Comment devenir auto-entrepreneur en 2026 : le guide complet

Temps de lecture : 13 min
L'article en bref
  • Inscription gratuite en ligne en moins de 30 minutes : créez votre auto-entreprise directement sur le Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) avec votre pièce d'identité et un justificatif de domicile, sans frais de création.
  • Des plafonds de CA à respecter selon votre activité : 203 100 € HT pour la vente de marchandises et 83 600 € HT pour les prestations de services et activités libérales en 2026, avec proratisation en cas de création en cours d'année.
  • Des cotisations sociales proportionnelles à votre chiffre d'affaires : de 12,4 % à 25,8 % de votre CA selon votre activité, à déclarer mensuellement ou trimestriellement sur votre espace URSSAF, avec la possibilité d'opter pour le versement libératoire de l'impôt.
  • La franchise en base de TVA pour simplifier votre facturation : vous ne facturez pas de TVA tant que vous restez sous les seuils (85 000 € HT pour la vente, 37 500 € HT pour les services), en mentionnant « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures.
  • Une protection sociale complète rattachée au régime général : couverture maladie, validation des trimestres de retraite selon votre CA (à partir de 2 732 € de CA/an pour 1 trimestre en BNC), et indemnités journalières après 12 mois d'affiliation.
  • Des obligations comptables allégées mais obligatoires : livre des recettes à tenir à jour, factures conformes avec mentions obligatoires (SIRET, numéro unique), compte bancaire dédié si CA > 10 000 € pendant 2 ans, et déclaration de CA obligatoire même à 0 €.
Auto-entreprise ou société ? Faites le bon choix ! Discuter avec un conseiller

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Guillaume DELEMARLE

Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

Podcast : Auto-entrepreneur ou Société : comment faire le bon choix ?

Quelles sont les étapes pour devenir auto-entrepreneur en 2026 ?

Ouvrir une auto-entreprise se fait en quatre étapes. L'ensemble des démarches est réalisable en ligne, en moins de 30 minutes.

Étape 1 : vérifier son éligibilité

Avant de vous inscrire, assurez-vous de remplir ces conditions :

  • Être majeur (ou mineur émancipé)
  • Résider en France
  • Ne pas être déjà travailleur non salarié sous un régime réel d'imposition pour la même activité
  • Être ressortissant de l'Union européenne, ou détenir un titre de séjour autorisant l'exercice d'une activité indépendante

Si vous êtes salarié, étudiant, retraité ou demandeur d'emploi, le cumul avec le statut auto-entrepreneur est possible (détails dans la section suivante).

Étape 2 : choisir son activité

Le régime micro-entrepreneur couvre trois grandes catégories :

  • Activités commerciales (BIC) : achat-revente de marchandises, e-commerce, restauration rapide
  • Activités artisanales (BIC) : plomberie, coiffure, boulangerie, menuiserie
  • Activités libérales (BNC) : conseil, formation, développement web, graphisme, coaching

Certaines activités sont exclues : les professions agricoles rattachées à la MSA, les activités immobilières (marchand de biens, agent immobilier), les professions juridiques et de santé (sauf exceptions comme les infirmiers ou les psychologues), et les activités artistiques relevant de la Maison des Artistes ou de l'AGESSA. Si vous hésitez sur la catégorie à choisir, notre guide sur les différents types d'entreprise vous aidera à y voir plus clair.

Étape 3 : déclarer son activité sur le Guichet unique

Rendez-vous sur formalites.entreprises.gouv.fr, le portail officiel de déclaration. Vous aurez besoin de :

Pendant la déclaration, deux choix vous seront demandés :

  1. La périodicité de déclaration de chiffre d'affaires : mensuelle ou trimestrielle. Ce choix est modifiable en fin d'année pour l'année suivante.
  2. L'option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (article 151-0 du CGI) : un prélèvement forfaitaire payé en même temps que vos cotisations sociales. On y revient en détail plus bas.

