L'article en bref
- Cotisation retraite auto-entrepreneur : environ 43 à 50 % du prélèvement micro-social finance la retraite obligatoire.
- Zéro CA déclaré : aucune cotisation prélevée et aucun trimestre retraite validé sur la période.
- Trimestres validés : 4 maximum par an, selon le chiffre d'affaires et l'activité.
- Pension modeste : un consultant à 35 000 € pendant 25 ans espère environ 720 € mensuels.
- Trois pistes : le PER, le cumul emploi-retraite et le passage en société améliorent vos droits.
- Passer en société avec L-Expert-Comptable.com : le cabinet crée votre entreprise à 0 € (hors frais légaux).
Sommaire
Micro-entrepreneurs : passez en société !
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Je souhaite passer en sociétéComment fonctionne la cotisation retraite en auto-entreprise ?
Chaque mois ou chaque trimestre, vous déclarez votre chiffre d'affaires et vous payez une cotisation unique. Une partie de cette somme finance directement votre retraite de base et votre retraite complémentaire obligatoire.
Le régime micro-social : un prélèvement unique qui inclut la retraite
Le régime micro-social simplifie tout : vous payez un seul pourcentage sur votre chiffre d'affaires (CA), et l'URSSAF répartit automatiquement cette somme entre les différentes branches de protection sociale (maladie, retraite, allocations familiales, CSG-CRDS).
Vous ne voyez pas la ventilation sur votre déclaration. Pourtant, une part significative de votre cotisation, environ 43 à 50 % selon votre activité, est fléchée vers la retraite de base et la retraite complémentaire obligatoire.
La règle est simple : pas de CA déclaré = pas de cotisation prélevée = aucun droit retraite acquis. C'est la grande différence avec un indépendant au régime réel, qui paie des cotisations minimales même sans bénéfice. En micro-entreprise, vos droits retraite sont strictement proportionnels à votre chiffre d'affaires.
Cotisations retraite auto-entrepreneur : comment sont-elles réparties ?
Voici la ventilation indicative du taux de cotisation pour chaque catégorie d'activité. Ce tableau montre où va chaque euro cotisé :
| Poste de cotisation | BIC vente | BIC prestation | BNC non réglementé (SSI) | BNC réglementé (CIPAV) |
|---|---|---|---|---|
| Maladie-maternité | 3,20 % | 5,55 % | 6,50 % | 6,10 % |
| Invalidité-décès | 0,50 % | 0,85 % | 1,00 % | 0,90 % |
| Retraite de base | 3,50 % | 6,10 % | 7,60 % | 6,60 % |
| Retraite complémentaire | 1,40 % | 2,40 % | 3,60 % | 3,00 % |
| Allocations familiales | 0,10 % | 0,10 % | 0,10 % | 0,10 % |
| CSG-CRDS | 3,60 % | 6,20 % | 7,30 % | 6,50 % |
| Formation professionnelle (en sus) | 0,10 % | 0,20 % | 0,20 % | 0,20 % |
| TOTAL | 12,40 % | 21,40 % | 26,30 % | 23,40 % |
Le taux micro-social couramment cité (12,3 %, 21,2 %, etc.) n'inclut pas la contribution à la formation professionnelle (CFP), qui s'ajoute en sus.
La part retraite (base + complémentaire) varie de 60 à 69 % du taux micro-social selon l'activité. Pour un prestataire BIC à 21,2 %, cela signifie que 13,4 points de pourcentage sur 21,20 financent sa retraite. Le reste couvre la maladie, l'invalidité, les allocations familiales et la CSG-CRDS.
Cette ventilation détermine le « revenu cotisé » retenu par votre caisse de retraite. Ce n'est pas votre CA brut qui compte pour le calcul de votre pension, mais le revenu reconstitué après abattement forfaitaire (71 % en BIC vente, 50 % en BIC prestation, 34 % en BNC).
Zéro CA déclaré = zéro trimestre validé. Même si votre statut d'auto-entrepreneur reste actif, l'absence de chiffre d'affaires sur une période signifie qu'aucune cotisation n'est prélevée et qu'aucun droit retraite n'est acquis.
Quels sont les taux de cotisation retraite par activité ?
