- En comptabilité, débit et crédit sont des colonnes, pas des flux d’argent : le débit est à gauche, le crédit à droite, et chaque opération comporte toujours un débit et un crédit du même montant.
- En banque, le sens est différent : un débit = une sortie d’argent de votre compte ; un crédit = une entrée d’argent.
- Règle clé : DAC / CPP : le débit augmente les Actifs et les Charges ; le crédit augmente les Passifs et les Produits.
- Un compte est toujours équilibré : le total des débits doit être égal au total des crédits, sinon l’écriture est incorrecte.
- On enregistre à la facture, pas au paiement (en comptabilité d’engagement) : la dette ou la créance est comptabilisée avant le mouvement bancaire.
- La TVA a sa propre logique : la TVA collectée (sur les ventes) est une dette au crédit ; la TVA déductible (sur les achats) est une créance au débit.
Noté 4,9/5
Débit et crédit : définitions et différences
Définition (compta vs banque)
En comptabilité d'engagement, le débit et le crédit constituent des colonnes d'écriture servant à enregistrer des mouvements dans les comptes. Le débit correspond à la colonne de gauche et le crédit à la colonne de droite. Chaque opération comptable s'inscrit en partie double (un débit dans un compte correspond à un crédit dans un autre compte) : le total des débits est donc égal au total des crédits.
En banque, les termes ont un sens opposé à celui de la comptabilité. Le débit correspond à une sortie d'argent de votre compte et le crédit à une entrée d'argent.
| Comptabilité (entreprise) | Banque (client) | |
|---|---|---|
| Débit | Augmentation de certains comptes (ex : actifs, charges) | Sortie d’argent |
| Crédit | Augmentation d'autres comptes (ex : produits, passifs) | Entrée d’argent |
En comptabilité, les débits et crédits désignent des conventions d'écriture équilibrées.
En banque, ils constituent des flux d'argent visibles sur votre compte.
L'astuce mnémotechnique DAC/CPP pour ne plus se tromper
Lorsqu'on débute en comptabilité, nous avons tendance à confondre les effets du débit et du crédit. Pour ne plus vous tromper, pensez toujours à l'astuce mnémotechnique suivante :
- DAC : le débit augmente les actifs et les charges ;
- CPP : le crédit augmente les passifs et les produits.
Avec l'astuce DAC/CPP, vous savez exactement ce qui augmente au débit et ce qui augmente au crédit.
Concernant les capitaux propres , ils sont assimilés au passif dans la logique comptable. Comme les dettes, ils augmentent au crédit. Pour y voir plus clair, retenez bien la formule : capitaux propres = passif interne.
| Type de compte | Le débit… | Le crédit... |
|---|---|---|
| Actif (banque, caisse…) | Augmente | Diminue |
| Charge (loyer, salaires…) | Augmente | Diminue |
| Passif (emprunts, dettes…) | Diminue | Augmente |
| Produit (ventes, intérêts…) | Diminue | Augmente |
| Capitaux propres (capital…) | Diminue | Augmente |
Comment présenter et lire une écriture comptable ?
Le formalisme : colonnes, pièces, libellés, comptes
Le formalisme d'une écriture comptable
En comptabilité, la convention implique d'indiquer le débit dans la colonne de gauche et le crédit dans celle de droite. Chaque écriture comptable comporte plusieurs champs obligatoires :
- La date : elle correspond à la date de l'opération ou de l'enregistrement.
- Le numéro et/ou le libellé : il s'agit d'une courte description de l'opération. Ex : des achats de fournitures…
- La pièce : elle désigne la référence du justificatif (facture, reçu de la transaction…).
- Le compte : c'est le numéro et l'intitulé du compte impacté. Ex : 606 = achats.
- Le montant : c'est la somme inscrite au débit et au crédit.
- Le débit/crédit : on parle de la colonne qui indique le sens de l'écriture selon le type de compte.
