Quels impôts paient les riches en France en 2026 ?

Temps de lecture : 4 min
L'article en bref
  • Le barème de l'impôt sur le revenu : son taux marginal atteint 45 % au-delà de 180 294 € de revenu imposable par part fiscale.
  • La CEHR : cette contribution additionnelle de 3 % à 4 % frappe les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 €.
  • La CDHR : ce dispositif instauré en 2025 garantit un taux effectif d'imposition minimal de 20 % pour les hauts revenus.
  • L'IFI : cet impôt sur le patrimoine immobilier s'applique lorsque le patrimoine net dépasse 1 300 000 €.
  • La flat tax sur les revenus du capital : elle s'élève à 31,4 % en 2026 pour les dividendes et les plus-values mobilières.
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Déborha VINDIOLET

Diplômée en DCG et BTS Comptabilité et accompagnatrice de freelances chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

En France, les hauts revenus sont soumis à plusieurs impôts cumulatifs

Le système fiscal français repose sur un principe de progressivité : plus les revenus augmentent, plus la part imposée à un taux élevé s'accroît. Mais au-delà du barème classique de l'impôt sur le revenu, les contribuables les plus aisés font face à plusieurs couches d'imposition supplémentaires : une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), une contribution différentielle récente (CDHR), l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les grands patrimoines, et la flat tax sur les revenus du capital.

Voici le panorama complet des impôts applicables en 2026 aux foyers les plus fortunés.

L'impôt sur le revenu : un barème progressif jusqu'à 45 %

L'IR est calculé par tranches progressives. Chaque fraction de revenu est imposée au taux de la tranche correspondante et non la totalité du revenu au taux le plus élevé. Le barème 2026 applicable aux revenus 2025 est le suivant :

Tranche de revenu imposable (par part fiscale)Taux
Jusqu'à 11 497 €0 %
De 11 497 € à 29 315 €11 %
De 29 315 € à 83 823 €30 %
De 83 823 € à 180 294 €41 %
Au-delà de 180 294 €45 %

Un célibataire percevant 200 000 € de revenus imposables n'est pas imposé à 45 % sur la totalité de ses revenus. Seule la fraction au-delà de 180 294 € est taxée à ce taux soit environ 19 700 € sur lesquels s'applique le taux marginal de 45 %.

La CEHR : une contribution additionnelle dès 250 000 € de revenus

La Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR) s'ajoute à l'IR depuis 2012. Elle est calculée sur le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer fiscal selon le barème suivant :

RFR (célibataire)RFR (couple)Taux CEHR
De 250 000 € à 500 000 €De 500 000 € à 1 000 000 €3 %
Au-delà de 500 000 €Au-delà de 1 000 000 €4 %

La CEHR est un prélèvement additionnel sec : elle n'est pas déductible du revenu imposable et s'applique sans quotient familial. Elle devait être temporaire à l'origine instaurée pour le redressement budgétaire mais n'a jamais été supprimée, plus de 13 ans après sa création.

La CDHR : un plancher d'imposition de 20 % pour les très hauts revenus

La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) est le dispositif le plus récent. Instaurée par la loi de finances 2025 et prorogée par la LF 2026, elle vise à garantir un taux effectif d'imposition minimal de 20 % pour les foyers dont le RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).

Son mécanisme est le suivant : si l'imposition cumulée (IR + CEHR + prélèvements libératoires) représente moins de 20 % du revenu fiscal de référence ajusté, la CDHR vient combler l'écart. Elle cible les situations où des revenus élevés sont imposés à des taux effectifs faibles notamment via des revenus de capitaux mobiliers, des plus-values ou des dispositifs d'optimisation.

La CDHR est prorogée jusqu'à ce que le déficit public de la France repasse sous le seuil de 3 % du PIB.

