Calcul des heures supplémentaires : simulateur, méthode et taux

Mis à jour le 9 octobre 2026

Comment calculer les heures supplémentaires d'un salarié ?

Le calcul des heures supplémentaires suit une logique en trois temps : déterminer le seuil à partir duquel elles se déclenchent, appliquer le bon pourcentage de majoration, puis poser la formule pour obtenir le montant brut.

  • Vérifier la durée de référence applicable (35 h légales ou durée conventionnelle)
  • Déterminer le taux de majoration selon la tranche d'heures
  • Chiffrer le montant dû à l'aide de la formule de calcul

Identifier la durée légale de référence

La durée légale du travail est fixée à 35 heures par semaine (art. L3121-27 du Code du travail). Toute heure travaillée au-delà de ce seuil est une heure supplémentaire.

Si un accord d'entreprise prévoit une durée de 39 heures, les 4 heures entre 35 et 39 h restent des heures supplémentaires. Elles sont simplement intégrées au salaire mensuel et majorées chaque mois. Le décompte se fait par semaine civile (du lundi 0 h au dimanche 24 h), sauf si un accord d'aménagement du temps de travail prévoit une période de référence plus longue.

Appliquer les taux de majoration légaux

Les taux de majoration des heures supplémentaires dépendent du nombre d'heures effectuées au-delà des 35 heures.

Tranche d'heuresTaux de majoration légalTaux minimum conventionnel
36e à 43e heure (8 premières HS)25 %10 %
À partir de la 44e heure50 %10 %

Un accord de branche ou d'entreprise peut fixer un taux différent, à condition de ne jamais descendre en dessous de 10 % (art. L3121-33). Depuis les ordonnances Macron de 2017, l'accord d'entreprise prime sur l'accord de branche pour les taux de majoration.

Vérifiez toujours votre accord d'entreprise en premier, car il peut prévoir un taux de majoration différent du taux légal. Le plancher reste 10 %, quel que soit l'accord.

Le calcul des heures supplémentaires dépend de votre conventions collectives ou d'entreprise, ce qui peut vite devenir technique. Chez L-Expert-Comptable.com, votre comptable dédié vérifie chaque mois que vos bulletins de paie appliquent les bons taux de majoration.

Formule de calcul et exemple chiffré

La formule de base est la suivante :

Taux horaire brut × nombre d'heures supplémentaires × (1 + taux de majoration)

Exemple 1 : semaine à 42 heures

Un salarié rémunéré 15 €/h brut travaille 42 heures dans la semaine.

  • Heures normales : 35 h × 15 € = 525 € brut
  • Heures supplémentaires : 7 h au-delà de 35 h, toutes dans la tranche à 25 %
  • Calcul : 7 × 15 × 1,25 = 131,25 € brut d'heures supplémentaires
  • Total brut de la semaine : 525 + 131,25 = 656,25 €

Exemple 2 : semaine à 46 heures au SMIC

Un salarié au SMIC (12,31 €/h brut) travaille 46 heures dans la semaine. Il franchit le palier de la 44e heure.

  • Heures normales : 35 h × 12,31 € = 430,85 €
  • 8 premières HS (36e à 43e heure) à 25 % : 8 × 12,31 × 1,25 = 123,10 €
  • 3 HS suivantes (44e à 46e heure) à 50 % : 3 × 12,31 × 1,50 = 55,40 €
  • Total HS : 123,10 + 55,40 = 178,50 € brut
  • Total brut de la semaine : 430,85 + 178,50 = 609,35 €

Simulateur de calcul des heures supplémentaires

Ce simulateur vous permet de chiffrer rapidement la rémunération de vos heures supplémentaires en fonction de votre situation.

Comment utiliser le simulateur

Le simulateur calcule la rémunération des heures supplémentaires à partir de la durée hebdomadaire de travail (35 heures légales ou 39 heures prévues par un accord d'entreprise) et du taux horaire brut. Il applique les majorations par défaut (25 % puis 50 %), sauf si vous saisissez un taux conventionnel différent.