Le taux global de cotisation micro-social dépend de la nature de votre activité. Certains taux sont stables depuis plusieurs années, d'autres augmentent progressivement dans le cadre de la réforme de la retraite complémentaire des indépendants.
Les taux pour les activités BIC (vente et prestation de services)
Les auto-entrepreneurs en BIC bénéficient de taux stables :
- BIC vente de marchandises (achat-revente, hébergement, restauration) : 12,3 % du CA
- BIC prestation de services (artisanale et commerciale) : 21,2 % du CA
Ces taux n'ont pas évolué avec la réforme de la retraite complémentaire. Ils restent identiques de 2024 à 2027.
Concrètement, pour 1 000 € de CA en prestation de services BIC, vous payez 212 € de cotisations, dont environ 134 € financent votre retraite (base + complémentaire). En BIC vente, pour 1 000 € de CA, la cotisation est de 123 €, dont environ 77 € pour la retraite.
L'écart de taux entre vente et prestation s'explique par l'abattement forfaitaire : 71 % en BIC vente contre 50 % en BIC prestation. Le revenu reconstitué est plus faible en vente, donc le taux sur le CA l'est aussi.

Les taux pour les activités BNC (libérales)
C'est ici que les choses bougent. Les professions libérales non réglementées (affiliées SSI) voient leur taux augmenter progressivement entre 2024 et 2026 :
| Catégorie d'activité | 2024 | 2025 | 2026 | 2027 |
|---|---|---|---|---|
| BIC vente | 12,3 % | 12,3 % | 12,3 % | 12,3 % |
| BIC prestation | 21,2 % | 21,2 % | 21,2 % | 21,2 % |
| BNC non réglementé (SSI) | 23,1 % | 24,6 % | 25,6 % | 25,6 % |
| BNC réglementé (CIPAV) | 23,2 % | 23,2 % | 23,2 % | 23,2 % |
Les professions libérales réglementées affiliées à la CIPAV ne sont pas concernées par cette hausse : leur taux reste à 23,2 %.
La contrepartie de cette augmentation est directe : les BNC non réglementés accèdent au Régime Complémentaire des Indépendants (RCI), qui leur ouvre des droits à pension complémentaire. Avant la réforme, ces auto-entrepreneurs n'avaient quasiment aucune retraite complémentaire.
Exemple : Un consultant BNC non réglementé à 30 000 € de CA annuel paie 6 930 € de cotisations en 2024 (23,1 %). En 2026, il paie 7 830 € (26,1 %), soit 900 € de plus par an. Cette différence finance des points de retraite complémentaire qui augmentent sa future pension de plusieurs dizaines d'euros par mois.
La hausse progressive des taux BNC (hors CIPAV) entre 2024 et 2026 n'est pas une charge supplémentaire sans contrepartie : elle finance l'accès au RCI, qui augmente mécaniquement vos droits à pension future. Avant cette réforme, les BNC non réglementés n'avaient quasiment aucune retraite complémentaire.
À quelle caisse de retraite êtes-vous rattaché ?
Votre caisse de retraite dépend de la nature de votre activité. Deux régimes coexistent : la Sécurité sociale des indépendants (SSI) pour la grande majorité des auto-entrepreneurs, et la CIPAV pour certaines professions libérales réglementées.
La Sécurité sociale des indépendants (SSI / ex-RSI)
Le RSI (Régime Social des Indépendants), devenu SSI, gère la retraite de la grande majorité des auto-entrepreneurs : commerçants, artisans, prestataires de services BIC et professions libérales non réglementées.
Votre retraite de base est gérée par l'Assurance retraite (CNAV au niveau national, CARSAT en région). Elle fonctionne en annuités, exactement comme le régime général des salariés : vous validez des trimestres en fonction de votre revenu cotisé, et votre pension est calculée à partir de votre revenu annuel moyen (RAM).
Votre retraite complémentaire est gérée par le RCI (Régime Complémentaire des Indépendants). Ce régime fonctionne en points : vos cotisations achètent des points chaque année, et votre pension complémentaire correspond au total de vos points multiplié par la valeur de service du point au moment de votre départ.
La CIPAV : quelles professions libérales sont concernées ?
