- 5 obligations à respecter : livre-journal, factures conformes, inventaire annuel, comptes annuels (bilan + compte de résultat + annexe) et conservation des documents pendant 10 ans
- 3 régimes possibles : micro-entreprise (comptabilité simplifiée, plafonds 2026 : 203 100 € ou 83 600 €), réel simplifié (comptabilité de trésorerie) et réel normal (comptabilité d'engagement complète)
- Calendrier serré : acomptes IS trimestriels, TVA mensuelle ou semestrielle, liasse fiscale dans les 3 mois après clôture, approbation sous 6 mois, dépôt au greffe sous 1 à 2 mois
- Sanctions réelles : de 1 500 € d'amende pour non-dépôt des comptes jusqu'à 500 000 € et 5 ans de prison pour fraude fiscale
- Expert-comptable non obligatoire mais recommandé : entre 1 200 et 3 500 € HT/an, il sécurise vos déclarations et vous fait gagner 8 à 10 heures par mois
Noté 4,9/5
Gérer une EURL implique de respecter un ensemble d'obligations comptables précises, sous peine de sanctions financières et pénales. Livre-journal, comptes annuels, liasse fiscale, dépôt au greffe : chaque étape a ses règles, ses délais et ses seuils. Ce guide détaille, avec les chiffres à jour pour 2026, tout ce que le gérant d'une EURL doit savoir pour tenir une comptabilité conforme, du premier enregistrement au dépôt des comptes.
Quelles sont les 5 obligations comptables d'une EURL ?
Voici les cinq piliers comptables que toute EURL doit respecter :
- Enregistrer chaque opération dans un livre-journal et un grand livre
- Produire des factures avec toutes les mentions légales requises
- Recenser les actifs et passifs une fois par an lors de l'inventaire
- Préparer un bilan, un compte de résultat et une annexe en fin d'exercice
- Archiver l'ensemble des pièces comptables pendant dix ans minimum
Tenir un livre-journal et un grand livre
Le livre-journal est le registre où chaque mouvement comptable (achat, vente, encaissement, décaissement) est inscrit dans l'ordre chronologique. Chaque écriture doit mentionner la date, le libellé de l'opération, le montant et les comptes concernés. Le grand livre en comptabilité, lui, reprend ces mêmes écritures mais les classe par numéro de compte : toutes les opérations du compte « 411 – Clients » se retrouvent au même endroit, ce qui facilite l'analyse.
Chaque écriture doit s'appuyer sur une pièce justificative : facture d'achat, facture de vente, relevé bancaire, contrat. Sans justificatif, l'écriture est considérée comme non probante par l'administration fiscale.
Le principe d'intangibilité interdit toute modification ou suppression d'une écriture après validation. Si une erreur est détectée, elle se corrige par une écriture complémentaire, jamais par un effacement.
Émettre des factures conformes
Chaque facture émise par l'EURL doit comporter les mentions obligatoires d'une facture suivantes :
- Numéro de facture unique, chronologique et continu
- Date d'émission
- Identité du vendeur : dénomination sociale, adresse, SIRET, numéro de TVA intracommunautaire
- Identité de l'acheteur : nom ou raison sociale, adresse
- Désignation précise des produits ou prestations
- Quantité, prix unitaire HT, montant total HT et TTC
- Taux de TVA applicable (20 %, 10 %, 5,50 % ou 2,10 %) et montant de la TVA
- Date de règlement, conditions d'escompte
- Mention des pénalités de retard (taux applicable) et indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €
La facturation électronique se déploie progressivement pour les entreprises assujetties à la TVA. Le calendrier exact dépend de la taille de l'entreprise, mais toute EURL doit anticiper cette transition dans ses outils de gestion.
Réaliser un inventaire annuel
Une fois par an, au minimum à la date de clôture de l'exercice, l'EURL doit réaliser un inventaire de l'ensemble de ses actifs et passifs. Côté actifs : stocks de marchandises, immobilisations (matériel, véhicule, mobilier), créances clients non encore encaissées, solde de trésorerie. Côté passifs : dettes fournisseurs, emprunts bancaires, dettes fiscales et sociales.
