Faut-il se verser des dividendes ? (2026)

Temps de lecture : 5 min
L'article en bref
  • La flat tax sur les dividendes : ce prélèvement de 30 % s'applique par défaut à toute distribution de bénéfices en 2026.
  • Les dividendes en SASU : ils ne supportent aucune cotisation sociale, contrairement à ceux versés en EURL.
  • La règle des 10 % en EURL : les dividendes excédant ce seuil du capital social sont soumis aux cotisations TNS d'environ 45 %.
  • La taxe PUMa : elle frappe les dirigeants qui perçoivent principalement des dividendes sans se verser un salaire suffisant.
  • L-Expert-Comptable.com : un conseiller dédié vous accompagne pour choisir le meilleur mix entre salaire et dividendes.
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Guillaume DELEMARLE

Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

Dividendes ou salaire : ce que ça change concrètement selon votre statut

Se verser des dividendes plutôt qu'un salaire permet d'éviter les cotisations sociales et d'alléger la pression fiscale globale. Mais ce n'est pas une décision à prendre sans simulation : les dividendes ne génèrent ni droits à la retraite, ni indemnités journalières, ni couverture chômage. Et selon votre statut (SASU ou EURL), les règles ne sont pas les mêmes.

 SalaireDividendes
Cotisations socialesOui (45 % TNS en EURL, ~80 % régime général en SASU)Non (sauf fraction > 10 % capital en EURL)
Déductible du résultat fiscalOuiNon (versé après IS)
Droits à la retraiteOuiNon
Indemnités journalières maladieOuiNon
Fréquence de versementMensuelle possibleUne fois par an (après AG)
ImpositionIR au barème progressifFlat tax 30 % (ou barème IR avec abattement 40 % sur option)
Salaire vs dividendes

 

La fiscalité des dividendes en 2026 : flat tax ou barème progressif

Les dividendes sont imposés par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), dit flat tax, au taux de 30 %, décomposé ainsi :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu
  • 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG/CRDS)

Sur option, vous pouvez choisir l'imposition au barème progressif de l'IR avec un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus du capital de votre foyer fiscal. Elle est avantageuse si votre tranche marginale d'imposition est faible (0 % ou 11 %).

OptionTaux appliquéIntéressant si
Flat tax (PFU)30 % fixeTMI 30 % ou plus
Barème progressif + abattement 40 %Variable selon TMITMI 0 % ou 11 % (faibles revenus)

Les dividendes subissent une double imposition : la société paie d'abord l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà), puis vous payez la flat tax sur ce qui reste. Un bénéfice de 100 € devient 85 € après IS à 15 %, puis 59,50 € après flat tax à 30 %. Soit un taux effectif d'environ 40,5 % avant tout.

Les règles selon votre statut : SASU vs EURL

En SASU (président assimilé salarié)

Les dividendes versés au président associé unique de SASU ne sont soumis à aucune cotisation sociale. Seule la flat tax de 30 % s'applique. C'est l'avantage majeur de la SASU pour les dirigeants qui souhaitent se rémunérer principalement via les bénéfices.

En revanche, le salaire du président de SASU supporte des charges sociales d'environ 80 % du salaire net (régime général assimilé salarié). Pour percevoir 1 000 € nets, la société débourse environ 1 800 €.

En EURL (gérant associé unique TNS)

La règle des 10 % s'applique : la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social + primes d'émission + apports en compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS (environ 45 %). En dessous de ce seuil, seule la flat tax s'applique.

Concrètement, si votre capital social est de 1 000 €, seuls les 100 premiers euros de dividendes échappent aux cotisations sociales. Au-delà, vous subissez à la fois l'IS, les cotisations TNS et l'IR : la charge totale peut dépasser 60 % du bénéfice distribué.

En EURL, augmenter le capital social est un levier d'optimisation : plus le capital est élevé, plus la fraction exonérée de cotisations sociales est importante. Avec un capital de 50 000 €, les 5 000 premiers euros de dividendes ne supportent que la flat tax.

Exemple chiffré : salaire vs dividendes vs mix pour un bénéfice de 80 000 €

Prenons le cas d'un président de SASU soumise à l'IS, avec un bénéfice avant rémunération de 80 000 € et une TMI personnelle de 30 %.

ScénarioTout en salaireTout en dividendesMix salaire + dividendes
Salaire brut versé80 000 €0 €20 000 €
Charges sociales patronales (~45 %)36 000 €0 €9 000 €
Bénéfice imposable à l'IS0 €80 000 €60 000 €
IS payé (15 % / 25 %)0 €~16 375 €~11 625 €
Dividendes distribuables0 €63 625 €48 375 €
Flat tax sur dividendes (30 %)0 €19 088 €14 513 €
IR sur salaire (TMI 30 % après abattement 10 %)~20 400 €0 €~5 100 €
Revenu net perçu~23 600 €~44 537 €~38 762 €
Protection socialeComplèteAucunePartielle
Trimestres retraite validés404 (si salaire ≥ 6 063 € brut/an)

Le scénario "tout dividendes" maximise le revenu net immédiat mais ne génère aucun droit à la retraite et expose à la taxe PUMa. Le mix est souvent le meilleur compromis : un salaire minimum pour les droits sociaux, complété par des dividendes pour optimiser la pression fiscale.