Exemple concret d'une écriture comptable simple :
Supposons que vous achetiez des fournitures de bureau pour un montant de 120 € TTC, réglées par carte bancaire.
| Date | Libellé | Pièce | Compte | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|---|---|
| 06/10/2025 | Achat fournitures | FAC123 | 6063 - Fournitures | 100,00 | |
| 06/10/2025 | Achat fournitures | FAC123 | 44566 - TVA déductible | 20,00 | |
| 06/10/2025 | Paiement CB | FAC123 | 512 - Banque | 120,00 |
On constate donc que l'écriture est équilibrée : le total des débits est égal à 120 € et le total des crédits est égal à 120 € également.
Le solde débiteur vs le solde créditeur
Une fois que vous avez enregistré toutes les transactions, vous devez calculer le solde de tous les comptes. Le principe consiste à calculer la différence entre le total des montants des crédits et celui des débits dans chaque compte.
Si le total des débits est supérieur à celui des crédits, on dit que le solde est débiteur. C'est le cas typique des comptes d'actifs ou de charges.
Si le total des crédits est supérieur à celui des débits, on dit que le solde est créditeur. C'est le cas typique des comptes de passif, produits ou capitaux propres.
Matrice visuelle : bilan vs résultat, effets du débit/crédit
Pour comprendre les effets du débit et du crédit, il convient de distinguer le bilan et le compte de résultat.
Le bilan correspond à ce que l'entreprise possède (c'est l'actif) et ce qu'elle doit (le passif) à l'instant T.
| Bilan | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| Actif | Augmente | Diminue |
| Passif | Diminue | Augmente |
Le compte de résultat retrace les revenus (produits) et les dépenses de l'entreprise (les charges).
| Résultat | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| Charges | Augmente | Diminue |
| Produits | Diminue | Augmente |
Pour mieux comprendre, visualisez la matrice 2x2 suivante :
| Débit (↑) | Crédit (↑) | |
|---|---|---|
| Bilan | Actif ↑ / Passif ↓ | Actif ↓ / Passif ↑ |
| Résultat | Charges ↑ / Produits ↓ | Charges ↓ / Produits ↑ |
À travers cette matrice, vous comprenez donc que le débit favorise les actifs et les charges tandis que le crédit favorise les passifs et les produits.
Le débit ou crédit en 4 questions
Identifier la nature du compte (actif, passif, charge, produit)
Pour savoir si un compte doit être débité ou crédité, vous devez identifier la nature du compte et ce que vous en faites. Posez-vous les 4 questions qui suivent.
Règle n°1 : identifier la nature du compte
Identifiez le type de compte concerné :
- Actif : ex. banque, caisse, stock, matériel
- Passif : ex. dettes, emprunts, fournisseurs
- Charge : ex. loyers, achats, salaires
- Produit : ex. ventes, subventions, intérêts
Retenez bien la règle de base : le débit augmente les actifs et les charges (DAC) et le crédit augmente le passif et les produits (CPP).
Règle n°2 : Le solde augmente-t-il ou diminue-t-il ?
Il s'agit d'observer l'effet de l'opération sur le compte :
- Si c’est un actif ou une charge qui augmente, c'est un débit.
- Si c’est un actif ou une charge qui diminue, c'est un crédit.
- Si c’est un passif ou un produit qui augmente, c'est un crédit.
- Si c’est un passif ou un produit qui diminue, c'est un débit.
Exemple concret :
Supposons que vous remboursez un emprunt.
Le compte de banque (actif) diminue, c'est un crédit.
Le compte de dettes (passif) diminue, c'est un débit.
Règle n°3 : flux à la facture ou au paiement ?
En comptabilité d'engagement, on enregistre à la facture, pas au paiement.
Exemple concret :
Vous recevez une facture de votre fournisseur d'un montant de 500 €. Vous débitez donc le compte de charge (achats) et créditez le compte fournisseur (dette). Au moment de payer la facture, vous débitez le compte fournisseur (puisque la dette diminue) et vous créditez le compte banque (car l'actif diminue).
Ici, une opération correspond à deux écritures à deux moments différents.
