L'article en bref
- CGA : cet organisme agréé vérifiait les comptes des commerçants, artisans et exploitants agricoles au régime réel.
- Agrément abrogé : la loi de finances 2025 a mis fin aux missions légales de tous les OGA.
- Majoration supprimée : la pénalité de 25 % pour non-adhérents a disparu depuis les revenus 2023.
- Réduction d'impôt : l'avantage de 915 € pour frais de comptabilité s'est éteint en 2025.
- CGA contre AGA : le premier visait les BIC et bénéfices agricoles, le second les BNC.
- Sécuriser sa comptabilité : L-Expert-Comptable.com propose un cabinet 100% en ligne à partir de 39€ HT/mois sans engagement.
Sommaire
Votre comptabilité à partir de 39€ HT par mois, sans engagement !
Je confie ma compta
Votre comptabilité par des pros, à partir de 39€ HT par mois !
Prendre RDV !Qu'est-ce qu'un CGA (Centre de Gestion Agréé) ?
Le CGA est un organisme qui a longtemps accompagné les commerçants, artisans et exploitants agricoles dans la gestion de leur comptabilité et de leurs obligations fiscales. Son agrément a été intégralement abrogé par la loi de finances 2025.
Définition et rôle du CGA
Le CGA, ou Centre de Gestion Agréé, était une association loi 1901 agréée par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Sa mission : vérifier la cohérence des déclarations fiscales de ses adhérents et les aider à mieux piloter leur activité.
Le CGA s'adressait aux entreprises soumises à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ou des BA (Bénéfices Agricoles). Les professions libérales relevant des BNC (Bénéfices Non Commerciaux) dépendaient d'un autre organisme : l'AGA (Association de Gestion Agréée).
Le terme générique OGA (Organisme de Gestion Agréé) regroupe les CGA, les AGA et les OMGA (Organismes Mixtes de Gestion Agréés). Tous ces organismes ont perdu leur agrément fiscal avec l'article 11 de la loi de finances 2025.
Le sigle CGA peut aussi désigner le Concours Général Agricole, un événement annuel lié au Salon de l'Agriculture. Cet article traite exclusivement du Centre de Gestion Agréé, organisme d'accompagnement comptable et fiscal des entreprises.
Qui pouvait adhérer à un CGA ?
L'adhésion à un CGA était ouverte à un profil précis d'entreprises :
- Les entreprises individuelles et les sociétés soumises à l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des BIC
- Les exploitants agricoles relevant des bénéfices agricoles (BA)
- Les artisans, commerçants et industriels
- Les entreprises au régime réel d'imposition (réel simplifié ou réel normal)
Les professions libérales (BNC) n'étaient pas éligibles au CGA. Elles devaient adhérer à une AGA pour accéder aux mêmes avantages fiscaux. Les micro-entrepreneurs, soumis au régime micro-fiscal, n'avaient pas d'intérêt à adhérer puisque leur bénéfice est calculé forfaitairement. Pour en savoir plus sur ce régime, consultez notre guide sur la création d'une micro-entreprise.
Quelles étaient les missions d'un CGA ?
Le CGA remplissait trois missions au service de ses adhérents : un contrôle de cohérence comptable, un rôle de prévention économique et une mission de formation.
L'examen de conformité des comptes
La mission centrale du CGA était l'examen de conformité des comptes. Concrètement, le CGA vérifiait la cohérence et la sincérité des déclarations fiscales de chaque adhérent. Il contrôlait la concordance entre la déclaration de résultats et la déclaration de TVA, et examinait les pièces justificatives : charges, amortissements, provisions.
À l'issue de cet examen, le CGA transmettait un compte-rendu de mission à l'administration fiscale. Ce document signalait les anomalies détectées et les corrections demandées à l'adhérent. Ce contrôle de premier niveau réduisait le risque de redressement fiscal.
La prévention des difficultés économiques
Le CGA analysait les indicateurs financiers de chaque adhérent : soldes intermédiaires de gestion (SIG), ratios de rentabilité, niveau d'endettement, évolution de la trésorerie. Il comparait ces données aux statistiques sectorielles grâce au dossier de gestion, un document remis chaque année à l'adhérent.
