Le plafonnement de la déduction des frais de véhicules

Mis à jour le 23/11/22
Sommaire

    Les frais liés à l’utilisation à titre professionnel d’un véhicule peuvent être déduits, par le biais du barème kilométrique ou de l’amortissement. Pourtant, pour éviter les abus, le législateur a plafonné cette déduction. Ainsi, le barème kilométrique est plafonné à 7 CV (alors que le plafonnement était autrefois limité à 13 CV) et l’amortissement à 18 300 euros (même s’il existe en la matière de nombreux cas particuliers).

    Le plafonnement du barème kilométrique

    L’application du barème

    Les salariés déduisent généralement de leurs revenus un abattement de 10%. Toutefois, ils peuvent opter pour la déduction des frais qu’ils ont réellement supportés dans le cadre de leur profession (frais de documentation, frais de formation, …).

    Les frais kilométriques (soit l’utilisation de leur véhicule personnel durant des déplacements professionnels ou lors des trajets entre leur lieu de travail et leur domicile) sont déterminés grâce au barème kilométrique publié chaque année par l’administration.

    Ces frais sont ainsi calculés grâce une formule qui prend en compte le nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel et la puissance fiscale du véhicule.

    En outre, ce barème peut être par les professionnels imposés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux et par les entreprises pour déterminer les indemnités allouées pour rembourser les frais de déplacement de leurs salariés. Les indemnités calculées en fonction du barème sont déductibles au niveau de l’entreprise et exonérées d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au niveau du salarié.

    Le barème kilométrique permet de prendre en considération les dépenses suivantes :

    • la dépréciation de la voiture,

    • les frais d’achat des casques et protections,

    • les frais de réparation et d’entretien,

    • les dépenses de pneumatiques,

    • le carburant,

    • les primes d’assurance.

    Certaines dépenses, non prises en compte dans le barème, peuvent être déduites séparément et viennent ainsi majorer les frais réels déductibles : les intérêts d’emprunt, les frais de parking et les frais de péage.

    Le plafonnement du barème

    Il existe deux types de plafonnement :

    • un plafonnement concernant le nombre de kilomètres pour se rendre à son travail,

    • et un autre concernant la puissance fiscale de la voiture.

    Ainsi, la distance entre son domicile et son lieu de travail est plafonnée à 40 km, soit 80 km par jour (un aller-retour).

    Ainsi, par exemple, un salarié présent 220 jours par an dans son entreprise et parcourant 80 km pour se rendre à son travail, appliquera le barème sur 220 x 80 = 17 600 km.

    Cependant, le salarié peut déclarer plus de 40 kilomètres lorsqu’il fait état de circonstances particulières qui justifient l’éloignement (licenciement…).

    En outre, le barème est plafonné à 7 CV. Ainsi, un contribuable possédant une voiture de 15 CV, devra utiliser la dernière ligne du barème.

    Voici ainsi le barème applicable en 2017 :

    Puissance administrative

    Distance n’excédant pas 5000 km

    Distance comprise entre 5001 et 20 000 km

    Distance supérieure à

    20 000 km

    3 CV et moins

    D x 0,41

    (D x 0,245) + 824

    D x 0,286

    4 CV

    D x 0,493

    (D x 0,277) + 1082

    D x 0,332

    5 CV

    D x 0,543

    (D x 0,305) + 1188

    D x 0,364

    6 CV

    D x 0,568

    (D x 0,32) + 1244

    D x 0,382

    7 CV

    D x 0,595

    (D x 0,337) + 1288

    D x 0,401

    Le plafonnement de l’amortissement

    Les entreprises inscrivant un véhicule à leur actif peuvent amortir celui-ci durant 5 ans, afin de prendre en compte l’usure de celui-ci.

    Ainsi, elles pourront déduire chaque année 1/5 de la valeur d’inscription de celui-ci à l’actif.

    Exemple : une entreprise qui inscrit à son actif une voiture de 10 000 euros pourra déduire de son résultat imposable 10 000 /5 = 2000 euros.

    Toutefois la base de l’amortissement est plafonnée à 18 300 euros et l’entreprise devra ainsi réintégrer dans son résultat les surplus d’amortissement.

    Exemple : Une entreprise inscrit une voiture à son actif 40 000 euros. Les annuités d’amortissement passées en comptabilité sont de 40 000/5 = 8000 euros. Le montant de l’annuité déductible est plafonné à 18 300/5 = 3660 euros.

    Ainsi, il conviendra de réintégrer dans le résultat fiscal 8000 – 3660 = 4340 euros.

    Pour les véhicules polluants mis pour la première fois en circulation à compter du 2 juin 2004 et acquis depuis le 1er janvier 2006 (plus de 200 g de CO2 par kilomètre), le plafond est fixé à 9900 euros.

    La loi de finances pour 2017 est venue modifier les règles en matière de plafonnement de l’amortissement, afin de favoriser les véhicules non polluants.

    Voici ainsi, les nouvelles règles applicables :

    Date d’acquisition

     

    Plafonnement de l’amortissement

      
     

    9900 €

    18 300 €

    20 300 €

    30 000 €

    Avant le 1er janvier 2017

    Plus de 200 g de C02/km

    Moins de 200 g de C02/km

    Non applicable

    Non applicable

    Du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017

    Plus de 155 g/km

    De 60g/km à 155 g/km

    De 20g/km à 60g/km

    Moins de 20 g/km

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    Corentin GERARD

    Consultant en création de société et comptabilité chez L-Expert-Comptable.com

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