Le rapprochement bancaire fait partie de cet inventaire. Il consiste à vérifier que le solde comptable de la banque correspond au relevé bancaire, en identifiant les opérations en suspens (chèques non débités, virements en attente).
L'inventaire est aussi le moment d'évaluer les provisions pour risques et charges : un litige en cours, une créance douteuse, un stock obsolète. Ces provisions viennent ajuster la valeur réelle du patrimoine de l'EURL.
Établir les comptes annuels
Les comptes annuels se composent de trois documents :
Le bilan comptable présente la situation patrimoniale de l'EURL à la date de clôture. L'actif regroupe ce que l'entreprise possède (immobilisations, créances, trésorerie), le passif ce qu'elle doit (capitaux propres, dettes). Pour bien comprendre cette structure, il est utile de savoir lire un bilan comptable : les deux côtés sont toujours égaux.
Le compte de résultat retrace l'activité de l'exercice : les produits (chiffre d'affaires, produits financiers) moins les charges (achats, salaires, charges sociales, amortissements) donnent le résultat net, bénéfice ou perte.
L'annexe légale complète ces deux documents. Elle détaille les méthodes comptables utilisées, les engagements hors bilan, les postes significatifs du bilan et du compte de résultat. Pour une EURL de petite taille, l'annexe peut être simplifiée. La composition précise de ces annexes comptables est encadrée par des règles spécifiques.
Prenons un exemple rapide : une EURL de conseil qui réalise 80 000 € de CA avec 60 000 € de charges affiche un résultat net de 20 000 € au compte de résultat. Au bilan, ce résultat vient gonfler les capitaux propres au passif, et se retrouve en trésorerie ou en créances à l'actif.
Conserver les documents comptables pendant 10 ans
L'article L123-22 du Code de commerce impose une durée de conservation de 10 ans à compter de la clôture de l'exercice. Cette obligation couvre les livres comptables (livre-journal, grand livre), les factures émises et reçues, les relevés bancaires, les bulletins de paie, les contrats et tout document servant de pièce justificative.
La conservation peut se faire sous forme papier ou dématérialisée. En cas de conservation numérique, les fichiers doivent garantir la fiabilité, l'intégrité et la traçabilité des données (horodatage, format non modifiable, sauvegarde sécurisée).

Quel régime comptable s'applique à votre EURL ?
Le niveau de complexité comptable de votre EURL dépend directement de son régime fiscal. Trois régimes coexistent, avec des obligations très différentes. Le choix entre IS ou IR conditionne notamment les obligations déclaratives applicables.
Le régime micro-entreprise (EURL à l'IR)
Depuis la loi Sapin 2, une EURL peut bénéficier du régime micro-entreprise si trois conditions sont réunies : l'associé unique est le gérant, c'est une personne physique, et l'EURL est soumise à l'impôt sur le revenu (IR).
Les plafonds de chiffre d'affaires pour 2026 sont de 203 100 € pour les activités commerciales ou d'hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services.
La comptabilité est alors ultra-simplifiée : un livre des recettes chronologique suffit, complété d'un registre des achats pour les activités commerciales. Pas de bilan, pas d'annexe, pas de liasse fiscale complexe. Les entrepreneurs qui envisagent de passer de la micro-entreprise à une société doivent anticiper ce changement de régime comptable.
Attention : même en micro, l'EURL reste une société. Les obligations juridiques (dépôt des comptes au greffe, décision d'affectation du résultat) continuent de s'appliquer.
Le régime réel simplifié
Le régime réel simplifié (RSI) s'applique aux EURL dont le CA ne dépasse pas 840 000 € HT en achat-revente ou 254 000 € HT en prestations de services.
En cours d'exercice, la comptabilité fonctionne en mode trésorerie : seuls les encaissements et décaissements sont enregistrés au fil de l'eau. C'est plus simple qu'une comptabilité d'engagement, car on ne suit pas les factures non réglées en temps réel.
En fin d'exercice, les créances clients et les dettes fournisseurs doivent être reconstituées pour établir un bilan conforme. Le bilan et le compte de résultat sont présentés sous forme simplifiée (formulaires 2033-A à 2033-G).
