- L'âge légal de départ passe progressivement de 62 à 64 ans : il augmente de 3 mois par génération et atteint 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1968.
- La durée de cotisation requise est de 172 trimestres dès la génération 1965 : chaque trimestre manquant entraîne une décote définitive de 1,25 % sur le taux de la pension.
- Le départ anticipé pour carrière longue reste possible dès 58 ans : il s'adresse aux assurés ayant commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans sous condition de trimestres cotisés.
- Le cumul emploi-retraite crée de nouveaux droits depuis 2023 : les cotisations versées après la liquidation au taux plein ouvrent droit à une seconde pension.
- La comptabilité déléguée dès 79 € HT/mois : L-Expert-Comptable.com optimise l'arbitrage rémunération/dividendes des dirigeants en cumul emploi-retraite.
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Réforme des retraites 2023 : l'âge légal passe progressivement de 62 à 64 ans
La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la Sécurité sociale a modifié en profondeur le système de retraite français. Le changement le plus structurant est le relèvement progressif de l'âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans, à raison de 3 mois par génération. Cet âge de 64 ans est atteint pour les personnes nées à compter du 1er janvier 1968. Le taux plein automatique (sans condition de trimestres) reste fixé à 67 ans.
En parallèle, la durée de cotisation requise pour obtenir le taux plein est accélérée pour atteindre 172 trimestres (43 annuités) dès la génération 1965, contre un calendrier initialement prévu par la réforme Touraine de 2014 qui n'atteignait ce seuil qu'en 2035.
| Année de naissance | Âge légal de départ | Trimestres requis pour le taux plein | Âge du taux plein automatique |
|---|---|---|---|
| Avant le 01/09/1961 | 62 ans | 168 (42 ans) | 67 ans |
| Du 01/09/1961 au 31/12/1961 | 62 ans et 3 mois | 169 | 67 ans |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 | 67 ans |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 | 67 ans |
| 1964 | 63 ans | 171 | 67 ans |
| 1965 | 63 ans et 3 mois | 172 (43 ans) | 67 ans |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 172 | 67 ans |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 172 | 67 ans |
| À compter du 01/01/1968 | 64 ans | 172 | 67 ans |
L'âge du taux plein automatique à 67 ans n'a pas changé avec la réforme de 2023. Cela signifie qu'un assuré qui n'a pas le nombre de trimestres requis mais qui atteint 67 ans percevra sa retraite de base au taux plein de 50 %, sans décote. La pension sera néanmoins proratisée en fonction du nombre de trimestres réellement validés par rapport au nombre requis.
Retraite au taux plein dès l'âge légal : la condition du nombre de trimestres
Le taux plein correspond au taux maximum de calcul de la pension de retraite de base, soit 50 % dans le régime général (salariés du privé, artisans, commerçants). Vous pouvez obtenir le taux plein dès l'âge légal (progressivement 64 ans) si vous avez cotisé le nombre de trimestres requis pour votre génération (voir tableau ci-dessus).
Si vous partez à l'âge légal sans avoir le nombre de trimestres requis, deux situations :
- Décote : chaque trimestre manquant (dans la limite de 20 trimestres) entraîne une réduction définitive de 1,25 % du taux. Avec 10 trimestres manquants, le taux passe de 50 % à 37,5 %, réduisant la pension de 25 %. La décote est calculée sur le nombre de trimestres manquants le plus favorable entre deux bornes : les trimestres manquants pour atteindre la durée d'assurance requise, ou ceux pour atteindre l'âge du taux plein automatique (67 ans).
- Attente du taux plein automatique : si vous continuez à travailler ou patientez jusqu'à 67 ans, la décote disparaît totalement, quel que soit votre nombre de trimestres. La pension sera toutefois proratisée.
Taux plein sans condition de trimestres : les situations ouvrant droit au taux plein dès l'âge légal
Certaines situations permettent d'obtenir le taux plein dès l'âge légal de départ (64 ans pour les générations nées à partir de 1968) sans condition de durée d'assurance :
- Être reconnu inapte au travail avec un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 %
- Être titulaire d'une pension d'invalidité (la retraite pour inaptitude se substitue à la pension d'invalidité à l'âge légal)
- Être ancien combattant, prisonnier de guerre ou ancien déporté
- Être parent d'un enfant handicapé ayant ouvert droit à l'AEEH et justifier d'un trimestre d'assurance vieillesse à ce titre
Le taux plein automatique à 67 ans : quel intérêt si je n'ai pas tous mes trimestres ?
À l'âge de 67 ans, le taux plein de 50 % est automatiquement appliqué, sans aucune décote, quel que soit le nombre de trimestres validés. Cependant, la pension est alors proratisée en fonction de la durée d'assurance réellement validée.