Règle n°4 : la question de la TVA collectée ou déductible
La TVA créée des mouvements spécifiques :
| Type de TVA | Situation | Comptabilisation |
|---|---|---|
| TVA collectée (44571) | Sur les ventes (vous la devez à l'Etat) | Crédit (passif) |
| TVA déductible (44566) | Sur les achats (vous la récupérez) | Débit (actif) |
La TVA collectée représente donc une dette envers l'État. Or une dette correspond au passif, elle augmente donc au crédit.
La TVA déductible représente une créance sur l'État qui constitue un actif. Elle augmente donc au débit.
Cas particulier du compte banque (512)
Le compte 512 banque est un compte d'actif. Lorsque votre solde bancaire augmente, il est débité. Lorsque vous payez, il est crédité. Si votre compte bancaire est à découvert, il devient un passif. iI augmente donc au crédit et diminue au débit.
Notre check-list anti-erreurs
Les erreurs de débit et de crédit sont très courantes. C'est pourquoi, nous vous proposons une check-list rapide pour éviter les confusions les plus fréquentes.
| Erreur courante | Description de l’erreur | Conséquence / Garantie si correcte |
|---|---|---|
| 1. Inversion du compte Banque (512) | Le compte Banque est un actif : certains le créditent quand ils reçoivent de l’argent. | Si bien utilisé : débit = encaissement, crédit = paiement → le solde bancaire reste juste. |
| 2. Confusion TVA déductible / collectée | La TVA déductible (44566) et la TVA collectée (44562) sont souvent inversées. | Si bien distinguées : la TVA collectée = dette envers l’État, déductible = créance → déclaration correcte. |
| 3. Produits enregistrés au débit | Inscrire les ventes ou revenus au débit au lieu du crédit. | Si bien fait : les produits augmentent au crédit, le résultat est exact. |
| 4. Contrepartie manquante | Une seule ligne saisie (débit ou crédit seul). | Si bien fait : chaque opération a au moins un débit et un crédit → écriture équilibrée et valide. |
| 5. Dates ou pièces incohérentes | Mauvaise date d’écriture ou pièce justificative manquante. | Si bien renseigné : la traçabilité et la chronologie comptable sont assurées. |
| 6. Totaux déséquilibrés | Le total des débits ≠ total des crédits. | Si bien équilibré : le bilan reste juste et le logiciel accepte l’écriture. |
10 cas pratiques (avec TVA quand applicable)
Achat de marchandises à crédit puis paiement (607/44566/401 → 401/512)
Contexte :
Une entreprise achète des marchandises pour 1 000 € HT à crédit, avec une TVA à 20 %. Le règlement intervient quelques jours plus tard par virement bancaire.
Tout d'abord, on comptabilise l'achat à la réception de la facture :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 607 | Achats de marchandises | 1 000 | |
| 44566 | TVA déductible sur autres biens et services | 200 | |
| 401 | Fournisseurs | 1 200 |
Explication :
L’achat de marchandises est une charge, ce qui augmente au débit.
La TVA déductible est un actif, ce qui augmente au débit.
La dette fournisseur est un passif, ce qui augmente au crédit.
Quelques jours plus tard, la facture est réglée par virement bancaire. On comptabilise donc le paiement du fournisseur :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 401 | Fournisseurs | 1 200 | |
| 512 | Banque | 1 200 |
Explication :
La dette fournisseur diminue, on débite le passif.
La banque (actif) diminue, on crédite l’actif.
Vente de produits puis encaissement (411/7xx/44571 → 512/411)
Contexte :
Une entreprise vend des produits finis pour 1 000 € HT, avec une TVA de 20 %.
Le client règle la facture quelques jours plus tard par virement bancaire.
En premier lieu, on comptabilise la vente à la facture :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 411 | Clients | 1 200 | |
| 7xx | Ventes de produits | 1 000 | |
| 44571 | TVA collectée | 200 |
Explications :
Le client doit de l'argent à l'entreprise, ce qui augmente son actif (débit).
La vente constitue un revenu pour l'entreprise (produit), les produits augmentent au crédit, donc on crédite le compte 7xx.
La TVA est facturée au client, elle est encaissée pour le compte de l'État (dette envers l'État = passif). Elle est donc créditée dans le compte 44571 TVA collectée.