Depuis 2018, seule une liste fermée de professions libérales réglementées reste affiliée à la CIPAV. Tous les autres auto-entrepreneurs, y compris les libéraux non réglementés, sont affiliés à la SSI par défaut.
Les professions affiliées à la CIPAV :
- Architecte et architecte d'intérieur
- Géomètre-expert
- Ingénieur-conseil
- Moniteur de ski
- Guide de haute montagne
- Ostéopathe
- Psychologue et psychothérapeute
- Ergothérapeute
- Diététicien
- Chiropracteur
- Expert devant les tribunaux
- Expert automobile
- Guide-conférencier
- Artiste non affilié à la MDA ou à l'Agessa
Si votre profession ne figure pas dans cette liste et que vous exercez en libéral, vous êtes automatiquement affilié à la SSI.
Les auto-entrepreneurs libéraux inscrits avant 2018 et affiliés à la CIPAV peuvent exercer un droit d'option pour basculer vers la SSI. La retraite complémentaire CIPAV fonctionne aussi en points, mais avec un barème et une valeur de service différents du RCI.
En cas de doute sur votre caisse de rattachement, l'information figure sur votre espace personnel Urssaf.
Combien de trimestres validez-vous selon votre chiffre d'affaires ?
Le nombre de trimestres retraite que vous validez chaque année dépend directement de votre CA déclaré. Le maximum est de 4 trimestres par an, quel que soit le montant de votre chiffre d'affaires au-delà du seuil.
Les seuils de CA pour valider 1, 2, 3 ou 4 trimestres
Voici les seuils de CA annuel minimum pour valider des trimestres retraite (valeurs indicatives, revalorisées chaque année en fonction du SMIC) :
| Nombre de trimestres | BIC vente | BIC prestation | BNC |
|---|---|---|---|
| 1 trimestre | 6 217 € | 3 606 € | 2 732 € |
| 2 trimestres | 12 434 € | 7 212 € | 5 464 € |
| 3 trimestres | 18 651 € | 10 818 € | 8 196 € |
| 4 trimestres | 24 868 € | 14 424 € | 10 928 € |
La logique de calcul est la suivante : pour valider 1 trimestre, votre revenu cotisé doit atteindre 150 fois le SMIC horaire brut (soit environ 1 800 €). Le seuil de CA correspondant est obtenu en divisant ce montant par (1 - taux d'abattement forfaitaire).
Formule : CA minimum = (150 × SMIC horaire) / (1 - abattement forfaitaire)
Avec un SMIC horaire d'environ 12,00 € et un abattement de 34 % (BNC), le seuil pour 1 trimestre est : 1 800 / 0,66 = 2 727 €, arrondi à 2 730 €. Le SMIC étant revalorisé chaque année, ces seuils évoluent légèrement.
Pourquoi un commerçant et un libéral ne valident pas le même nombre de trimestres au même CA
L'abattement auto-entrepreneur crée un écart significatif entre les catégories d'activité. Prenons deux profils avec le même CA annuel de 15 000 € :
Profil A : Commerçant BIC vente
- Abattement : 71 %
- Revenu cotisé : 15 000 × 0,29 = 4 350 €
- Seuil 2 trimestres : 12 434 € de CA (revenu cotisé de 3 606 €)
- Seuil 3 trimestres : 18 651 € de CA
- Résultat : 2 trimestres validés
Profil B : Consultant BNC
- Abattement : 34 %
- Revenu cotisé : 15 000 × 0,66 = 9 900 €
- Seuil 4 trimestres : 10 928 € de CA (revenu cotisé de 7 212 €)
- Résultat : 4 trimestres validés
À CA identique, le consultant valide le double de trimestres. Sur 10 ans, cela fait 20 trimestres pour le commerçant contre 40 pour le consultant. Cette différence allonge considérablement la durée de cotisation nécessaire pour atteindre le taux plein en BIC vente.
Si vous cumulez une activité salariée et une micro-entreprise, les trimestres validés au titre de chaque activité ne s'additionnent pas au-delà de 4 par an. Les revenus cotisés, en revanche, se cumulent pour le calcul de votre pension. Pour en savoir plus sur ce cumul, consultez notre article sur le fait d'être salarié et auto-entrepreneur.
Comment calculer le montant de votre future pension ?