Le régime réel normal
Au-delà des seuils du RSI, ou sur option volontaire, l'EURL relève du régime réel normal. La comptabilité d'engagement est obligatoire : chaque opération est enregistrée à la date du fait générateur (date de la facture), qu'elle soit payée ou non.
La liasse fiscale est complète (formulaires 2050 à 2059-G). Le bilan, le compte de résultat et l'annexe sont détaillés. C'est le régime le plus exigeant en termes de suivi comptable.
Tableau comparatif des 3 régimes comptables
| Critère | Micro-entreprise | Réel simplifié | Réel normal |
|---|---|---|---|
| Seuil CA (achat-revente) | ≤ 203 100 € | ≤ 840 000 € | > 840 000 € |
| Seuil CA (services) | ≤ 83 600 € | ≤ 254 000 € | > 254 000 € |
| Type de comptabilité | Livre des recettes | Trésorerie (engagement en fin d'exercice) | Engagement complète |
| Livres obligatoires | Livre des recettes + registre des achats | Livre-journal + grand livre | Livre-journal + grand livre + livre d'inventaire |
| Bilan requis | ❌ | ✅ (simplifié) | ✅ (complet) |
| Annexe requise | ❌ | ✅ (simplifiée) | ✅ (détaillée) |
| Liasse fiscale | Déclaration 2042-C-PRO | Formulaires 2033 | Formulaires 2050 à 2059-G |
| Complexité | ★ | ★★ | ★★★ |
Comment se déroule le cycle comptable annuel d'une EURL ?
Le cycle comptable d'une EURL se découpe en trois grandes phases :
- Saisir les écritures et effectuer les déclarations périodiques tout au long de l'exercice
- Réaliser les travaux d'inventaire et préparer les comptes annuels à la clôture
- Faire approuver les comptes, déposer la liasse fiscale et publier au greffe après la clôture
En cours d'exercice : enregistrements et déclarations
Au quotidien (ou au minimum chaque mois), le gérant ou son expert-comptable enregistre les écritures comptables : factures de vente, factures d'achat, notes de frais, opérations bancaires.
Les déclarations de TVA rythment l'exercice. En régime réel simplifié, une déclaration annuelle (CA12) suffit, complétée de deux acomptes semestriels. En régime réel normal, la déclaration est mensuelle (CA3).
L'impôt sur les sociétés se paie par quatre acomptes trimestriels : le 15 mars, le 15 juin, le 15 septembre et le 15 décembre. Chaque acompte est calculé sur la base du résultat de l'exercice précédent.
Le gérant travailleur non-salarié (TNS) règle ses cotisations sociales par acomptes provisionnels, mensuels ou trimestriels selon son choix, auprès de l'URSSAF.
À la clôture : travaux d'inventaire et comptes annuels
La date de clôture est libre. Le 31 décembre est le choix le plus courant, mais une EURL peut clôturer au 31 mars, 30 juin ou toute autre date adaptée à la saisonnalité de son activité.
Les travaux de clôture comprennent l'inventaire physique des stocks, le rapprochement bancaire, et la comptabilisation des écritures de régularisation : charges constatées d'avance (un loyer payé en décembre pour janvier), produits à recevoir (une prestation livrée mais non encore facturée), dotations aux amortissements et provisions.
Le bilan, le compte de résultat et l'annexe sont alors établis. Ils forment les comptes annuels de l'EURL.
Après la clôture : approbation, déclaration et dépôt
La liasse fiscale (déclaration de résultats 2065 pour une EURL à l'IS) doit être déposée dans les 3 mois suivant la clôture. Pour un exercice clos au 31 décembre, la date limite est le 2e jour ouvré suivant le 1er mai. Les délais de dépôt de la liasse fiscale varient selon la date de clôture choisie.
L'approbation des comptes doit intervenir dans les 6 mois suivant la clôture. En EURL où le gérant est aussi l'associé unique, la procédure est simplifiée : pas d'assemblée générale formelle. Le gérant signe un rapport de gestion et une décision d'affectation du résultat (mise en réserve, distribution de dividendes, ou report à nouveau).
Le dépôt des comptes annuels au greffe du tribunal de commerce est obligatoire. Le délai est d'un mois après l'approbation (deux mois en cas de dépôt en ligne via le Guichet Unique). L'EURL peut demander la confidentialité de ses comptes si elle ne dépasse pas certains seuils.