Pour l'utiliser, renseignez votre taux horaire brut (valeur par défaut : SMIC à 12,31 €/h), le nombre d'heures travaillées dans la semaine et, si besoin, votre taux de majoration conventionnel. Le résultat affiche le détail par palier : heures normales, HS à 25 % et HS à 50 %.

Quelles heures comptent pour déclencher les heures supplémentaires ?

Toutes les heures passées sur le lieu de travail ne déclenchent pas automatiquement des heures supplémentaires. Seul le temps de travail effectif entre dans le décompte.

La notion de temps de travail effectif (art. L3121-1)

Le Code du travail définit le temps de travail effectif par trois conditions cumulatives : le salarié est à la disposition de l'employeur, se conforme à ses directives et ne peut pas vaquer librement à ses occupations personnelles. Seules les heures qui remplissent ces trois critères comptent dans le décompte des heures supplémentaires.

Un salarié ne peut pas décider seul de faire des heures supplémentaires. Elles doivent être demandées par l'employeur ou réalisées avec son accord implicite. En cas de litige, c'est au salarié de prouver que l'employeur avait connaissance des heures effectuées.

Tableau des heures comptabilisées et exclues

Type d'absence ou de tempsCompte dans le décompte des HS
Heures de travail effectivesOui
Heures de délégation (représentants du personnel)Oui
Formation obligatoire (initiative employeur)Oui
Travaux urgentsOui
Congés payésNon
RTTNon
Arrêt maladieNon
Temps de pauseNon
Trajet domicile-travailNon
Habillage / déshabillageNon
Activité partielle (chômage partiel)Non
Jours fériés chômésDébattu

Le cas des jours fériés chômés est particulier. La Cour de cassation (arrêts de 2004 et 2012) considère qu'ils ne sont pas du temps de travail effectif. L'administration fiscale (BOI 2008), elle, les assimile à du temps de travail effectif pour le calcul de l'exonération. Deux positions contradictoires qui coexistent encore aujourd'hui.

Exemple : impact d'un jour férié sur le calcul

Un salarié rémunéré 14 €/h brut travaille sur une semaine de 5 jours dont 1 jour férié chômé. Il effectue 40 heures de travail réel sur les 4 jours restants.

  • Position de la jurisprudence : le jour férié ne compte pas. Le salarié a 40 - 35 = 5 heures supplémentaires, soit 5 × 14 × 1,25 = 87,50 € brut.
  • Position de l'administration : le jour férié est assimilé à 7 h de travail effectif. Le total passe à 40 + 7 = 47 h, soit 12 heures supplémentaires. Calcul : 8 h à 25 % (140 €) + 4 h à 50 % (84 €) = 224 € brut.

L'écart atteint 136,50 € selon l'interprétation retenue. En pratique, vérifiez votre convention collective, qui tranche souvent la question.

Quel est le contingent annuel d'heures supplémentaires ?

Le contingent annuel fixe un plafond d'heures supplémentaires au-delà duquel l'employeur a des obligations supplémentaires envers le salarié.

Le plafond de 220 heures par an et par salarié

Le contingent légal est de 220 heures par an et par salarié (art. D3121-24 du Code du travail). Un accord de branche ou d'entreprise peut le modifier, à la hausse comme à la baisse.

Certaines heures n'entrent pas dans ce contingent : celles intégralement compensées par un repos compensateur de remplacement et celles effectuées pour des travaux urgents (art. L3132-4). Avant de recourir à des heures supplémentaires au-delà du contingent, l'employeur doit consulter le CSE (comité social et économique).

Que se passe-t-il au-delà du contingent ?

Chaque heure effectuée au-delà du contingent ouvre droit à une Contrepartie Obligatoire en Repos (COR), qui s'ajoute à la majoration salariale habituelle.

Taille d'entrepriseTaux de COR
20 salariés ou moins50 % de l'heure supplémentaire
Plus de 20 salariés100 % de l'heure supplémentaire

Concrètement, dans une entreprise de plus de 20 salariés, 1 heure supplémentaire au-delà du contingent donne droit à 1 heure de repos en plus de la majoration financière. L'employeur doit informer le salarié de ses droits à COR, généralement via un compteur sur le bulletin de paie.