Le calcul de la pension retraite d'un auto-entrepreneur se décompose en deux étapes : la retraite de base (en annuités) et la retraite complémentaire (en points). Voici comment procéder :
- Appliquer la formule de la retraite de base avec votre revenu annuel moyen et vos trimestres
- Estimer la part complémentaire en convertissant vos cotisations en points
- Vérifier le résultat avec un cas concret chiffré
La formule de calcul de la retraite de base (régime général / SSI)
La pension de retraite de base se calcule avec cette formule :
Pension annuelle = Revenu Annuel Moyen (RAM) × Taux de liquidation × (Trimestres validés / Durée de référence)
Chaque composante a un rôle précis :
- RAM (Revenu Annuel Moyen) : la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus cotisés. Pour un auto-entrepreneur, le revenu cotisé d'une année = CA × (1 - abattement forfaitaire). Ce n'est pas votre CA brut qui entre dans le calcul, mais ce revenu reconstitué.
- Taux de liquidation : 50 % si vous partez au taux plein (nombre de trimestres requis atteint ou âge de 67 ans). Chaque trimestre manquant entraîne une décote de 1,25 %, dans la limite de 20 trimestres (soit une décote maximale de 25 %). À l'inverse, chaque trimestre cotisé au-delà de la durée de référence donne une surcote de 1,25 %.
- Durée de référence : le nombre de trimestres requis pour le taux plein, qui dépend de votre année de naissance. Pour les personnes nées en 1975, elle est de 172 trimestres (43 ans).
Le point important : la caisse ne retient pas votre CA brut. Elle reconstitue un revenu fictif à partir de l'abattement forfaitaire. Un consultant BNC à 35 000 € de CA n'a pas un revenu cotisé de 35 000 €, mais de 23 100 € (35 000 × 0,66).
Le calcul de la retraite complémentaire (RCI et CIPAV)
La retraite complémentaire fonctionne en points, que vous soyez affilié au RCI (SSI) ou à la CIPAV.
Le principe : chaque année, la part de vos cotisations fléchée vers la retraite complémentaire achète des points. Le nombre de points acquis = cotisation annuelle / valeur d'achat du point (environ 21,72 € pour le RCI).
Au moment de votre départ en retraite, votre pension complémentaire annuelle = total de vos points × valeur de service du point (environ 1,35 € pour le RCI). Ces valeurs sont revalorisées périodiquement.
La CIPAV fonctionne sur le même principe, mais avec un barème et une valeur de service différents.
Si vous liquidez votre retraite de base au taux plein, aucune minoration ne s'applique sur la complémentaire. La retraite complémentaire correspond en général à 15 à 30 % du montant total de la pension pour un indépendant.
Exemple complet : quelle pension pour un consultant à 35 000 € de CA ?
Prenons un cas concret pour mesurer la pension réelle d'un micro-entrepreneur.
Profil : Consultant BNC non réglementé, 35 000 € de CA annuel constant, 25 ans d'activité exclusivement en micro-entreprise, né en 1975, départ à 67 ans (taux plein automatique).
Étape 1 : Revenu cotisé annuel
35 000 × (1 - 0,34) = 35 000 × 0,66 = 23 100 €
Étape 2 : Trimestres validés
Seuil 4 trimestres BNC ≈ 10 928 € de CA. Avec 35 000 €, le consultant valide 4 trimestres chaque année. Total sur 25 ans : 4 × 25 = 100 trimestres
Étape 3 : Retraite de base
- RAM = 23 100 € (25 meilleures années, toutes identiques)
- Taux = 50 % (taux plein à 67 ans)
- Durée de référence (né en 1975) = 172 trimestres
- Pension de base = 23 100 × 50 % × (100 / 172) = 6 715 € par an, soit environ 560 € par mois
Étape 4 : Retraite complémentaire (RCI)
- Cotisation complémentaire annuelle ≈ 35 000 × 3,60 % = 1 260 €
- Points acquis par an ≈ 1 260 / 21,72 = 58 points
- Total sur 25 ans : 58 × 25 = 1 450 points
- Pension complémentaire = 1 450 × 1,35 = 1 957 € par an, soit environ 163 € par mois
Résultat : pension totale estimée ≈ 723 € par mois, soit à peine la moitié du SMIC net. Ce montant montre la faiblesse structurelle de la retraite en micro-entreprise : même avec un CA régulier de 35 000 €, la pension reste très basse en raison de l'abattement forfaitaire qui réduit le revenu cotisé et du nombre de trimestres insuffisant par rapport à la durée de référence.