L'IFI : l'impôt sur le patrimoine immobilier des grandes fortunes

Depuis 2018, l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) a remplacé l'ISF. Il ne porte plus que sur les biens immobiliers non affectés à une activité professionnelle : résidence principale (avec abattement de 30 %), résidences secondaires, biens locatifs, parts de SCI et de SCPI.

Il est dû lorsque le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 € au 1er janvier. Le calcul commence dès 800 000 €, selon un barème progressif dont le taux atteint 1,5 % au-delà de 10 millions d'euros. Pour en savoir plus sur les leviers de réduction : optimisation fiscale IFI.

Un mécanisme de plafonnement s'applique : la somme de l'IFI et des impôts sur les revenus ne peut dépasser 75 % des revenus perçus l'année précédente. Au-delà, l'excédent est déduit de l'IFI.

La flat tax sur les revenus du capital

Les personnes les plus aisées perçoivent souvent une part importante de leurs revenus sous forme de dividendes, intérêts, plus-values mobilières ou revenus locatifs. Ces revenus du capital sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé flat tax.

En 2026, le taux global est de 31,4 %, décomposé en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'IR avec, dans certains cas, un abattement de 40 % sur les dividendes option avantageuse si le taux marginal d'imposition est inférieur à 30 %.

Les niches fiscales : un levier réel, mais encadré

Il est courant d'entendre que "les riches ne paient pas d'impôts". C'est une simplification : les hauts revenus paient en général un montant absolu d'impôt très élevé, mais leur taux effectif peut être inférieur au taux marginal grâce à des mécanismes légaux d'optimisation.

Les principaux dispositifs utilisés sont les investissements locatifs défiscalisants, les dons aux organismes d'utilité publique (réduction IR de 66 %, réduction IFI de 75 %), les investissements dans les PME, les contrats d'assurance-vie et les Plans d'Épargne Retraite (PER).

Ces mécanismes sont encadrés par un plafond global des niches fiscales fixé à 10 000 € par foyer dans le cas général, porté à 18 000 € pour certains investissements outre-mer ou en SOFICA. Au-delà, les réductions et crédits d'impôt ne peuvent plus s'imputer sur l'IR.

Même en optimisant, les contribuables concernés continuent de payer des prélèvements sociaux, des taxes locales, et la CEHR ou la CDHR le cas échéant. La CDHR vise précisément à fermer les situations où l'optimisation ramène le taux effectif sous le plancher de 20 %.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la CEHR et la CDHR ?

La CEHR (Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus) est un prélèvement additionnel de 3 % ou 4 % qui s'applique dès 250 000 € de revenu fiscal de référence. La CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus) est un dispositif plus récent qui garantit un taux minimal d'imposition effectif de 20 % pour les mêmes foyers. Les deux peuvent se cumuler.

L'ISF existe-t-il encore en 2026 ?

Non. L'ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) a été supprimé au 31 décembre 2017 et remplacé par l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) depuis le 1er janvier 2018. La différence majeure : l'IFI ne porte que sur les biens immobiliers, tandis que l'ISF taxait l'ensemble du patrimoine (immobilier, mobilier, placements financiers, assurance-vie...).

Peut-on réduire son IFI à zéro grâce aux dons ?

Oui, dans les limites prévues. Les dons aux organismes reconnus d'utilité publique ouvrent droit à une réduction d'IFI de 75 % du montant versé, plafonnée à 50 000 € de réduction par an. Un contribuable redevable de 15 000 € d'IFI peut le ramener à zéro en donnant 20 000 € à un organisme éligible.

Sources et références

Service-public.gouv.fr - Barème impôt sur le revenu 2026

Service-public.gouv.fr - CEHR et CDHR : qui doit payer ?

Impots.gouv.fr - Contribution différentielle sur les hauts revenus

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A propos de l'auteur

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Déborha VINDIOLET
Leader comptable chez L'Expert-Comptable.com avec plus de 6 ans d'expérience dans le domaine. Diplômée en DCG et BTS Comptabilité.
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