À ce stade, seul le revenu et la créance client sont constatés, pas encore le paiement.
On comptabilise ensuite l'encaissement du client :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 512 | Banque | 1 200 | |
| 411 | Clients | 1 200 |
Explication :
L'argent du client arrive sur le compte bancaire de l'entreprise, ce qui augmente l'actif. On débite ainsi le compte 512.
En payant, le client ne doit plus rien à l'entreprise, la créance diminue et on crédite ainsi le compte 411 clients.
Le paiement annule la créance et augmente la trésorerie.
Subvention perçue (association/entreprise) (512/740 ou 4417/740/512 si différée)
Contexte :
Une entreprise ou association reçoit une subvention de 5 000 €.
Cas n°1 : la subvention est encaissée immédiatement
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 512 | Banque | 5 000 | |
| 740 | Subventions d’exploitation | 5 000 |
Explications :
L’argent arrive sur le compte bancaire => l'actif (512) augmente => Débit
Le revenu augmente => Produit (740) => Crédit
La subvention est acquise, donc elle est enregistrée comme un produit immédiat.
Cas n°2 : la subvention est perçue d'avance
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 512 | Banque | 5 000 | |
| 487 | Produits constatés d'avance | 5 000 |
Puis quand la subvention est acquise :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 487 | Produits constatés d'avance | 5 000 | |
| 740 | Subventions d’exploitation | 5 000 |
Explications :
À la réception, la subvention n'est pas encore acquise => crédit 487 (passif). Lorsqu’elle est acquise, la somme est transférée vers le produit (740).
Salaires et charges sociales (641/421 → 421/512; 645/431/437)
Contexte :
L’entreprise verse des salaires bruts de 3 000 €.
Les cotisations salariales s’élèvent à 900 € et les charges patronales à 1 200 €.
Le salaire net (2 100 €) est payé par virement.
On comptabilise d'abord le salaire brut :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 641 | Rémunérations du personnel | 3 000 | |
| 421 | Personnel – rémunérations dues | 2 100 | |
| 431 | Sécurité sociale | 600 | |
| 437 | Autres organismes sociaux | 300 |
Explications :
- Les salaires sont une charge, on débite donc le compte 641.
- Les dettes envers les salariés et organismes sociaux sont des passifs => crédit.
On procède au paiement du salaire net :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 421 | Personnel – rémunérations dues | 2 100 | |
| 512 | Banque | 2 100 |
Explications :
- La banque (actif) diminue => crédit.
- La dette envers le salarié (passif) diminue => débit.
Enfin, on comptabilise les charges patronales :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 645 | Charges sociales patronales | 1 200 | |
| 431 | Sécurité sociale | 1 200 |
Explications :
- Les charges patronales sont une charge => débit 645.
- La dette envers les organismes sociaux augmente => crédit 431.
Immobilisation et amortissement (2xx/404/44562 → 404/512; 6811/281xx)
Contexte :
- L’entreprise achète une machine pour 10 000 € HT, avec TVA 20 %.
- L’achat est à crédit, puis réglé par virement.
- La machine est amortie sur 5 ans (soit 2 000 € par an).
On comptabilise l'achat de l'immobilisation (à la facture) :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 215 | Matériel industriel | 10 000 | |
| 44562 | TVA déductible sur immobilisations | 2 000 | |
| 404 | Fournisseurs d’immobilisations | 12 000 |
Explications :
- La machine devient un actif durable => débit du compte 215.
- La TVA déductible est une créance sur l’État => débit 44562.
- La dette envers le fournisseur augmente => crédit 404.
On comptabilise le paiement du fournisseur :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 404 | Fournisseurs d’immobilisations | 12 000 | |
| 512 | Banque | 12 000 |
Explications :
- La dette fournisseur diminue => débit.
- La banque (actif) diminue => crédit.
En dernier lieu, on comptabilise la dotation annuelle à l'amortissement :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 6811 | Dotations aux amortissements | 2 000 | |
| 2815 | Amortissements du matériel industriel | 2 000 |
Explications :
- L’amortissement est une charge non décaissée => débit 6811.