Pour affiner cette estimation, le simulateur de l'Assurance retraite (info-retraite.fr) agrège l'ensemble de votre carrière (salariée et indépendante) et projette votre pension selon différents scénarios de départ. Le simulateur Urssaf, de son côté, détaille la répartition de vos cotisations par poste, dont la part retraite.
Si vous envisagez de passer en société pour améliorer vos droits retraite, L-Expert-Comptable.com vous accompagne dans la création de votre entreprise gratuitement (frais administratifs offerts) et assure votre comptabilité avec un interlocuteur dédié qui répond sous 24 h.
Comment optimiser votre retraite en micro-entreprise ?
Face à la faiblesse de la pension obligatoire, plusieurs stratégies permettent de compléter vos revenus futurs. Voici les trois principales :
- Épargner via un PER pour compléter votre pension obligatoire
- Continuer à travailler après la retraite grâce au cumul emploi-retraite
- Changer de statut juridique pour cotiser sur votre bénéfice réel
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : compenser la faiblesse de la pension obligatoire
Le PER individuel est un contrat d'épargne dédié à la retraite. Vous y versez librement les montants de votre choix, et l'argent est investi sur des supports financiers jusqu'à votre départ en retraite.
L'avantage fiscal est immédiat : les versements sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel (10 % du bénéfice imposable, plafonné à 10 % de 8 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale). Pour un micro-entrepreneur, ce plafond est calculé sur le revenu après abattement forfaitaire.
À la retraite, vous récupérez votre épargne en capital (en une ou plusieurs fois) ou en rente viagère (un revenu mensuel à vie). La sortie en capital est soumise à l'impôt sur le revenu, la rente est partiellement imposable.
Mini-simulation : Un auto-entrepreneur qui place 200 € par mois sur un PER pendant 25 ans, avec un rendement moyen de 4 % net par an, accumule un capital d'environ 100 000 €. Converti en rente viagère à 67 ans, ce capital génère environ 350 € par mois. Ajoutés aux 723 € de pension obligatoire de notre exemple précédent, le total atteint environ 1 070 € par mois, un complément significatif.
Le cumul emploi-retraite : continuer son activité après la retraite
Vous pouvez percevoir votre pension de retraite tout en poursuivant ou en créant une activité d'auto-entrepreneur. Deux régimes coexistent :
- Cumul intégral (libéralisé) : vous percevez votre pension sans aucun plafond de revenus d'activité. Conditions : avoir atteint l'âge légal de départ, justifier du taux plein et avoir liquidé l'ensemble de vos pensions (base et complémentaire).
- Cumul plafonné : si ces conditions ne sont pas remplies, vos revenus d'activité ne doivent pas dépasser un certain seuil. En cas de dépassement, le versement de votre pension peut être suspendu partiellement.
Depuis la réforme des retraites de 2023, le cumul emploi-retraite intégral génère de nouveaux droits à pension. Vos cotisations versées pendant la période de cumul ouvrent droit à une seconde liquidation de retraite, ce qui n'était pas le cas auparavant.
Cas concret : Un retraité de 67 ans ouvre une micro-entreprise en prestation BIC. Il perçoit sa pension complète et cotise à 21,2 % sur son CA. Ces cotisations lui ouvrent de nouveaux droits, et il pourra demander une seconde liquidation pour augmenter sa pension totale.
Passer en société : une stratégie pour améliorer ses droits
En société (EURL ou SASU), les cotisations retraite sont calculées sur le bénéfice réel (EURL) ou sur le salaire versé (SASU), pas sur le CA avec un abattement forfaitaire. Le revenu cotisé est généralement plus élevé, ce qui augmente les droits à pension.
Le régime assimilé salarié de la SASU donne accès à l'AGIRC-ARRCO, le régime de retraite complémentaire des salariés. Les taux de cotisation sont plus élevés, mais les droits acquis le sont aussi.
