L'article en bref
- Définition : une franchise est un contrat qui permet d'exploiter une marque, un savoir-faire et une assistance en échange d'un droit d'entrée et de redevances.
- Étapes pour ouvrir une franchise : autodiagnostic, financement, choix du réseau, analyse du DIP, business plan, emplacement, signature et immatriculation.
- Budget : le coût d'ouverture d'une franchise va de 30 000 € (franchise de services) à plus de 500 000 € (hôtellerie). Apport personnel de 30 à 50 %.
- Statut recommandé : SARL (charges sociales réduites) ou SAS (souplesse statutaire), jamais la micro-entreprise.
- Avantage fiscal : les redevances sont déductibles du résultat et la TVA est récupérable, ce qui réduit leur coût réel.
Sommaire
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J'en profiteQuelles sont les étapes pour ouvrir une franchise ?
| Étape du projet | Actions clés à réaliser |
|---|---|
| Étape 1 : Motivations et compétences | Évaluer son profil de gestionnaire, son goût du commerce et sa capacité d'engagement entrepreneurial. |
| Étape 2 : Capacité financière | Réunir un apport personnel (30 à 50 % du budget total) et anticiper le besoin en fonds de roulement (BFR). |
| Étape 3 : Choix du secteur et du réseau | Analyser les critères de performance du réseau (ancienneté, turn-over) et échanger avec des franchisés en activité. |
| Étape 4 : Analyse du DIP | Étudier les informations obligatoires remises par le franchiseur (loi Doubin) avec l'accompagnement d'experts. |
| Étape 5 : Étude de marché et business plan | Analyser la zone de chalandise locale et construire un prévisionnel financier sur 3 ans (incluant le seuil de rentabilité). |
| Étape 6 : Emplacement et local | Sécuriser un local adapté au concept (flux, accessibilité) et vérifier l'exclusivité territoriale. |
| Étape 7 : Contrat et création | Signer le contrat de franchise, choisir son statut juridique, immatriculer la société et suivre la formation initiale. |
Le parcours pour devenir franchisé suit une logique précise, du premier questionnement jusqu'à l'ouverture du point de vente. Voici les 7 étapes à suivre dans l'ordre :
- Évaluer vos motivations et vos aptitudes entrepreneuriales
- Vérifier votre capacité de financement
- Sélectionner un secteur et un réseau adaptés à votre profil
- Étudier le Document d'Information Précontractuel (DIP)
- Construire votre étude de marché et votre business plan
- Identifier et sécuriser votre local commercial
- Finaliser le contrat, créer votre société et vous former
Étape 1 - Faire le point sur ses motivations et compétences
Ouvrir une franchise ne supprime pas le risque entrepreneurial : il le réduit. Avant tout, posez-vous les bonnes questions. Avez-vous le goût du commerce, la capacité à manager une équipe, la résistance au stress ? La plupart des réseaux n'exigent aucun diplôme spécifique dans leur secteur. Ce qui compte, c'est votre profil de gestionnaire et votre engagement. Un ancien cadre commercial, un salarié en reconversion ou un jeune diplômé en gestion peuvent tous devenir franchisés, à condition d'avoir la rigueur nécessaire. Pour mieux cerner le profil d'un entrepreneur et ses caractéristiques, il peut être utile de s'y référer avant de se lancer.
Étape 2 - Évaluer sa capacité financière
Les banques et les franchiseurs exigent un apport personnel de 30 à 50 % du budget total. Selon le réseau visé, cet apport va de 20 000 € pour une franchise de services à plus de 100 000 € pour la restauration ou l'hôtellerie. Le budget global inclut le droit d'entrée, l'aménagement du local, le stock initial et le besoin en fonds de roulement (BFR), c'est-à-dire la trésorerie nécessaire pour couvrir vos charges fixes pendant les premiers mois d'activité.
Si votre apport personnel est insuffisant, vous pouvez le compléter avec un prêt d'honneur à taux zéro auprès du réseau Initiative ou de Réseau Entreprendre. Ces prêts, de 5 000 à 90 000 €, donnent plus de poids à votre dossier bancaire.
