- Qui est indemnisé : Vous avez droit au chômage après une fin de CDD, une rupture conventionnelle ou un licenciement (même pour faute grave). La démission ne donne droit à rien, sauf cas légitimes (ex: suivi de conjoint).
- La condition de travail : Vous devez avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 2 dernières années (3 ans si vous avez plus de 53 ans).
- Le montant de l'aide : L'allocation (ARE) représente une partie de votre ancien salaire (environ 57% à 75%), avec un minimum garanti de 32,13 € par jour.
- Le licenciement économique : C'est un cas à part. Vous avez le choix entre le chômage classique ou le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), souvent plus avantageux financièrement.
- Quand êtes-vous payé : Ce n'est pas immédiat. Il y a toujours 7 jours d'attente obligatoires, plus un délai supplémentaire si vous avez touché des indemnités de congés payés ou de départ élevées.
- Attention aux absences : Vous devez chercher activement un emploi et signaler toute absence de plus de 7 jours. Une absence de plus de 35 jours entraîne la radiation automatique.
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Rupture conventionnelle fin de CDD, licenciement économique ou licenciement pour faute grave... Ces situations conduisant au chômage présentent quelques singularités.
Lorsque l’on se fait licencier, ou dans d'autres situations, il peut être difficile de s’y retrouver et de savoir si oui ou non on a droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi.
Dans cet article, vous découvrirez les coulisses de l’ARE et toutes les conditions pour en bénéficier dans les différentes situations de rupture de contrat qui se présentent. L’allocation chômage n’aura plus aucun secret pour vous.
Quelles sont les obligations pour toucher une allocation chômage ?
L’allocation chômage, les prérogatives à respecter
L’allocation chômage est versée aux travailleurs nouvellement chômeurs sous certaines conditions. Tout d’abord, revenons à la notion même de chômeur et à sa définition qui implique qu’une personne est actuellement sans emploi mais en recherche un.
Ainsi, toute personne se trouvant dans cette situation peut être considérée comme chômeur au sens légal du terme, pour autant, toutes n’ont pas droit à l’allocation chômage aussi appelée ARE.
Pour bénéficier de l’allocation chômage, le demandeur devra au préalable remplir certaines conditions.
Il y a une durée minimale de travail effectif à respecter sans laquelle le chômeur ne se verra pas verser d’allocation.
Pour prétendre aux allocations chômage, vous devrez donc avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois si vous avez moins de 53 ans.
Si vous avez 53 ans ou plus, vous devrez avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures au cours des 36 derniers mois ou 3 années.
Une autre condition indispensable est de résider en France. Ainsi si vous habitez à l’étranger ou souhaitez y partir pour une certaine durée, renseignez-vous sur vos droits à l’assurance chômage, car vous ne pourrez y prétendre que sous certaines conditions bien définies.
Comment percevoir l’ARE ?
1. Conditions et délais pour s'inscrire
Pour prétendre à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), vous devez respecter plusieurs prérequis lors de votre inscription :
Délai d'inscription : Vous devez vous inscrire et fournir les justificatifs dans les 12 mois suivant la fin de votre contrat. Passé ce délai, l’ARE ne sera pas versée.
Motif de rupture : Vous ne devez pas avoir quitté votre emploi volontairement (sauf cas de démissions légitimes précisés dans l’article).
Âge et Retraite : Vous ne devez pas avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite ni pouvoir prétendre à une pension de retraite à taux plein.
Aptitude physique : Vous devez être apte à l'emploi. En cas d'arrêt maladie, l'ARE est suspendue et remplacée par les indemnités journalières de la Sécurité sociale.
2. Documents à fournir
Pour valider votre dossier, transmettez à votre agence France Travail :
Vos relevés de salaire des 3 derniers mois (ou plus).
Vos attestations employeur des 24 derniers mois (si non transmises informatiquement par vos anciens employeurs).
3. Vos obligations mensuelles
Une fois inscrit, le maintien de vos droits dépend de votre assiduité :
Recherche active : Vous devez prouver que vous cherchez activement un emploi.
Actualisation : Elle est obligatoire tous les mois (avec des informations exactes) pour déclencher le paiement.
