- Il est possible de créer une entreprise sans apport, notamment en micro-entreprise ou en société avec 1 € de capital minimum.
- La micro-entreprise est le statut le plus simple et accessible pour démarrer sans argent, avec peu de formalités et une comptabilité allégée.
- Créer une société sans apport est légal, mais manquer de capital nuit à votre crédibilité et limite vos capacités de financement.
- Des solutions de financement existent : prêts d'honneur, micro-crédit, aides publiques, crowdfunding, love money ou business angels.
- Un minimum d’apport personnel reste conseillé pour couvrir les premiers frais, rassurer les partenaires et renforcer votre trésorerie.
- Choisissez votre statut juridique en fonction de vos ambitions, de vos charges et de votre volonté à vous associer ou à lever des fonds.
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Créer une entreprise sans apport est possible. En revanche, cela comporte des risques. Il est conseillé de chercher des financements externes afin de sécuriser les premières étapes de votre projet. Voici comment faire, ainsi qu'un récapitulatif des aides à la création.

Création d'une entreprise sans apport, est-ce possible ?
La réponse est oui. Vous pouvez créer une entreprise individuelle (au régime réel ou en micro-entreprise) sans argent. Aucun capital n’est requis pour ce statut juridique.
La création d’une société, elle, nécessite de constituer un capital social, mais dans la plupart des cas, le montant minimum est fixé à 1 €. En théorie, il est donc possible de créer une société sans apport.
Pour rappel, le capital d’une société peut être composé de 2 types d’apports :
- des apports numéraires : les associés ou actionnaires versent des liquidités (argent) dans la société. Ces apports augmentent la trésorerie de l'entreprise et sont souvent utilisés pour les premières dépenses ;
- des apports en nature : il s'agit de biens matériels ou immatériels, tels que des immeubles, des équipements, des véhicules, des brevets, des marques ou des actions d'autres sociétés. Il faut généralement nommer un commissaire aux apports pour évaluer leur valeur.
Vos apports fixent le point de départ financier de l'entreprise. Ils rassurent aussi les banques quand vous sollicitez un crédit. Sans apport, il sera compliqué d’obtenir un crédit professionnel car la société manquera de crédibilité.
Comment créer une entreprise sans argent ? Les étapes
1. Valider l’idée à coût zéro
Avant d’engager le moindre euro, vous devez confirmer qu’il existe un vrai besoin pour votre produit ou service. Commencez par une étude de marché rapide, en vous appuyant sur des outils gratuits qui vous aideront à analyser la demande :
- Google Trends pour repérer l’intérêt autour d’un mot-clé ;
- Google Forms ou Typeform version free pour interroger 20 à 50 personnes sur leurs attentes.
En complément, réalisez aussi des interviews rapides par téléphone ou en visio, afin de comprendre les problèmes concrets des futurs clients.
Une fois ces informations récoltées, il sera plus facile de définir votre proposition de valeur. Pour vous aider, posez-vous trois questions :
- Est-ce que vous résolvez un problème concret ?
- Pour qui ?
- En quoi la solution que vous proposez est différente ?
Plus votre niche est précise, plus votre offre attire des clients qualifiés, même avec un budget marketing limité.
2. Construire un MVP et prévoir des préventes
Le MVP, c'est votre offre dans sa version la plus simple. Plutôt que de tout développer d'un coup, vous testez votre idée avec de vrais clients pour ajuster le tir avant d'investir davantage. Elle vous aide à comprendre ce qui plaît, ce qui manque et comment améliorer l’offre finale.
Vous pouvez par exemple :
- créer une page de précommande avec un outil no-code comme Notion, Carrd, Webflow free ou Shopify essai ;
- proposer une offre “bêta” à un prix attractif ;
- ouvrir une liste d’attente pour mesurer l’intérêt, soit avec des versions gratuites d’outils d'emailing comme Mailerlite ou Brevo, soit avec un simple fichier Google Sheet.
