- Le licenciement économique ne doit pas être fondé sur un motif personnel du salarié.
- Il doit résulter d'une suppression ou transformation de poste, ou d'une modification du contrat refusée.
- Il doit être justifié par des difficultés économiques, des mutations technologiques ou une cessation d'activité.
- Les procédures diffèrent selon le nombre de salariés concernés et la taille de l'entreprise.
- Le salarié licencié a droit à des indemnités et peut bénéficier du CSP ou de l'ARE.
- Le licenciement économique est souvent plus avantageux qu'une rupture conventionnelle.
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Quand peut-on parler de licenciement pour motif économique ? Définition et motifs
1ère condition : Il ne doit pas être fondé sur un motif inhérent à la personne du salarié.
Dans ce cas, le licenciement économique ne doit pas concerner la qualité de travail de la personne, ni son âge, ni son aptitude à travailler sur son poste. L’employeur licencie un salarié alors qu’il ne lui reproche aucune faute ni un manque de résultats, mais pour des raisons uniquement économiques bien précises… Le licenciement économique n’est jamais justifié par un motif personnel et reste très encadré pour protéger les salariés.
2ème condition : Il doit résulter soit d'une suppression de poste ou transformation d'emploi, soit d'une modification d'un élément essentiel du contrat de travail refusée par le salarié.
Dans le cadre de la suppression ou de la transformation d’un emploi qui sont une modification d’un élément essentiel du contrat de travail amenant à être refusé par le salarié, le licenciement économique peut être reconnu.
3ème condition : Il doit être justifié par de réelles difficultés économiques, par des mutations technologiques, une réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ou la cessation d'activité de l'Entreprise
Dans ce cas, le licenciement pour motif économique doit être justifié par de réels motifs pouvant être d’ordre personnel liés à l’employeur ou économique liés à l’entreprise. Attention, seuls quelques motifs économiques sont valables comme :
La baisse considérable du chiffre d’affaires
La baisse significative des commandes
Des pertes d’exploitations importantes
Une dégradation de l’excédent brut d’exploitation
Les mutations technologiques peuvent encore affecter un emploi dans une entreprise et être l’une des raisons de licenciements pour motif économique. Enfin, la cessation définitive d’une activité justifie les licenciements économiques sous réserve que la fermeture ne soit pas due à la faute de l’employeur. Si cette cessation d’activité est partielle, elle ne justifie pas à elle seule, un licenciement économique. Dans ce dernier cas, ce sont les juges qui apprécient la situation économique d’une entreprise.
Les procédures de licenciement pour motif économique s'appliquent dans toutes les entreprises de droit privé.
Les préalables à la notification du licenciement pour motif économique
L'employeur est tenu de déterminer le nombre de ses salariés qui sera impacté par la procédure de licenciement pour motif économique.
Il établit l'ordre des licenciements, selon des critères déterminés soit par accord collectif soit par l'employeur lui-même après consultation des délégués du personnel.
Le licenciement individuel
La procédure de licenciement individuel pour motif économique est similaire à la procédure de licenciement de droit commun (pour motif personnel)
Convocation en entretien préalable
Entretien préalable (au moins 5 jours plus tard)
Envoi de la notification de licenciement au salarié (au moins 7 jours plus tard)
Notification à l'administration de la notification de licenciement (au maximum 8 jours plus tard)
Licenciements collectifs pour motif économique dans les entreprises de moins de 50 salariés
La procédure diffère selon que le licenciement pour motif économique concerne moins de 10 salariés ou plus de 10 salariés.
En l'absence de délégués du personnel ou de convention collective, la procédure se résumera à l'établissement de l'ordre des licenciements pour causes réelles, à la convocation du salarié à l'entretien préalable, et à la notification du licenciement au salarié et à l'administration.
Licenciement économique de moins de 10 salariés
L'employeur devra convoquer le CSE pour leur exposer le projet de licenciement économique. Le procès verbal de cette réunion sera envoyé à l'administration.
Chaque salarié devra être reçu individuellement par l'employeur puis la notification de licenciement sera ensuite envoyée au salarié et transmise à l'administration, selon les délais applicables au licenciement économique individuel.
Licenciement économique de plus de 10 salariés
Dès lors que l'employeur envisage de licencier plus de 10 salariés alors qu'il occupe régulièrement au minimum 50 salariés dans son entreprise, il a l'obligation de convoquer et de réunir le CSE.
Les membres seront réunis à l'occasion de 2 réunions séparées par un délai qui ne peut être supérieur à 14 jours.
Suite à la décision de licenciement économique, la convocation des salariés à un entretien préalable n'est pas obligatoire dans le cadre d'un licenciement d'au moins 10 salariés sur 30 jours dans les entreprises pourvues de représentants du personnel dans l'ordre des licenciements.