Présence : Vous devez vous rendre aux rendez-vous et participer aux formations proposées, sous peine de radiation.
4. La gestion de vos absences (Vacances et déplacements)
Vous avez le droit de vous absenter, mais deux règles strictes s'appliquent pour éviter la radiation ou la perte d'allocations :
Absence de plus de 7 jours : Vous devez obligatoirement la déclarer à votre conseiller (par mail ou via votre espace) dans les 3 jours suivant votre départ. Cela évite d'être convoqué pendant votre absence.
La limite des 35 jours : Attention, toute absence du domicile supérieure à 35 jours consécutifs entraîne la radiation du dossier et la fermeture des droits à l’ARE.
Comment est calculé l’ARE ?
Le montant de l’ARE est calculé en fonction de plusieurs facteurs. C’est le salaire brut au cours des 12 derniers mois travaillés ainsi que les éventuelles primes qui servent de base de référence.
On appelle cette base de référence le salaire journalier de référence ou SJR . En principe, plus vous percevez un salaire élevé plus votre allocation d’aide au retour à l’emploi sera élevée, elle aussi, puisqu’elle se calcule en pourcentage de votre salaire journalier de référence et est donc proportionnelle à celui-ci.
France Travail calcule l'ARE en fonction du salaire :
- si le salaire brut est inférieur à 1303.05 € : 75% du salaire
- si le salaire est compris entre 1303.05 € et 1426.72 € : allocation minimale de 32.13€ par jour
- si le salaire est compris entre 1426.72 € et 2415.01 € : 40.4 % du salaire journalier brut + 13.18€ par jour
- si le salaire est compris entre 2415.01 € et 15 700€ : 57 % du salaire journalier brut
Et ce peu importe que vous soyez en CDD ou en CDI, à temps plein ou à temps partiel, le calcul est le même. Bien sûr, votre salaire étant plus faible à temps partiel, le montant de votre ARE sera lui aussi plus faible qu’une personne au même poste en temps plein.
Sachez que le montant maximal de l’ARE est de 294.21 euros par jour, et son montant minimal pour un employé à temps plein est de 32.13 euros par jour.
L’ARE ne peut pas non plus dépasser 75% de votre SJR (salaire journalier de référence).
Enfin, pour toute allocation dépassant les 92.57 euros par jour, un échelon de dégressivité sera appliqué à compter du 7ᵉ mois d’indemnisation et pouvant réduire l’allocation jusqu’à 30% de son montant. Cependant, l’ARE ne pourra pas dans ce cas être inférieure au seuil fixé de 92.57 euros par jour.
L’ARE peut se voir affecter certaines retenues notamment pour payer la CSG ou la CRDS si son montant est supérieur ou égal à 60 euros par jour. Vous pourriez également cotiser à la retraite et obtenir des points si votre allocation chômage journalière dépasse le seuil des 32.13 euros par jour.
L’allocation d’aide au retour à l’emploi est versée une fois par mois et son montant journalier est multiplié par le nombre de jours que contient ce mois. Il faudra vous actualiser au préalable pour pouvoir en bénéficier et ce chaque mois entre le 28 du mois en cours et le 15 du mois suivant. Ne vous inquiétez donc pas si le montant de votre ARE est plus faible en février qu’en mars par exemple.
Un délai de carence de minimum 7 jours à partir de l’inscription à France Travail, voire plus si le salarié n’avait pas posé tous ses congés sera observé par l’agence France Travail avant de verser les premières allocations sur le compte du bénéficiaire.
Rupture conventionnelle de CDI et chômage
La rupture conventionnelle est une manière simple et pratique de mettre fin au contrat de travail en limitant fortement les conflits entre employeur et employé. En effet, lors de ce type de rupture, employeur et employé se mettent d’accord pour convenir ensemble des modalités de départ.
En cas de licenciement, de rupture conventionnelle ou de fin de contrat, le salarié peut toucher l’allocation chômage, à condition de remplir certains critères. Consultez aussi notre article dédié sur comment obtenir le chômage lors d'une rupture conventionnelle.
La rupture conventionnelle, comment ça marche pour le chômage ?