Quand le CGA détectait des signaux d'alerte (baisse de marge, dégradation de la trésorerie, endettement excessif), il en informait le dirigeant. Ce rôle de vigie permettait d'anticiper les difficultés avant qu'elles ne deviennent critiques.
La formation et l'information fiscale
Le CGA organisait des réunions d'information sur les évolutions fiscales et comptables. Il diffusait des bulletins d'information à ses adhérents et assurait une assistance technique en matière de gestion. Ces services aidaient les TPE et PME à rester à jour sur leurs obligations, sans avoir à multiplier les sources d'information.
Quels étaient les avantages fiscaux de l'adhésion à un CGA ?
L'adhésion à un CGA ouvrait droit à plusieurs avantages fiscaux. Tous ont été progressivement supprimés entre 2019 et 2025.
La non-majoration du bénéfice imposable (supprimée depuis les revenus 2023)
Jusqu'en 2019, les entreprises qui n'adhéraient pas à un OGA voyaient leur bénéfice imposable majoré de 25 %. Cette majoration augmentait artificiellement la base de calcul de l'impôt sur le revenu.
La loi de finances 2021 (article 34) a supprimé progressivement cette pénalité :
- 2020 : majoration réduite à 20 %
- 2021 : majoration réduite à 15 %
- 2022 : majoration réduite à 10 %
- 2023 et après : majoration supprimée (0 %)
Prenons un artisan au régime réel avec un bénéfice de 50 000 €. Avant 2020, sans adhésion à un CGA, sa base imposable était majorée de 25 %, soit 62 500 €. Avec un taux marginal d'imposition (TMI) de 30 %, cette majoration lui coûtait 3 750 € d'impôt supplémentaire (12 500 € × 30 %). Depuis les revenus 2023, cette majoration n'existe plus. Adhérer ou non à un CGA n'a plus aucun impact sur la base imposable.
La réduction d'impôt pour frais de comptabilité (supprimée à partir de l'exercice 2025)
Les entreprises dont le chiffre d'affaires restait sous les seuils de la micro-entreprise, mais qui optaient pour le régime réel, pouvaient bénéficier d'une réduction d'impôt. Elle était égale aux 2/3 des dépenses de comptabilité et d'adhésion à un OGA, plafonnée à 915 € par an (article 199 quater B du CGI).
Un commerçant dont le CA est sous les seuils micro paie 300 € de cotisation annuelle au CGA et 600 € d'honoraires comptables, soit 900 € au total. La réduction d'impôt s'élevait à 2/3 × 900 = 600 € (le plafond de 915 € n'est pas atteint). Le coût net de la comptabilité et de l'adhésion tombait à 300 € par an.
L'article 11 de la loi de finances 2025 a supprimé cette réduction d'impôt à compter de l'exercice 2025. La cotisation versée à un ancien CGA est désormais une simple charge déductible du résultat.
Si vous avez adhéré à un CGA en 2024 et payé votre cotisation, vous avez pu bénéficier de la réduction d'impôt une dernière fois sur votre déclaration de revenus 2024 déposée en 2025. À compter de l'exercice 2025, la cotisation versée à un ancien CGA est uniquement déductible en charge du résultat.
La déduction intégrale du salaire du conjoint (avantage historique)
Avant 2019, les entreprises non adhérentes à un OGA ne pouvaient déduire que 13 800 € du salaire versé au conjoint collaborateur. Les adhérents, eux, déduisaient l'intégralité. La loi de finances 2019 a ouvert la déduction intégrale à toutes les entreprises, adhérentes ou non. Cet avantage spécifique au CGA a donc disparu de fait.
Pourquoi le dispositif CGA a-t-il été supprimé ?
La suppression du dispositif CGA s'est faite en deux temps : d'abord la fin des avantages fiscaux, puis l'abrogation de l'agrément lui-même.