Étape 3 - Choisir son secteur d'activité et son réseau de franchise
Les secteurs porteurs en franchise sont la restauration, les services à la personne, l'immobilier, le commerce spécialisé et le fitness. Pour choisir votre réseau, vérifiez plusieurs critères :
- L'ancienneté du réseau et le nombre de franchisés actifs
- Le taux de turn-over (départs de franchisés) sur les 3 dernières années
- La rentabilité communiquée par le franchiseur
- Les retours d'expérience de franchisés en activité
Rendez-vous sur les salons de la franchise et contactez directement des franchisés du réseau. Leur vécu terrain vaut plus qu'une plaquette commerciale. Pour identifier les secteurs porteurs qui correspondent à votre projet, une analyse préalable du marché est recommandée.
Étape 4 - Analyser le Document d'Information Précontractuel (DIP)
Le DIP est un dossier que le franchiseur doit obligatoirement vous remettre au moins 20 jours avant la signature du contrat et avant tout versement d'argent. Cette obligation découle de la loi Doubin du 31 décembre 1989 (art. L. 330-3 du Code de commerce).
Le DIP contient l'identité du franchiseur, l'historique du réseau, ses comptes annuels, la liste complète des franchisés (actifs et sortis) et un état du marché local. Analysez-le avec attention : un taux de départ élevé des franchisés ou des comptes annuels dégradés sont des signaux d'alerte. Faites-vous accompagner par un avocat et un expert-comptable pour décrypter ces informations. Aucune somme ne peut vous être demandée avant l'expiration du délai de 20 jours suivant la remise du DIP. Si un franchiseur vous réclame un acompte avant ce délai, c'est une infraction.
Un expert-comptable peut vous aider à vérifier la cohérence du prévisionnel fourni par le franchiseur. Chez L-Expert-Comptable.com, nos équipes accompagnent chaque année des franchisés dans la création de leur société dès 39 € HT/mois, sans engagement.
Étape 5 - Réaliser l'étude de marché et le business plan
Votre étude de marché locale doit analyser la zone de chalandise (zone géographique d'où viendront vos clients), la concurrence directe et indirecte, et le potentiel de chiffre d'affaires. Le franchiseur fournit souvent un prévisionnel type, mais vous devez l'adapter aux réalités de votre marché local : un coffee shop en centre-ville de Lyon n'a pas le même potentiel qu'en périphérie d'une ville moyenne.
Votre business plan inclut un prévisionnel financier sur 3 ans, un plan de financement détaillé et le calcul du seuil de rentabilité, c'est-à-dire le niveau de CA à partir duquel vous couvrez toutes vos charges.
Étape 6 - Trouver le bon emplacement
L'emplacement fait souvent la différence entre une franchise rentable et un échec. Les critères à vérifier : le flux piéton, l'accessibilité (parking, transports), la visibilité depuis la rue et la surface adaptée au concept du franchiseur.
Vérifiez aussi si votre contrat prévoit une exclusivité territoriale, c'est-à-dire une zone géographique protégée dans laquelle aucun autre franchisé du même réseau ne pourra s'installer. Côté bail commercial, la durée standard est de 3/6/9 ans. Prévoyez le droit au bail et, dans certains cas, un pas-de-porte (somme versée au locataire sortant).
Étape 7 - Signer le contrat de franchise et immatriculer la société
Lisez le contrat de franchise dans le détail : durée, conditions de renouvellement, clauses de sortie anticipée, clause de non-concurrence. Faites-vous accompagner par un avocat spécialisé.
Choisissez ensuite votre statut juridique (SARL, SAS ou EURL), rédigez vos statuts et immatriculez votre société au Registre National des Entreprises (RNE). Vous obtenez alors votre extrait Kbis. Le franchiseur vous dispense enfin une formation initiale avant l'ouverture de votre point de vente.
Pourquoi ouvrir une franchise plutôt que créer seul ?