Exemple salaire vs dividendes

Le seuil minimal de salaire pour valider ses droits en 2026

Si vous optez pour une stratégie mixte, voici les seuils à connaître pour ne pas sacrifier votre protection sociale :

  • Valider 4 trimestres de retraite : il faut un salaire brut annuel d'au moins 6 063 € en 2026 (soit 150 heures de SMIC × 4 trimestres, base SMIC à 12,02 €/h)
  • Éviter la taxe PUMa : maintenir un salaire représentant au moins 20 % du PASS, soit environ 9 612 € brut annuels en 2026
  • Ouvrir droit aux indemnités journalières : disposer d'un revenu professionnel annuel moyen supérieur à 4 582 €

La taxe PUMa : le risque méconnu du tout-dividendes

La taxe PUMa (Protection Universelle Maladie) est une contribution due par les personnes qui tirent principalement leurs revenus du capital (dividendes, revenus fonciers...) sans exercer d'activité professionnelle suffisante. Elle concerne particulièrement les présidents de SASU qui ne se versent aucun salaire.

Son taux est de 6,5 % sur les revenus du capital, avec un plafond fixé à 6,5 % × 20 PASS, soit environ 62 000 € maximum. Elle s'applique dès lors que vos revenus professionnels sont inférieurs à 20 % du PASS (~9 612 €) et que vous percevez des revenus du capital significatifs.

Pour l'éviter, la solution la plus simple est de vous verser un salaire annuel d'au moins 9 612 € brut, soit environ 800 € brut par mois.

Dans quel cas privilégier les dividendes ?

Votre situationRecommandation
SASU, bénéfices élevés, TMI 30 % ou plusMix salaire minimal + dividendes en flat tax
SASU, TMI 11 % ou moinsMix salaire minimal + dividendes au barème progressif avec abattement 40 %
EURL, capital social faible (< 10 000 €)Salaire prioritaire : la règle des 10 % rend les dividendes peu attractifs
EURL, capital social élevé (> 50 000 €)Dividendes dans la limite des 10 % + salaire pour la protection sociale
Première année, ARE en cours de maintienDividendes uniquement (pas de salaire pour conserver l'ARE)
Besoin de revenus mensuels réguliersSalaire : les dividendes ne peuvent être versés qu'une fois par an

Comment se verser des dividendes : les conditions à respecter

Pour pouvoir distribuer des dividendes, trois conditions doivent être réunies :

  • Un bénéfice distribuable : la société doit avoir réalisé un bénéfice net après IS, et avoir apuré ses pertes antérieures éventuelles
  • L'approbation des comptes en Assemblée Générale : la distribution est décidée lors de l'AG annuelle d'approbation des comptes, dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice
  • Le respect des réserves légales : 5 % du bénéfice net doit être affecté à la réserve légale jusqu'à ce qu'elle atteigne 10 % du capital social

Le versement intervient ensuite dans un délai maximum de 9 mois après la clôture de l'exercice. En pratique, les dividendes ne peuvent pas être versés mensuellement comme un salaire.

L'Expert-Comptable.com vous accompagne pour simuler précisément l'arbitrage salaire/dividendes selon votre situation fiscale personnelle, votre statut et vos objectifs de protection sociale.

Questions fréquentes sur le versement des dividendes

Peut-on se verser des dividendes sans salaire ?

Oui, c'est légalement possible en SASU. Mais sans salaire, vous ne validez aucun trimestre de retraite, vous n'avez pas droit aux indemnités journalières et vous risquez d'être assujetti à la taxe PUMa si vos revenus du capital sont significatifs. La stratégie "tout dividendes" maximise le revenu net à court terme mais fragilise la protection sociale sur le long terme.

Les dividendes sont-ils soumis à des cotisations sociales en EURL ?

Oui, partiellement. En EURL, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social + primes d'émission + apports en compte courant est soumise aux cotisations TNS (environ 45 %). En dessous de ce seuil, seule la flat tax de 30 % s'applique. C'est la différence majeure avec la SASU où les dividendes ne supportent jamais de cotisations sociales.

Flat tax ou barème progressif : comment choisir ?

La flat tax à 30 % est avantageuse si votre TMI est de 30 % ou plus. Si vous êtes dans la tranche à 11 %, le barème progressif avec abattement de 40 % sur les dividendes donne un taux effectif plus faible. Attention : l'option barème est globale et irrévocable pour l'année, elle s'applique à tous vos revenus du capital.

Quand peut-on se verser des dividendes la première année ?

Pas avant la clôture du premier exercice comptable et l'approbation des comptes en AG. Pour une société créée en janvier 2025 avec un exercice au 31 décembre 2025, les premiers dividendes ne peuvent être distribués qu'à partir de mi-2026, après l'AG d'approbation des comptes. Il n'est pas possible de se verser des dividendes en cours d'exercice.

Les dividendes sont-ils soumis à la TVA ?

Non. Les dividendes sont des revenus de capitaux mobiliers. Ils ne sont pas soumis à la TVA.

Sources et références

Entreprendre.service-public.fr — Fiscalité des dividendes perçus par les associés

Mon-entreprise.urssaf.fr — Simulateur dividendes URSSAF 2026

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A propos de l'auteur

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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable avec plus de 9 ans d'expérience. Spécialisé dans l'accompagnement des TPE et créateurs d'entreprise.
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