociales : calculées sur le CA (micro) ou sur le bénéfice (régime réel et sociétés). C'est votre premier poste de dépense.
  • CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : vous en êtes exonéré la première année civile d'activité.
  • Assurance RC Pro : obligatoire pour certaines professions réglementées (BTP, conseil, santé), recommandée pour les autres. Comptez 100 à 500 € par an selon votre activité.
  • Comptabilité : de 0 € en micro (gestion autonome) à 69-130 € HT/mois en société avec un expert-comptable.

Cas pratique - coût total la première année selon le statut

Camille est consultante en communication. Elle prévoit 50 000 € de CA annuel avec 8 000 € de charges réelles (logiciels, déplacements, coworking). Voici ce que chaque statut lui coûte.

Scénario 1 - Micro-entreprise BNC :

  • Cotisations sociales : 50 000 × 25,6 % = 12 800 €
  • Charges réelles payées (non déductibles) : 8 000 €
  • Bénéfice imposable (après abattement 34 %) : 33 000 €
  • IR estimé (célibataire, 1 part) : ~3 100 €
  • Trésorerie nette : ~26 100 €

Scénario 2 - EI au réel (ou EURL à l'IR) :

  • Bénéfice avant cotisations : 50 000 - 8 000 = 42 000 €
  • Cotisations TNS (~45 % du bénéfice net) : ~13 000 €
  • Bénéfice net imposable : ~29 000 €
  • IR estimé : ~1 900 €
  • Trésorerie nette : ~27 100 €

Scénario 3 - SASU (100 % rémunération) :

  • Disponible pour rémunération : 42 000 €
  • Cotisations assimilé salarié (~78 % du net) : ~18 400 €
  • Salaire net : ~23 600 €
  • IR estimé : ~1 300 €
  • Trésorerie nette : ~22 300 €
 Micro BNCEI au réel / EURL IRSASU
Cotisations sociales12 800 €~13 000 €~18 400 €
IR estimé~3 100 €~1 900 €~1 300 €
Trésorerie nette~26 100 €~27 100 €~22 300 €

Avec seulement 8 000 € de charges (16 % du CA), la micro-entreprise est ici la plus avantageuse. Le résultat s'inverse quand les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire de 34 %, soit 17 000 € pour 50 000 € de CA. La SASU coûte plus cher en cotisations, mais elle donne accès à une meilleure couverture sociale et permet de piloter sa rémunération via les dividendes. Pour aller plus loin, vous pouvez utiliser le simulateur SASU pour affiner ces projections selon votre situation.

Quelle protection sociale pour un travailleur indépendant ?

Quand vous créez une activité indépendante, votre protection sociale dépend de votre statut : TNS (micro, EI, EURL) ou assimilé salarié (SASU). Les branches couvertes et le niveau de protection varient sensiblement.

Les cotisations obligatoires et les branches couvertes

En tant que travailleur non salarié, vos cotisations couvrent plusieurs branches : maladie et maternité, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, formation professionnelle, et CSG/CRDS.

En micro-entreprise, ces cotisations sont calculées sur votre CA. Au régime réel ou en EURL, elles sont calculées sur votre bénéfice net. En SASU, le président assimilé salarié cotise aux mêmes branches que le régime général, sauf l'assurance chômage.

Les limites de la couverture sociale des indépendants

La couverture sociale des indépendants présente plusieurs limites concrètes à anticiper :

  • Pas d'assurance chômage par défaut. L'ATI (Allocation des Travailleurs Indépendants) existe, mais sous conditions très strictes.
  • Des indemnités journalières plus faibles qu'en régime salarié, surtout pour les TNS.
  • Une retraite complémentaire moins avantageuse en régime TNS.

Pour compléter votre couverture, vous pouvez souscrire des contrats Madelin : prévoyance, mutuelle santé et retraite complémentaire. Les cotisations Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable en régime réel.

L'ATI est réservée aux indépendants dont l'activité a fait l'objet d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, avec un revenu antérieur minimum d'environ 10 000 € par an pendant deux ans. Ce n'est pas un équivalent de l'ARE des salariés.

Quelles aides pour créer votre entreprise d'indépendant ?