Concrètement, si vous avez 140 trimestres validés sur les 172 requis pour votre génération et que vous partez à 67 ans, votre pension sera calculée ainsi : SAM × 50 % × (140 / 172). Le taux n'est pas réduit (pas de décote), mais la pension est proportionnellement plus faible que si vous aviez validé les 172 trimestres. Il n'y a en revanche aucune obligation de continuer à travailler au-delà de 67 ans.
La retraite anticipée : partir avant l'âge légal avec le taux plein
La réforme de 2023 a remanié les dispositifs de retraite anticipée. Plusieurs cas permettent de partir avant l'âge légal avec le taux plein :
Retraite anticipée pour carrière longue (RACL)
Le dispositif "carrière longue" permet un départ anticipé aux assurés ayant commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans, sous réserve de justifier d'une durée d'assurance minimale. La réforme de 2023 a créé 4 bornes d'âge de départ :
| Début d'activité | Âge de départ possible | Condition de durée d'assurance cotisée |
|---|---|---|
| Avant 16 ans | 58 ans | 172 trimestres cotisés (dont 4 ou 5 avant la fin de l'année civile des 16 ans) |
| Avant 18 ans | 60 ans | 172 trimestres cotisés (dont 4 ou 5 avant la fin de l'année civile des 18 ans) |
| Avant 20 ans | 62 ans | 172 trimestres cotisés (dont 4 ou 5 avant la fin de l'année civile des 20 ans) |
| Avant 21 ans | 63 ans | 172 trimestres cotisés (dont 4 ou 5 avant la fin de l'année civile des 21 ans) |
La borne "avant 21 ans, départ à 63 ans" est une création de la réforme de 2023 qui n'existait pas auparavant.
Retraite anticipée pour handicap
Les assurés justifiant d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % (contre 80 % avant la réforme de 2014) et d'une durée d'assurance minimale cotisée en situation de handicap peuvent partir à la retraite à compter de 55 ans. Le nombre de trimestres requis en situation de handicap varie selon l'âge de départ souhaité.
Retraite anticipée pour incapacité permanente (AT/MP)
Les assurés atteints d'une incapacité permanente d'au moins 20 % consécutive à un accident du travail ou une maladie professionnelle peuvent partir à 60 ans. Pour les incapacités comprises entre 10 et 20 %, un examen par une commission pluridisciplinaire est nécessaire pour vérifier le lien avec l'exposition à des facteurs de risques professionnels.
Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue est le plus fréquemment sollicité par les entrepreneurs qui ont commencé à travailler tôt (apprentissage, premier emploi avant 20 ans). Si vous êtes dans ce cas, demandez un relevé de carrière sur info-retraite.fr pour vérifier si vos premiers trimestres sont bien enregistrés. Des trimestres manquants ou mal reportés à cette période de votre vie peuvent vous faire perdre le bénéfice de la carrière longue.
Comment est calculée la pension de retraite de base ?
La pension de retraite de base du régime général est calculée selon la formule suivante :
Pension annuelle brute = SAM × Taux × (Durée d'assurance au régime général / Durée de référence)
- SAM (Salaire Annuel Moyen) : moyenne des salaires soumis à cotisations des 25 meilleures années de votre carrière (salaires revalorisés par des coefficients d'actualisation publiés annuellement)
- Taux : 50 % au taux plein. Réduit en cas de décote (par trimestres manquants) ou majoré en cas de surcote (par trimestres travaillés au-delà du taux plein)
- Durée d'assurance au régime général : nombre de trimestres validés dans le régime général (plafonnée à la durée de référence)
- Durée de référence : nombre de trimestres requis pour votre génération (172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965)
Si vous avez eu une carrière de moins de 25 ans dans le régime général, le SAM est calculé sur toutes vos années de cotisation. La pension annuelle brute ne peut pas être inférieure au minimum contributif (environ 8 970 € bruts/an en 2026 pour une carrière complète, majoré à environ 9 830 € si au moins 120 trimestres cotisés) ni supérieure au plafond de la retraite de base (50 % du PASS = 24 030 € bruts/an en 2026).
Surcote et décote : comment le taux plein impacte votre pension
La surcote : travailler au-delà du taux plein augmente votre pension
Si vous continuez à travailler après avoir atteint l'âge légal ET le nombre de trimestres requis pour le taux plein, chaque trimestre supplémentaire travaillé majore votre pension de 1,25 % par trimestre (soit 5 % par an). Cette surcote est définitive et s'applique à vie sur votre pension de base. Travailler 2 ans de plus au-delà du taux plein augmente donc votre pension de 10 %, ce qui peut représenter un gain significatif sur 20 à 30 ans de versement de pension.
