Comment la CCI accompagne les créateurs d’entreprise ?

Mis à jour le 16/11/2017

Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) aident les entrepreneurs à mettre au point un projet, acceptable par le marché, à être autonomes dans leur phase de création d’entreprise et par la suite en tant que chef d’entreprise. La CCI avance 95% d’entrepreneurs satisfaits qui atteignent un chiffre d’affaires supérieur en début d’activité et une rentabilité plus rapide. Nathalie Carré, chargée de mission entrepreneuriat, a répondu à nos questions sur l’accompagnement de la CCI aux créateurs d’entreprise .


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Que propose les CCI aux créateurs d’entreprise ?

« La CCI met à la disposition des créateurs toutes les ressources nécessaires au développement de leurs compétences afin qu’ils parviennent à la réussite de leurs objectifs entrepreneuriaux. Par ailleurs, nous travaillons pour rendre le créateur autonome dès sa phase de création car il devra l’être en tant que chef d’entreprise. Notre objectif est que chaque créateur puisse mettre en œuvre un projet entrepreneurial cohérent, acceptable par le marché, finançable et durable. »

Quels types d’entrepreneurs rencontrez-vous ?

« Nous rencontrons 3 types d’entrepreneurs.

  • Les aspirants entrepreneurs qui pensent à l’entrepreneuriat. Beaucoup d’entre eux ne passeront pas le pas. Ils représentent 34% des français.

  • Les potentiels entrepreneurs sont désireux de passer à l’acte mais peut-être pas de suite. Ils représentent 2,5 millions de français.

  • Les entrepreneurs naissants qui sont déterminés à se lancer.

Comment se passe l’accompagnement de la CCI ?

Dans un premier temps, le conseiller Création de la CCI fait le point sur le créateur d’entreprise : ses ressources (finances, compétences, associé(s), réseau…), ses aspirations, ses objectifs et son niveau d’engagement dans le processus entrepreneurial. Grâce à ces informations, le conseiller peut qualifier les besoins à l’instant présent. Où l’entrepreneur veut aller ? Veut-il créer une micro-entreprise en complément d’une activité ? Est-ce un expert de grand groupe qui part sur un projet avec investissement et associés ?

Ensuite, le conseiller Création propose au créateur un parcours d’accompagnement personnalisé en fonction de l’entrepreneur qui comporte différentes modalités d’accompagnement (individuel, collectif, mentorat, à distance…). Nous préconisons un mix collectif et individuel. Les entrepreneurs se rencontrent, partagent leurs expériences et leurs difficultés.

Si le créateur accepte la proposition du conseiller, celui-ci devient son conseiller référent qui peut faire intervenir d’autres conseillers (experts innovation, brevet, économie circulaire, commerce, etc.) en fonction du besoin et de la complexité du projet.

Comment définissez-vous le rôle de l’accompagnateur ?

« Il est multiple : notre rôle premier est de les rendre autonomes. L’un des moyens est le renforcement de leurs compétences. Notre deuxième rôle est de veiller, tout au long du processus entrepreneurial, à la cohérence du projet avec son porteur. Pour cela, nous adoptons une posture réflective et critique pour que les entrepreneurs prennent conscience d’où ils sont et de la cohérence de leurs actions. Le marché est-il cohérent avec le contexte ? L’analyse de l’entrepreneur est-elle cohérente avec le marché ?

Notre 3ème rôle est de révéler les capacités de l’entrepreneur. Certains n’ont pas confiance (peut mieux faire sur le bulletin de note), une image écrasante de l’entrepreneur (surdiplômé, riche, audacieux, en confiance). Le conseiller aide ceux qui se sentent « moins capables » à se lancer et à prendre confiance en eux. D’ailleurs, l’apport principal que les entrepreneurs nous disent avoir reçu est cette notion de « devenir capable », « prendre confiance ».

Nous avons également un rôle de soutien des entrepreneurs lors de phases descendantes.

Nous accompagnons les entrepreneurs avant, pendant et après la phase de création afin qu’ils développent les compétences nécessaires pour se passer de la CCI et avoir les bons réflexes pour piloter leur entreprise. »

En quoi votre accompagnement se différencie d’un entrepreneur à l’autre ?