Cas pratique : le cycle comptable complet d'une EURL de conseil
Profil de l'EURL
Prenons l'exemple de DigiConsult, une EURL de prestation informatique créée en 2024. Le gérant, Thomas, est l'associé unique. L'EURL est soumise à l'IS, au régime réel simplifié, avec un exercice du 1er janvier au 31 décembre 2026.
Son chiffre d'affaires annuel est de 95 000 € HT. Ses principales charges : loyer du bureau (6 000 €), logiciel comptable (600 €), déplacements professionnels avec son véhicule personnel de 6 CV (8 000 km), sous-traitance (12 000 €), rémunération du gérant (36 000 €) et cotisations sociales TNS (estimées à 16 200 €).
Calcul du résultat et de l'IS
Voici le détail des charges déductibles :
| Poste de charge | Montant |
|---|---|
| Loyer bureau | 6 000 € |
| Logiciel comptable | 600 € |
| Indemnités kilométriques (8 000 km, 6 CV) | 4 449 € |
| Sous-traitance | 12 000 € |
| Rémunération gérant | 36 000 € |
| Cotisations sociales TNS | 16 200 € |
| Total charges | 75 249 € |
Résultat fiscal : 95 000 − 75 249 = 19 751 €
Ce résultat est inférieur au plafond de 42 500 €. L'EURL remplit les conditions du taux réduit d'IS (CA HT < 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques). Pour comprendre le détail du calcul de l'impôt sur les sociétés, il convient de distinguer les deux tranches d'imposition.
IS dû : 19 751 × 15 % = 2 963 €
Résultat net après IS : 19 751 − 2 963 = 16 788 €
Thomas peut laisser ce résultat en réserve, le distribuer en dividendes (soumis au PFU — flat tax de 31,4 % en 2026), ou le reporter à nouveau.
Indemnités kilométriques du gérant
Thomas utilise son véhicule personnel (6 CV) pour ses déplacements professionnels. Il a parcouru 8 000 km en 2026 pour des rendez-vous clients.
Le barème des indemnités kilométriques 2026 pour un véhicule de 6 CV, entre 5 001 et 20 000 km, donne la formule :
(0,374 × d) + 1 457 €
Soit : (0,374 × 8 000) + 1 457 = 2 992 + 1 457 = 4 449 €
Ce montant est déductible du résultat de l'EURL. Conditions : le véhicule appartient au gérant (pas à la société), chaque trajet professionnel est justifié (lieu, date, motif, kilométrage).
Si Thomas roulait en véhicule électrique, il bénéficierait d'une majoration de 20 % sur le barème, soit 4 449 × 1,20 = 5 339 €.
Calendrier des échéances de cette EURL
| Mois | Échéance | Détail |
|---|---|---|
| Janvier | Cotisations TNS | Acompte mensuel URSSAF |
| Février | TVA | Acompte semestriel (CA12) si RSI |
| Mars | Acompte IS n°1 | 15 mars, basé sur le résultat 2025 |
| Avril | Déclarations sociales | DSI (déclaration sociale des indépendants) |
| Mai | Liasse fiscale | 2e jour ouvré après le 1er mai (clôture au 31/12) |
| Juin | Acompte IS n°2 | 15 juin |
| Juin | Approbation des comptes | Au plus tard le 30 juin (6 mois après clôture) |
| Juillet | Dépôt au greffe | 1 mois après approbation (2 mois si en ligne) |
| Juillet | TVA | Acompte semestriel (CA12) si RSI |
| Septembre | Acompte IS n°3 | 15 septembre |
| Décembre | Acompte IS n°4 | 15 décembre |
| Décembre | Clôture de l'exercice | Travaux d'inventaire et régularisations |
Pour ne manquer aucune échéance, L'Expert-Comptable.com intègre un suivi automatisé des obligations déclaratives de votre EURL avec alertes et rappels personnalisés.
Faut-il nommer un commissaire aux comptes en EURL ?