- Il réduit la valeur du bien => crédit 2815 (compte d’amortissement, actif négatif).
Provisions (6815/151xx) et reprises (151xx/7815)
Contexte :
En fin d’exercice, l’entreprise anticipe un risque de perte de 3 000 € (litige client).
Elle constitue une provision.
L’année suivante, le risque disparaît : elle reprend la provision.
On commence par la constitution de la provision :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 6815 | Dotations aux provisions d’exploitation | 3 000 | |
| 1515 | Provisions pour litiges | 3 000 |
Explications :
- La dotation est une charge => débit du compte 6815.
- La provision est une dette probable, c'est un passif, on crédite le compte 1515.
- Le résultat diminue (charge), mais le bilan augmente du côté du passif (provision).
On enregistre ensuite la reprise de la provision (l'année suivante) :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 1515 | Provisions pour litiges | 3 000 | |
| 7815 | Reprises sur provisions d’exploitation | 3 000 |
Explications :
- Le risque disparaît => la provision (passif) diminue => débit.
- La reprise devient un produit => crédit du compte 7815.
- Le résultat augmente (produit), et le bilan diminue (passif supprimé).
Acomptes fournisseurs et clients (4091/512; 4191/512; régularisation)
Contexte :
Une entreprise verse un acompte de 1 000 € TTC à un fournisseur.
Plus tard, elle reçoit la facture finale.
Inversement, elle perçoit aussi un acompte client de 600 € TTC.
Nous verrons les deux sens de l’opération et la TVA correspondante.
On comptabilise l'acompte versé au fournisseur :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 4091 | Fournisseurs – avances et acomptes versés | 833,33 | |
| 44566 | TVA déductible sur autres biens et services | 166,67 | |
| 512 | Banque | 1 000 |
Explications :
- L’acompte est une créance sur le fournisseur => actif => débit 4091.
- La TVA est déductible à ce stade => débit 44566.
- La banque diminue => crédit 512.
- Cet acompte réduit le futur montant de la facture.
- On enregistre ensuite la réception de la facture finale :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 607 | Achats de marchandises | 2 000 | |
| 44566 | TVA déductible | 400 | |
| 4091 | Acomptes versés | 833,33 | |
| 401 | Fournisseurs | 1 566,67 |
Explications :
- On solde l’acompte reçu, on crédite le compte 4091.
- On comptabilise la facture totale et la TVA correspondante.
- Le solde dû au fournisseur est diminué de l’acompte.
On comptabilise l'acompte reçu du client :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 512 | Banque | 600 | |
| 4191 | Clients – avances et acomptes reçus | 500 | |
| 44571 | TVA collectée | 100 |
Explications :
- L'entreprise encaisse l’argent, on débite le compte 512.
- L’acompte reçu est une dette envers le client, c'est un passif, on crédite le compte 4191.
- Elle doit reverser la TVA collectée, on crédite le compte 44571.
On comptabilise la facture finale au client :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 411 | Clients | 1 200 | |
| 4191 | Acomptes reçus | 500 | |
| 44571 | TVA collectée | 200 | |
| 7xx | Ventes | 1 000 |
Logique :
L’acompte reçu est soldé, on débite le compte 4191.
On constate la vente et la TVA finale.
Charges et produits constatés d’avance (486/6xx; 487/7xx)
Contexte :
L’entreprise paie un loyer annuel de 12 000 € TTC le 1er octobre, couvrant la période d'octobre N à septembre N+1.
À la clôture (31 décembre N), 9 mois concernent l’exercice suivant, il faut étaler la charge.
Même principe pour un produit constaté d’avance, mais en sens inverse.
On comptabilise la charge à la facture :
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 613 | Loyers et charges locatives | 10 000 | |
| 44566 | TVA déductible | 2 000 | |
| 512 | Banque | 12 000 |
Explications :
- Le loyer est une charge, on débite le compte 613.
- La TVA est déductible, on débite le compte 44566.
- Le paiement réduit la banque, on crédite le compte 512.