L’objectif est de générer rapidement une preuve sociale. Fixez-vous un objectif de préventes à 20 clients : ce seuil suffit souvent à valider l’intérêt pour votre projet. C’est aussi un excellent argument si vous cherchez plus tard un financement.
3. Réaliser les démarches administratives à moindre coût
Vous ne pourrez pas éviter tous les frais, mais vous pouvez limiter les dépenses.
Les démarches sur le guichet unique de l’INPI sont gratuites si vous créez une micro-entreprise (sauf pour les agents commerciaux qui doivent s’immatriculer au RSAC). En revanche, si vous créez une société (SASU, EURL, SAS…), certains frais sont obligatoires : frais de greffe et frais de publication d’annonce légale.
Selon votre activité, vous n’êtes pas dans l’obligation de souscrire à une assurance professionnelle. Cependant, elle reste vivement conseillée. Pour réduire le budget de départ, vous pouvez opter pour une assurance RC Pro avec des garanties minimales.
En micro-entreprise, vous pouvez aussi réduire les frais bancaires : l’ouverture d’un compte professionnel dédié à votre activité est obligatoire uniquement si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années consécutives.
Vous pouvez domicilier votre entreprise gratuitement chez vous, sauf si une clause de bail l’interdit ou si votre activité exige un local spécifique.
4. Réduire les coûts au lancement
Tant que vous ne générez pas un chiffre d’affaires suffisant, il est possible d’éviter certaines dépenses inutiles.
Voici plusieurs outils no-code et open source pour se lancer gratuitement :
- Pour créer votre site web : Carrd, Google Sites, Wordpress.org, Webflow.
- Pour votre logiciel CRM : HubSpot, Zoho, Monday.
- Pour votre logiciel de facturation : Tiime , Dolibarr.
Les outils no-code (Carrd, Webflow, Notion…) vous permettent de créer un site ou une application sans écrire de code. Ils sont souvent gratuits au début, puis basculent vers des abonnements si vous souhaitez plus de fonctionnalités. Pensez également au troc de compétences. Vous pouvez par exemple échanger quelques heures de rédaction contre le travail d’un graphiste ou d’un développeur.
5. Lancer vite, itérer et mesurer
Pour piloter une entreprise sans apport, il est important de suivre des indicateurs simples. Ils vous aident à savoir si votre activité avance dans la bonne direction et à ajuster vos décisions rapidement.
| Indicateur clé | À quoi sert-il ? | Comment le mesurer ? |
| Chiffre d’affaires | Suivre la progression des ventes et vérifier que l’activité décolle. | Total des encaissements chaque semaine ou mois. |
| Marge | Fixer les prix de vente et évaluer la rentabilité de l’entreprise. | Prestation de services : (marge sur prestations / coût de la réalisation des prestations vendues) x 100. Entreprises commerciales : (marge commerciale / achats HT) x 100. |
| Coût d’acquisition client (CAC) | Savoir combien coûte chaque client obtenu. | Total des dépenses marketing / nombre de nouveaux clients. |
| Taux de conversion | Mesurer l’efficacité de votre site ou de vos actions commerciales. | Nombre de clients / nombre de visiteurs ou prospects x 100. |
| Point mort | Identifier le niveau de chiffre d’affaires nécessaire pour couvrir toutes vos charges. | Seuil de rentabilité = Charges fixes (salaires, loyers…) / Taux de marges sur coûts variables. |
| Plan de trésorerie | Visualiser et anticiper les besoins en trésorerie à court et moyen terme. | Tableau simple sur 3 mois : recettes et dépenses par mois, encaissements et décaissements prévus. |
Quel statut juridique choisir pour la création d'entreprise sans apport ?
La micro-entreprise : l’option idéale
Si vous ne disposez d’aucun fonds pour votre projet de création, vous pouvez vous tourner vers la micro-entreprise (auto-entreprise). Ce régime particulier de l’entreprise individuelle (EI) ne nécessite pas de capital social, ni d'apport de la part de son créateur. Nombreux sont ceux qui créent ce type d'entreprise sans argent.