Seuils de nomination obligatoire
La nomination d'un commissaire aux comptes n'est obligatoire que si l'EURL dépasse au moins 2 des 3 seuils suivants :
| Critère | Seuil |
|---|---|
| Total du bilan | > 5 000 000 € |
| Chiffre d'affaires HT | > 10 000 000 € |
| Nombre de salariés | > 50 |
En pratique, l'immense majorité des EURL n'atteint pas ces seuils. La nomination volontaire reste possible, mais elle est rare compte tenu du coût (plusieurs milliers d'euros par an pour un mandat de 6 exercices).
Le contrôle des comptes sans CAC
Sans commissaire aux comptes, le gérant est seul responsable de la fiabilité et de la conformité des comptes de l'EURL. C'est lui qui engage sa responsabilité civile et pénale en cas de comptes inexacts.
Un expert-comptable, bien que non obligatoire, joue un rôle de garde-fou : il vérifie la régularité des écritures, la conformité de la liasse fiscale et la cohérence des comptes annuels. C'est une sécurité que la plupart des gérants jugent indispensable dès que l'activité atteint un certain volume. Pour les EURL et leur comptabilité, ce recours à un professionnel est d'autant plus pertinent que les enjeux fiscaux se complexifient.
Quels risques en cas de comptabilité non conforme ?
Rejet de comptabilité et taxation d'office
Lorsque l'administration fiscale constate qu'une comptabilité est irrégulière, incomplète ou non probante (absence de justificatifs, incohérences entre le livre-journal et les relevés bancaires), elle peut la rejeter purement et simplement.
La conséquence directe : une reconstitution du chiffre d'affaires par le fisc et une taxation d'office. La charge de la preuve est alors inversée. C'est au gérant de démontrer que les montants retenus par l'administration sont excessifs, et non l'inverse.
Les majorations s'ajoutent aux rappels d'impôt : 40 % en cas de manquement délibéré (omission volontaire de recettes, par exemple), 80 % en cas de manœuvres frauduleuses (fausses factures, comptabilité fictive).
Sanctions pénales
Les manquements les plus graves relèvent du pénal :
- Fraude fiscale (article 1741 du CGI) : jusqu'à 500 000 € d'amende et 5 ans d'emprisonnement
- Présentation de faux bilans : jusqu'à 375 000 € d'amende et 5 ans d'emprisonnement
- Non-dépôt des comptes annuels au greffe : amende de 1 500 € (3 000 € en cas de récidive)
Le non-dépôt des comptes au greffe est l'infraction la plus fréquente. Même si l'amende paraît modeste (1 500 €), un président du tribunal de commerce peut ordonner le dépôt sous astreinte, et l'absence de comptes publiés envoie un signal négatif aux partenaires commerciaux et aux banques.
Faut-il un expert-comptable pour la comptabilité de votre EURL ?
Ce que dit la loi : aucune obligation
Aucun texte de loi n'impose à une EURL de recourir à un expert-comptable. Le gérant peut tenir lui-même la comptabilité, enregistrer les écritures, établir les comptes annuels et déposer la liasse fiscale.
La seule contrainte : la comptabilité doit être conforme aux normes en vigueur. Si elle ne l'est pas, c'est le gérant qui en assume personnellement les conséquences (redressement fiscal, sanctions pénales).
Pourquoi 70 % des EURL font appel à un expert-comptable
La première raison est la sécurité. Un expert-comptable garantit la conformité des déclarations (TVA, IS, liasse fiscale) et identifie les erreurs avant qu'elles ne deviennent des redressements. Il permet aussi de gagner du temps : un gérant qui tient seul sa comptabilité y consacre en moyenne 8 à 10 heures par mois, du temps qu'il ne passe pas à développer son activité.
Le tarif d'un expert-comptable pour une EURL varie entre 1 200 et 3 500 € HT par an, selon le volume d'écritures et les missions confiées (tenue comptable seule, ou tenue + liasse + conseil fiscal + social).
Comment choisir entre comptabilité solo, logiciel ou expert-comptable ?
Comptabilité solo : viable uniquement si l'EURL est au régime micro ou si le gérant a de solides bases comptables. Le risque d'erreur augmente vite dès que la TVA, les amortissements ou les écritures de régularisation entrent en jeu.