Étape 4 : recevoir son numéro SIRET

Après validation de votre dossier, l'INSEE vous envoie un courrier avec votre numéro SIRET. Le délai varie de 1 à 4 semaines pour les activités libérales et commerciales, et peut atteindre 6 à 10 semaines pour les activités artisanales (inscription au Répertoire des Métiers). Votre espace en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr est créé automatiquement.

L'inscription est entièrement gratuite. Méfiez-vous des courriers reçus après l'immatriculation qui vous réclament un paiement pour figurer dans un registre ou un annuaire professionnel : ce sont des arnaques.

Qui peut devenir auto-entrepreneur ? Les conditions d'éligibilité

Conditions liées à la personne

Toute personne physique majeure (ou mineure émancipée) peut s'inscrire en auto-entrepreneur. Les ressortissants hors Union européenne doivent détenir un titre de séjour qui autorise l'exercice d'une activité indépendante en France.

Activités autorisées par catégorie

CatégorieRégime fiscalExemples d'activités
CommercialeBICE-commerce, vente sur les marchés, achat-revente
ArtisanaleBICPlomberie, électricité, coiffure, pâtisserie
Libérale non réglementéeBNCConsultant, développeur web, rédacteur, coach
Libérale réglementéeBNCPsychologue, architecte, ostéopathe

Activités exclues

Les activités agricoles (rattachées à la MSA), les activités relevant de la TVA immobilière (marchand de biens, lotisseur), les professions juridiques (avocat, notaire, huissier) et la plupart des professions de santé (médecin, pharmacien, sage-femme) ne peuvent pas être exercées sous le régime micro-entrepreneur. Pour mieux comprendre ce que recouvre le statut de profession libérale et ses spécificités, consultez notre fiche dédiée.

Cumul avec un autre statut

Le statut auto-entrepreneur se cumule avec de nombreuses situations :

  • Salarié : aucune autorisation de l'employeur requise (sauf clause contractuelle), à condition de respecter l'obligation de loyauté et la clause de non-concurrence. Retrouvez toutes les modalités pratiques dans notre article sur le cumul salarié et auto-entrepreneur.
  • Demandeur d'emploi : maintien de l'ARE possible, France Travail recalcule chaque mois vos allocations
  • Retraité : cumul libre, les cotisations versées ne génèrent pas de droits supplémentaires à la retraite
  • Étudiant : aucune restriction particulière

Les fonctionnaires peuvent aussi devenir auto-entrepreneurs, mais ils doivent obtenir une autorisation de leur hiérarchie. L'activité indépendante doit rester accessoire, et un passage à temps partiel peut être nécessaire.

Quels sont les plafonds de chiffre d'affaires auto-entrepreneur en 2026 ?

Pour rester sous le régime de la micro-entreprise, votre chiffre d'affaires annuel hors taxe ne doit pas dépasser certains plafonds.

Plafonds et seuils auto-entrepreneur 2026

Type d'activitéPlafond CA micro-entreprise (HT)Seuil franchise TVA (base)Seuil franchise TVA (majoré)
Vente de marchandises (BIC achat-revente)203 100 €85 000 €93 500 €
Prestations de services (BIC)83 600 €37 500 €41 250 €
Activités libérales (BNC)83 600 €37 500 €41 250 €

Seuils de CA en vigueur au 1er janvier 2026 (source : autoentrepreneur.urssaf.fr). Seuils de franchise TVA en vigueur depuis le 1er janvier 2025 et reconduits en 2026 ; la réforme instaurant un seuil unique de 25 000 € a été abandonnée (sources : service-public.fr, impots.gouv.fr). Vérifiez les seuils définitifs sur urssaf.fr avant votre inscription.

Activité mixte

Si vous exercez une activité mixte (par exemple, vente de produits artisanaux + prestations de conseil), votre CA global ne doit pas dépasser 203 100 € HT, et la part liée aux prestations de services ne doit pas dépasser 83 600 € HT.

Proratisation en cas de création en cours d'année

Quand vous ouvrez votre auto-entreprise en cours d'année, le plafond est ajusté au nombre de jours d'activité. La règle du prorata s'applique de façon mécanique sur la base de 365 jours.