La suppression progressive des avantages fiscaux
Voici la chronologie complète de la suppression :
| Année | Majoration du bénéfice (non-adhérents) | Réduction d'impôt 915 € | Agrément OGA |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à 2019 | 25 % | Oui | Actif |
| 2020 | 20 % | Oui | Actif |
| 2021 | 15 % | Oui | Actif |
| 2022 | 10 % | Oui | Actif |
| 2023 | 0 % (supprimée) | Oui | Actif |
| 2024 | 0 % | Oui (dernière année) | Actif |
| 2025+ | 0 % | Supprimée | Abrogé |
L'article 11 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 a abrogé les articles 1649 quater C à O du CGI, mettant fin à l'agrément et aux missions légales de tous les OGA. La réduction d'impôt de l'article 199 quater B du CGI a été supprimée dans le même mouvement.
Que deviennent les anciens CGA ?
Les anciens CGA ne disparaissent pas du jour au lendemain. Ils continuent d'exister en tant qu'associations loi 1901, mais perdent leur agrément fiscal et leur mission légale. Ils doivent modifier leur objet social et leur dénomination dans un délai d'un an à compter de l'entrée en vigueur de la loi.
Certains se transforment en AGC (Association de Gestion et de Comptabilité) pour continuer à assurer un service de comptabilité. Les habilitations aux téléprocédures fiscales restent valides pendant la période de transition.
La perte de l'agrément ne signifie pas la disparition de votre ancien CGA. L'organisme peut continuer à exister en tant qu'association loi 1901 et assurer des services d'accompagnement comptable, mais il n'a plus de mission légale au regard de l'administration fiscale.
Quelles alternatives au CGA pour sécuriser votre comptabilité ?
Avec la suppression du dispositif OGA, deux solutions permettent de sécuriser votre comptabilité et vos déclarations fiscales : l'expert-comptable et l'Examen de Conformité Fiscale.
L'expert-comptable : le socle de la conformité comptable
L'expert-comptable inscrit à l'Ordre est le professionnel de référence pour garantir la conformité de vos comptes. Il signe une lettre de mission, tient votre comptabilité, établit vos déclarations fiscales et vous conseille sur la gestion de votre entreprise.
Jusqu'en 2024, le visa fiscal de l'expert-comptable (convention signée avec l'administration) donnait les mêmes avantages que l'adhésion à un CGA. Ce dispositif est lui aussi devenu sans objet fiscal depuis la suppression de la majoration et de la réduction d'impôt.
L'expert-comptable reste indispensable pour les entreprises au régime réel. Il sécurise vos déclarations, vous alerte sur les risques et vous fait gagner du temps sur la gestion administrative. L-Expert-Comptable.com, cabinet d'expertise comptable 100 % en ligne inscrit à l'Ordre depuis 2009, accompagne plus de 50 000 entrepreneurs en société avec un comptable dédié, à partir de 69 € HT/mois. Pour comparer les offres, vous pouvez consulter les tarifs d'un expert-comptable selon la taille de votre entreprise.
L'Examen de Conformité Fiscale (ECF)
L'ECF est un dispositif volontaire créé en 2021 (décret du 13 janvier 2021). Il est réalisé par un professionnel habilité : expert-comptable, commissaire aux comptes, ou ancien OGA encore en activité.
L'ECF porte sur 10 points de conformité fiscale : fichier des écritures comptables (FEC), logiciel de caisse, mode de conservation des documents, régime d'imposition, amortissements, provisions, charges à payer, charges exceptionnelles, TVA déductible et TVA collectée.
Son avantage concret : si l'administration fiscale rectifie un point validé par l'ECF, vous êtes exonéré de pénalités et d'intérêts de retard sur ce point. L'ECF ne donne aucune réduction d'impôt, mais il sécurise votre situation en cas de contrôle.
Tableau récapitulatif : CGA vs expert-comptable vs ECF
Ce tableau résume les trois dispositifs et leur statut actuel :
| Critère | CGA (avant 2025) | Expert-comptable | ECF |
|---|---|---|---|
| Statut actuel | Agrément abrogé | Actif | Actif |
| Type de structure | Association loi 1901 | Professionnel libéral inscrit à l'Ordre | Examen réalisé par un professionnel habilité |
| Mission principale | Examen de conformité des comptes et prévention économique | Tenue comptable, déclarations fiscales, conseil | Vérification de 10 points de conformité fiscale |
| Avantage fiscal actuel | Aucun (supprimé) | Aucun avantage spécifique lié au visa fiscal | Exonération de pénalités sur les points validés |
| Coût indicatif annuel | 150 à 350 € (historique) | Variable selon la taille de l'entreprise | 300 à 600 € selon le prestataire |
| Pour quel profil | BIC et BA au régime réel | Toute entreprise au régime réel | Toute entreprise soumise à un impôt professionnel |
Les questions fréquentes sur le Centre de Gestion Agréé
Le CGA existe-t-il encore ?