Logiciel seul : adapté aux EURL simples avec peu d'écritures et une TVA sans particularité. Parmi les logiciels de comptabilité disponibles, certains automatisent la saisie et génèrent les déclarations, mais ils ne remplacent pas le conseil humain face à une question fiscale pointue.
Expert-comptable : recommandé dès que le CA dépasse 30 000 à 40 000 €, ou en présence de TVA complexe, de salariés, d'opérations internationales ou d'enjeux d'optimisation (rémunération vs dividendes, par exemple). Des cabinets en ligne comme L'Expert-Comptable.com permettent un accompagnement complet (tenue comptable, liasse fiscale, conseil) avec un interlocuteur dédié et des outils de saisie collaborative, à des tarifs adaptés aux EURL.
Les questions fréquentes sur la comptabilité d'une EURL
Une EURL peut-elle opter pour le régime micro-entreprise ?
Oui, à condition que l'associé unique soit le gérant (personne physique) et que l'EURL soit soumise à l'IR. Les plafonds de CA 2026 sont de 203 100 € pour les activités commerciales et 83 600 € pour les prestations de services. Les obligations juridiques (dépôt des comptes, affectation du résultat) restent applicables.
Combien coûte un expert-comptable pour une EURL ?
Entre 1 200 et 3 500 € HT par an pour une mission classique (tenue comptable, liasse fiscale, conseil). Les cabinets en ligne se situent généralement dans la fourchette basse grâce à l'automatisation de la saisie.
Est-ce obligatoire de déposer les comptes annuels d'une EURL au greffe ?
Oui, quelle que soit la taille ou le régime fiscal de l'EURL. Le délai est d'un mois après l'approbation (deux mois si dépôt en ligne). Le non-dépôt est sanctionné d'une amende de 1 500 € (3 000 € en récidive).
Quelle est la date limite pour déposer la liasse fiscale d'une EURL ?
La liasse fiscale doit être déposée dans les 3 mois suivant la clôture. Pour un exercice clos au 31 décembre, la date limite tombe le 2e jour ouvré suivant le 1er mai.
Peut-on tenir soi-même la comptabilité de son EURL ?
Oui, aucune loi ne l'interdit. Le gérant doit toutefois respecter toutes les obligations (livres comptables, comptes annuels, liasse fiscale). Un accompagnement professionnel est recommandé dès que le CA dépasse 30 000 à 40 000 €.
Quelles sont les sanctions si je ne tiens pas de comptabilité pour mon EURL ?
L'administration peut rejeter la comptabilité et procéder à une taxation d'office avec reconstitution du CA. Les majorations vont de 40 % (manquement délibéré) à 80 % (manœuvres frauduleuses). La fraude fiscale est passible de 500 000 € d'amende et 5 ans de prison.
Mon EURL doit-elle avoir un commissaire aux comptes ?
Non, sauf si elle dépasse 2 des 3 seuils : bilan > 5 M€, CA HT > 10 M€, effectif > 50 salariés. La quasi-totalité des EURL n'est pas concernée.
Quelle différence entre comptabilité de trésorerie et comptabilité d'engagement ?
En comptabilité de trésorerie (régime réel simplifié), on enregistre les flux au moment du passage en banque. En comptabilité d'engagement (régime réel normal), chaque opération est enregistrée à la date de la facture. En RSI, les créances et dettes sont reconstituées en fin d'exercice.
L'EURL à l'IS peut-elle bénéficier du taux réduit de 15 % ?
Oui, si le CA HT est inférieur à 10 M€, que le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques. Le taux de 15 % s'applique sur les premiers 42 500 € de bénéfice. Au-delà, le taux normal de 25 % prend le relais.
Puis-je choisir une date de clôture différente du 31 décembre ?
Oui, la date de clôture est libre. Choisir le 31 mars ou le 30 juin peut être pertinent pour adapter la clôture à la saisonnalité de l'activité. Seule limite : le premier exercice ne peut pas dépasser 24 mois.
Sources & Références
Service-Public : Obligations comptables du commerçant
Legifrance : Article L123-22 du Code de commerce — Conservation des documents comptables
Impots.gouv.fr : Déclaration de résultats des sociétés soumises à l'IS
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