Cas pratique : Sophie, consultante en communication

Sophie crée son auto-entreprise de conseil en communication (BNC) le 1er avril 2026. Son plafond proratisé se calcule ainsi :

83 600 € × (275 jours restants / 365 jours) = 63 010 €

Sophie facture 65 000 € entre avril et décembre 2026. Elle dépasse son seuil proratisé, mais elle reste en micro-entreprise cette première année (la tolérance s'applique). Si elle dépasse à nouveau le plafond annuel de 83 600 € en 2027, elle basculera au régime réel d'imposition à compter du 1er janvier 2028.

Atteindre les plafonds de la micro-entreprise, c'est souvent le signe que votre activité tourne bien — et peut-être qu'une société serait plus adaptée à votre niveau de développement. Nos conseillers peuvent faire le point avec vous gratuitement.

Que se passe-t-il en cas de dépassement ?

  • Dépassement une seule année : vous restez en micro-entreprise.
  • Dépassement deux années consécutives : vous sortez du régime micro au 1er janvier de l'année suivante et passez au régime réel d'imposition. Cela implique une comptabilité plus lourde (bilan, compte de résultat) et un calcul de cotisations différent. Pour anticiper ce changement, notre article sur le choix entre l'IR et l'IS vous donnera les clés pour préparer la transition.

Si vous anticipez un CA proche de ces seuils dès le départ, une société peut être plus adaptée. L'Expert-Comptable.com vous accompagne pour faire le bon choix avant de vous lancer.

Combien coûtent les cotisations sociales en auto-entreprise ?

Le régime micro-social simplifié fonctionne sur un principe simple : vos cotisations sont un pourcentage de votre chiffre d'affaires HT déclaré. Pas de CA = pas de cotisations. Pour comprendre le fonctionnement global de l'organisme qui collecte ces cotisations, consultez notre présentation de l'URSSAF.

Taux de cotisations sociales par activité en 2026

Type d'activitéTaux cotisations socialesContribution formation pro (CFP)Total
Achat-revente (BIC)12,3 %0,1 %12,4 %
Prestations de services (BIC)21,2 %0,2 %21,4 %
Libéral CIPAV (BNC)23,2 %0,2 %23,4 %
Libéral régime général (BNC)25,6 %0,2 %25,8 %

Taux en vigueur au 1er janvier 2026 (source : autoentrepreneur.urssaf.fr). Vérifiez les taux exacts 2026 sur autoentrepreneur.urssaf.fr avant vos premières déclarations.

Périodicité de déclaration

Vous déclarez votre CA encaissé (pas facturé) chaque mois ou chaque trimestre, selon l'option choisie à l'inscription. Le paiement des cotisations et contributions sociales se fait en même temps, directement sur votre espace URSSAF. Le choix de la périodicité est modifiable en fin d'année pour l'année suivante.

Cas pratique : budget mensuel réel d'une consultante

Camille est consultante en stratégie digitale (BNC, régime général). Elle facture 3 000 € HT par mois.

  • Cotisations sociales + CFP : 3 000 € × 25,8 % = 774 €/mois
  • Si option versement libératoire : 3 000 € × 2,2 % = 66 €/mois d'IR supplémentaire
  • Total prélevé : 774 + 66 = 840 €/mois
  • Reste disponible : 3 000 - 840 = 2 160 €/mois

La différence entre le CA encaissé et le revenu réellement disponible est significative. Pour estimer précisément ce que vous pouvez vous verser, notre article sur le salaire en auto-entreprise détaille les différents scénarios. Pensez à provisionner vos charges dès le premier euro facturé.

Quelle fiscalité pour l'auto-entrepreneur ? IR classique ou versement libératoire

En tant qu'auto-entrepreneur, vos revenus sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR). Deux options s'offrent à vous.