La micro-entreprise comporte d'autres avantages pour ceux qui souhaitent se lancer avec un petit budget :
- les démarches de création sont gratuites ;
- les cotisations sociales sont proportionnelles au chiffre d’affaires ;
- si vous êtes éligible à l’ACRE, les cotisations sociales sont réduites de 50 % jusqu’à la fin du troisième trimestre civil suivant la création de votre activité ;
- vous pouvez opter pour le versement libératoire afin éventuellement de réduire le montant de votre impôt sur le revenu ;
- la comptabilité est simplifiée, avec seulement un livre des recettes à tenir et quelques mentions obligatoires sur les factures, ce qui évite de payer un expert-comptable ;
- l’ouverture d’un compte bancaire professionnel dédié à votre activité professionnelle est obligatoire uniquement si votre chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 € durant 2 années consécutives.
Le versement libératoire vous permet de payer l’impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations sociales, avec un taux fixe : 1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon votre activité. Cette option est réservée aux micro-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence (RFR) de l’avant-dernière année ne dépasse pas 28 797 € par part de quotient familial.
Pour bénéficier du régime de la micro-entreprise et de la franchise en base de TVA, votre chiffre d’affaires ne doit pas dépasser certains seuils :
| Nature de l’activité | Plafonds micro (CA annuel) | Franchise en base de TVA : seuil classique | Franchise en base de TVA : seuil majoré |
| Prestations de services | 77 700 € | 37 500 € | 41 250 € |
| Vente de marchandises / hébergement | 188 700 € | 85 000 € | 93 500 € |
L’entreprise individuelle (EI) au régime réel peut être plus intéressante si vous avez des frais professionnels importants, si vous devez amortir du matériel ou récupérer la TVA sur vos dépenses. Contrairement à la micro-entreprise, l’EI au réel permet de déduire les charges réelles, ce qui peut réduire à la fois vos cotisations et votre imposition.
Une société sans capital minimum
Pour créer une société, il faut obligatoirement constituer son capital social. La bonne nouvelle, c’est que la loi n’impose aucun capital minimum pour les statuts juridiques suivants :
- la société à responsabilité limitée comme la SARL ou l’EURL ;
- la société par actions simplifiée comme la SAS ou la SASU ;
- la société en nom collectif (SNC) ;
- la société civile (SCI immobilière, SCI professionnelle, société civile de moyens).
Vous pouvez donc créer ces sociétés avec seulement 1 euro symbolique. À l’inverse, certains statuts juridiques imposent un capital minimum. C’est le cas de la société anonyme (SA), dont le capital minimum est fixé à 37 000 €.
Anticiper les frais incompressibles
En revanche, la création d’une société est payante. Vous devrez payer des frais de greffe, la déclaration des bénéficiaires effectifs et la publication d’une annonce légale. Comptez entre 190 € et 250 € minimum selon le statut juridique choisi.
La création d’une société prend en général entre 7 et 10 jours, le temps de rédiger les statuts, déposer le capital, publier l’annonce légale et réaliser l’immatriculation. Une micro-entreprise peut être créée en 48 à 72 heures via le Guichet unique.
À ces frais s’ajoute la libération du capital social, c’est-à-dire le montant que les associés doivent réellement verser à la création de la société.
| Forme juridique | Part du capital à libérer immédiatement | Délai pour libérer le solde |
| SARL / EURL | 20 % minimum à l’immatriculation | Jusqu’à 5 ans |
| SAS / SASU | 50 % minimum à la constitution | Jusqu’à 5 ans |
Le dépôt des fonds se fait auprès d’une banque ou d’un notaire, qui délivrera ensuite une attestation de dépôt de capital.
