Ouvrir un bar : étapes, budget et démarches 2026

L'article en bref

  • Ouvrir un bar : le projet demande 6 à 12 mois et un budget de 100 000 à 250 000 €.
  • Licences : la licence III est gratuite en mairie, la licence IV se rachète 5 000 à 30 000 €.
  • Formations obligatoires : le permis d'exploitation dure 20h, la formation HACCP 14h si vous servez de la nourriture.
  • Statut juridique : la SASU convient au créateur seul, la SARL ou SAS à plusieurs associés.
  • Financement : les banques exigent un apport de 20 à 30 % du budget total.
  • Ouvrir son bar avec L-Expert-Comptable.com : le cabinet propose la création d'entreprise à 0€, frais administratifs offerts.
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Guillaume DELEMARLE Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Mis à jour le 13 août 2026
4 min

Sommaire

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Quelles sont les étapes pour ouvrir un bar ?

Ouvrir un bar en France demande entre 6 et 12 mois de préparation, un budget de 100 000 € à 250 000 € selon le concept et l'emplacement, et le respect de démarches administratives précises. Voici le parcours complet, de l'idée à l'ouverture.

Les 7 étapes clés de votre projet

Les étapes pour ouvrir un bar

  1. Définir votre concept : bar à cocktails, bar à vins, bar à bières, bar à thème... Le concept détermine votre clientèle cible, votre carte et votre budget d'aménagement.
  2. Réaliser l'étude de marché : analyser la demande locale, la concurrence et choisir le bon emplacement.
  3. Rédiger le business plan : présenter le projet et construire un prévisionnel financier sur 3 ans.
  4. Boucler le financement : apport personnel, prêt bancaire, prêt brasseur, aides publiques.
  5. Choisir le statut juridique : SARL, SAS, EURL ou SASU selon que vous êtes seul ou à plusieurs.
  6. Obtenir les licences et formations : licence III ou IV, permis d'exploitation (20h), formation HACCP (14h) si vous servez de la nourriture.
  7. Lancer l'activité : déclarer l'ouverture en mairie au moins 15 jours avant, aménager le local et ouvrir.

Le coût d'une licence IV tourne autour de 5 000 € à 30 000 € selon la commune. Les formations obligatoires coûtent entre 500 € et 800 € au total.

Quel concept choisir pour votre bar ?

Le concept est la colonne vertébrale de votre projet. Il influence tout : le budget, la clientèle, la carte des boissons et même le type de licence nécessaire.

Les grandes catégories de bars

  • Bars à alcools classiques : bar à vins, bar à cocktails, bar à bières, microbrasserie
  • Bars à thème : bar à jeux de société, bar à chicha, bar sportif, bar karaoké
  • Bars gastronomiques : bar à tapas, bar à huîtres, bar à brunch
  • Tendances porteuses : bar sans alcool (mocktails), bar éphémère (pop-up)

Un bar à cocktails demande un investissement plus élevé en équipement (verrerie, ingrédients frais, mobilier haut de gamme) qu'un bar à bières, mais le ticket moyen y est aussi plus élevé (10 à 14 € le cocktail contre 5 à 7 € la pinte).

Comment choisir un concept rentable ?

Commencez par observer la concurrence dans un rayon de 500 mètres autour de l'emplacement visé. Si trois bars à bières existent déjà dans le quartier, un quatrième aura du mal à se démarquer. Cherchez une niche ou un positionnement différenciant.

Adaptez le concept à la clientèle du quartier. Un bar à cocktails haut de gamme fonctionne mieux dans un centre-ville fréquenté par des actifs que dans un quartier étudiant où le budget moyen est plus serré. Validez la faisabilité financière : si votre concept impose un ticket moyen de 15 € mais que la zone attire surtout des budgets à 6-8 €, le modèle ne tiendra pas.

Comment réaliser l'étude de marché d'un bar ?

L'étude de marché vous permet de vérifier que votre projet est viable avant d'engager des fonds. Elle se décompose en trois volets : la demande, l'offre et l'emplacement.

Analyser la demande locale

Étudiez la zone de chalandise : flux piétons, proximité des transports en commun, horaires d'affluence. Un bar situé près d'une gare ou d'un arrêt de tramway capte naturellement plus de passage qu'une rue résidentielle calme.