Option par défaut : l'imposition classique avec abattement forfaitaire

L'administration applique un abattement forfaitaire sur votre CA pour déterminer votre bénéfice imposable. Pour tout comprendre sur le mécanisme de cet abattement auto-entrepreneur, consultez notre fiche dédiée. Les taux sont les suivants :

  • 71 % d'abattement pour les activités d'achat-revente (BIC)
  • 50 % pour les prestations de services (BIC)
  • 34 % pour les activités libérales (BNC)

Le bénéfice imposable est ensuite intégré aux autres revenus de votre foyer fiscal et soumis au barème progressif de l'IR. Concrètement, si vous êtes graphiste freelance avec 40 000 € de CA annuel (BNC), votre bénéfice imposable est de 40 000 - 34 % = 26 400 €.

Option versement libératoire de l'IR

Le versement libératoire (article 151-0 du CGI) vous permet de payer votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations sociales, sous forme d'un pourcentage fixe de votre CA :

  • 1 % pour les activités d'achat-revente
  • 1,7 % pour les prestations de services BIC
  • 2,2 % pour les activités libérales BNC

Cette option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas un certain seuil par part de quotient familial (29 315 € par part pour les revenus 2024). Pour vérifier votre situation, consultez notre article sur le revenu fiscal de référence et regardez votre dernier avis d'imposition avant de faire ce choix.

Cas pratique : versement libératoire ou IR classique ?

Lucas, graphiste freelance célibataire, facture 40 000 € HT par an (BNC).

Option IR classique :

  • Abattement forfaitaire de 34 % : bénéfice imposable = 26 400 €
  • Ce montant s'ajoute à ses autres revenus pour le calcul de l'IR au barème progressif
  • Avec 26 400 € de revenu imposable et aucun autre revenu, son IR serait d'environ 2 286 € (barème 2026)

Option versement libératoire :

  • 2,2 % × 40 000 € = 880 €/an d'impôt sur le revenu
  • Soit une économie de plus de 1 400 € par rapport à l'IR classique

Lucas a tout intérêt à opter pour le versement libératoire s'il y est éligible. Cette option est avantageuse dès que le taux marginal d'imposition du foyer dépasse les taux forfaitaires du versement libératoire, ce qui est le cas dès la première tranche à 11 %. Pour situer votre foyer dans le barème, notre article sur les tranches d'imposition vous donnera toutes les données utiles.

Vous hésitez entre le versement libératoire et l'imposition classique ? Les conseillers de L'Expert-Comptable.com, cabinet 100 % en ligne à partir de 79 € HT/mois, accompagnent plus de 50 000 entrepreneurs dans ce type de choix fiscaux au quotidien.

Même si vous optez pour le versement libératoire, vous devez déclarer votre chiffre d'affaires sur la déclaration de revenus 2042 C PRO chaque année. Cette déclaration sert à déterminer le revenu fiscal de référence du foyer, mais ne génère pas de double imposition.

Auto-entrepreneur et TVA : les règles de la franchise en base

Le principe de la franchise en base de TVA

En tant qu'auto-entrepreneur, vous bénéficiez par défaut de la franchise en base de TVA (article 293 B du CGI). Pour comprendre en détail les règles spécifiques qui s'appliquent à votre situation, notre article sur la TVA et l'auto-entrepreneur couvre l'ensemble des cas pratiques. Concrètement, cela signifie que :

  • Vous ne facturez pas de TVA à vos clients
  • Vous ne pouvez pas déduire la TVA sur vos achats professionnels
  • Vous devez faire figurer la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur toutes vos factures

Seuils de franchise en base de TVA

La réforme de 2025 prévoyant un seuil unique de 25 000 € a été abandonnée. Les seuils applicables en 2026 sont les suivants :

Type d'activitéSeuil de baseSeuil majoré
Vente de marchandises85 000 € HT93 500 € HT
Prestations de services37 500 € HT41 250 € HT

Seuils en vigueur depuis le 1er janvier 2025 et reconduits en 2026 (sources : service-public.fr, impots.gouv.fr). Vérifiez les seuils définitifs sur service-public.fr ou urssaf.fr au moment de votre inscription.

Conséquences du dépassement des seuils TVA

  • Dépassement du seuil majoré : vous devez facturer la TVA dès le 1er jour du dépassement
  • Dépassement du seuil de base sur une année : vous facturez la TVA à compter du 1er janvier de l'année suivante

Attention : les seuils de franchise en base de TVA sont distincts des plafonds de la micro-entreprise. Vous pouvez donc rester auto-entrepreneur tout en étant redevable de la TVA. Pour bien comprendre qui est concerné par la TVA et dans quelles conditions, notre article sur la TVA et la notion d'assujetti apporte des éclairages utiles.

