- Le prêt d'honneur et les garanties financières pour faciliter l'accès aux crédits bancaires.
- L'ACRE pour une exonération partielle des cotisations sociales la première année.
- Les aides de Pôle emploi : ARE (allocations) ou ARCE (versement en capital).
- Le microcrédit professionnel pour financer le lancement avec un budget limité.
- La prime d’activité accessible sous conditions de chiffre d'affaires.
- Attention : les micro-entrepreneurs sont souvent exclus des aides fiscales et institutionnelles.
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Quelles aides financières pour un travailleur indépendant ?
Les travailleurs indépendants peuvent bénéficier de diverses aides financières à la création d'entreprise.
Voici les principaux :
- Le prêt d'honneur , il s'agit d'un prêt à taux zéro proposé par France Initiative, qui peut être utilisé pour compléter un prêt bancaire.
- Les garanties financières comme France Initiative, BPI France..., peuvent offrir des garanties pour faciliter l'obtention de crédits bancaires.
- Des exonérations fiscales et sociales, en fonction de la nature de votre activité et de votre statut juridique, vous pouvez bénéficier d'exonérations sur certaines cotisations sociales ou fiscales.
- Des crédits d'impôt pour la création ou le développement de l'entreprise, comme le Crédit d'Impôt Recherche (CIR) pour les entreprises innovantes.
L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise)
L'ACRE est l’une des aides les plus connues pour les travailleurs indépendants. Elle consiste en une exonération partielle et dégressive des cotisations sociales pendant la première année d’activité. Elle permet ainsi de réduire considérablement les charges sociales au démarrage, ce qui est un vrai coup de pouce pour la trésorerie.
Cette exonération est ouverte à de nombreux créateurs d’entreprise, y compris aux micro-entrepreneurs sous certaines conditions (par exemple, inscription à Pôle emploi, jeunes de moins de 26 ans, bénéficiaires de minima sociaux, etc.). Pour en bénéficier, il est nécessaire de déposer une demande spécifique auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) lors de la création ou dans les 45 jours qui suivent.
Bon à savoir : En l’absence de démarche, vous perdez le bénéfice de l’ACRE, alors pensez à faire votre demande rapidement !
L’ARE (Aide au Retour à l’Emploi)
Si vous étiez salarié avant de devenir indépendant et que vous êtes inscrit à Pôle emploi, vous pouvez bénéficier de l'ARE, qui permet de continuer à percevoir vos allocations chômage même après la création de votre activité.
L’ARE offre une sécurité financière appréciable : tant que votre chiffre d'affaires reste faible, vos indemnités sont maintenues en tout ou partie, et ce jusqu’à épuisement de vos droits. Cela permet de tester son activité en freelance sans pression financière excessive.
Les démarches pour activer l'ARE s’effectuent directement via votre espace personnel sur le site de Pôle emploi. Vous devez actualiser votre situation chaque mois pour déclarer vos revenus professionnels.
L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise)
Alternative à l’ARE, l'ARCE vous permet de transformer une partie de vos droits au chômage en capital, pour financer le démarrage de votre entreprise. Concrètement, vous percevez 45 % de vos droits restants en deux versements (un au lancement, le second six mois plus tard sous conditions de poursuite d'activité).
Attention, l'ARCE et l'ARE ne sont pas cumulables : vous devrez choisir entre continuer à percevoir l'ARE mensuellement ou opter pour le versement en capital via l'ARCE.
La demande d'ARCE s’effectue auprès de Pôle emploi, sur présentation d’un justificatif de création ou de reprise d’entreprise (extrait Kbis, déclaration INSEE…).
Les microcrédits pour les indépendants
Les travailleurs indépendants qui ont besoin d'un financement modeste peuvent se tourner vers le microcrédit professionnel. Il s'agit de prêts d'un montant généralement inférieur à 10 000 €, accordés aux créateurs ou repreneurs d'entreprise n'ayant pas accès au crédit bancaire classique.
Les microcrédits sont proposés notamment par l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique) ainsi que par plusieurs plateformes locales partenaires de chambres de commerce ou d’artisanat.
Ce financement peut couvrir l'achat de matériel, de logiciels, ou encore financer les premiers besoins de trésorerie. Les taux d'intérêt sont plus accessibles que ceux des crédits bancaires traditionnels, bien que supérieurs à ceux des prêts d'honneur.
Astuce : Pour trouver une structure proposant du microcrédit près de chez vous, rapprochez-vous de votre chambre de commerce ou consultez les dispositifs d'accompagnement locaux.
Attention, critères d'éligibilité
Ces aides sont généralement accordées après analyse de la rentabilité de votre projet, ou selon des critères comme l'emplacement géographique, l'âge de l'entreprise ou la nature de son activité. Un critère récurrent pour bénéficier de ces aides est le régime fiscal ou le statut juridique . Généralement, seules les sociétés ou les entreprises individuelles soumises à un régime du réel (réel à l'impôt sur le revenu ou réel à l'impôt sur les sociétés) peuvent accéder à ces aides et exonérations. Les micro-entreprises ne sont pas concernées.
Les aides institutionnelles
Les aides institutionnelles à la création d'entreprise sont généralement réservées aux créateurs d'une société ou d'une entreprise soumise à un régime du réel. Les freelances en micro-entreprise ou en auto-entreprise ont rarement accès à ces aides. Il s'agit des prêts d'honneur (prêts à taux 0), des garanties financières proposées par BPI France ou des dotations locales. Il est essentiel de vérifier les conditions juridiques et fiscales d'éligibilité aux aides financières institutionnelles auprès de votre plateforme locale.