Réaliser des apports en nature : règles et commissaire aux apports
La constitution du capital social ne passe pas uniquement par des apports en numéraire. Vous pouvez tout à fait inclure des apports en nature en mettant à disposition des biens matériels (immobilier, véhicules…) ou immatériels (droits d’auteurs, brevets…).
Comme leur valeur peut être difficile à évaluer, il est parfois obligatoire de nommer un commissaire aux apports (CAA) pour vérifier leur valeur.
Cette obligation disparaît si deux conditions sont réunies :
- aucun apport en nature ne dépasse 30 000 € ;
- l’ensemble des apports en nature ne dépasse pas 50 % du capital social.
Ces règles valent aussi pour l’EURL et la SASU : l’associé unique peut se dispenser de commissaire aux apports si ces deux seuils sont respectés.
Les apports en industrie (mise à disposition de compétences, savoir-faire, travail…) ne contribuent pas au capital social. Ils donnent seulement droit à une participation aux bénéfices et à une influence dans la prise de décision.
Surveiller les capitaux propres
Lorsqu’une société connaît des pertes importantes, il peut arriver que ses capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social. Les articles L.223-42 et L.225-248 du Code de commerce, modifiés par la loi du 9 mars 2023, obligent les associés à procéder à la reconstitution des capitaux propres ou à la dissolution de la société. L’objectif est d’éviter une trop grande déconnexion entre le capital social et la situation financière réelle de l’entreprise.
Est-ce possible de créer une SARL sans apport ?
Oui, vous pouvez créer une SARL sans argent. Le montant de son capital social est fixé à 1 € minimum. Toutefois, nous ne vous recommandons pas de débuter votre activité avec une si petite somme. Le montant de votre capital social est public, ce qui peut nuire à votre crédibilité auprès des partenaires, banques ou clients potentiels. Un capital trop faible limite aussi votre capacité d’investissement et la constitution de vos fonds propres.
Quelles alternatives à la SARL pour créer une entreprise sans apport ?
Vous pouvez vous tourner vers l’entreprise individuelle (EI). Les formalités de création et de gestion sont plus simples, car vous exercez en votre nom propre. Il n’y a pas de capital social à constituer. En EI, vous pouvez opter pour le régime de la micro-entreprise et profiter ainsi d’un allègement de vos obligations comptables. Ce choix n’est pas adapté si vous avez beaucoup de frais professionnels ou que vous envisagez une forte croissance. Le chiffre d’affaires d’un micro-entrepreneur est plafonné et il ne peut pas déduire ses frais professionnels de son revenu imposable. Si vous avez envie de simplicité mais sans vous sentir bridé dans votre croissance, mieux vaut opter pour l’EI au régime classique (réel).
Si vous souhaitez vous associer ou que vous avez un besoin immédiat de financement, la création d’une société reste la meilleure option. Si vous ne voulez pas créer de SARL, vous pouvez ouvrir une SAS. Ce régime juridique s’adresse aux entrepreneurs recherchant davantage de souplesse dans l’organisation et le fonctionnement de leur société. La SAS (ou SASU si vous êtes seul) offre une plus grande liberté statutaire, notamment en matière de répartition du pouvoir et de cession des actions. Son capital minimum est aussi fixé à 1 €.
La SAS séduit particulièrement les porteurs de projets innovants ou à fort potentiel de développement. Il est aussi privilégié en cas d’entrée d’investisseurs. En revanche, la gestion administrative d’une SAS est plus complexe et son régime social (assimilé salarié) engendre des charges plus élevées pour le dirigeant.
N’hésitez pas à télécharger notre guide complet sur les différents statuts juridiques. Vous y trouverez toutes les informations nécessaires pour faire le meilleur choix.
Ou alors vous pouvez comparer les alternatives à l'aide de notre simulateur de statut juridique juste ici.