L'oubli de la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures peut entraîner des complications en cas de contrôle. Vérifiez chaque facture avant envoi. Notre guide sur les mentions obligatoires d'une facture vous donne la liste complète à respecter.

TVA intracommunautaire

Si vous achetez des biens dans un autre pays de l'Union européenne pour un montant supérieur à 10 000 € par an, vous devez demander un numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre service des impôts des entreprises.

Quelle protection sociale quand on est auto-entrepreneur ?

Rattachement au régime général

Depuis 2020, tous les auto-entrepreneurs sont rattachés au régime général de la Sécurité sociale. Votre interlocuteur est votre CPAM (ou la CGSS en outre-mer) pour la couverture maladie. Ce rattachement au régime général marque une rupture nette avec l'ancien RSI, supprimé depuis lors.

Couverture maladie et maternité

Vos remboursements de soins sont identiques à ceux des salariés. Après 12 mois d'affiliation, vous pouvez percevoir des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie, dont le montant dépend de votre CA moyen déclaré. En cas de maternité ou de paternité, vous avez droit à des indemnités journalières et à une allocation forfaitaire de repos maternel, sous condition de CA minimum. Pour connaître les modalités du congé maternité et les montants d'indemnisation, consultez notre article dédié.

Validation des trimestres de retraite

Vos cotisations sociales financent votre retraite de base. Le nombre de trimestres validés dépend du CA réalisé dans l'année. Pour aller plus loin sur ce sujet, notre article sur la cotisation retraite en micro-entreprise détaille le fonctionnement complet. La protection sociale varie aussi fortement selon le statut choisi. L'Expert-Comptable.com vous aide à comparer et à choisir la structure la plus adaptée dès la création de votre entreprise.

Trimestres validésVente de marchandises (CA annuel)Prestations de services BIC (CA annuel)Activités libérales BNC — régime général (CA annuel)Professions libérales réglementées CIPAV (CA annuel)
1 trimestre6 217 €3 606 €2 732 €2 792 €
2 trimestres12 434 €7 212 €5 464 €5 584 €
3 trimestres18 651 €10 818 €8 196 €8 376 €
4 trimestres24 868 €14 424 €10 928 €11 168 €

Seuils de CA en vigueur pour 2026, calculés sur la base de 150 fois le SMIC horaire brut (12,02 € au 1er janvier 2026). Ces montants évoluent chaque année avec la revalorisation du SMIC. Source : bpifrance-creation.fr. Vérifiez sur lassuranceretraite.fr.

Absence de couverture chômage

Les auto-entrepreneurs ne cotisent pas à l'assurance chômage. En cas de cessation d'activité, vous n'avez pas droit à l'ARE. L'allocation des travailleurs indépendants (ATI) existe, mais ses conditions d'accès sont très restrictives (CA minimum de 10 000 € par an sur les deux dernières années, cessation pour redressement ou liquidation judiciaire). Si vous envisagez de créer votre auto-entreprise tout en percevant des allocations, notre article sur le cumul chômage et création d'entreprise vous explique les règles applicables.

Que se passe-t-il après l'inscription ? Les premières obligations

Réception du SIRET et activation de l'espace URSSAF

Votre numéro SIRET arrive par courrier de l'INSEE sous 1 à 10 semaines selon votre activité. Pour comprendre la composition exacte de ce numéro et la différence entre SIREN et SIRET, consultez notre fiche pratique. En parallèle, votre espace en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr est activé. C'est sur ce site que vous déclarerez votre CA et paierez vos cotisations.

Première déclaration de chiffre d'affaires

Un délai de carence de 90 jours s'applique après la création. Votre première déclaration de CA interviendra à la fin du mois ou du trimestre suivant cette période. Même si votre CA est de 0 €, la déclaration est obligatoire.