La décote : partir sans tous ses trimestres réduit la pension
À l'inverse, partir à l'âge légal sans le nombre de trimestres requis entraîne une décote de 1,25 % par trimestre manquant (dans la limite de 20 trimestres, soit 25 % de réduction maximum). Le calcul retient le nombre de trimestres manquants le plus favorable entre la durée d'assurance cible et l'âge de 67 ans.
Le cumul emploi-retraite : travailler après la retraite crée de nouveaux droits depuis 2023
Depuis le 1er septembre 2023, le cumul emploi-retraite intégral (réservé aux assurés ayant liquidé toutes leurs retraites au taux plein) est devenu créateur de droits. Concrètement, les cotisations vieillesse versées dans le cadre d'une activité reprise après la retraite ouvrent droit à une seconde pension, liquidée ultérieurement. Avant cette réforme, les cotisations versées en cumul emploi-retraite ne généraient aucun droit supplémentaire.
Le cumul est intégral (sans plafond de revenus) si vous avez atteint l'âge légal et le nombre de trimestres pour le taux plein. Il est plafonné dans le cas contraire. Pour les dirigeants d'entreprise, le cumul emploi-retraite peut être un levier pour continuer à piloter leur société tout en percevant leur pension.
Les entrepreneurs individuels et les dirigeants de société qui envisagent de continuer leur activité après la retraite ont tout intérêt à opter pour le cumul emploi-retraite intégral, désormais créateur de droits. Un dirigeant de SASU ou de SAS qui se verse une rémunération après la liquidation de sa retraite cotise pour une seconde pension. L-Expert-Comptable.com peut optimiser votre arbitrage rémunération/dividendes dans ce cadre.
Ce que les futurs retraités nous demandent le plus souvent
L'âge légal de la retraite est-il bien passé à 64 ans ?
Oui, mais de façon progressive. L'âge légal atteint 64 ans pour les personnes nées à compter du 1er janvier 1968. Pour les générations intermédiaires (nées entre le 01/09/1961 et le 31/12/1967), l'âge légal augmente de 3 mois par génération.
Combien de trimestres faut-il pour partir à la retraite à taux plein en 2026 ?
Pour les générations nées à partir de 1965, la durée d'assurance requise est de 172 trimestres (43 annuités). Pour les générations antérieures, le nombre varie de 168 à 171 selon l'année de naissance (voir le tableau détaillé ci-dessus).
Ma pension sera-t-elle réduite si je pars sans tous mes trimestres ?
Oui. Chaque trimestre manquant entraîne une décote de 1,25 % (0,625 point de taux). La décote maximale est de 20 trimestres, soit une réduction de 25 % du taux (le taux passe de 50 % à 37,5 %). Le calcul retient le nombre de trimestres manquants le plus favorable entre deux bornes. La décote disparaît totalement à 67 ans.
Puis-je partir avant 64 ans si j'ai commencé à travailler très jeune ?
Oui, le dispositif de carrière longue permet un départ anticipé dès 58, 60, 62 ou 63 ans selon l'âge de début d'activité et le nombre de trimestres cotisés. Ce dispositif nécessite d'avoir cotisé un nombre minimal de trimestres avant un âge seuil (16, 18, 20 ou 21 ans).
Le cumul emploi-retraite permet-il de cotiser pour augmenter sa pension ?
Oui, depuis le 1er septembre 2023. Si vous avez liquidé toutes vos retraites au taux plein (cumul intégral), les cotisations vieillesse versées dans le cadre d'une nouvelle activité ouvrent droit à une seconde pension. Cette avancée majeure change la donne pour les dirigeants souhaitant poursuivre leur activité après la retraite.
Sources et références
Service-public.fr : Âge de départ à la retraite du salarié
Info-retraite.fr : Portail national inter-régimes : simulateur et relevé de carrière
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- Perplexity


Questions & réponses
Je viens d'avoir 65 ans et j'ai cotisé 120 trimestres, sachant que j'ai un taux d'invalidité de 75%, est-ce que ma retraite va être revalorisée?Merci de bien vouloir me répondre.
Bonjour,
Afin d'avoir droit à la retraite il faut valider un certain nombre de trimestres. Un taux d'invalidité peut ouvrir un dispositif favorable et vous permettre de cotiser moins. Afin d'avoir un retour précis nous vous invitons plutôt à contacter votre caisse de retraite qui doit disposer de l'ensemble des informations ; comme la durée de période d'invalidité, le nombre de trimestres déjà acquis etc...
Bien à vous.