Comparatif des statuts pour créer son entreprise sans apport
Selon votre activité, vos charges et vos objectifs, certains statuts seront plus adaptés que d’autres. Ce tableau vous permet de comparer rapidement les solutions possibles.
| Critères | Micro-entreprise | EI au réel | SASU | EURL |
| Coût de création | Gratuit | Faible | 190–250 € | 190–250 € |
| Capital à apporter | Aucun | Aucun | À partir de 1 € | À partir de 1 € |
| Libération du capital | / | / | 50 % minimum à la création | 20 % minimum à la création |
| Déductibilité des charges | Non | Oui | Oui | Oui |
| TVA (franchise / récupération) | Franchise possible, TVA non récupérable | TVA récupérable | TVA récupérable | TVA récupérable |
| Obligations comptables | Très légères | Simples | Complètes | Complètes |
| Compte bancaire dédié | Obligatoire si CA > 10 000 € / 2 ans | Recommandé | Obligatoire | Obligatoire |
| Crédibilité bancaire | Faible | Moyenne | Élevée | Élevée |
| Évolution possible | Limitée (plafonds) | Bonne | Excellente (associés, investisseurs) | Bonne |
Attention au capital à 1 € qui semble attractif, mais qui comporte plusieurs limites :
- Le capital social est visible publiquement, ce qui peut réduire votre crédibilité auprès des banques et des partenaires.
- La libération minimale reste obligatoire : 20 % en SARL/EURL et 50 % en SAS/SASU.
- Un capital trop faible fragilise immédiatement la société : au premier euro de perte, les capitaux propres deviennent inférieurs à 50 % du capital.
- En cas de perte d’au moins la moitié du capital social, les associés doivent reconstituer les capitaux propres ou décider la dissolution.

Quelques idées de création d'entreprise sans apport
Les activités suivantes s'appuient sur des modèles économiques ne nécessitant pas de fonds propres au démarrage :
- activités de prestations de services : conseil, rédaction web, graphisme, traduction ou coaching ;
- vente en ligne en dropshipping : cette activité limite les investissements car vous vendez des produits sans gérer de stock ;
- agent commercial indépendant : ce modèle ne demande ni stock ni investissement initial, mais repose sur vos compétences en négociation et votre réseau professionnel ;
- les services à la personne : assistance administrative, garde d’enfants, ménage ou aide aux personnes âgées.
Comment créer une entreprise sans apport personnel ?
La création d'une entreprise sans apport personnel est possible, mais reste complexe. Quelle que soit votre activité, vous aurez sûrement des dépenses initiales (frais administratifs, frais de communication, achat de matériel, etc.). Voici plusieurs solutions pour récolter de l'argent et augmenter vos fonds propres.
Trouver des associés
Il n’est pas possible de s’associer en micro-entreprise ou en EI classique. Cette option vous concerne donc uniquement si vous créez une société.
Les associés peuvent faire des apports en numéraire ou en nature au capital social. Cette collaboration permet aussi de mutualiser vos compétences et vos réseaux respectifs pour accélérer votre projet de création et le développement de votre activité.
Il est recommandé de formaliser cette relation à travers un pacte d’associés. Dans les statuts, il faut aussi définir les rôles et responsabilités de chacun ainsi que la répartition des titres (parts sociales ou actions). Évidemment, il est indispensable de bien s’entendre et de partager une vision commune.
Les prêts d'honneur
Le prêt d'honneur est un prêt à taux zéro. Ce financement est accordé sans aucune garantie ni caution personnelle, ce qui en fait une solution idéale pour les créateurs d’entreprise ne disposant pas d’apport personnel. L'engagement se fait sur l'honneur, sans demander de nantissement sur les biens personnels ou les titres sociaux de l'entreprise.
Ce prêt est attribué à l'entrepreneur, et non à l'entreprise en elle-même. Son montant varie entre 1 000 € et 90 000 €, en fonction de la taille du projet et de la solidité du business plan. La durée de remboursement s’étale de 1 à 7 ans.