Identifiez le profil de votre clientèle cible : âge, habitudes de consommation, pouvoir d'achat. La tendance au sans-alcool progresse, et la part du snacking (planches, tapas) dans le chiffre d'affaires des bars augmente chaque année.

Analyser l'offre concurrente

Cartographiez les bars existants dans le quartier : concept, gamme de prix, horaires d'ouverture, avis clients en ligne. Repérez leurs forces et leurs faiblesses pour positionner votre offre sur un créneau peu couvert.

Vérifiez aussi le quota de licences : la règle fixe un maximum de 1 débit de boissons pour 450 habitants dans la commune. Certaines communes touristiques bénéficient de dérogations, mais dans les villes où le quota est atteint, il faudra racheter une licence existante.

Choisir le bon emplacement

Les critères de choix sont la visibilité, l'accessibilité, le passage piéton et la proximité des transports. Un local en angle de rue avec une terrasse possible vaut souvent un loyer plus élevé, mais génère un chiffre d'affaires supérieur.

Attention aux zones protégées : un arrêté préfectoral peut interdire l'ouverture d'un débit de boissons à proximité d'une école, d'un hôpital, d'un lieu de culte ou d'un stade. La distance minimale varie selon la commune. Vérifiez aussi que le bail commercial autorise l'activité de débit de boissons dans sa clause de destination.

Comment rédiger le business plan d'un bar ?

Le business plan est votre outil de pilotage et votre passeport pour obtenir un financement. Il se compose d'une partie descriptive et d'un prévisionnel financier.

La partie descriptive du business plan

Présentez votre concept, les résultats de votre étude de marché et votre stratégie commerciale : positionnement prix, carte des boissons, horaires d'ouverture, animations prévues (soirées quiz, concerts, dégustations).

Détaillez le parcours du ou des porteurs de projet. Une expérience en restauration, en gestion ou en commerce rassure les financeurs. Si vous n'avez pas d'expérience dans le secteur, mettez en avant vos compétences transférables et les formations suivies.

Le prévisionnel financier

Le prévisionnel comprend un compte de résultat prévisionnel sur 3 ans et un plan de trésorerie mensuel. La saisonnalité est forte dans le secteur bar : l'été et les fêtes de fin d'année génèrent souvent 30 à 40 % du chiffre d'affaires annuel.

Calculez votre seuil de rentabilité : combien de verres ou de clients par jour pour couvrir vos charges fixes. Les ratios clés du secteur sont :

  • Coût matière : 25 à 30 % du chiffre d'affaires
  • Masse salariale : 30 à 40 % du chiffre d'affaires
  • Loyer : maximum 10 à 12 % du chiffre d'affaires

Un prévisionnel financier solide est la pièce maîtresse pour convaincre votre banquier. Chez L-Expert-Comptable.com, un comptable dédié vous accompagne dans la construction de vos chiffres dès le lancement, avec un accompagnement comptable 100 % en ligne à partir de 69 € HT/mois et une réponse sous 24h.

Quel budget prévoir pour ouvrir un bar ?

Budget pour ouvrir un bar

Le budget pour ouvrir un bar varie de 100 000 € à 250 000 € selon le concept, la ville et l'état du local. Voici le détail poste par poste, le fonds de roulement à prévoir et un cas pratique chiffré.

Le détail des investissements de départ

Poste de dépenseFourchette basseFourchette hauteCommentaire
Droit au bail / pas-de-porte20 000 €80 000 €Très variable selon la ville et la rue
Travaux d'aménagement et mise aux normes30 000 €60 000 €Comptoir, électricité, plomberie, normes ERP
Équipement et mobilier20 000 €40 000 €Tireuses, réfrigération, verrerie, tables, chaises
Licence (III ou IV)0 €30 000 €Licence III gratuite (déclaration) ; licence IV rachetée
Stock initial de boissons3 000 €8 000 €Alcools, softs, sirops, ingrédients cocktails
Formations obligatoires500 €800 €Permis d'exploitation + HACCP
Frais administratifs500 €1 500 €Immatriculation, annonces légales, dépôt de capital
Fonds de roulement15 000 €30 000 €3 à 6 mois de charges fixes
Total89 000 €250 300 € 

Le fonds de roulement

Prévoyez 3 à 6 mois de charges fixes : loyer, salaires, charges sociales, assurances, électricité. Pour un bar avec un salarié, cela correspond à 15 000 € à 30 000 €. La montée en régime est rarement immédiate : les premiers mois, la clientèle se construit progressivement et le chiffre d'affaires reste en dessous de la vitesse de croisière.