Une franchise est un contrat par lequel un franchiseur accorde à un entrepreneur indépendant (le franchisé) le droit d'exploiter sa marque, son savoir-faire et son assistance en échange de contreparties financières. Ce modèle se décline en franchise de distribution (revente de produits sous enseigne), franchise de service (prestation selon un concept éprouvé) et franchise de production (fabrication sous licence). En France, plus de 2 000 réseaux regroupent environ 85 000 points de vente franchisés pour un chiffre d'affaires cumulé d'environ 70 milliards d'euros, avec un taux de pérennité à 5 ans d'environ 90 %, contre 50 % en création classique.
Devenir franchisé, c'est s'appuyer sur un concept déjà validé sur le marché. Mais ce modèle a aussi ses contraintes. Voici les points à peser avant de vous lancer.
Les avantages de la franchise
- Notoriété immédiate : vous exploitez une marque déjà connue des consommateurs, ce qui réduit le temps de démarrage commercial.
- Savoir-faire éprouvé : le franchiseur transmet ses méthodes de vente, de gestion et de production via une formation initiale (de 2 semaines à 3 mois selon les réseaux).
- Assistance permanente : support marketing, aide à la gestion, hotline technique. Vous n'êtes pas seul face aux difficultés.
- Taux de réussite supérieur : un concept testé et ajusté réduit le risque d'échec par rapport à une création ex nihilo.
- Accès facilité au financement : les banques financent plus volontiers un business model déjà validé qu'un projet inconnu.
Les inconvénients et limites à anticiper
- Coût d'entrée élevé : droit d'entrée, redevances mensuelles et investissement initial pèsent sur la trésorerie des premières années.
- Liberté restreinte : vous devez respecter le concept, les fournisseurs imposés, la charte graphique et parfois les prix de vente.
- Dépendance au réseau : si le franchiseur rencontre des difficultés ou si sa marque perd en attractivité, votre activité en subit directement les conséquences.
- Clause de non-concurrence : à la fin du contrat, vous ne pouvez généralement pas exercer une activité similaire pendant 1 à 2 ans dans la même zone géographique.
- Engagement long : un contrat de franchise dure en moyenne 5 à 7 ans, ce qui limite votre flexibilité.
Tableau récapitulatif avantages vs inconvénients
| Avantage | Inconvénient correspondant |
|---|---|
| Notoriété immédiate grâce à la marque | Liberté commerciale limitée par le concept |
| Formation initiale complète | Coût d'entrée et redevances récurrentes |
| Taux de réussite supérieur (~90 % à 5 ans) | Engagement contractuel long (5 à 7 ans) |
| Assistance technique et marketing continue | Dépendance aux décisions du franchiseur |
| Financement bancaire facilité | Clause de non-concurrence post-contractuelle |
| Zone d'exclusivité territoriale (si prévue) | Obligation d'approvisionnement exclusif (si prévue) |
Quel statut juridique choisir pour ouvrir une franchise ?
Le choix du statut juridique a un impact direct sur vos cotisations sociales, votre fiscalité et votre responsabilité. Trois formes reviennent dans la quasi-totalité des projets de franchise : la SARL, la SAS et l'EURL.
Pourquoi la micro-entreprise est exclue de la franchise
Trois raisons rendent la micro-entreprise incompatible avec la franchise :
- Plafonds de CA trop bas : 203 100 € en vente de marchandises, 83 600 € en prestations de services. La plupart des franchises dépassent ces seuils dès la première année.
- Aucune déduction de charges : en micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos redevances, votre loyer ni votre stock. Vous payez des impôts et cotisations sur un chiffre d'affaires brut, alors que vos charges réelles sont élevées.
- Crédibilité insuffisante : les franchiseurs et les banques considèrent rarement la micro-entreprise comme un cadre adapté à un projet structuré.
Si vous êtes actuellement en micro-entreprise et envisagez de rejoindre un réseau, il faudra passer de la micro-entreprise à une société avant de signer votre contrat de franchise.