À défaut, l'entretien individuel reste obligatoire.
Les lettres de licenciement devront être envoyées à l'issue d'un délai de 30 jours minimum suivant la notification à l'administration du projet de licenciement économique.
Après qu’il ait été consulté, le CSE doit remettre son avis avant :
1 mois quand il y a moins de 100 licenciements
3 mois quand il y a entre 100 et 149 licenciements
4 mois au-delà de 250 licenciements
Précision supplémentaire : toute entreprise de moins de 1000 salariés, procédant à un licenciement économique, doit proposer au salarié une convention de reclassement personnalisé.
Quelles sont les démarches à réaliser avant son licenciement économique ?
Avant un licenciement économique, par mesure de prévention, l’employeur doit s’assurer de remplir les conditions encadrées par la loi du fondement du licenciement. En effet, un licenciement économique peut exister s’il s’agit d’une suppression de poste ou transformation d'emploi ou encore une modification d’un élément essentiel du contrat de travail d’un salarié qui aurait refusé cette clause dans ce dernier cas. La suppression de poste ou la transformation d'emploi sont des éléments qui doivent être consécutifs à des difficultés économiques prouvées comme :
Une baisse du chiffre d’affaires
Une baisse de commandes
Une perte d’exploitation
Une dégradation de la trésorerie de l’entreprise
Une mutation technologique
Une réorganisation
Un redressement judiciaire
Une cessation d’activité
Dans ces cas-là, la solution pour l’employeur est de consulter le CSE, dès lors qu’au moins 2 salariés sont concernés par cette mesure sur 30 jours. S’il n’existe pas de délégué de personnel, l’employeur doit alors songer à avertir la DREETS.
Comment se passe le licenciement économique ?
Quand le licenciement économique est évident, l’employeur doit réaliser un PSE ou Plan de Sauvegarde de l’Emploi s’il licencie au moins 10 salariés et que l’entreprise compte au moins 50 salariés. Le PSE sert à créer de nouvelles activités professionnelles, des formations et des reclassements. Il est possible, une fois que la DREETS l’a validé. Vient ensuite l’entretien préalable lorsqu’il prévoit le licenciement économique de moins de 10 salariés sur 30 jours. Il convoque alors chaque salarié.
La convocation est envoyée aux salariés par lettre recommandée ou est remise en main propre et le destinataire doit l’avoir reçue au moins cinq jours avant l’entretien afin qu’il soit parfaitement informé. Vient ensuite la lettre de licenciement précisant les raisons de cette mesure avec la possibilité de faire l’objet d’un contrat de sécurisation professionnel et/ou d’un congé de reclassement si l’entreprise a au moins 1 000 salariés.
Le délai de préavis démarre dès la notification du licenciement et sa durée est calculée selon l’ancienneté du salarié dans l’entreprise. Ce délai de préavis est caduc si le salarié accepte le contrat de sécurisation professionnelle ou le congé de reclassement.
Quelles sont les indemnités en cas de licenciement économique (prime...)
Quand le salarié est licencié pour motif économique, il a droit des indemnités. À la fin de son préavis, il va percevoir :
Le dernier salaire
Les indemnités de licenciement
Les indemnités compensatrices de préavis
Les indemnités de congés payés si le préavis n’est pas fait ou s’il reste des congés
Des indemnités supralégales dans certains cas
Quelles sont les aides disponibles lors d'un licenciement économique ? (Chomage)
Suite à la lettre de licenciement économique, les étapes suivantes consistent en deux aides qui sont :
L’ASP ou allocation de sécurisation professionnelle
L’ARE ou allocation d’aide de retour à l’emploi
Le CSP fait partie des offres de reclassement sur le territoire national. Il permet aux personnes dont le licenciement est économique, de bénéficier d’un parcours d’accompagnement renforcé sur une durée d’un an. Dans ce cadre, la personne va être aidée par un conseiller en fonction de son projet professionnel, de sa recherche d’emploi, de sa formation. L’employeur propose au salarié le CSP qui dispose de 21 jours pour l’accepter ou de le refuser. Si le salarié accepte le CSP, alors il va pouvoir bénéficier de l’ASP sous condition de :
Avoir au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise pour une allocation équivalente à 75 % de l’ancien salaire brut
Avoir travaillé au moins 1 an pour percevoir une allocation variant entre 57 % et 75 % de l’ancien salaire brut
En cas de refus du Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), le salarié peut prétendre à l’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE). Cette prestation est calculée sur la base des salaires bruts perçus au cours des 24 derniers mois (ou 36 mois pour les allocataires de 55 ans et plus), incluant les primes, mais excluant les indemnités de licenciement et de congés payés.
