Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) : Tout savoir

Temps de lecture : 4 min
L'article en bref
  • Les BIC en 2026 : cette catégorie de l'impôt sur le revenu s'applique aux travailleurs indépendants et aux sociétés de personnes.
  • Le micro-BIC : le bénéfice imposable est calculé après abattement forfaitaire de 71 % pour les ventes et 50 % pour les services.
  • Le régime réel BIC : les charges réelles et les amortissements sont déductibles du bénéfice imposable, contrairement au micro-BIC.
  • La plus-value BIC à long terme : elle est imposée au taux global de 31,4 % lorsque le bien est détenu depuis plus de 2 ans.
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Guillaume DELEMARLE

Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

Qu'est-ce que les BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ?

Les Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) désignent une catégorie de revenus de l'impôt sur le revenu qui s'applique aux travailleurs indépendants exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale ou de location meublée. Seules les entreprises individuelles et les sociétés de personnes sont concernées les sociétés de capitaux (SARL, SAS, SA...) relèvent de l'impôt sur les sociétés.

Les BIC s'opposent aux BNC (Bénéfices Non Commerciaux), qui s'appliquent aux professions libérales (médecins, avocats, consultants...). Bien identifier sa catégorie est essentiel : les régimes d'imposition, les obligations comptables et les charges déductibles ne sont pas les mêmes.

Quelles activités relèvent des BIC ?

Trois grandes catégories d'activités sont imposées dans les BIC par nature.

Les activités commerciales regroupent l'achat de biens pour leur revente, les opérations de commission et de courtage, la fourniture de logement et de restauration, et la location de biens meubles.

Les activités industrielles couvrent la production de biens, les opérations de construction, de terrassement, de transport, de manutention et d'extraction de matériaux.

Les activités artisanales concernent les travailleurs indépendants exerçant une activité manuelle qualifiée, dont la valeur repose principalement sur leur travail personnel (plombiers, boulangers, coiffeurs, menuisiers...).

Certaines activités entrent dans les BIC non par nature, mais par décision législative : c'est le cas des profits des marchands de biens, des lotisseurs et des promoteurs immobiliers. Par ailleurs, une entreprise commerciale qui réalise des opérations agricoles ou non commerciales à titre accessoire voit ces revenus également soumis aux BIC — c'est le principe d'imposition par attraction.

Le cas particulier de la location meublée

Contrairement à la location nue (qui relève des revenus fonciers), la location meublée est imposée dans les BIC, qu'elle soit exercée à titre professionnel (LMP) ou non (LMNP). Un logement est considéré comme meublé lorsqu'il dispose des équipements nécessaires à son occupation immédiate : literie, vaisselle, plaques de cuisson, réfrigérateur, table et chaises, rangements, matériel d'entretien et dispositifs d'occultation des fenêtres.

Le régime micro-BIC : seuils et abattements 2026

Le micro-BIC est le régime par défaut pour les petites structures. Il dispense de toute comptabilité commerciale : le bénéfice imposable est calculé automatiquement en appliquant un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires brut, censé couvrir l'ensemble des charges professionnelles.

Type d'activitéSeuil micro-BIC 2026Abattement
Ventes de marchandises, fourniture de logement, restauration203 100 €71 %
Prestations de services commerciales et artisanales83 600 €50 %
Location meublée longue durée (LMNP)83 600 €50 %
Meublés de tourisme classés / chambres d'hôtes77 700 €50 % (était 71 % avant 2025)
Meublés de tourisme non classés15 000 € (était 77 700 €)30 % (était 50 %)

Un abattement minimum de 305 € est garanti, quelle que soit la nature de l'activité. Le revenu imposable obtenu est reporté sur la déclaration 2042 C PRO et intégré au barème progressif de l'impôt sur le revenu du foyer fiscal.

Exemple : un coiffeur (activité artisanale, seuil 83 600 €) réalise 40 000 € de CA en 2026. Abattement de 50 % : 20 000 €. Il est imposé sur 20 000 € au barème de l'IR. S'il avait des charges réelles supérieures à 20 000 €, opter pour le régime réel serait plus avantageux.

Au micro-BIC, il est impossible de déduire des charges réelles ni de pratiquer des amortissements. L'abattement forfaitaire est réputé les couvrir intégralement.

Le régime réel : fonctionnement et charges déductibles

Le régime réel s'applique obligatoirement au-delà des seuils du micro-BIC, ou sur option volontaire exercée avant le 1er février de l'année concernée. Il existe en deux variantes : le réel simplifié (obligations allégées) pour les CA inférieurs à 945 000 € en ventes ou 254 000 € en services, et le réel normal au-delà.

