- Le président de SA est assimilé salarié : ses cotisations sociales représentent environ 45 % de sa rémunération brute.
- Le président de SA ne cotise pas à France Travail : il n'a pas droit aux allocations chômage à l'issue de son mandat.
- La rémunération du président de SA : elle est imposée comme un salaire et bénéficie d'un abattement forfaitaire de 10 % à l'IR.
- Les dividendes du président de SA : ils sont soumis au PFU à 31,4 % depuis 2026 et ne supportent aucune cotisation sociale.
- Optimiser sa rémunération avec L-Expert-Comptable.com : ses experts calculent le meilleur arbitrage entre salaire et dividendes.
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Le président de SA est assimilé salarié : ce que cela change concrètement
Sur le plan de la sécurité sociale, le président de société anonyme (SA) relève du régime des assimilés salariés. Il dépend du régime général, à la différence du gérant de SARL soumis au régime des travailleurs non-salariés (TNS).
Ce statut a une conséquence directe sur le coût de la rémunération : les cotisations sociales représentent environ 45 % de la rémunération brute. En contrepartie, le président bénéficie d'une couverture sociale étendue, particulièrement en matière de retraite. C'est là une différence fondamentale avec le gérant TNS, dont les droits à la retraite de base restent limités et qui doit se constituer une retraite complémentaire par ses propres moyens.
Le président de SA ne cotise pas à France Travail (ex Pôle Emploi) et n'a donc pas droit aux allocations chômage à l'issue de son mandat, sauf s'il a souscrit une assurance chômage privée spécifique.
Quand le président de SA peut-il bénéficier de l'assurance chômage ?
Deux conditions cumulatives doivent être réunies :
- Le président effectue des tâches techniques distinctes de ses fonctions de direction et perçoit une rémunération spécifique à ce titre.
- Il existe un lien de subordination juridique effectif. Le président ne peut pas détenir, avec son groupe familial, la majorité des actions de la société.
Tableau des cotisations sociales du président de SA en 2026
Le plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) est fixé à 4 005 € en 2026, soit 48 060 € annuels. C'est sur cette base que sont calculées les tranches de cotisation. Voici le détail des charges applicables au président de SA :
| Nature des charges | Assiette | Taux |
|---|---|---|
| Assurance maladie | Salaire total | 13,64 % |
| Assurance vieillesse plafonnée | Dans la limite d'1 plafond SS | 15,45 % |
| Assurance vieillesse déplafonnée | Salaire total | 2,3 % |
| Allocations familiales | Salaire total | 5,25 % (3,45 % pour les salaires jusqu'à 1,6 SMIC) |
| Aide au logement | Dans la limite d'1 plafond SS | 0,1 % |
| CEG — Contribution d'Équilibre Général | Dans la limite d'1 plafond SS | 2,15 % |
| CEG — Contribution d'Équilibre Général | De 1 à 8 plafonds SS | 2,70 % |
| AGIRC-ARRCO Tranche 1 | Dans la limite d'1 plafond SS | 7,87 % |
| AGIRC-ARRCO Tranche 2 | De 1 à 8 plafonds SS | 21,59 % |
| Assurance décès cadres | Dans la limite d'1 plafond SS | 1,5 % |
| Formation professionnelle | Salaire total | 0,55 % |
| CSG/CRDS | 98,25 % du salaire total | 10,6 % |
Depuis la fusion AGIRC-ARRCO en 2019, le régime de retraite complémentaire est unifié pour tous les salariés du secteur privé. Les taux de 7,87 % (Tranche 1) et 21,59 % (Tranche 2) sont les taux appelés à 127 %, applicables en 2026. L'ancienne contribution AGFF a été supprimée et intégralement remplacée par la CEG.
Pour aller plus loin sur le détail du calcul des charges patronales applicables à l'ensemble des dirigeants et salariés, notre guide complet vous détaille les taux par catégorie de contribution.
Le statut juridique du président de SA
Le président de SA assure la direction du conseil d'administration, organe chargé de définir les orientations stratégiques de la société et d'en surveiller la mise en œuvre. Il peut également exercer les fonctions de directeur général : on parle alors de PDG (Président-Directeur Général).
Il est désigné par le conseil d'administration parmi ses propres membres. Sa révocation peut intervenir à tout moment, sans motif obligatoire, à condition qu'elle ne soit pas constitutive d'un abus de droit ni réalisée dans des circonstances brutales, injurieuses ou vexatoires. Dans la pratique, il perçoit généralement une indemnité en cas de révocation.
Sur le plan du régime fiscal et social des mandataires sociaux, le président de SA partage certaines caractéristiques avec le président de SAS, mais s'en distingue par la structure de gouvernance propre à la SA (conseil d'administration, assemblée générale d'actionnaires).