Le dispositif d'agrément des CGA a été abrogé par l'article 11 de la loi de finances 2025. Les anciens CGA peuvent continuer d'exister en tant qu'associations loi 1901, mais ils n'ont plus de mission légale ni d'agrément fiscal. Ils doivent modifier leur dénomination et leur objet social dans un délai d'un an.
Est-ce que la majoration de 25 % pour non-adhésion à un CGA s'applique encore ?
Non. La majoration de 25 % a été progressivement supprimée entre 2020 et 2023 par la loi de finances 2021. Depuis les revenus 2023, aucune majoration ne s'applique aux non-adhérents d'un OGA.
Quelle est la différence entre un CGA et une AGA ?
Le CGA s'adressait aux entreprises relevant des BIC (commerçants, artisans, industriels) et des bénéfices agricoles. L'AGA concernait les professions libérales relevant des BNC. Les deux relevaient du terme générique OGA (Organisme de Gestion Agréé) et ont été supprimés par la loi de finances 2025.
Puis-je encore bénéficier de la réduction d'impôt de 915 € en adhérant à un CGA ?
Non. La réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion à un OGA (article 199 quater B du CGI) a été supprimée à compter de l'exercice 2025. La dernière application concernait les revenus 2024 déclarés en 2025. Pour connaître les autres frais déductibles des impôts, consultez notre liste complète.
Qu'est-ce qui remplace le CGA pour sécuriser ma comptabilité ?
L'expert-comptable inscrit à l'Ordre reste le professionnel de référence pour garantir la conformité de vos comptes. L'Examen de Conformité Fiscale (ECF) est un dispositif volontaire qui vous protège des pénalités en cas de contrôle sur les points validés. Chez L-Expert-Comptable.com, chaque entrepreneur en société bénéficie d'un comptable dédié qui répond sous 24 h, sans engagement et à tarif constant.
Combien coûtait l'adhésion à un CGA ?
La cotisation annuelle variait entre 150 € et 350 € selon les organismes et la taille de l'entreprise. Ce coût ouvrait droit à la réduction d'impôt de 915 € (2/3 des frais de comptabilité + cotisation), ce qui rendait l'adhésion financièrement avantageuse pour les petites entreprises au régime réel. Ce mécanisme est supprimé depuis l'exercice 2025.
L'Examen de Conformité Fiscale (ECF) remplace-t-il le CGA ?
L'ECF n'est pas un remplacement direct du CGA. C'est un examen volontaire portant sur 10 points de conformité fiscale. Son avantage : en cas de rectification sur un point validé, vous êtes exonéré de pénalités et d'intérêts de retard. L'ECF ne donne aucune réduction d'impôt mais sécurise votre situation fiscale.
Mon ancien CGA peut-il continuer à m'accompagner ?
Oui, mais dans un cadre différent. Votre ancien CGA peut poursuivre son activité en tant qu'association loi 1901 et assurer des services d'accompagnement comptable ou de formation. Il ne délivre plus de compte-rendu de mission à l'administration fiscale et ne procure aucun avantage fiscal. Certains anciens CGA se transforment en Associations de Gestion et de Comptabilité (AGC).
Sources & Références
Impots.gouv.fr : Dois-je obligatoirement m'inscrire à un Centre de Gestion Agréé (CGA) ?
Impots.gouv.fr : OGA - Abrogation des dispositions relatives à l'agrément et aux missions légales
Economie.gouv.fr : Pourquoi adhérer à un organisme de gestion agréé ?
Résumer cet article avec :
- ChatGPT
- Perplexity
- Claude
A propos de l'auteur
Questions & réponses
Bonjour, j'aimerais savoir comment s'organise un centre de gestion agréé dans le domaine agricole et comment il fonctionne ?
Bonjour,
Seule la chambre de l'agriculture peut vous y répondre.
Bonne journée.