Plusieurs dispositifs peuvent alléger le coût de votre lancement. Les trois principaux sont l'ACRE, le maintien de l'ARE et les prêts d'honneur. Pour une vue d'ensemble, consultez la liste des aides financières pour la création d'entreprise.

L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise)

L'ACRE vous donne droit à une exonération de 50 % de vos cotisations sociales pendant 12 mois. Pour en bénéficier, vous ne devez pas en avoir profité dans les 3 années précédentes et être en situation de création ou de reprise d'entreprise.

La demande se fait au moment de l'immatriculation sur le guichet unique de l'INPI (case à cocher) ou dans les 45 jours suivants auprès de l'URSSAF. L'exonération s'applique aux EI comme aux sociétés.

Le maintien des allocations chômage (ARE)

Si vous êtes inscrit à France Travail, vous pouvez cumuler le chômage et la création d'entreprise. France Travail recalcule chaque mois le montant versé en fonction de vos revenus déclarés.

L'alternative est l'ARCE, qui vous permet de convertir 60 % de vos droits restants en capital, versé en deux fois (à la création, puis 6 mois après). Le choix entre ARE et ARCE dépend de votre besoin de trésorerie immédiate et de la durée de vos droits restants.

Les autres dispositifs de soutien

  • Prêt d'honneur (Initiative France, Réseau Entreprendre) : prêt à taux zéro, jusqu'à 50 000 €, sans garantie personnelle. Il sert souvent de tremplin pour obtenir un prêt bancaire.
  • Garantie BPI France : couvre jusqu'à 60 % de votre prêt bancaire, ce qui rassure la banque et facilite l'obtention du financement.
  • NACRE (Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d'Entreprise) : un parcours d'accompagnement à la création d'entreprise en trois phases, du montage du projet au suivi post-création.

Quel régime fiscal choisir quand on est indépendant ?

Le régime fiscal détermine comment votre bénéfice est calculé et imposé. Trois grandes questions se posent : micro ou réel, simplifié ou normal, IR ou IS.

Le régime micro (BIC ou BNC)

En régime micro, l'administration applique un abattement forfaitaire sur votre CA pour déterminer votre bénéfice imposable : 71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC et 34 % pour les BNC.

Vous pouvez aussi opter pour le prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu : 1 % (vente), 1,7 % (services BIC) ou 2,2 % (BNC). Cette option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain plafond.

Le régime micro est avantageux tant que vos charges réelles restent inférieures à l'abattement forfaitaire. Pour tout savoir sur ce mécanisme, consultez notre article sur l'abattement auto-entrepreneur.

Le régime réel (simplifié ou normal)

Le régime réel simplifié s'applique si votre CA est inférieur à 840 000 € (vente) ou 254 000 € (services). Au-delà, vous passez au réel normal.

Vous déduisez toutes vos charges déductibles pour les BNC et les BIC : loyer, matériel, sous-traitance, déplacements, cotisations sociales. Vos obligations comptables sont plus lourdes : tenue d'une comptabilité complète avec bilan comptable et compte de résultat annuels.

IR ou IS : quelle imposition choisir ?

À l'impôt sur le revenu (IR), votre bénéfice est soumis aux tranches d'imposition (de 0 à 45 %). Ce régime est intéressant si vos revenus restent modérés ou si vous êtes dans les premières tranches.

À l'impôt sur les sociétés (IS), le taux réduit de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà. L'IS est pertinent si vous réinvestissez une partie de vos bénéfices dans l'entreprise ou si vous souhaitez piloter votre rémunération.

Exemple concret : avec 40 000 € de bénéfice, l'IS coûte 6 000 € (40 000 × 15 %). À l'IR, le même montant est imposé au barème progressif de votre foyer fiscal, ce qui peut dépasser 6 000 € si vous avez d'autres revenus. Pour approfondir ce choix, consultez notre comparatif IS ou IR. L'option IS est irrévocable pour les sociétés (EURL, SASU), mais révocable pour l'EI sous conditions.

Les questions fréquentes sur la création d'entreprise en tant qu'indépendant

Quel est le meilleur statut pour devenir indépendant ?