Cette transition est à envisager quand votre activité dépasse les plafonds de la micro-entreprise, quand vos charges réelles sont faibles (et donc l'abattement forfaitaire vous pénalise), ou quand l'amélioration de vos droits retraite devient une priorité. Pour comprendre les implications de ce changement de statut, notre article sur le fait de passer de la micro-entreprise à une société détaille les formalités et les coûts à prévoir.
Pour sécuriser cette transition, un expert-comptable vous aide à choisir le bon statut et à anticiper l'impact sur vos cotisations. Chez L-Expert-Comptable.com, un comptable dédié vous accompagne dès 39 € HT/mois, avec création d'entreprise offerte (hors frais légaux).
Quel est le minimum de pension garanti pour un auto-entrepreneur ?
Même avec des revenus faibles, des dispositifs garantissent un plancher de pension. Deux mécanismes existent : le minimum contributif pour ceux qui ont cotisé suffisamment longtemps, et l'ASPA pour les retraités aux ressources les plus modestes.
Le minimum contributif : conditions et montant
Le minimum contributif est un montant plancher de pension accordé aux retraités qui ont liquidé leur retraite au taux plein mais dont les revenus cotisés étaient faibles tout au long de leur carrière.
Deux niveaux existent :
- Minimum contributif de base : environ 750 € par mois pour ceux qui remplissent la condition du taux plein (tous les trimestres requis ou âge de 67 ans).
- Minimum contributif majoré : environ 904 € par mois pour ceux qui justifient d'au moins 120 trimestres cotisés (30 ans de cotisations effectives).
Le total de vos pensions (base + complémentaire + minimum contributif) ne peut pas dépasser un plafond d'environ 1 411 € par mois. Si le dépassement est constaté, le minimum contributif est réduit en conséquence.
Pour un auto-entrepreneur ayant exercé exclusivement sous ce statut pendant 25 ans (100 trimestres), le minimum contributif majoré n'est pas accessible faute d'atteindre les 120 trimestres cotisés. Le minimum contributif de base peut s'appliquer si le départ se fait au taux plein (à 67 ans, par exemple).
L'ASPA : le filet de sécurité pour les petites retraites
L'Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse) est une allocation différentielle versée aux retraités dont les ressources totales sont inférieures à un plafond.
Le montant maximum est d'environ 1 044 € par mois pour une personne seule et 1 620 € par mois pour un couple. L'ASPA complète vos revenus jusqu'à ce plafond : si votre pension est de 600 €, l'ASPA vous verse la différence, soit environ 444 €.
Attention : l'ASPA est récupérable sur votre succession si l'actif net dépasse 108 586 € (en métropole). Ce point est à prendre en compte avant d'en faire la demande, surtout si vous êtes propriétaire de votre logement.
Les questions fréquentes sur la cotisation retraite auto-entrepreneur
Est-ce qu'un auto-entrepreneur cotise vraiment pour la retraite ?
Oui. À chaque déclaration de chiffre d'affaires, une partie du taux de cotisation micro-social est fléchée vers la retraite de base et la retraite complémentaire obligatoire. Mais sans chiffre d'affaires déclaré, aucune cotisation n'est prélevée et aucun trimestre n'est validé.
Combien de trimestres retraite peut-on valider en auto-entreprise ?
Maximum 4 trimestres par an. Le nombre validé dépend du CA annuel et de la catégorie d'activité. Un commerçant BIC vente doit déclarer un CA plus élevé qu'un libéral BNC pour valider le même nombre de trimestres, en raison d'un abattement forfaitaire plus important (71 % contre 34 %). Pour plus de détails sur la validation de trimestres en auto-entrepreneur, consultez notre article dédié.
Quel est le montant moyen de la retraite d'un auto-entrepreneur ?
Il n'existe pas de montant moyen officiel. La pension dépend du CA déclaré, de la durée de cotisation et d'une éventuelle carrière salariée antérieure. Un micro-entrepreneur exerçant exclusivement sous ce statut pendant 25 ans avec un CA de 35 000 € peut espérer environ 720 € par mois, très en dessous du SMIC.
Quelle est la différence entre la retraite de base et la retraite complémentaire en micro-entreprise ?