Cas pratique : budget pour un bar à cocktails en centre-ville

Scénario : un bar de 60 m² dans une ville moyenne (50 000 à 100 000 habitants), concept bar à cocktails, 1 salarié au démarrage.

PosteMontant
Droit au bail40 000 €
Travaux d'aménagement45 000 €
Équipement et mobilier30 000 €
Licence IV (rachat)15 000 €
Stock initial5 000 €
Formations obligatoires700 €
Frais administratifs1 000 €
Fonds de roulement (3 mois)20 000 €
Total156 700 €

Avec un ticket moyen de 12 € et 40 clients par jour, le chiffre d'affaires mensuel atteint environ 14 400 €, soit 172 800 € par an. En appliquant un coût matière de 28 % et une masse salariale de 35 %, le résultat net avant impôt se situe autour de 20 000 à 25 000 € la première année, une fois le rythme de croisière atteint.

Comment financer l'ouverture d'un bar ?

Plusieurs sources de financement existent pour créer un bar. La plupart des projets combinent apport personnel, prêt bancaire et un ou deux dispositifs complémentaires.

L'apport personnel

Les banques attendent un apport de 20 à 30 % du montant total du projet. Pour un budget de 150 000 €, cela représente 30 000 € à 45 000 €. Cet apport montre votre engagement et réduit le risque perçu par le prêteur.

Le prêt bancaire professionnel

Le prêt bancaire couvre généralement 50 à 70 % du budget. La durée classique est de 5 à 7 ans. Un business plan solide avec un prévisionnel financier crédible est indispensable pour convaincre votre banquier. Les garanties demandées sont souvent une caution personnelle et un nantissement du fonds de commerce.

Le prêt brasseur (contrat bière)

Le prêt brasseur est un financement accordé par un brasseur ou un distributeur de boissons. En échange, vous vous engagez à acheter exclusivement ses produits pendant 3 à 5 ans. Le montant peut aller de 10 000 € à 50 000 €. C'est un complément de financement qui ne passe pas par la banque.

Un contrat bière vous lie à un seul fournisseur pendant 3 à 5 ans. Avant de signer, négociez le volume minimum d'achat et vérifiez que la gamme proposée correspond à votre carte.

Les aides et dispositifs publics

Le prêt d'honneur

Le prêt d'honneur est un prêt à taux zéro, sans garantie personnelle, accordé par des réseaux comme Réseau Initiative ou Réseau Entreprendre. Le montant peut atteindre 50 000 €. Son effet multiplicateur est puissant : 1 € de prêt d'honneur permet d'obtenir en moyenne 7 € de prêt bancaire.

L'ACRE

L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise) accorde une exonération partielle de cotisations sociales la première année d'activité. Elle est accessible aux demandeurs d'emploi, aux bénéficiaires du RSA et à d'autres profils sous conditions.

BPI France

BPI France peut garantir jusqu'à 60 % de votre prêt bancaire. Cette garantie facilite l'obtention du crédit, surtout pour les primo-créateurs qui n'ont pas d'historique entrepreneurial.

Le crowdfunding et le love money

Le financement participatif (crowdfunding) permet de tester l'engouement pour votre projet tout en collectant des fonds. Le love money, c'est-à-dire les prêts ou dons de votre entourage, vient compléter l'apport personnel. Ces deux sources ne suffisent pas à financer un bar seules, mais elles renforcent le dossier bancaire.

Quel statut juridique choisir pour ouvrir un bar ?

Le statut juridique détermine votre régime social, votre fiscalité et votre responsabilité. Le choix dépend principalement de deux critères : vous lancez-vous seul ou à plusieurs ? Et quel niveau de rémunération prévoyez-vous au démarrage ?

Ouvrir un bar seul : EURL ou SASU ?