Le montant de l'ARE est soumis à un encadrement strict :
Plafond maximal : Il ne peut excéder 75 % du Salaire Journalier de Référence (SJR), dans la limite d'un plafond journalier brut de 220 €.
Plancher minimal : Il ne peut être inférieur à 57 % du SJR, ni descendre en dessous du montant fixe de 32,13 € par jour (pour une activité à temps plein).
Le versement n'est pas immédiat : un délai d'attente systématique de 7 jours s'applique. À cela s'ajoutent les différés de paiement liés au règlement des congés payés non pris et, le cas échéant, aux indemnités de rupture supérieures au minimum légal.
Comment calculer son chômage après un licenciement économique ?
Le chômage, ARE qui est une aide de retour à l’emploi est calculé d’après le salaire de référence perçu par le salarié. Son montant varie en fonction le mode d’activité à temps plein ou partiel et en fonction des rémunérations antérieures, mais aussi en fonction du montant de certaines pensions, si elles existent. L’ARE est déterminé par France Travail (ex Pôle-Emploi) sur la base des rémunérations brutes de :
Des salaires
Des primes
Des avantages en nature
Des gratifications ou indemnités
Des primes
En sont exclues, dans le cas contraire, les indemnités concernant la rupture de travail comme :
L'indemnité légale de licenciement
Les indemnités de rupture conventionnelle
Les primes de précarité
Les indemnités de congés payés
Les indemnités de dispense de préavis
Les montants versés suite à la rupture d’un contrat de travail décidé par un juge
Les salaires perçus non liés au contrat de travail dans la période devant être prise en compte
Les montants liés aux périodes non déclarées à France Travail
Le montant de votre allocation est déterminé à partir du Salaire Journalier de Référence (SJR). France Travail effectue deux calculs et retient systématiquement le résultat le plus favorable pour l'allocataire.
1. Les deux méthodes de calcul
Depuis le 1er juillet 2025, l'allocation journalière est le montant le plus élevé entre :
La part proportionnelle et fixe : 40,4 % du SJR + 13,18 € ;
Le pourcentage fixe : 57 % du SJR.
2. Plafonds et planchers (Valeurs 2026)
Le montant final de l'allocation est encadré par des limites strictes basées sur le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), qui s'élève à 48 060 € pour l'année 2026 :
Montant minimum : L'allocation ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour (sous réserve d'une activité à temps plein).
Montant maximum : L'allocation est plafonnée à 75 % du SJR. Par ailleurs, l'indemnisation maximale est corrélée au PASS (soit un maximum journalier d'environ 220 € pour 2026).
3. La dégressivité de l'allocation
Pour les hauts revenus, une réduction de l'allocation peut s'appliquer afin d'inciter à la reprise rapide d'une activité.
4. Conditions d'application
Une diminution de 30 % du montant de l'allocation intervient à partir du 7ème mois d'indemnisation si les conditions suivantes sont réunies :
Le demandeur d'emploi a moins de 57 ans à la date de fin de son contrat de travail.
L'ancien salaire de référence dépasse un seuil critique.
5. Seuils de référence
La dégressivité s'enclenche dès lors que le salaire de référence est supérieur à :
162,30 € par jour ;
Ou 4 939,67 € par mois.
Ces montants de dégressivité restent spécifiques aux règles de France Travail et se distinguent des plafonds mensuels de la Sécurité sociale (PMSS) fixés à 4 005 € pour 2026.
Quel est le plus avantageux ? Licenciement économique ou rupture conventionnelle ?
Choisir entre le licenciement économique et la rupture conventionnelle peut être assez complexe. En fait, tout dépend de la situation du salarié. Il semble que dans la plupart des cas, le licenciement économique est plus avantageux pour le salarié que la rupture conventionnelle, car il peut avoir droit à :
Un CSP ou contrat de sécurisation professionnelle
Un reclassement à un nouveau poste pouvant être libre
Une priorité à l’embauche
Dans le cadre du CSP, France Travail propose au salarié licencié un accompagnement personnalisé ainsi que :
Une indemnité de licenciement
Une indemnité calculée sur son ancienneté
Une ASP ou allocation de sécurisation professionnelle équivalente à 75 % de son salaire journalier de référence s’il a plus d’un an d’ancienneté dans l’entreprise
Dans le cadre de l’ARE ou allocation de retour à l’emploi, en cas de rupture conventionnelle, le salarié bénéficie de conditions moins avantageuses qu’avec l’ASP. Le licenciement économique ouvre droit à son reclassement dans un emploi de la même catégorie. Le salarié reste libre d’accepter ou non, les propositions de reclassement qui lui sont proposées.
Sources & références
France travail : comment est calculé le montant de mon allocation ?
Service public : allocation de sécurisation professionnelle (ASP)
France travail : le contrat de sécurisation professionnelle
Service public : Licenciement économique
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Questions & réponses