Compte bancaire dédié

L'ouverture d'un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle est obligatoire si votre CA dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. En dessous de ce seuil, un compte dédié reste recommandé pour séparer clairement vos flux personnels et professionnels. Notre guide pour créer un compte professionnel vous présente les options disponibles.

Obligations comptables simplifiées

La comptabilité d'un auto-entrepreneur se résume à :

  • Livre des recettes (obligatoire) : il liste chronologiquement toutes les recettes encaissées, avec la date, le client, le montant et le mode de paiement
  • Registre des achats (obligatoire uniquement pour les activités de vente) : il détaille tous les achats réalisés pour l'activité
  • Conservation des factures : vous devez conserver toutes les factures émises et reçues pendant 10 ans

Pour vous équiper sans vous ruiner, notre comparatif des logiciels de facturation pour auto-entrepreneur vous aidera à choisir l'outil adapté à votre activité.

Facturation : les mentions obligatoires

Chaque facture doit comporter votre numéro SIRET, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » (si vous êtes en franchise), le délai de paiement, et un numéro de facture unique et chronologique. Si vous souhaitez savoir comment facturer une prestation de service dans les règles, notre article vous guide pas à pas.

Checklist des 30 premiers jours : vérifier la réception de votre numéro SIRET, activer votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr, ouvrir un compte bancaire dédié (ou prévoir de le faire), créer un modèle de facture conforme avec toutes les mentions obligatoires, mettre en place votre livre des recettes (un tableur suffit), noter la date de votre première déclaration de CA (90 jours après la création), s'inscrire au programme « Mes Premiers Mois avec l'Urssaf », un accompagnement gratuit au démarrage.

Les erreurs fréquentes quand on devient auto-entrepreneur

Confondre chiffre d'affaires et bénéfice

En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles (achats de matériel, abonnements, déplacements). L'abattement forfaitaire est censé couvrir ces frais. Si vos charges dépassent 34 % de votre CA (pour une activité BNC) ou 50 % (pour des services BIC), le régime micro n'est peut-être pas le plus adapté à votre situation. Pour comparer les charges déductibles selon les régimes, notre article sur les charges déductibles pour les BNC et les BIC vous donnera une vision complète.

Avant de créer votre entreprise, L'Expert-Comptable.com vous aide à choisir le statut juridique le plus adapté à votre situation. Micro-entreprise, SASU, EURL : nos conseillers font le point gratuitement avec vous.

Oublier de déclarer son CA, même à 0 €

Chaque mois ou trimestre, vous devez déclarer votre CA sur autoentrepreneur.urssaf.fr, même s'il est nul. L'oubli entraîne une pénalité de 60,10 € par déclaration manquante, et l'URSSAF peut calculer vos cotisations sur une base forfaitaire majorée.

Ne pas anticiper le passage à la TVA

Beaucoup d'auto-entrepreneurs continuent de facturer sans TVA après avoir dépassé les seuils de franchise. Le risque : devoir reverser la TVA de votre poche sur les factures émises sans TVA depuis la date de dépassement. Pour bien comprendre comment faire une facture sans TVA et dans quelles conditions cela reste valable, consultez notre guide.

Choisir le versement libératoire sans vérifier son éligibilité

Si votre revenu fiscal de référence 2024 (N-2) dépasse 29 315 € par part de quotient familial, vous n'êtes pas éligible. Pour calculer vos parts fiscales et vérifier votre situation, notre article sur le calcul des parts fiscales vous guidera. Vérifiez votre dernier avis d'imposition avant de cocher cette option à l'inscription.

Ne pas provisionner ses cotisations et son impôt

Quand vous encaissez 3 000 €, il ne vous reste pas 3 000 €. Entre les cotisations sociales et l'impôt, 25 à 30 % de votre CA sera prélevé. Mettez cette somme de côté dès l'encaissement pour éviter les mauvaises surprises en fin de trimestre.

Pour éviter ces erreurs dès le lancement de votre activité, vous pouvez vous faire accompagner par un expert-comptable en ligne. L'Expert-Comptable.com accompagne les auto-entrepreneurs au quotidien, avec un conseiller dédié qui répond en moins de 2 heures, et une note de 4,9/5 sur Google par ses clients.