CritèreEURLSASU
Régime social du dirigeantTNS (Travailleur Non Salarié)Assimilé salarié
Taux de cotisations sociales~45 % du revenu net~75-80 % du salaire brut versé
Couverture socialeSSI (Sécurité Sociale des Indépendants)Régime général de la Sécurité sociale
Capital social minimum1 € (libre)1 € (libre)
Imposition par défautIR (option IS possible)IS
Cession de parts/actionsAgrément obligatoire, droits de 3 %Libre sauf clause, droits de 0,1 %

Si vous prévoyez de ne pas vous verser de salaire au démarrage pour maintenir vos allocations chômage (ARE), la SASU est souvent plus adaptée. En tant que président de SASU sans rémunération, aucun revenu n'est déclaré à France Travail et vos allocations sont maintenues intégralement. En EURL à l'IR, le bénéfice est considéré comme un revenu et réduit vos droits.

Le choix du statut juridique a un impact direct sur vos cotisations, votre fiscalité et votre protection sociale. Chez L-Expert-Comptable.com, un comptable dédié vous accompagne dans ce choix dès la création de votre société, et les frais de création sont offerts.

Ouvrir un bar à plusieurs : SARL ou SAS ?

CritèreSARLSAS
Nombre d'associés2 à 1002 minimum, pas de maximum
Régime social du dirigeantGérant majoritaire : TNSPrésident : assimilé salarié
Souplesse des statutsCadre légal rigideGrande liberté statutaire
Entrée d'investisseursAgrément obligatoirePlus simple (actions librement cessibles)
ImpositionIS (option IR possible 5 ans)IS (option IR possible 5 ans)

La SARL convient aux projets entre associés qui souhaitent un cadre juridique sécurisant et prévisible. La SAS est préférable si vous envisagez de faire entrer des investisseurs ou si vous voulez organiser librement la gouvernance entre associés.

L'entreprise individuelle : une option limitée pour un bar

L'entreprise individuelle (EI) est possible juridiquement pour ouvrir un bar. Depuis 2022, le patrimoine personnel est protégé pour les dettes professionnelles nées après cette date. Mais cette forme reste inadaptée si le projet nécessite un investissement important ou si vous êtes plusieurs.

Le régime micro-entrepreneur est rarement adapté à l'activité de bar. Le plafond de chiffre d'affaires (188 700 € en vente de marchandises) est vite atteint, et vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles (loyer, stock, salaires). Privilégiez une société (SARL, SAS) pour un projet pérenne.

Quelles licences faut-il pour ouvrir un bar ?

La licence est le sésame pour vendre des boissons alcoolisées. Selon votre carte, vous aurez besoin d'une licence III ou d'une licence IV.

Licence III ou licence IV : quelles différences ?

CritèreLicence III (restreinte)Licence IV (grande licence)
Boissons autoriséesBoissons fermentées non distillées : vin, bière, cidre, poiré, hydromelTous les alcools, y compris spiritueux : rhum, vodka, whisky
Groupes de boissonsGroupes 1 à 3Groupes 1 à 5
Coût d'obtentionGratuit (déclaration en mairie)5 000 € à 30 000 € (rachat à un titulaire)
Mode d'obtentionDéclaration préalable en mairieRachat d'une licence existante + déclaration en mairie
Restrictions géographiquesAucune restriction de quotaQuota de 1 licence pour 450 habitants par commune

Si votre carte comprend des cocktails à base de spiritueux, la licence IV est indispensable. Pour un bar à vins ou un bar à bières exclusivement, la licence 3 suffit.

Comment obtenir une licence IV ?

La licence 4 ne se crée plus : il faut la racheter à un titulaire existant (cessation d'activité, mutation) dans la même commune ou le même département. Voici la procédure :

  1. Trouver un titulaire prêt à céder sa licence (annonces spécialisées, chambres de commerce, notaires)
  2. Signer l'acte de cession ou de mutation de la licence
  3. Déclarer l'ouverture en mairie au moins 15 jours avant, via le formulaire Cerfa 11542*05
  4. Obtenir le récépissé de déclaration

Vérifiez la disponibilité dans votre commune : le quota fixe 1 licence pour 450 habitants. Dans les communes où le quota est atteint, il faut attendre qu'une licence se libère.

Certaines communes restreignent l'implantation de débits de boissons à proximité d'écoles, d'hôpitaux ou de lieux de culte. Vérifiez l'arrêté préfectoral de votre commune avant de signer un bail.

Le permis de vente de boissons alcoolisées la nuit

Si vous vendez de l'alcool entre 22h et 8h (sur place ou à emporter), vous devez obtenir un permis de vente de boissons alcoolisées la nuit. La formation dure 7h auprès d'un organisme agréé, pour un coût de 200 € à 350 €.