La rémunération du président de SA : quatre composantes à connaître
La rémunération du président de SA peut prendre plusieurs formes, souvent combinées selon la politique de gouvernance de la société :
- Une part fixe, votée par le conseil d'administration
- Une part variable (intéressement aux résultats)
- Des jetons de présence, versés au titre de la participation aux réunions du conseil
- Des avantages en nature (véhicule de fonction, logement de fonction…)
Sur le plan fiscal, les jetons de présence sont imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Les autres éléments de rémunération relèvent du régime fiscal des traitements et salaires : ils sont imposés sur 90 % de leur montant, après application d'un abattement forfaitaire de 10 %.
Le président peut opter pour la déduction des frais réels s'il souhaite déduire les dépenses professionnelles effectivement supportées (frais de repas, de déplacement…), en remplacement de l'abattement forfaitaire.
Stock-options, actions gratuites et optimisation de la rémunération
La rémunération du président de SA peut également inclure des stock-options et des actions gratuites, deux mécanismes d'intéressement à long terme courants dans les grandes structures.
La rémunération du président est déductible du résultat de l'entreprise. L'administration fiscale peut remettre en cause cette déduction si elle juge la rémunération excessive au regard du travail fourni, sur le fondement de l'acte anormal de gestion.
Si vous dirigez une SAS ou une SASU, les mêmes questions se posent. Notre article sur l'optimisation de la rémunération en SAS et SASU vous aide à trouver le bon équilibre entre salaire et dividendes selon votre situation fiscale personnelle.
Dividendes du président de SA : PFU ou barème progressif ?
Les dividendes perçus par le président de SA relèvent de la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Depuis 2018, ils sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax. Depuis le 1er janvier 2026, ce taux global s'élève à 31,4 %, décomposé ainsi :
- 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu
- 18,6 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS et contribution pour l'autonomie, entrée en vigueur avec la LFSS 2026)
Le président peut toutefois opter chaque année pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Dans ce cas, un abattement de 40 % est appliqué sur le montant des dividendes (qui sont donc imposés sur 60 % de leur montant), et les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
Nouveauté 2026 : la loi de finances pour 2026 a supprimé le caractère irrévocable de l'option pour le barème progressif. Si vous optez pour ce régime lors de votre déclaration et qu'il s'avère finalement moins favorable que le PFU, vous pouvez désormais revenir en arrière. Cette souplesse s'applique à l'imposition des revenus de 2026 et des années suivantes.
PFU ou barème progressif : comment choisir ?
Le choix dépend principalement de votre tranche marginale d'imposition (TMI). Notre article dédié à la comparaison flat tax / barème progressif vous aide à calculer l'option la plus avantageuse selon votre situation. En synthèse :
- TMI à 0 % ou 11 % : le barème progressif avec abattement de 40 % est généralement plus favorable, car votre taux d'imposition est inférieur au taux IR du PFU (12,8 %).
- TMI à 30 % ou plus : le PFU à 31,4 % devient préférable, le barème progressif vous coûtant davantage.
Quels revenus entrent dans la définition des dividendes ?
Par "dividendes", on entend les revenus suivants :
- La distribution de dividendes décidée par l'assemblée des actionnaires
- La distribution exceptionnelle de réserves
- L'acompte ou le solde du boni de liquidation
En revanche, certains revenus sont exclus du bénéfice de l'abattement de 40 % :
- Les remboursements d'apport
- Les rémunérations et avantages occultes
- Les revenus réputés distribués à la suite d'une rectification du résultat fiscal
- Les rémunérations excessives requalifiées en dividendes
Pour simuler le montant net que vous percevrez après application du PFU, utilisez notre calculateur de versement de dividendes.
Le prélèvement forfaitaire non libératoire
Au moment du versement des dividendes, un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % est prélevé à la source par l'établissement payeur. Ce prélèvement constitue un acompte sur l'impôt sur le revenu dû l'année suivante.
Les contribuables dont le revenu fiscal de référence n'excède pas 50 000 € (personnes seules) ou 75 000 € (couples) peuvent demander à être dispensés de ce prélèvement, sur demande auprès de l'établissement payeur avant le 30 novembre de l'année précédant le versement.
Contrairement aux dividendes perçus par le gérant majoritaire de SARL, ceux du président de SA ne sont pas soumis à cotisations sociales, quel que soit leur montant. C'est un levier d'optimisation de rémunération à connaître, notamment pour les exercices bénéficiaires. Pour comprendre comment fonctionne l'imposition des dividendes en SAS et SARL, notre article compare les régimes selon la forme juridique.