La rupture conventionnelle mise en place en 2008 est accessible à tout salarié en CDI qu’il soit à temps plein ou à temps partiel. Elle peut se faire à la demande du salarié ou de l’employeur.
Pour en bénéficier, il faudra adresser à votre employeur une demande écrite envoyée par courrier avec accusé de réception. Il sera nécessaire de demander un entretien préalable à votre employeur dans ce courrier.
Plusieurs entretiens peuvent avoir lieu pour définir ensemble la date de départ, mais aussi s’accorder sur le montant des indemnités de départ. Plus important encore, la rupture conventionnelle a de nombreux avantages comparés à un licenciement par exemple. En effet la rupture conventionnelle peut vous permettre de toucher des indemnités chômage une fois le contrat rompu.
Aucune période de préavis n’est à effectuer lors d’une rupture conventionnelle.
La demande de rupture conventionnelle n’a pas besoin d’être motivée pour être acceptée. Employeur et salarié peuvent se rétracter à tout moment et même après la signature du formulaire Cerfa correspondant dans un délai de 15 jours.
Il n’y a pas non plus de délai minimum ou maximum pour signer ce document après le ou les entretiens préalables à la rupture. Une fois le délai de 15 jours passé, le formulaire peut être envoyé à la DREETS du département où se situe l’entreprise, via le site Télé RC.
Sans réponse de la part de l’administration dans un délai de 15 jours, la demande sera considérée comme étant acceptée, ce n’est qu’à ce moment-là que l’employeur peut remettre les documents de fin de contrat à son salarié. La rupture prendra effet à la date convenue entre employeur et salarié sans délai de préavis à respecter.
Comment est calculée l’indemnité chômage lors d’une rupture conventionnelle ?
Le montant de l’indemnité de rupture conventionnelle correspond à ¼ du salaire mensuel brut par année d’ancienneté pour un salarié ayant 10 ans ou moins d’ancienneté. Elle sera de 1/3 du salaire mensuel brut par année d’ancienneté pour un salarié ayant plus de 10 années d’ancienneté à partir de la 11ᵉ année.
Certaines conventions collectives prévoient d’ailleurs une indemnité de rupture conventionnelle plus intéressante, cette disposition sera toujours recherchée et préférée à la première disposition légale sur laquelle elle prévaut.
Cette indemnité sera au moins égale à l’indemnité de licenciement. Il peut être intéressant de profiter d’une rupture conventionnelle pour toucher le chômage.
Comment toucher l’allocation chômage lors d’un licenciement économique ?
Lors d'un licenciement économique, le salarié se doit d'observer un préavis de départ (1 mois généralement) avant de pouvoir s'inscrire sur les listes des demandeurs d'emploi et bénéficier des allocations chômage.
Les solutions proposées aux salariés subissant un licenciement économique
Le salarié licencié lors d’un licenciement économique se verra proposer deux options.
Soit, il pourra choisir de toucher l’ARE. Dans ce cas, l'ARE sera versée, avec au préalable l'obligation de remplir les mêmes conditions d'attribution que pour une rupture conventionnelle de CDD/ CDI (voir plus haut). Le montant de l'ARE se calcule de la même manière également. Pour la durée du versement des allocations, elle dépend du nombre d'années travaillées et est définit par France Travail.
Soit, il pourra opter pour l’ASP, l’allocation de sécurisation professionnelle. Cette allocation s’inscrit dans le cadre du CSP (contrat de sécurisation professionnelle). Il est proposé aux salariés licenciés pour licenciement économique dans les entreprises de moins de 1000 salariés ou qui sont en procédure de liquidation judiciaire ou encore de redressement. Le CSP sera proposé par l’employeur ou par l’agence France Travail. Le salarié licencié dispose de 21 jours pour faire son choix et opter pour l’une ou l’autre des solutions, soit l’ARE soit l’ASP. Le CSP lui permettra de rentrer dans un parcours professionnalisant où il bénéficiera de soutien et de conseils ainsi que de formations professionnelles.
Comment est calculée l’ASP ?