Repos compensateur ou paiement : quelle contrepartie pour les heures supplémentaires ?

Deux mécanismes de repos coexistent en matière d'heures supplémentaires. Ils répondent à des logiques très différentes et sont souvent confondus.

Le repos compensateur de remplacement (choix de l'employeur)

Si un accord collectif le prévoit, l'employeur peut remplacer tout ou partie de la majoration financière par un repos compensateur équivalent. Le salarié ne peut pas refuser dès lors que l'accord le prévoit.

Par exemple, 1 heure supplémentaire majorée à 25 % donne droit à 1 h 15 min de repos au lieu du paiement. L'avantage pour l'employeur est double : le salarié récupère du temps de repos, et les heures compensées intégralement par ce repos ne s'imputent pas sur le contingent annuel de 220 heures.

La Contrepartie Obligatoire en Repos (COR)

La COR est un mécanisme distinct. Elle ne remplace pas la majoration : elle s'y ajoute. Elle est déclenchée automatiquement pour chaque heure supplémentaire effectuée au-delà du contingent annuel.

Les taux sont de 50 % pour les entreprises de 20 salariés ou moins, et de 100 % pour celles de plus de 20 salariés. Le droit à COR est ouvert dès que le compteur du salarié atteint 7 heures. Il dispose alors de 2 mois pour prendre ce repos. Si l'employeur ne respecte pas cette obligation, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes et obtenir des dommages-intérêts.

Heures supplémentaires : quelles exonérations fiscales et sociales ?

Plusieurs dispositifs allègent le coût des heures supplémentaires, tant pour le salarié que pour l'employeur.

Exonération d'impôt sur le revenu pour le salarié

Les rémunérations liées aux heures supplémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € net par an. Au-delà de ce plafond, elles sont imposées normalement. L'exonération s'applique automatiquement, sans aucune démarche du salarié.

Si vous faites régulièrement des heures supplémentaires, pensez à vérifier votre cumul annuel pour anticiper le moment où vos rémunérations redeviendront imposables.

Réduction de cotisations salariales

Les heures supplémentaires bénéficient d'une réduction de cotisations salariales d'assurance vieillesse. Le taux de cette réduction est de 11,31 %, dans la limite du taux des cotisations d'assurance vieillesse effectivement dues par le salarié. Le gain net est donc immédiat sur le bulletin de paie.

Déduction forfaitaire patronale

Côté employeur, une déduction forfaitaire s'applique sur chaque heure supplémentaire :

  • Entreprises de moins de 20 salariés : 1,50 € par heure supplémentaire
  • Entreprises de 20 à moins de 250 salariés : 0,50 € par heure supplémentaire

Cette déduction est cumulable avec d'autres exonérations de cotisations patronales, sous réserve de respecter les conditions d'application propres à chaque dispositif. Ces exonérations nécessitent un paramétrage rigoureux de la paie. Les entrepreneurs accompagnés par L-Expert-Comptable.com, cabinet en ligne à partir de 69 € HT/mois, bénéficient d'un suivi par un comptable dédié qui répond sous 24 h.

Durée maximale de travail : quelles sont les limites à ne pas dépasser ?

Les heures supplémentaires ne sont pas illimitées. Le Code du travail fixe des plafonds que l'employeur doit respecter, sous peine de sanctions.

Les plafonds légaux

  • 10 heures par jour maximum (dérogation possible jusqu'à 12 h par accord collectif)
  • 48 heures par semaine maximum, plafond absolu
  • 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives (dérogation possible jusqu'à 46 h)
  • 11 heures de repos quotidien minimum entre deux journées de travail

Sanctions en cas de dépassement

Le non-respect de ces plafonds expose l'employeur à une amende de 750 € par salarié concerné (contravention de 4e classe). Le salarié peut aussi saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir un rappel de salaire et des dommages-intérêts.