SARL ou SAS : le match pour le franchisé
En SARL (gérance majoritaire), le dirigeant a le statut de travailleur non salarié (TNS). Ses cotisations sociales sont d'environ 45 % de son revenu net. Le régime est encadré par la loi, avec peu de souplesse statutaire.
En SAS, le président est assimilé salarié. Ses cotisations atteignent 75 à 80 % du salaire brut versé, mais il ne paie aucune cotisation s'il ne se verse pas de salaire. La SAS permet une grande liberté dans la rédaction des statuts et facilite l'entrée d'investisseurs.
Le choix dépend de votre situation : si vous visez une rémunération régulière et souhaitez limiter vos charges sociales, la SARL est souvent plus avantageuse. Si vous prévoyez de faire entrer des associés ou de revendre votre affaire à terme, la SAS facilite la cession d'actions.
Tableau comparatif SARL vs SAS pour un franchisé
| Critère | SARL | SAS |
|---|---|---|
| Régime social du dirigeant | TNS (travailleur non salarié) | Assimilé salarié |
| Taux de cotisations sociales | ~45 % du revenu net | ~75-80 % du salaire brut |
| Cotisations sans rémunération | Cotisations minimales dues | Aucune cotisation |
| Fiscalité par défaut | IS (impôt sur les sociétés) | IS (impôt sur les sociétés) |
| Option IR | Possible 5 ans max | Possible 5 ans max |
| Dividendes | Cotisations TNS au-delà de 10 % du capital | PFU 31,4 % uniquement |
| Gouvernance | Encadrée par la loi | Libre (définie dans les statuts) |
| Cession de parts/actions | Agrément obligatoire des associés | Libre sauf clause contraire |
| Nombre d'associés | 1 (EURL) à 100 | 1 (SASU) à illimité |
L'option EURL pour le franchisé solo
L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) fonctionne comme une SARL avec un seul associé. Le gérant unique est soumis au régime TNS. L'EURL est imposée à l'IR par défaut (les bénéfices sont intégrés à votre déclaration de revenus personnelle), avec possibilité d'opter pour l'IS. Ce statut convient au franchisé qui démarre seul avec un projet de taille modeste, avant d'éventuellement faire entrer un associé et basculer en SARL classique. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter les avantages et inconvénients de l'EURL avant de trancher.
Combien coûte l'ouverture d'une franchise ?
Le budget total pour ouvrir une franchise varie de 30 000 € à plus de 500 000 € selon le secteur et le réseau. Voici le détail des postes de dépenses à anticiper.
Le droit d'entrée (redevance initiale forfaitaire)
Le droit d'entrée est la somme versée au franchiseur à la signature du contrat. Il donne accès au réseau, à la marque et au savoir-faire. Son montant va de 5 000 € pour une franchise légère de services à plus de 50 000 € en restauration ou hôtellerie.
Sur le plan comptable, le droit d'entrée est enregistré en immobilisation incorporelle (compte 205) lorsqu'il confère un avantage économique durable, puis amorti en linéaire sur la durée du contrat (5 à 7 ans). Si le droit d'entrée couvre uniquement des prestations ponctuelles (formation initiale par exemple), il peut être comptabilisé directement en charge (compte 651).
Les redevances et royalties en cours de contrat
Deux types de redevances s'ajoutent au droit d'entrée :
- Redevance d'exploitation (royalties) : un pourcentage du chiffre d'affaires HT, généralement entre 2 et 7 %, versé chaque mois au franchiseur en contrepartie de l'utilisation continue du savoir-faire et de la marque.
- Redevance publicitaire (ou redevance d'enseigne) : 1 à 3 % du CA HT, mutualisée entre tous les franchisés pour financer la communication nationale du réseau.
Ces redevances sont des charges d'exploitation déductibles du résultat fiscal de votre société.
Les autres coûts à budgéter
Au-delà du droit d'entrée et des redevances, prévoyez :
- Aménagement du local : de 30 000 € (franchise de services) à 300 000 € (restauration avec cuisine équipée), selon le concept et la surface.
- Stock initial : 5 000 à 15 000 € en restauration, 20 000 à 80 000 € en commerce de détail.