Quelles formations sont obligatoires pour ouvrir un bar ?

Deux formations sont obligatoires pour tout exploitant de débit de boissons. Une troisième s'ajoute si vous vendez de l'alcool la nuit.

Le permis d'exploitation

Le permis d'exploitation est une formation de 20h (2,5 jours) pour une première demande, dispensée par un organisme agréé par le ministère de l'Intérieur. Elle couvre les droits et obligations du débitant de boissons, la prévention de l'alcoolisme, la protection des mineurs et la lutte contre le bruit.

Le coût varie de 200 € à 500 € selon l'organisme. Le permis est valable 10 ans. Au renouvellement, la formation passe à 6h (1 jour). Cette formation doit être suivie avant l'ouverture du bar.

La formation HACCP (hygiène alimentaire)

La formation HACCP est obligatoire dès lors que votre bar sert de la nourriture : tapas, planches de charcuterie, snacking. Elle dure 14h (2 jours) et coûte 200 € à 400 €.

Une dispense est possible si vous détenez un diplôme en hôtellerie-restauration ou si vous justifiez de 3 ans d'expérience en tant que responsable dans un établissement du secteur alimentaire.

Récapitulatif des formations

FormationDuréeCoûtValiditéObligatoire pour
Permis d'exploitation20h (1re demande) / 6h (renouvellement)200 € à 500 €10 ansTout exploitant de débit de boissons
Formation HACCP14h200 € à 400 €Pas de limite (recommandé tous les 5 ans)Tout établissement servant de la nourriture
Permis vente de nuit7h200 € à 350 €10 ansVente d'alcool entre 22h et 8h

Quelle réglementation respecter pour exploiter un bar ?

Au-delà des licences et formations, un bar doit respecter des normes de sécurité, des obligations d'affichage et des règles spécifiques au métier de cafetier.

Les normes ERP et l'accessibilité PMR

Un bar est un Établissement Recevant du Public (ERP), généralement classé en catégorie 5 (moins de 200 personnes). Les obligations de sécurité incendie comprennent : issues de secours dégagées, extincteurs en nombre suffisant, alarme fonctionnelle et plan d'évacuation affiché.

L'accessibilité PMR (Personnes à Mobilité Réduite) est obligatoire : rampe d'accès, largeur de passage suffisante, sanitaires adaptés. Si le local présente une impossibilité technique avérée, une demande de dérogation peut être déposée en préfecture.

Les obligations d'affichage et de service

  • Affichage des prix lisible à l'intérieur et à l'extérieur (terrasse)
  • Affichage de l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs
  • Affichage des messages sanitaires relatifs à l'alcool
  • Eau potable gratuite : obligation de servir de l'eau du robinet à tout client qui en fait la demande
  • Note obligatoire remise au client au-delà de 25 € TTC
  • Étalage visible d'au moins 10 boissons sans alcool (obligation du cafetier)

Les assurances obligatoires

La responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés aux tiers (client qui glisse, intoxication alimentaire). L'assurance multirisques professionnelle protège contre l'incendie, le dégât des eaux, le vol et le bris de glace. Le coût annuel moyen se situe entre 1 500 € et 3 000 € selon la surface et le chiffre d'affaires.

La SACEM et les droits musicaux

Toute diffusion de musique dans votre bar, même en fond sonore, nécessite un contrat avec la SACEM. La redevance annuelle est calculée selon la surface du local, le nombre de places et le type de diffusion (sonore seule ou avec écrans). Un contrat SPRE (Société pour la Rémunération Équitable) s'ajoute pour la musique enregistrée.

Peut-on reprendre un bar existant plutôt que de créer ?

Reprendre un fonds de commerce est une alternative à la création pure. Cette option présente des avantages concrets, mais demande une vigilance particulière.

Les avantages de la reprise d'un fonds de commerce

La reprise donne accès à une clientèle existante, une licence déjà attachée au fonds et un aménagement en place. Vous disposez d'une visibilité immédiate sur le chiffre d'affaires réel grâce aux bilans des 3 dernières années. Le gain de temps est significatif : pas de travaux lourds ni de recherche de licence IV.