Pour plus d'informations, vous pouvez consulter les sites :
Les aides fiscales
Les micro-entrepreneurs sont généralement exclus des exonérations fiscales et des crédits d'impôt. Seuls les travailleurs indépendants ayant opté pour le régime du réel peuvent être éligibles.
Il s'agit des exonérations de la Cotisation Foncière des Entreprises pour les entreprises projetées dans certaines zones géographiques, du Crédit d'Impôt Recherche pour les entreprises réalisant des travaux de recherche et développement, de l'exonération d'impôt pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) , etc.
Si vous êtes micro-entrepreneur et que vous souhaitez accéder à des aides financières, une option consiste à changer de statut juridique, par exemple en passant à l'entreprise individuelle ou à une société. Cela peut ouvrir la porte à de nombreuses aides, mais nécessite une gestion plus complexe.
Les travailleurs indépendants et la prime d'activité
La prime d'activité est une aide financière de l'État qui vise à encourager le pouvoir d'achat des actifs français dont les ressources sont modestes. Elle concerne les salariés ainsi que les freelances/travailleurs indépendants, y compris les auto-entrepreneurs, lorsque leur chiffre d'affaires est inférieur à un certain montant.
Pour bénéficier de la prime d'activité, les travailleurs indépendants doivent respecter les conditions suivantes :
- Leur chiffre d'affaires des 12 derniers mois est inférieur à 82.800 euros pour une activité agricole ou de vente de marchandises et 33.200 euros pour une activité libérale ou artisanale
- Leur chiffre d'affaires du dernier trimestre est inférieur à 20.700 euros pour une activité agricole ou de vente de marchandises et 8.300 euros pour une activité libérale ou artisanale
Important : Les plafonds de chiffre d'affaires sont cumulables. Vous devez déclarer vos chiffres dans une déclaration trimestrielle de ressources (DTR) pour la dernière année fiscale. À défaut, seul le chiffre d'affaires du dernier trimestre servira de base de calcul.
Pour valider votre éligibilité à la première d'activité en tant que travailleur indépendant et solliciter cette aide financière, vous devez vous tourner vers la CAF , même si vous n'êtes pas allocataire (ou la MSA pour les exploitants agricoles).
Même si vous n'êtes pas allocataire de la CAF, vous pouvez faire une demande de prime d'activité. Le calcul prend en compte votre chiffre d'affaires et vos ressources globales. Cela peut être un soutien précieux pour renforcer votre pouvoir d'achat.
Pour aider à mieux comprendre les démarches et les aides disponibles pour les travailleurs indépendants, voici une vidéo YouTube qui peut être très utile :
Regardez cette vidéo LEC sur les aides financières pour les travailleurs indépendants !
Travailler en indépendant : définition
Un travailleur indépendant crée et développe son activité à son compte, en son nom et sous sa propre responsabilité. Il est, en effet, un chef d'entreprise à part entière ! Il développe un portefeuille client, émet des factures et encaisse du chiffre d'affaires. Pour développer son activité, il doit communiquer, entretenir son réseau et prospecter. En résumé, créer et développer une activité en freelance revient à créer et gérer une entreprise, impliquant toutes les étapes entrepreneuriales habituelles, telles que la création du business plan . La recherche de financements en fait également partie.
Pourquoi chercher des financements quand on est travailleur indépendant ?
Si vous lancez votre activité, vous devez anticiper les biens et ressources nécessaires pour exercer votre métier et structurer votre offre commerciale : matériel, logiciel spécifique, véhicule pour vous déplacer chez les clients , outils de communication (cartes de visite, site Internet...), stock de départ , etc. Ces besoins sont listés dans le plan de financement, l'un des tableaux que l'on retrouve dans le prévisionnel financier d'un business plan.
Les besoins financiers au démarrage concernent également la trésorerie nécessaire pour faire face aux premières dépenses avant de générer suffisamment de chiffre d'affaires comme la location de bureaux, les frais de déplacement, les frais téléphoniques...).
Exemple concret : Un graphiste indépendant souhaitant démarrer son activité peut avoir besoin de financer un logiciel de conception spécifique, un ordinateur performant, ainsi qu'un site web pour se présenter à ses clients. Il devra également prévoir un budget pour les premières factures (électricité, abonnement internet) et un fonds de roulement pour couvrir ses dépenses avant de recevoir ses premiers paiements.
Bien estimer vos besoins financiers est crucial pour la pérennité de votre entreprise. Une planification rigoureuse vous permet d'éviter les mauvaises surprises et de garantir que vous disposez des ressources nécessaires pour traverser les premières étapes de votre activité.
Conclusion
Se lancer en tant que travailleur indépendant peut être un défi, mais c'est aussi une aventure passionnante. Avec les bonnes informations et un accompagnement adapté, vous pouvez accéder à des financements qui vous permettront de démarrer et de développer sereinement votre activité. N'hésitez pas à utiliser le simulateur de statut juridique pour choisir la structure la plus adaptée à votre projet et maximiser vos chances de réussite.
Références et sources
Initiative France : Recherche de financements pour créer ou reprendre une entreprise
BPI France : Toutes nos solutions pour les entreprises
Questions & réponses