- Besoin en fonds de roulement (BFR) : 3 à 6 mois de charges fixes pour couvrir la période de montée en puissance.
- Frais de création de société : 200 à 500 € (rédaction des statuts, annonce légale, greffe).
- Honoraires d'accompagnement : avocat spécialisé en franchise et expert-comptable pour sécuriser votre projet.
Cas pratique - Budget type pour 3 niveaux de franchise
| Poste de dépense | Franchise légère (services) | Franchise intermédiaire (restauration rapide) | Franchise premium (hôtellerie) |
|---|---|---|---|
| Droit d'entrée | 5 000 - 10 000 € | 20 000 - 40 000 € | 40 000 - 60 000 € |
| Aménagement du local | 5 000 - 10 000 € | 80 000 - 150 000 € | 150 000 - 300 000 € |
| Stock initial | 2 000 - 5 000 € | 10 000 - 20 000 € | 20 000 - 40 000 € |
| BFR (3 à 6 mois) | 10 000 - 15 000 € | 30 000 - 50 000 € | 50 000 - 80 000 € |
| Frais de création | 300 - 500 € | 300 - 500 € | 300 - 500 € |
| Total investissement | 22 300 - 40 500 € | 140 300 - 260 500 € | 260 300 - 480 500 € |
| Apport personnel recommandé | ~15 000 € | 50 000 - 80 000 € | 100 000 - 150 000 € |
Quelles sont les obligations du franchiseur et du franchisé ?
Le contrat de franchise crée des droits et des devoirs pour les deux parties. Les connaître vous permet de mieux négocier et d'éviter les mauvaises surprises.
Les obligations du franchiseur
- Remettre le DIP au moins 20 jours avant la signature du contrat (obligation légale, loi Doubin).
- Transmettre un savoir-faire identifié, substantiel et secret, c'est-à-dire un ensemble de méthodes et de techniques qui ne sont pas accessibles librement.
- Fournir une formation initiale complète pour que le franchisé maîtrise le concept avant l'ouverture.
- Assurer une assistance technique et commerciale continue pendant toute la durée du contrat.
- Garantir l'exclusivité territoriale si elle est prévue au contrat, en s'engageant à ne pas implanter d'autre franchisé dans la zone définie.
Les obligations du franchisé
- Respecter le concept du réseau : aménagement du point de vente, charte graphique, processus opérationnels.
- Payer les redevances et le droit d'entrée dans les délais contractuels.
- Respecter la clause d'approvisionnement exclusif si le contrat l'impose (achat des produits uniquement auprès de fournisseurs agréés).
- Respecter la clause de non-concurrence pendant la durée du contrat et après sa fin.
- Communiquer ses résultats financiers au franchiseur via un reporting régulier (CA mensuel, marges, indicateurs de gestion).

Durée, renouvellement et fin du contrat de franchise
Un contrat de franchise est un CDD, d'une durée habituelle de 5 à 7 ans. Certains contrats s'étendent à 9 ans pour s'aligner sur la durée du bail commercial (3/6/9). Le renouvellement n'est jamais automatique : le franchiseur peut le conditionner à une remise aux normes du point de vente ou à l'atteinte d'objectifs de performance.
En cas de résiliation anticipée, les conditions sont strictes et prévoient souvent des indemnités. À la fin du contrat, la clause de non-concurrence post-contractuelle vous interdit d'exercer une activité similaire pendant 1 à 2 ans dans un périmètre géographique défini.
Fiscalité et comptabilité du franchisé : ce que vous devez savoir
La gestion comptable et fiscale d'une franchise a ses particularités. Traitement des droits d'entrée, déductibilité des redevances, choix du régime fiscal : voici les points à maîtriser.
Quel régime fiscal pour une société franchisée ?
La SARL et la SAS sont soumises par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS). Le taux réduit est de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis 25 % au-delà.