Les points de vigilance avant de racheter

  • Demandez les 3 derniers bilans comptables et vérifiez la rentabilité réelle (pas seulement le chiffre d'affaires)
  • Auditez l'état du matériel, la conformité ERP et les conditions du bail commercial (durée restante, loyer, clause de renouvellement)
  • Faites évaluer le fonds de commerce par un professionnel : méthode du barème (pourcentage du CA) ou méthode de la rentabilité (multiple du résultat net)
  • Vérifiez que la licence IV est bien attachée au fonds et transférable

Un fonds de commerce de bar se négocie généralement entre 50 % et 120 % du chiffre d'affaires annuel TTC, selon l'emplacement et la rentabilité.

Les questions fréquentes sur l'ouverture d'un bar

Peut-on ouvrir un bar sans diplôme ?

Oui, aucun diplôme n'est exigé. Deux formations sont obligatoires : le permis d'exploitation (20h) et, si vous servez de la nourriture, la formation HACCP (14h). Elles sont accessibles à tous, sans prérequis.

Peut-on ouvrir un bar sans apport personnel ?

C'est très difficile. Les banques exigent généralement 20 à 30 % du montant total. Vous pouvez compléter votre apport avec un prêt d'honneur à taux zéro (jusqu'à 50 000 € via Réseau Initiative) ou un prêt brasseur (10 000 à 50 000 €).

Peut-on ouvrir un bar sans expérience dans la restauration ?

Oui, aucune expérience préalable n'est légalement requise. Le permis d'exploitation couvre les obligations réglementaires. Une expérience en gestion ou en service reste un atout pour convaincre les banques et éviter les erreurs courantes comme la sous-estimation du fonds de roulement.

Quelle est la différence entre une licence III et une licence IV ?

La licence III autorise la vente de boissons fermentées non distillées (vin, bière, cidre). La licence IV autorise tous les alcools, y compris les spiritueux. La licence III s'obtient par déclaration en mairie (gratuite), la licence IV se rachète à un titulaire existant (5 000 à 30 000 €).

Combien de temps faut-il pour ouvrir un bar ?

Comptez 6 à 12 mois entre le début du projet et l'ouverture. Les étapes les plus longues sont la recherche du local (1 à 3 mois), les travaux d'aménagement (2 à 4 mois) et l'obtention de la licence IV. Les formations obligatoires prennent 3 à 4 jours au total.

Quel chiffre d'affaires peut-on espérer avec un bar ?

Un bar de quartier en ville moyenne peut réaliser 150 000 à 250 000 € de CA annuel. Un bar à cocktails bien situé en centre-ville peut atteindre 300 000 à 500 000 €. Le taux de marge brut sur les boissons est généralement de 70 à 75 %.

Faut-il un local commercial spécifique pour ouvrir un bar ?

Oui, le local doit avoir une destination commerciale compatible avec l'activité de débit de boissons dans le bail. Il doit respecter les normes ERP et l'accessibilité PMR. Vérifiez aussi qu'il ne se situe pas dans une zone protégée (proximité d'écoles, hôpitaux, lieux de culte).

Qu'est-ce qu'un prêt brasseur et comment ça fonctionne ?

Un prêt brasseur (ou contrat bière) est un financement accordé par un brasseur en échange d'un engagement d'achat exclusif sur 3 à 5 ans. Le montant peut aller de 10 000 à 50 000 €. C'est un complément utile, mais l'exclusivité limite votre carte et vos marges de négociation.

Vaut-il mieux créer un bar ou reprendre un bar existant ?

La reprise donne accès à une clientèle existante, une licence attachée au fonds et une visibilité sur les chiffres passés. La création donne plus de liberté sur le concept mais demande plus de temps et un budget travaux plus élevé. Le choix dépend de votre budget, de votre concept et des opportunités disponibles.

Est-ce que je peux ouvrir un bar en SASU pour garder mes allocations chômage ?

Oui, la SASU est souvent le statut le plus adapté pour cumuler l'ARE avec la création d'un bar. En tant que président sans rémunération, aucun revenu n'est déclaré à France Travail et vos allocations sont maintenues intégralement. En EURL à l'IR, le bénéfice réduit vos droits.

Sources & Références

Service-Public : Réglementation dans un bar ou un restaurant

Service-Public : Tourisme - Restauration

Économie.gouv.fr : Obtenir une licence de débit de boissons

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  • ChatGPT
  • Perplexity
  • Claude

A propos de l'auteur

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Guillaume DELEMARLE Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise. Voir tous ses articles
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