Obtenir un prêt d’honneur permet de crédibiliser votre projet et facilite l’obtention d’un prêt bancaire.
Le micro-crédit
Le micro-crédit est une solution particulièrement adaptée aux entrepreneurs ne disposant pas d'apport personnel. Ce type de prêt est accordé par des organismes spécialisés comme l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique). Il permet de financer les premières dépenses liées à votre activité (achat de matériel, frais administratifs, etc.).
Le micro-crédit s’adresse principalement aux porteurs de projets qui rencontrent des difficultés à obtenir un financement auprès des banques traditionnelles.
Le taux d’intérêt du micro-crédit débute souvent à 8 %. Depuis le décret du 4 décembre 2024, le plafond du prêt a été relevé à 17 000 euros. Vous avez 5 ans maximum pour rembourser ce crédit, avec la possibilité de différer la première mensualité jusqu’à trois mois.
Les aides financières à la création d'entreprise
L’Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise (ACRE) permet aux créateurs et repreneurs d'entreprise de bénéficier d'une exonération de 50 % sur leurs cotisations sociales durant leur première année d'activité. Elle est soumise à conditions.
L’Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE) est une aide versée par France Travail. Elle est réservée aux demandeurs d’emploi qui perçoivent l’ARE. Celui-ci peut toucher 60 % de ses droits restants à l’ARE sous forme de capital.
Sous conditions, un demandeur d’emploi indemnisé peut cumuler ses allocations chômage (ARE) et les revenus de son activité.
De nombreuses régions proposent aussi des subventions, des prêts à taux zéro ou des accompagnements pour les créateurs d'entreprise. Ces aides sont souvent destinées à soutenir des projets de création spécifiques, comme ceux visant à créer des emplois locaux ou à favoriser l'innovation.
Le financement participatif
Le financement participatif, ou crowdfunding, permet à des entrepreneurs de lever des fonds en sollicitant un grand nombre de personnes via des plateformes en ligne. Ces plateformes, comme Kickstarter ou Ulule, mettent en relation les créateurs de projets et les investisseurs ou contributeurs.
Ce mode de financement est une alternative aux banques et permet de créer une communauté autour du projet. Il est particulièrement adapté aux projets innovants ou communautaires.
Il existe trois formes principales de crowdfunding :
- Le don avec récompense (reward crowdfunding) : les plateformes comme Ulule, KissKissBankBank ou Tudigo permettent de recevoir des fonds en échange de contreparties : produit offert, prévente, accès anticipé, etc. Beaucoup fonctionnent avec une collecte AON (All or nothing). Les fonds ne sont versés que si l’objectif est atteint à 100 %. Un storytelling engageant augmente vos chances de réussite.
- Le prêt participatif (crowdlending) : vous empruntez de l’argent auprès de particuliers, avec ou sans intérêts, sur des plateformes comme October ou Lendopolis. Le prêt peut être rémunéré ou non, et lorsqu’il l’est, le taux moyen observé est d’environ 7 %. Ce financement sert souvent à couvrir des dépenses que les banques ne financent pas, comme des besoins de trésorerie ou des projets immatériels.
- L’investissement participatif (equity crowdfunding) : les contributeurs investissent dans votre société en échange de parts du capital social via des plateformes d’investissement comme Wiseed ou Sowefund. Cette solution nécessite la rédaction d’un pacte d’actionnaires et peut entraîner une dilution : lors de l’émission de nouvelles actions, les associés existants voient automatiquement leur pourcentage de détention diminuer.
La love money
La love money désigne l'argent apporté par les proches (famille, amis, etc.) pour financer un projet entrepreneurial. Ce type de financement est souvent utilisé au début d'une activité, lorsque l'entrepreneur ne dispose pas de fonds suffisants ou de garanties pour obtenir un prêt bancaire.