L'EURL est imposée par défaut à l'impôt sur le revenu (IR) : les bénéfices sont intégrés au barème progressif de votre déclaration personnelle. Vous pouvez aussi opter pour l'IS. En SARL ou SAS, une option temporaire pour l'IR est possible pendant les 5 premières années. Le choix entre IS ou IR mérite une analyse approfondie selon votre situation personnelle.
Le choix entre IS et IR a un impact direct sur votre rémunération. À l'IS, vous arbitrez entre salaire (déductible du résultat) et dividendes. À l'IR, le bénéfice total est imposé à votre nom, même si vous ne le prélevez pas.
Comment comptabiliser les droits d'entrée et les redevances ?
Le droit d'entrée se comptabilise de deux façons selon sa nature :
- Immobilisation incorporelle (compte 205) : si le droit d'entrée confère un avantage économique durable (accès à la marque et au savoir-faire sur toute la durée du contrat). Il est alors amorti en linéaire sur la durée du contrat, soit 5 à 7 ans. La durée d'amortissement d'une immobilisation dépend de la nature du bien et des règles fiscales applicables.
- Charge directe (compte 651) : si le droit d'entrée rémunère uniquement des prestations ponctuelles comme la formation initiale.
Les redevances périodiques (royalties et redevance publicitaire) sont comptabilisées en charges d'exploitation (compte 651) et déductibles du résultat imposable. La TVA déductible facturée sur ces redevances est récupérable si votre société est assujettie à la TVA.
Le traitement comptable des droits d'entrée et des redevances nécessite une expertise spécifique. L-Expert-Comptable.com prend en charge la comptabilité courante et les déclarations fiscales des franchisés, pour vous permettre de vous concentrer sur votre activité.
Les redevances versées au franchiseur sont intégralement déductibles de votre résultat fiscal, et la TVA correspondante est récupérable. Ces deux mécanismes réduisent le coût réel des redevances pour votre société.
Charges sociales du dirigeant franchisé : TNS vs assimilé salarié
Le statut juridique de votre société détermine votre régime social et le montant de vos cotisations.
- Gérant majoritaire de SARL (TNS) : cotisations d'environ 45 % du revenu net. Des cotisations minimales sont dues même en l'absence de rémunération.
- Président de SAS (assimilé salarié) : cotisations d'environ 75 à 80 % du salaire brut versé. Aucune cotisation n'est due si vous ne vous versez pas de salaire.
Cas pratique : pour un revenu net de 36 000 € par an :
- En SARL (TNS) : cotisations sociales d'environ 16 200 €, soit un coût total pour la société d'environ 52 200 €.
- En SAS (assimilé salarié) : cotisations d'environ 28 800 €, soit un coût total d'environ 64 800 €.
La SARL permet une économie d'environ 12 600 € par an sur les charges sociales. La contrepartie : la couverture sociale du TNS est moins protectrice (pas d'assurance chômage, indemnités journalières plus faibles). À vous de choisir selon vos priorités. Pour calculer précisément votre revenu net selon le statut retenu, le simulateur EURL peut vous donner une première estimation chiffrée.
Quels sont les secteurs les plus porteurs en franchise ?
Tous les secteurs ne se valent pas en termes de rentabilité et de ticket d'entrée. Voici les quatre filières les plus dynamiques pour créer une franchise en France.
Restauration et alimentaire
La restauration est le secteur n°1 en nombre de réseaux de franchise. Le droit d'entrée moyen se situe entre 20 000 et 40 000 €. Les concepts les plus recherchés : restauration rapide, boulangerie artisanale et coffee shop. L'investissement total dépasse souvent 200 000 €, mais le potentiel de chiffre d'affaires est élevé grâce à la fréquentation quotidienne. Si vous envisagez d'ouvrir un restaurant, les spécificités comptables et réglementaires du secteur méritent une attention particulière.
Services à la personne et bien-être
Ce marché est porté par le vieillissement de la population et la demande croissante de services à domicile (aide ménagère, garde d'enfants, assistance aux seniors). L'investissement initial reste souvent inférieur à 30 000 €, ce qui en fait un secteur adapté aux reconversions professionnelles ou aux projets avec un apport limité. Le ratio rentabilité/investissement est souvent parmi les meilleurs en franchise. Pour créer une entreprise de service dans ce domaine, les démarches sont relativement accessibles.