Le montant de l’ASP sera de 75% du salaire brut mensuel si le salarié à au minimum un an d’ancienneté dans l’entreprise, en dessous d’un an d’ancienneté, il sera du même montant que l’allocation d’aide au retour à l’emploi que celui-ci aurait touché.
En choisissant le CSP, vous toucherez l’ASP sans délai de carence ni attente. Cependant, le salarié ayant au moins un an d’ancienneté optant pour l’ASP ne pourra pas toucher l’indemnité de préavis sauf si celle-ci dépasse 3 mois de salaire, dans ce cas, il touchera les mois correspondant au-delà des 3 mois initiaux.
Sans réponse dans le délai de 21 jours, vous pourrez demander l’allocation d’aide au retour à l’emploi, ARE au lieu de l’ASP.
Allocation chômage et licenciement pour faute grave, mode d’emploi
Pour un licenciement pour faute grave (insubordination, harcèlement sexuel, injures faites aux clients ou fournisseurs...), l'idée selon laquelle aucune allocation chômage n'est versée est fausse.
A ceci près que l'ARE sera moindre que pour un licenciement économique par exemple, car les périodes de mise à pied conservatoire, de préavis et le montant de l'indemnité de licenciement ne sont pas considérés dans le calcul. Exit donc pour le salarié toute prime de licenciement ou indemnité de préavis puisque celui-ci n’a pas lieu.
Le licencié pour faute grave pourra s'inscrire sur les listes des demandeurs d'emploi et commencer à être indemnisé passé un délai de carence de 7 jours.
Il en va de même pour une fin de contrat en CDD puisque la perte d’emploi est là aussi involontaire, le salarié pourra prétendre à l’ARE sous réserve qu’il en respecte les conditions.
En cas d’abandon de poste, l'employeur peut mettre en place une procédure permettant de reconnaître une présomption de démission. Si le salarié ne reprend pas son poste avant un délai déterminé par l'employeur (au minimum 15 jours), il sera considéré comme ayant démissionné. Dans ce cas, le salarié n'aura pas droit à l'ARE
Peut-on toucher le chômage en cas de démission ?
Démission et indemnité chômage
En cas de démission d’un CDI, à temps plein ou à temps partiel, dans la plupart des cas, le salarié ne pourra pas bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Cela est dû au fait que la démission est considérée comme une perte volontaire d’un emploi ce qui n’ouvre pas droit aux allocations chômage.
Cependant, certaines exceptions existent et vous permettront de démissionner tout en bénéficiant des allocations chômage après votre départ.
C’est notamment le cas si vous démissionnez pour suivre votre conjoint avec lequel vous êtes marié ou pacsé qui doit changer de résidence pour motif professionnel, si votre mariage ou votre pacs implique un changement de résidence, si vous suivez votre enfant handicapé dans un autre lieu de résidence.
Quelles sont les obligations pour percevoir l’indemnité chômage en cas de démission ?
Les conditions d'octrois pour percevoir l'ARE restent les mêmes, à condition que la démission soit faite pour une situation considérée comme légitime.
Dans tous les cas, même si votre démission n’est pas considérée comme légitime, sachez que vous pourrez demander le réexamen de votre situation après 4 mois ou 121 jours sans percevoir aucune allocation chômage.
Si la décision est positive vous percevrez des droits à l’ARE à partir du 5ᵉ mois après votre inscription.
Sources & références
Unédic : Allocation d'aide au retour à l'emploi
Unédic : Comment est calculé le montant de mon allocation ?
France Travail : les démissions qui donnent droit à l'allocation chômage

Questions& réponses
Bonjour
Après dix ans de fonction publique hospitalière je souhaite démissionner pour exercer en intérim .
Peut on avoir des droits à l'Are apres un nombre d'heures de travail effectué ?
Bonjour,
Le fait de vouloir exercer en intérim immédiatement après la démission de la FPH complique l'accès à l'ARE, car l'intérim en lui-même n'est généralement pas considéré comme le projet de reconversion (formation ou création/reprise d'entreprise) qui justifie la démission.
Si votre projet réel est l'intérim seul, la démission pourrait être considérée comme non légitime et vous n'ouvririez pas de droits à l'ARE immédiatement.
Bien à vous.