Les Business Angel
Les Business Angels sont des investisseurs privés qui apportent des fonds, souvent en échange de parts dans l’entreprise, pour soutenir des projets à fort potentiel de croissance. En plus du financement, ils offrent souvent leur expertise et leur réseau pour aider les entrepreneurs à développer leur activité.
Il est impératif de présenter une bonne étude de marché et un business plan pour appuyer vos négociations face aux potentiels investisseurs.
L’affacturage
L'affacturage consiste à vendre vos créances (factures) à une société spécialisée afin d'obtenir immédiatement de l'argent. Vous n’avez pas besoin d’attendre que vos clients règlent leurs factures. Concrètement, vous recevez une avance (généralement entre 70 et 90 % du montant de la facture) puis vous récupérez le solde dès que votre client paie. La société d'affacturage vous facture des frais.
Cette solution est avantageuse en cas d'absence d'apport personnel, car elle permet d’obtenir rapidement des fonds pour couvrir les dépenses courantes de l'entreprise.
Vous pouvez aussi demander un acompte à vos clients avant de commencer une prestation ou de livrer un produit. Cela vous permet de recevoir une partie du paiement à l’avance, ce qui peut être utile pour financer vos premières dépenses.
Pourquoi créer une entreprise avec des apports est préférable ?
Pour couvrir les potentielles pertes
Les jeunes entreprises font souvent face à des difficultés financières dans leurs premières années. Pour assurer la viabilité de votre activité, il est nécessaire d’avoir des fonds de côté pour parer à toutes les éventualités. La règle communément admise est que les capitaux propres d’une société doivent représenter au minimum la moitié de son capital social.
Pour financer les premiers investissements
L'apport de la part du fondateur permet de financer les premiers investissements nécessaires à l'entreprise :
- l’ouverture d’un compte bancaire professionnel ;
- un logiciel de comptabilité ;
- l’achat des matières premières, du matériel de production et du stock nécessaire à votre activité ;
- vos campagnes de communication et marketing pour vous faire connaître ;
- vos frais administratifs : frais d’immatriculation, frais de dépôt de votre marque (à partir de 190 €), etc. ;
- la création d’un site internet professionnel.
Pour gagner en crédibilité
La loi n'impose pas de montant minimum à la création d'une société. Néanmoins, avoir du capital social pour une entreprise est un gage de crédibilité, particulièrement quand elle est jeune. Le fait que son fondateur y ait investi certaines de ses économies montre que celui-ci croit en la viabilité de son projet.
Si l’entreprise déclare faillite, les apports permettront de rembourser l’argent des investisseurs extérieurs en premier. Avoir des apports permet de prouver que l’entreprise bénéficie d’une bonne gestion de trésorerie.
FAQ sur la création d'entreprise sans apport
J'ai un projet, mais pas de financement : comment faire pour monter son entreprise ?
Il existe plusieurs solutions pour financer un projet sans apport personnel, comme le recours à un prêt d’honneur, le crowdfunding ou les aides spécifiques pour les créateurs d’entreprise. Les conditions d'éligibilité varient selon les aides. La création d'une micro-entreprise est aussi une option moins coûteuse qu'une société.
Peut-on ouvrir un commerce sans apport ?
Ouvrir un commerce sans apport peut être compliqué, car vous aurez besoin d'argent pour couvrir l'ensemble de vos besoins financiers (achat de marchandises, coût du local, etc.). Vous pouvez vous tourner vers le dropshipping. Vous n'aurez pas à gérer de stock. Vous pouvez aussi solliciter un prêt d'honneur ou des aides à la création d'entreprise. Dans ce cas, il faudra fournir un business plan solide.
Peut-on faire un emprunt pour création d'entreprise sans apport ?
Il est très difficile d’obtenir un emprunt bancaire sans apport, mais certaines aides publiques, comme le micro-crédit ou les prêts d'honneur, permettent de financer un projet sans apport personnel initial.
Quel statut choisir pour entreprendre sans apport (micro, EI réel, SASU) ?