Salaire ou dividendes : ce que les chiffres révèlent vraiment
La question revient dans presque toutes les discussions sur la rémunération du président de SA. Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes ? Un exemple concret permet d'y voir plus clair. Prenons le cas d'un président de SA dont la société dégage 100 000 € de bénéfice avant impôt, avec une TMI personnelle à 30 %.
Option 1 : rémunération salariée de 60 000 € bruts
- Charges sociales (patronales et salariales) : environ 27 000 €
- Salaire net perçu : environ 33 000 €
- Impôt sur le revenu (après abattement 10 %, TMI 30 %) : environ 8 900 €
- Net disponible après impôt : environ 24 100 €
Le bénéfice résiduel de la société (40 000 €) est soumis à l'IS, au taux de 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 % au-delà.
Option 2 : dividendes de 60 000 € (bénéfice IS de 80 000 €, IS à 25 %)
- IS payé par la société : environ 20 000 €
- Dividendes distribuables : 60 000 €
- PFU à 31,4 % : environ 18 840 €
- Net disponible après PFU : environ 41 160 €
Dans cet exemple, les dividendes dégagent un net disponible supérieur de plus de 17 000 €. Mais cette comparaison a ses limites : le salaire ouvre des droits à la retraite et à la prévoyance, pas les dividendes. Arbitrer entre les deux, c'est choisir entre revenus immédiats et protection sociale à long terme. Pour approfondir la réflexion selon votre régime d'imposition, notre article sur le choix entre IS et IR vous donne les clés d'analyse.
Un expert-comptable peut vous aider à calculer le mix optimal entre rémunération et dividendes selon votre TMI, votre situation familiale et vos objectifs de retraite. L'optimisation n'est jamais universelle, et les paramètres changent chaque année.
Questions courantes sur le statut du président de SA
Le président de SA a-t-il droit au chômage ?
Non, dans le cas général. Le président de SA est assimilé salarié mais ne cotise pas à France Travail. Il ne peut prétendre aux allocations chômage que s'il cumule son mandat avec un véritable contrat de travail pour des tâches distinctes, avec un lien de subordination réel et sans détenir la majorité du capital avec son groupe familial. En dehors de ce cas précis, une assurance chômage privée reste la seule protection disponible.
Quelle est la différence entre le président de SA et le gérant de SARL sur le plan social ?
Le président de SA est assimilé salarié et relève du régime général de la Sécurité sociale. Le gérant majoritaire de SARL est travailleur non-salarié (TNS) et relève de la Sécurité sociale des Indépendants. Les cotisations TNS sont moins élevées, mais la couverture sociale est aussi moins étendue, notamment pour la retraite et la prévoyance.
Les dividendes perçus par le président de SA sont-ils soumis à des cotisations sociales ?
Non. Contrairement aux dividendes du gérant majoritaire de SARL (soumis aux cotisations TNS au-delà de 10 % du capital), ceux du président de SA ne supportent pas de cotisations sociales. Ils sont soumis uniquement au PFU à 31,4 % (ou au barème progressif sur option), incluant les prélèvements sociaux à 18,6 %.
Comment est fixée la rémunération du président de SA ?
C'est le conseil d'administration qui détermine la rémunération du président. Elle peut inclure une part fixe, une part variable, des jetons de présence et des avantages en nature. L'administration fiscale peut contester une rémunération qu'elle juge manifestement disproportionnée par rapport aux fonctions exercées.
Le président de SA peut-il également être salarié de la société ?
Oui, sous conditions. Il doit exercer des fonctions techniques distinctes de son mandat de direction, et un véritable lien de subordination doit exister. Il ne peut pas détenir, avec son groupe familial, la majorité des actions. Si ces conditions sont réunies, il bénéficie d'un contrat de travail en plus de son mandat, avec les droits salariaux associés, dont l'assurance chômage.
Qu'est-ce que l'abattement de 40 % sur les dividendes et dans quel cas s'applique-t-il ?
L'abattement de 40 % réduit la base imposable des dividendes dans le cadre du barème progressif de l'IR. Il ne s'applique pas si vous choisissez le PFU (flat tax à 31,4 %), qui reste le régime par défaut. Pour en bénéficier, vous devez expressément opter pour le barème progressif sur votre déclaration de revenus. Depuis 2026, cette option est révocable si elle s'avère défavorable après coup.
Le PDG d'une SA a-t-il le même statut que le président ?
Le PDG cumule les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général. Son statut social et fiscal est identique à celui du président de SA : assimilé salarié, cotisations sur la rémunération, dividendes soumis au PFU à 31,4 % ou au barème progressif selon option.
Sources et références
Entreprendre.service-public.fr — https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36007
Entreprendre.service-public.fr — https://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18796
Bpifrance-creation.fr — https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/fiscalite-lentreprise/generalites/regime-fiscal-social-dividendes
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