Lors d'un contrôle URSSAF, l'employeur doit pouvoir justifier le décompte des heures de chaque salarié, via un système de pointage automatisé ou un relevé déclaratif. L'absence de suivi fiable fragilise sa position en cas de litige.

Les questions fréquentes sur les heures supplémentaires

Les congés payés comptent-ils dans le calcul des heures supplémentaires ?

Non. Les congés payés ne sont pas du temps de travail effectif au sens de l'article L3121-1. Ils ne sont donc pas pris en compte pour déterminer si le salarié a dépassé les 35 heures hebdomadaires. Seules les heures réellement travaillées déclenchent des heures supplémentaires.

Un salarié peut-il refuser de faire des heures supplémentaires ?

En principe, non. Les heures supplémentaires demandées par l'employeur dans le respect du contingent annuel et des durées maximales s'imposent au salarié. Un refus sans motif légitime peut constituer une faute. En revanche, si l'employeur dépasse les limites légales (48 h/semaine, 10 h/jour), le salarié est en droit de refuser.

Quelle est la différence entre repos compensateur et Contrepartie Obligatoire en Repos (COR) ?

Le repos compensateur de remplacement est un choix de l'employeur, prévu par accord collectif : il remplace la majoration financière par du repos. La COR est une obligation légale qui s'ajoute à la majoration pour chaque heure au-delà du contingent annuel. Les taux de COR sont de 50 % (entreprises de 20 salariés ou moins) et 100 % (plus de 20 salariés).

Les heures supplémentaires sont-elles imposables ?

Elles sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € net par an. Au-delà, la rémunération est imposée normalement. L'exonération s'applique automatiquement, sans démarche du salarié.

Comment calculer les heures supplémentaires avec un accord d'entreprise à 10 % de majoration ?

Appliquez la même formule en remplaçant le taux légal par le taux conventionnel. Exemple : un salarié à 15 €/h qui travaille 40 h/semaine avec un accord à 10 % perçoit 5 × 15 × 1,10 = 82,50 € brut d'heures supplémentaires. Le taux ne peut jamais descendre en dessous de 10 %.

Les jours fériés comptent-ils dans le calcul des heures supplémentaires ?

La réponse dépend de l'interprétation retenue. La Cour de cassation considère que les jours fériés chômés ne sont pas du temps de travail effectif. L'administration fiscale les assimile à du temps de travail pour le calcul de l'exonération. En pratique, vérifiez votre convention collective, qui tranche souvent la question.

Que se passe-t-il si mon employeur ne paie pas mes heures supplémentaires ?

Vous disposez d'un délai de 3 ans pour réclamer le paiement devant le conseil de prud'hommes. Vous devez fournir des éléments de preuve (planning, mails, pointage), et l'employeur doit justifier les horaires réellement effectués. Le juge tranche au vu des éléments des deux parties.

Comment sont calculées les heures supplémentaires pour un salarié à 39 heures ?

Les 4 heures entre 35 et 39 h sont des heures supplémentaires structurelles, majorées de 25 % et intégrées au salaire mensuel. Si vous dépassez 39 h, les heures au-delà sont des heures supplémentaires additionnelles, majorées selon les paliers habituels (25 % puis 50 % à partir de la 44e heure).

Les heures supplémentaires comptent-elles pour la retraite ?

Oui. Elles sont soumises aux cotisations retraite de base et complémentaire. Elles sont donc prises en compte dans le calcul de vos droits, tant pour le nombre de trimestres que pour le salaire annuel moyen.

Peut-on dépasser le contingent annuel de 220 heures supplémentaires ?

Oui, mais l'employeur doit consulter le CSE au préalable et accorder une Contrepartie Obligatoire en Repos (COR) pour chaque heure au-delà. Le contingent de 220 h est le seuil légal par défaut ; un accord de branche ou d'entreprise peut le modifier.

Sources & Références

Legifrance : Article L3121-33 - Code du travail

Service-Public : Calcul des heures supplémentaires hebdomadaires

Urssaf : Réduction de cotisations salariales sur les heures supplémentaires

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