La retraite de base est calculée en annuités : revenu annuel moyen × taux de liquidation × (trimestres validés / durée de référence). La retraite complémentaire (RCI pour la SSI, CIPAV pour certains libéraux) fonctionne en points : vos cotisations achètent des points, et la pension correspond au total de vos points multiplié par la valeur de service du point.
Comment savoir si je suis affilié à la CIPAV ou à la SSI ?
Depuis 2018, seules certaines professions libérales réglementées restent affiliées à la CIPAV (architecte, ostéopathe, psychologue, ingénieur-conseil, etc.). Tous les autres auto-entrepreneurs sont affiliés à la SSI. Votre caisse de rattachement est indiquée sur votre espace Urssaf.
Peut-on cumuler sa retraite et une activité d'auto-entrepreneur ?
Oui. En cumul intégral, vous percevez votre pension sans plafond de revenus, à condition d'avoir le taux plein et d'avoir liquidé toutes vos pensions. Si ces conditions ne sont pas remplies, le cumul est plafonné et vos revenus d'activité ne doivent pas dépasser un certain seuil.
La hausse des taux de cotisation des BNC est-elle une mauvaise nouvelle ?
Non. L'augmentation progressive entre 2024 et 2026 pour les BNC non réglementés finance l'accès au Régime Complémentaire des Indépendants (RCI). Avant cette réforme, ces auto-entrepreneurs n'avaient quasiment aucune retraite complémentaire. La hausse du taux augmente mécaniquement les droits à pension future.
Comment améliorer sa retraite quand on est auto-entrepreneur ?
Trois pistes principales : ouvrir un Plan d'Épargne Retraite (PER) pour capitaliser en complément de la pension obligatoire, maximiser son CA déclaré pour valider 4 trimestres chaque année, et envisager le passage en société (EURL, SASU) si l'activité le justifie, pour accéder à des cotisations calculées sur le bénéfice réel. Notre article sur les avantages et inconvénients de l'EURL peut vous aider à évaluer cette option.
Le simulateur Urssaf permet-il de calculer sa future pension de retraite ?
Le simulateur Urssaf estime vos cotisations et leur répartition par poste (dont la part retraite) en fonction de votre CA. Pour une projection de pension, utilisez le simulateur de l'Assurance retraite (info-retraite.fr) qui agrège l'ensemble de votre carrière et projette le montant de votre future pension selon différents scénarios.
Que se passe-t-il si je ne déclare aucun chiffre d'affaires pendant un an ?
Vous ne cotisez pas et vous ne validez aucun trimestre retraite sur cette période. Votre statut reste actif (jusqu'à 2 années consécutives sans CA avant radiation automatique), mais vous créez un « trou » dans votre carrière qui allonge la durée nécessaire pour atteindre le taux plein.
Sources & Références
Service-Public : Protection sociale du commerçant et de l'artisan
Urssaf : Évolution des taux de cotisations sociales des auto-entrepreneurs
Urssaf : Évolution des taux de cotisations sociales des auto-entrepreneurs (portail auto-entrepreneur)
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A propos de l'auteur
Questions & réponses
Bonjour, actuellement auto entrepreneur, je souhaite préparer ma retraite au mieux et recherche un conseil. Merci pour votre retour, Mehdy Ben Brahim
Bonjour,
Pour préparer votre retraite en tant qu'auto-entrepreneur, il est essentiel de cotiser à l'Assurance Retraite, qui est basée sur vos revenus. Par ailleurs, vous pouvez envisager d'ouvrir un Plan d'Épargne Retraite (PER), une solution flexible qui vous permet de constituer une épargne adaptée à vos besoins.
Nous vous invitons également à découvrir Prévii, un service conçu pour simplifier la gestion de votre retraite et vos démarches en tant qu'indépendant.
Bien à vous.
Bonjour,
Merci beaucoup pour tous vos précieux renseignements et vos explications claires.
Je pense que j'y aurais recours d'ici fin 2029.
bonjour,
Je ne suis pas sure de comprendre si le tableau de chiffre d'affaires pour valider les trimestres c'est avant ou après abattement ? merci beaucoup.
Bonjour,
Il s'agit bien du chiffre d'affaires brut. C'est à dire sans abattement qui sera la base de calcul.
Bien à vous.