Il n'existe pas de statut universellement meilleur. La micro-entreprise convient si votre CA reste sous les plafonds et que vos charges sont faibles. L'EI au réel est préférable avec des charges significatives. L'EURL ou la SASU s'imposent pour limiter votre responsabilité ou réduire votre charge fiscale au-delà de 35 000 à 40 000 € de bénéfice.

Combien coûte la création d'une entreprise en tant qu'indépendant ?

En micro-entreprise ou EI libérale, l'immatriculation est gratuite. Pour une activité commerciale, comptez 25 à 60 € de frais de greffe. Pour une EURL ou SASU, le budget total se situe entre 300 et 600 € si vous rédigez les statuts vous-même.

Peut-on devenir indépendant tout en restant salarié ?

Oui, le cumul salarié et auto-entrepreneur est légal. Vérifiez toutefois votre contrat de travail (clause d'exclusivité, clause de non-concurrence) et votre convention collective. L'activité indépendante ne doit pas être exercée pendant vos heures de travail salarié.

Quelle différence entre micro-entreprise et entreprise individuelle ?

La micro-entreprise est un régime fiscal simplifié de l'entreprise individuelle, pas un statut juridique distinct. La différence porte sur le calcul de l'impôt (abattement forfaitaire en micro vs charges réelles au réel) et des cotisations (sur le CA en micro vs sur le bénéfice au réel). Pour aller plus loin, consultez notre article sur auto-entrepreneur et entreprise individuelle.

Est-ce que je peux garder mes allocations chômage en créant mon entreprise ?

Oui, vous pouvez cumuler l'ARE avec les revenus de votre nouvelle activité. France Travail recalcule mensuellement le montant versé. L'ARCE vous permet aussi de toucher 60 % de vos droits restants en capital, versés en deux fois.

Comment bénéficier de l'ACRE quand on crée son entreprise ?

L'ACRE s'obtient en cochant la case dédiée lors de votre immatriculation sur le guichet unique, ou en déposant une demande auprès de l'URSSAF dans les 45 jours suivants. Condition principale : ne pas en avoir bénéficié dans les 3 dernières années.

Faut-il un expert-comptable quand on est indépendant ?

En micro-entreprise, la comptabilité du travailleur indépendant est simplifiée (livre de recettes, registre des achats) et un expert-comptable n'est pas obligatoire. En EI au régime réel ou en société (EURL, SASU), les obligations comptables (bilan, liasse fiscale) rendent l'accompagnement d'un expert-comptable fortement recommandé. Chez L-Expert-Comptable.com, la comptabilité pour les indépendants en société ou en EI au réel démarre à 69 € HT/mois, avec un comptable dédié qui répond sous 24 h, sans engagement.

Quel régime fiscal est le plus avantageux pour un freelance ?

Si vos charges réelles sont inférieures à 34 % de votre CA (BNC) ou 50 % (services BIC), le régime micro est plus avantageux grâce à l'abattement forfaitaire. Au-delà, le régime réel vous permet de déduire vos charges et de payer moins d'impôt. Simulez les deux options avec vos propres chiffres avant de choisir.

Peut-on passer de micro-entreprise à SASU ou EURL ?

Oui, mais il ne s'agit pas d'une simple transformation. Il faut radier la micro-entreprise puis créer la société. Les deux entités ont des numéros SIRET distincts. Le passage est pertinent quand votre CA dépasse les plafonds ou quand vous souhaitez réduire votre charge fiscale. Retrouvez toutes les démarches dans notre article sur le fait de passer de micro-entreprise à société.

Quelles assurances sont obligatoires pour un indépendant ?

L'assurance RC Pro (Responsabilité Civile Professionnelle) est obligatoire pour certaines professions réglementées (BTP, santé, conseil, immobilier). L'assurance décennale est obligatoire dans le BTP. Pour les autres activités, la RC Pro est recommandée mais pas imposée par la loi.

Sources & Références

Service-Public : Indépendant, assimilé salarié ou micro-entrepreneur : quel régime choisir ?

URSSAF : Les différentes activités professionnelles indépendantes

Impots.gouv.fr : Exercice d'une activité en nom personnel

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A propos de l'auteur

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Guillaume DELEMARLE Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise. Voir tous ses articles
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