La micro-entreprise permet de démarrer son projet à moindre coût et avec peu de formalités, mais elle ne permet pas de déduire les frais réels et reste limitée par des plafonds de chiffre d’affaires. L’EI au réel convient mieux si vous avez des dépenses professionnelles à déduire. La SASU ou l’EURL sont adaptées si vous recherchez de la crédibilité bancaire et une structure évolutive.
Quelles aides pour créer sans apport en France (ACRE, ARCE, France Active, Bpifrance) ?
Plusieurs dispositifs soutiennent les créateurs sans capital :
- l’ACRE offre une exonération de 50 % des cotisations sociales en début d’activité ;
- l’ARCE permet aux demandeurs d’emploi de percevoir 60 % de leurs droits restants à l’ARE sous forme de capital ;
- les réseaux France Active et Bpifrance proposent des prêts à taux zéro.
Peut-on créer une société avec 1 € de capital et obtenir un prêt ?
Oui, il est possible de créer une SASU, une SAS, une SARL ou une EURL avec 1 € symbolique. En revanche, un capital aussi faible ne suffit pas à convaincre une banque pour l’obtention d’un prêt professionnel. La plupart des banques exigent un apport personnel représentant 25 à 30 % du montant du projet, ou bien une garantie personnelle des associés.
Comment financer son besoin en fonds de roulement sans apport ?
Les prêts d’honneur sont l’une des options les plus adaptées : ils sont accordés à taux zéro, sans garantie ni caution personnelle, par des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre. Vous pouvez également mobiliser le financement participatif, sous forme de dons avec contrepartie ou de prêts participatifs, pour couvrir vos premiers besoins de trésorerie.
Quelles plateformes de crowdfunding choisir selon mon projet ?
Les plateformes dépendent du type de financement recherché. Pour les dons avec récompenses, Ulule, KissKissBankBank et Tudigo sont les plus utilisées. Pour les prêts participatifs, October et Lendopolis restent les références. Pour une ouverture du capital, les plateformes d’equity comme Wiseed ou Sowefund sont adaptées aux projets plus conséquents.
Quelles erreurs éviter quand on lance sans capital ?
Ne sous-estimez pas le coût réel du lancement de votre projet. Certains frais restent inévitables : hébergement du site, assurance professionnelle, frais bancaires, frais administratifs de création d’entreprise, etc. Il faut également anticiper les cotisations sociales et prévoir une trésorerie pour les trois premiers mois d’activité.
Quels outils gratuits pour lancer son business à 0 € ?
Vous pouvez créer votre site avec Carrd, Google Sites ou Webflow en version gratuite. Pour le suivi commercial, des outils comme HubSpot ou Zoho proposent des versions gratuites. Pour la facturation, Tiime ou Henrri conviennent bien aux indépendants. Vous pouvez également vous rendre visible à moindres frais grâce aux réseaux sociaux et au référencement naturel. Ces solutions permettent de limiter les dépenses tant que l’activité n’a pas encore décollé.
Compte bancaire: suis-je obligé d’en ouvrir un en micro-entreprise ?
Non, l’ouverture d’un compte professionnel n’est pas obligatoire. En revanche, un compte dédié devient obligatoire si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années consécutives.
Comment facturer en franchise de TVA au démarrage ?
Si vous bénéficiez de la franchise en base de TVA, vous ne facturez pas la TVA à vos clients et vous devez inscrire sur chaque facture la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Vous restez en franchise tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas les seuils en vigueur.
Sources et références
Création d'entreprise : formalités d'immatriculation d'une micro-entreprise (auto-entrepreneur) - entreprendre.service-public.gouv.fr
Micro-entreprise : comment fonctionne le versement libératoire de l’impôt sur le revenu ? - economie.gouv.fr
L’article 151-0 du code général des impôts - legifrance.gouv.fr
Le crowdfunding ou financement participatif : un outil de financement de la création d'entreprise - bpifrance.fr
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