Clôture : part à reporter (charges constatées d’avance) :
9 mois sur 12 concernent l’exercice suivant => 10 000 × 9/12 = 7 500 € à reporter
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 486 | Charges constatées d’avance | 7 500 | |
| 613 | Loyers et charges locatives | 7 500 |
Explications :
La part non consommée du loyer devient un actif (avantage futur), on débite le compte 486.
On réduit la charge de l’exercice, on crédite le compte 613.
Cas inverse - produit constaté d'avance :
Une entreprise encaisse 12 000 € TTC de loyers pour 12 mois à venir.
À la clôture, 9 mois sont à reporter : 12 000 × 9/12 = 9 000 €
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 7xx | Produits | 9 000 | |
| 487 | Produits constatés d’avance | 9 000 |
Explications :
La part non acquise du revenu devient une dette, on crédite le compte 487.
On réduit le produit de l’exercice, on débite le compte 7xx.
Intérêts et escomptes (661/512; 765/512; escompte obtenu/donné)
Contexte (deux cas à distinguer) :
Escompte obtenu => réduction accordée par le fournisseur.
Escompte accordé (ou donné) => réduction accordée au client.
On traite aussi le cas des intérêts bancaires liés à un emprunt ou un découvert.
On enregistre l'escompte obtenu (réduction fournisseur) :
L'entreprise règle une facture de 1 000 € avec 2 % d’escompte pour paiement anticipé.
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 401 | Fournisseurs | 1 000 | |
| 512 | Banque | 980 | |
| 765 | Escomptes obtenus | 20 |
Explications :
- La dette fournisseur diminue, on débite le compte 401.
- La banque (actif) diminue, on crédite le compte 512.
- L’escompte obtenu est un produit financier, on crédite le compte 765.
- L’entreprise gagne 20 € grâce au paiement anticipé.
On comptabilise l'escompte accordé (réduction client) :
On encaisse une facture client de 1 000 € en accordant 2 % d’escompte.
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 512 | Banque | 980 | |
| 665 | Escomptes accordés | 20 | |
| 411 | Clients | 1 000 |
Explications :
Vous encaissez moins, le compte banque (512) est débité de 980 €.
L’escompte accordé est une charge financière, on débite le compte 665.
Le client (411) est soldé, on crédite 1 000 €.
Vous perdez 20 € sur le règlement pour fidéliser ou accélérer le paiement.
On comptabilise les intérêts bancaires :
La banque prélève 50 € d’intérêts sur le compte courant.
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 661 | Intérêts bancaires | 50 | |
| 512 | Banque | 50 |
Explications :
- Les intérêts sont une charge financière, on débite le compte 661.
- La banque (actif) diminue, on crédite le compte 512.
Découvert bancaire et frais (512 créditeur; 519; 627)
Contexte :
L’entreprise présente un découvert bancaire de 2 000 €.
La banque prélève des intérêts (100 €) et des frais (20 €).
On illustre ici le cas particulier où le compte 512 Banque devient créditeur.
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 661 | Intérêts bancaires | 100 | |
| 627 | Services bancaires et assimilés | 20 | |
| 512 | Banque | 120 |
Explications :
Les intérêts et frais sont des charges => débit (661 et 627).
La banque (actif) diminue => crédit (512).
Le solde du 512 devient créditeur, représentant le découvert (aucune écriture via le 519).
Focus sur les associations et BNC
Comptabilité de trésorerie vs d’engagement
Il existe deux types de comptabilité pour les associations et les BNC : la comptabilité de trésorerie et la comptabilité d'engagement.
La comptabilité de trésorerie
La comptabilité de trésorerie se base sur les mouvements entrants et sortants du compte bancaire de l'association. Les dépenses et les recettes de l'association sont enregistrées de manière chronologique sur un logiciel de comptabilité d'association. La comptabilité de trésorerie peut être tenue en partie simple (les encaissements et décaissements sont enregistrés sans utiliser de numéros de compte) ou bien en partie double (les encaissements et décaissements sont enregistrés avec des comptes de contrepartie).