Dans les deux cas, le bénéfice imposable est déterminé par différence entre les produits imposables et les charges déductibles, via une liasse fiscale 2031 déposée chaque année au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai.

Les produits imposables

Les BIC au réel retiennent les créances acquises : certaines dans leur principe et déterminées dans leur montant. Les ventes sont rattachées à l'exercice de livraison. Les prestations de services le sont à l'exercice d'achèvement, sauf pour les prestations continues (loyers, intérêts) ou à échéances successives, où les recettes sont comptabilisées au fur et à mesure de l'exécution.

Les charges déductibles

Toutes les dépenses engagées dans l'activité sont déductibles si elles respectent quatre conditions : être suffisamment justifiées, entraîner une diminution de l'actif net, être exposées dans l'intérêt direct de l'exploitation (ce qui exclut les dépenses personnelles), et ne pas être expressément exclues par la loi (dépenses somptuaires, amendes...).

Les principales charges déductibles sont les achats de marchandises et matières premières, les loyers professionnels, les salaires et charges sociales, les frais de déplacement, les frais de repas pris sur le lieu de travail dans la limite de 19,10 € (avec une décote de 4,95 €), les intérêts d'emprunt contracté pour l'activité, et les frais bancaires professionnels.

Les biens inscrits à l'actif immobilisé (matériel, véhicules, immeubles...) ne sont pas déductibles immédiatement : ils font l'objet d'un amortissement sur leur durée d'utilisation, qui vient réduire le résultat imposable chaque année.

Plus-values et déficits en BIC

Lorsqu'un bien inscrit à l'actif est cédé, il convient de constater une plus-value professionnelle, égale à la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable (valeur d'origine diminuée des amortissements pratiqués).

Deux régimes s'appliquent selon la durée de détention :

  • Plus-value à court terme (bien détenu depuis moins de 2 ans ou amortissements déduits) : intégrée au résultat imposable, imposée au barème progressif de l'IR
  • Plus-value à long terme (bien détenu depuis plus de 2 ans) : imposée au taux de 12,8 % au titre de l'IR, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 %, soit un taux global de 31,4 % en 2026

Plusieurs régimes d'exonération permettent de neutraliser totalement ou partiellement ces plus-values selon les circonstances, notamment l'article 151 septies (petites entreprises), l'article 151 septies A (départ en retraite), l'article 151 septies B (cessions d'immeubles) et l'article 238 quindecies (petites cessions).

Concernant les déficits, ceux issus d'une activité BIC exercée à titre professionnel sont imputables sans limitation sur le revenu global du foyer. En revanche, les déficits d'une activité non professionnelle (LMNP par exemple) ne sont imputables que sur les revenus de même nature des dix années suivantes.

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Questions fréquentes sur les BIC

Quelle différence entre BIC et BNC ?

Les BIC concernent les activités commerciales, industrielles, artisanales et la location meublée. Les BNC s'appliquent aux professions libérales et aux activités intellectuelles non commerciales (médecins, avocats, consultants, formateurs...). Les deux catégories ont des régimes d'imposition et des obligations comptables différents : les BIC utilisent une comptabilité d'engagement, les BNC une comptabilité de trésorerie.

Peut-on opter pour le régime réel en étant sous les seuils du micro-BIC ?

Oui. L'option pour le régime réel est possible à tout moment, exercée avant le 1er février de l'année concernée (ou au moment de la déclaration de revenus). Elle est avantageuse lorsque les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire du micro-BIC, notamment en début d'activité avec des investissements importants ou un emprunt professionnel.

Les BIC s'appliquent-ils aux micro-entrepreneurs ?

Oui. Un micro-entrepreneur exerçant une activité commerciale ou artisanale relève des BIC, au régime micro. Le bénéfice imposable est calculé après abattement forfaitaire et intégré à la déclaration de revenus via le formulaire 2042 C PRO. Ceux ayant opté pour le versement libératoire de l'IR paient un pourcentage fixe sur leur CA directement lors de leur déclaration mensuelle ou trimestrielle à l'URSSAF.

Sources et références

Entreprendre.service-public.fr — https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32919

Economie.gouv.fr — https://www.economie.gouv.fr/entreprises/impot-sur-revenu-bic-bnc

Impots.gouv.fr — https://www.impots.gouv.fr/particulier/les-regimes-dimposition

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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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