Les questions fréquentes sur le statut d'auto-entrepreneur

Est-ce que l'inscription en auto-entrepreneur est gratuite ?

Oui, créer son auto-entreprise est entièrement gratuit. La déclaration se fait en ligne sur le Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr). Méfiez-vous des courriers reçus après l'immatriculation qui réclament un paiement pour figurer dans un annuaire : ce sont des arnaques. Notre article sur le coût de création d'une entreprise vous détaille les frais réels à prévoir selon les différentes formes juridiques.

Peut-on devenir auto-entrepreneur en étant salarié ?

Oui, le cumul salariat et auto-entreprise est possible sans limitation de CA. Vous devez simplement respecter votre clause de non-concurrence et votre obligation de loyauté envers votre employeur. Aucune autorisation n'est requise sauf clause contractuelle spécifique.

Combien de temps faut-il pour obtenir son numéro SIRET ?

Le délai moyen est de 1 à 4 semaines pour les activités libérales et commerciales, et peut aller jusqu'à 6 à 10 semaines pour les activités artisanales. Vous recevez un courrier de l'INSEE avec votre numéro SIRET. Vous pouvez également obtenir un avis de situation SIRENE directement auprès de l'INSEE pour justifier de votre immatriculation avant réception du courrier.

Quel est le plafond de chiffre d'affaires pour un auto-entrepreneur en 2026 ?

Les plafonds sont de 203 100 € HT pour les activités de vente de marchandises et de 83 600 € HT pour les prestations de services et activités libérales. En cas de création en cours d'année, ces seuils sont proratisés au nombre de jours d'activité.

Comment déclarer son chiffre d'affaires en auto-entreprise ?

La déclaration se fait en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr, chaque mois ou chaque trimestre selon l'option choisie à l'inscription. Vous déclarez le CA encaissé (pas facturé) sur la période. La déclaration est obligatoire même si votre CA est de 0 €.

Vaut-il mieux choisir le versement libératoire ou l'imposition classique ?

Le versement libératoire est avantageux si votre taux marginal d'imposition dépasse les taux forfaitaires (1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon l'activité). En pratique, il est intéressant dès la première tranche d'imposition à 11 %. Vérifiez que votre revenu fiscal de référence 2024 (N-2) ne dépasse pas 29 315 € par part de quotient familial.

Puis-je devenir auto-entrepreneur tout en touchant le chômage (ARE) ?

Oui. France Travail recalcule chaque mois vos allocations en déduisant 70 % de votre revenu d'activité. Les jours non indemnisés reportent la fin de vos droits. Déclarez vos revenus chaque mois lors de l'actualisation. Notre article sur l'actualisation Pôle Emploi pour les auto-entrepreneurs vous explique la procédure en détail.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de CA auto-entrepreneur ?

Un dépassement une seule année ne change rien. Si vous dépassez le plafond deux années consécutives, vous basculez au régime réel d'imposition au 1er janvier de l'année suivante, avec une comptabilité plus complexe.

Un auto-entrepreneur doit-il facturer la TVA ?

Non, tant que vous restez sous les seuils de la franchise en base de TVA. Vous devez mentionner « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures. Si vous dépassez les seuils, vous devrez facturer, déclarer et reverser la TVA. Pour tout comprendre sur les différents taux de TVA en France qui s'appliqueront à votre activité le moment venu, consultez notre article dédié.

Quelle est la différence entre auto-entrepreneur et micro-entrepreneur ?

Aucune. Depuis 2016, les deux régimes ont fusionné. « Auto-entrepreneur » et « micro-entrepreneur » désignent exactement le même statut. Le terme officiel est « micro-entrepreneur », mais « auto-entrepreneur » reste le plus courant. Pour aller plus loin sur ce que recouvre concrètement une TPE ou micro-entreprise, notre fiche pratique vous donnera toutes les précisions utiles.

Sources & Références

Economie.gouv : Comment devenir micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) ?

Legifrance :  Article 50-0 

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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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