Immobilier et commerce spécialisé
Les agences immobilières franchisées bénéficient d'une forte notoriété de marque et d'un modèle basé sur des commissions récurrentes. Le commerce spécialisé (optique, animalerie, bricolage) demande un ticket d'entrée plus élevé, mais la rentabilité est souvent prouvée grâce à des marges maîtrisées et un positionnement de niche. Pour comprendre comment calculer la marge de votre activité, des outils simples existent.
Fitness et bien-être
Le secteur du fitness attire de plus en plus de franchisés grâce à un modèle économique basé sur les abonnements récurrents, qui rend la trésorerie prévisible. L'investissement moyen se situe entre 150 000 et 400 000 € selon le concept (salle low-cost, studio de coaching, centre de remise en forme).
Les questions fréquentes sur l'ouverture d'une franchise
Quel apport personnel faut-il pour ouvrir une franchise ?
L'apport personnel correspond à 30 à 50 % de l'investissement total. Il va de 15 000 € pour une franchise de services légère à plus de 100 000 € pour la restauration ou l'hôtellerie. Un prêt d'honneur (réseau Initiative, Réseau Entreprendre) peut compléter votre apport. Vous pouvez également consulter les aides financières pour la création d'entreprise disponibles selon votre situation.
Peut-on ouvrir une franchise sans diplôme ni expérience dans le secteur ?
Oui, dans la majorité des réseaux. Le franchiseur fournit une formation initiale de 2 semaines à 3 mois qui transmet le savoir-faire opérationnel. Les qualités managériales, le sens commercial et la capacité financière comptent plus qu'un diplôme.
Peut-on ouvrir une franchise en micro-entreprise ?
Non. Les plafonds de chiffre d'affaires (203 100 € en vente, 83 600 € en services) sont trop bas, et l'impossibilité de déduire les charges (redevances, loyer, stock) rend le modèle non viable. Créez une SARL, SAS ou EURL.
Quelle est la durée d'un contrat de franchise ?
Un contrat de franchise dure généralement 5 à 7 ans, parfois 9 ans pour s'aligner sur le bail commercial (3/6/9). Le renouvellement n'est pas automatique et peut être conditionné à une remise aux normes du point de vente.
Qu'est-ce que le DIP et pourquoi est-il important ?
Le Document d'Information Précontractuel est un dossier remis obligatoirement au candidat franchisé au moins 20 jours avant la signature (loi Doubin, art. L. 330-3 du Code de commerce). Il contient les comptes du franchiseur, la liste des franchisés et l'état du marché local. Son analyse permet d'évaluer la solidité du réseau avant de s'engager.
Combien coûte l'ouverture d'une franchise au total ?
Le budget total va de 30 000 à 50 000 € pour une franchise de services, à 150 000-250 000 € pour la restauration rapide, et jusqu'à 300 000-500 000 € pour l'hôtellerie. Ce montant inclut le droit d'entrée, l'aménagement, le stock initial et le BFR.
Quels sont les secteurs les plus rentables pour ouvrir une franchise ?
La restauration rapide, les services à la personne, l'immobilier et le commerce spécialisé sont les secteurs les plus dynamiques. Les franchises de services ont souvent un meilleur ratio rentabilité/investissement grâce à des coûts d'entrée plus faibles.
Comment sont imposées les redevances versées au franchiseur ?
Les redevances sont des charges d'exploitation déductibles du résultat imposable de la société franchisée. La TVA facturée sur ces redevances est récupérable. Le droit d'entrée est soit amorti en linéaire sur la durée du contrat (immobilisation incorporelle), soit passé directement en charge selon sa nature.
Sources & Références
Legifrance : Loi n° 89-1008 du 31 décembre 1989 (loi Doubin)
Service-Public : Franchise
Bpifrance : La franchise, une autre façon de créer une entreprise
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