« Nous travaillons en fonction de l’entrepreneur et de sa détermination à créer une entreprise. Notre objectif est qu’ils réussissent à faire ce qu’ils voulaient faire, qu’ils en vivent correctement et que l’entreprise se pérennise. La plupart des entrepreneurs ont un petit projet, n’ont pas et n’auront pas de salarié, d’autres ont plus d’ambition, un besoin de financement, un brevet, une ambition de développement international, une croissance externe… Chacun a des besoins différents et nous apportons donc une réponse différente. Par exemple, on n’aborde pas les questions techniques si l’entrepreneur n’en est pas à cette étape. On ne pousse pas une personne à faire une étude de marché maintenant si elle fera sa création dans 5 ans ou même dans 2. Le marché aura changé d’ici là. Un événement peut les obliger à tout repenser.

D’un autre côté, on évite de passer 15h avec quelqu’un qui risque de refouler sa création d’entreprise. »

Quel serait un accompagnement complet ?

« 1 – La phase de préparation

On travaille avec les entrepreneurs pour qu’ils lancent un projet viable, acceptable par le marché avec une stratégie commerciale, un prix de vente cohérent et, surtout, des clients.

2 – La phase de démarrage

Il s’agit là de se lancer et d’adapter ! On les aide à mettre en œuvre leur plan d’actions, notamment leur stratégie commerciale, à analyser les résultats et à adapter, : tester, analyser les retours de clients et réagir jusqu’à ce que les actions donnent les résultats escomptés ! Là, on les booste parce que ce n’est pas facile de tester, se tromper, recommencer ! : « tu dois vendre, gérer, faire (des erreurs) et apprendre. On va analyser tes erreurs ensemble et t’apprendre à trouver des solutions ».

3 – La phase de croissance

Il s’agit d’accompagner les premiers recrutements, une nouvelle organisation à réfléchir et à mettre en place de nouveaux produits à développer…. Là aussi, on travaille sur les compétences des entrepreneurs pour qu’ils soient en capacité de développer leur entreprise. »

La CCI est-elle parfois dépassée ?

« Notre métier n’exige pas de technologie. Un business plan dans un domaine technologique répond aux mêmes questions qu’un business plan pour un commerce de détail : Qui a besoin du produit ? Quel problème résout-il ? Avez-vous interrogé les potentiels clients ? Qui est prêt à payer ? Est-ce que ça crée suffisamment de valeur ? Etc.

Vous êtes startuper, vous avez trouvé une innovation. Mais est-ce que quelqu’un a besoin de ça ? Sortez, interrogez des gens, allez savoir si cette idée est viable et peut générer une rentabilité. Quelle que soit la technologie ou l’innovation, le problème est le même : l’intégration sur le marché. »

L’entreprise est en difficulté . Que se passe-t-il ?

« L’accompagnement de la CCI dépend à quel moment on les alerte. Plus l’entrepreneur va voir sa CCI tôt, plus le conseiller peut l’orienter vers des démarches plutôt simples à mettre en œuvre comme une négociation d’échéanciers avec les administrations fiscales et sociales ou les fournisseurs.

Une fois que l’urgence de paiement est gérée : on repense le projet. On analyse pourquoi l’entreprise a rencontré des difficultés, on voit, avec le dirigeant, comment restructurer le business model de l’entreprise ou un aspect plus opérationnel. La majorité des défaillances vient d’un problème de vente : offre pas adaptée, prix de vente incohérent, communication… Le projet n’était pas bien préparé à la base.

L’entrepreneur doit faire la démarche d’appeler pour demander une aide. S’il ne le fait pas, la CCI ne peut pas connaître les difficultés dans lesquelles se trouvent l’entreprise. Si vous ne pouvez plus payer par manque de trésorerie : allez voir votre CCI ! »

L’accompagnement de la CCI est-il payant ?

« L’offre est payante mais les CCI privilégie le tiers payant : financement par la région, fonds européens, le Pôle emploi et le fonds de formation ... En effet, l’accompagnement de la CCI pour les créateurs et les repreneurs d’entreprise peut être financé par le Compte Personnel de Formation (CPF) des entrepreneurs. Il faut aller voir sa CCI, demander un devis et, voir comment il peut être pris en charge. »

Quel est le niveau de charge des CCI ?

« Les CCI sont le réseau le plus important pour l’accompagnement des entrepreneurs : plus de 550.000 candidats entrepreneurs sont en contact avec les CCI. 80.000 sont accompagnés.»

Les chiffres de la CCI ?

« 95% de satisfaction. Le taux de pérennité supérieur quand on est accompagné par la CCI, le chiffre d’affaires plus élevé que la moyenne, l’atteinte de la rentabilité plus rapide, la rémunération meilleure et plus pérenne pour le créateur. Les compétences développées à la création et avec la CCI servent en entreprise pour retrouver un job, l’expérience est forte pour un autre essai de création d’entreprise. »