La comptabilité d'engagement
La comptabilité d'engagement ne se limite pas aux mouvements sur le compte bancaire de l'association, mais prend aussi en compte les recettes et dépenses prévues. Les opérations ne sont donc pas enregistrées au moment de leur apparition sur le compte bancaire, mais à l'instant où elles sont officiellement contractées. La comptabilité d'engagement offre ainsi une meilleure vision des besoins financiers futurs de l'association.
Subventions, cotisations, dépenses subventionnées
Les subventions (compte 740)
Les subventions reçues par une association ou une entreprise BNC sont comptabilisées comme des produits d’exploitation.
Elles s’enregistrent dans le compte 740 - Subventions d’exploitation.
Exemple :
L’association reçoit une subvention de 5 000 € versée sur son compte bancaire.
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 512 | Banque | 5 000 | |
| 740 | Subventions d’exploitation | 5 000 |
Si la subvention est reçue avant d’être acquise (par exemple conditionnelle), elle est d’abord enregistrée en 4419 – Avances et acomptes reçus sur subventions, puis transférée en 740 – Subventions d’exploitation une fois acquise.
Les cotisations des adhérents (compte 756)
Les cotisations des membres constituent aussi un produit d’exploitation, enregistré dans le compte 756 - Cotisations des adhérents.
Exemple :
Des adhérents versent 2 000 € de cotisations.
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 512 | Banque | 2 000 | |
| 756 | Cotisations des adhérents | 2 000 |
Ces montants ne sont pas soumis à TVA dans la plupart des cas, car il ne s’agit pas d’une activité commerciale.
Les dépenses subventionnées
Quand une dépense est financée par une subvention, il faut pouvoir relier la dépense à la ressource correspondante.
Exemple :
Une association achète du matériel pour 3 000 €, financé par la subvention reçue.
| Compte | Intitulé | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 2183 | Matériel de bureau | 3 000 | |
| 512 | Banque | 3 000 |
Bon à savoir : le lien entre la subvention (compte 740) et la dépense (2183) doit être justifié par une pièce comptable (facture, convention, courrier d’attribution, etc.).
Voici la liste des justificatifs à conserver pour chaque subvention et dépense associée :
- La convention ou lettre d’attribution de la subvention.
- Les factures ou devis des dépenses financées.
- Le relevé bancaire prouvant la réception ou le paiement.
Ces justificatifs sont indispensables pour les contrôles de financeurs publics ou les commissaires aux comptes.
Questions courantes sur le débit et crédit en comptabilité
Quelle est la différence entre débit et crédit en comptabilité et en banque ?
En comptabilité, le débit et le crédit servent à enregistrer les mouvements dans les comptes. Ce ne sont pas des flux entrants ou sortants d'argent. Selon le principe de la partie double, chaque opération a un débit et un crédit égaux. En banque, la logique est inversée du point de vue du client : lorsque le compte est crédité, le solde augmente et lorsqu'il est débité, le solde diminue.
Comment distinguer un compte débiteur d'un compte créditeur ?
On commence par identifier le type de compte pour savoir s'il représente ce que l'entreprise possède (actif) ou ce qu'elle doit (passif), ou bien une charge ou un produit. On observe ensuite le sens du mouvement, le solde du compte en dépend. Enfin, on vérifie la contrepartie : le compte débiteur correspond au flux qui entre dans l'entreprise et le compte créditeur correspond au flux qui sort. C'est le système de la comptabilité en partie double.
Que signifie un solde débiteur/créditeur sur un compte ?
Pour un compte d'actif, un solde débiteur indique que l'entreprise possède une ressource ou une créance.
Pour un compte de passif, un solde créditeur signifie que l'entreprise doit une dette à un tiers.
Pour un compte de charges, un solde débiteur indique une dépense qui diminue le résultat. Pour un compte de produits, un solde créditeur indique un revenu qui augmente le résultat (le cas d'une vente par exemple).
Sources et références :
Legifrance.gouv.fr - Code des communes : TITRE 4 : Comptabilité
Economie.gouv.fr - Informatisation des liaisons comptables entre l'A.C.C.T. et les P.N.C. via les T.G.
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