- La retraite progressive permet de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension de retraite, avant la liquidation définitive.
- Depuis la réforme des retraites 2023, le dispositif est ouvert aux salariés, aux indépendants (artisans, commerçants, professions libérales) et aux mandataires sociaux (gérants de SARL, présidents de SAS).
- Les conditions : avoir au moins 2 ans de moins que l'âge légal de départ, justifier de 150 trimestres validés et réduire son activité entre 40 % et 80 %.
- La fraction de pension versée est inversement proportionnelle à la quotité de travail : travailler à 60 %, c'est toucher 40 % de sa pension provisoire.
- Pendant toute la durée du dispositif, vous continuez à cotiser et à acquérir des trimestres et des points de retraite complémentaire, ce qui améliore votre pension définitive.
- La demande se fait auprès de votre caisse de retraite (CNAV, SSI, CNAVPL) au moins 6 mois avant la date souhaitée, avec un formulaire Cerfa et les justificatifs de temps partiel ou de revenus réduits.
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Qu'est-ce que la retraite progressive et comment fonctionne-t-elle ?
La retraite progressive est un dispositif qui permet d'aménager sa fin de carrière en douceur. Le principe : vous réduisez votre temps de travail (ou vos revenus d'activité si vous êtes indépendant) et vous percevez en contrepartie une fraction de votre pension de retraite. Vous n'avez pas encore pris votre retraite définitive. Vous êtes dans une phase de transition vers la retraite.
Le calcul suit une logique simple. La fraction de pension versée est l'inverse de votre quotité de travail. Si vous travaillez à 60 % d'un temps plein, vous touchez 40 % de votre pension calculée à la date de la demande. Si vous passez à 50 %, vous percevez 50 % de votre pension.
Ce dispositif a un double avantage concret. D'un côté, vous réduisez votre activité et gagnez en qualité de vie. De l'autre, vous continuez à cotiser sur votre temps de travail restant. Ces cotisations génèrent de nouveaux trimestres et de nouveaux points Agirc-Arrco (pour les salariés), qui seront pris en compte au moment de la liquidation définitive de votre pension. Votre retraite finale peut donc être supérieure à ce qu'elle aurait été sans ce dispositif.
Attention à ne pas confondre retraite progressive et cumul emploi-retraite. La retraite progressive intervient avant la liquidation définitive de vos droits. Le cumul emploi-retraite, lui, concerne les personnes qui ont déjà liquidé leur pension et reprennent une activité. À noter que le cumul emploi-chômage répond à une logique similaire de combinaison de revenus, mais dans un contexte très différent.
Le cadre légal actuel repose sur la loi du 14 avril 2023 (réforme des retraites 2023), qui a élargi le dispositif aux travailleurs indépendants et aux mandataires sociaux. Avant cette réforme, seuls les salariés du privé y avaient accès dans la pratique.
L'essentiel en 30 secondes : La retraite progressive vous permet de travailler moins tout en percevant une partie de votre retraite, sans liquider définitivement vos droits. Vous continuez à cotiser et à améliorer votre pension finale. Le dispositif est ouvert depuis 2023 à presque tous les statuts professionnels.
Qui peut bénéficier de la retraite progressive ? Les conditions d'éligibilité en 2026
Trois conditions cumulatives sont à remplir pour accéder à la retraite progressive en 2026.
Condition d'âge : vous devez avoir au moins 2 ans de moins que l'âge légal de départ à la retraite qui s'applique à votre génération. Avec le relèvement progressif instauré par la réforme 2023, cet âge varie. Pour une personne née en 1963 (âge légal : 62 ans et 9 mois), la retraite progressive est accessible dès 60 ans et 9 mois. Pour une personne née en 1966 (âge légal : 63 ans et 6 mois), c'est 61 ans et 6 mois. Pour les générations nées à partir de 1968 (âge légal : 64 ans), l'accès se fait dès 62 ans.
Condition de durée d'assurance : vous devez justifier d'au moins 150 trimestres validés, tous régimes confondus (régime général, SSI, CNAVPL, régimes spéciaux). Un relevé de carrière disponible sur info-retraite.fr vous permet de vérifier ce point. Les auto-entrepreneurs doivent porter une attention particulière à la validation de leurs trimestres, qui obéit à des règles spécifiques liées au chiffre d'affaires réalisé.
Condition d'activité réduite : pour les salariés, la quotité de travail doit être comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle. Pour les indépendants, les revenus professionnels doivent se situer entre 40 % et 80 % de la moyenne des revenus des 5 dernières années.
Depuis la réforme 2023, le dispositif concerne les salariés du privé, les salariés agricoles, les artisans, les commerçants, les professions libérales, les mandataires sociaux (gérants TNS et dirigeants assimilés salariés) et les fonctionnaires (avec des règles spécifiques depuis le 1er septembre 2023, notamment une quotité de travail entre 50 % et 80 %).
Tableau récapitulatif des conditions par statut professionnel
| Statut | Âge minimum | Trimestres requis | Quotité de travail / revenus | Régime concerné | Accord employeur requis |
|---|---|---|---|---|---|
| Salarié du privé | 2 ans avant l'âge légal | 150 | 40 % à 80 % du temps plein | Régime général (CNAV) | Oui (avenant temps partiel) |
| Artisan / Commerçant | 2 ans avant l'âge légal | 150 | Revenus réduits entre 40 % et 80 % | SSI | Non |
| Profession libérale | 2 ans avant l'âge légal | 150 | Revenus réduits entre 40 % et 80 % | CNAVPL | Non |
| Gérant majoritaire SARL (TNS) | 2 ans avant l'âge légal | 150 | Revenus réduits entre 40 % et 80 % | SSI | Non |
| Président SAS/SASU (assimilé salarié) | 2 ans avant l'âge légal | 150 | 40 % à 80 % du temps plein | Régime général (CNAV) | Oui (avenant au mandat) |
| Fonctionnaire | 2 ans avant l'âge légal | 150 | 50 % à 80 % du temps plein | SRE / CNRACL | Oui |
Comment est calculée la pension de retraite progressive ? (Exemples chiffrés)
La formule de base est la suivante :
Fraction de pension versée = 100 % - quotité de travail
La pension prise en compte est une pension provisoire, calculée sur la base de vos droits acquis au moment de la demande. Elle intègre la pension de base (régime général, SSI ou CNAVPL) et la pension complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés). Ce n'est pas votre pension définitive : elle sera recalculée au moment de la liquidation totale.
Cas pratique 1 : Marie, salariée du privé
Profil : Marie a 62 ans. Elle est salariée cadre avec un salaire brut de 2 500 €/mois. Elle a validé 155 trimestres. Elle souhaite passer à 60 % d'un temps plein.
Calcul étape par étape :
- Pension provisoire estimée (base + complémentaire Agirc-Arrco) : 1 400 €/mois bruts. Ce montant est calculé sur ses droits acquis à la date de la demande, avec une décote liée aux trimestres manquants.
- Fraction de pension versée : 100 % - 60 % = 40 %, soit 1 400 × 40 % = 560 €/mois.
- Salaire à temps partiel : 2 500 × 60 % = 1 500 € bruts/mois.
- Revenu total : 1 500 + 560 = 2 060 €/mois, soit 82 % de son ancien revenu à temps plein.
Marie conserve un bon niveau de revenus tout en travaillant 2 jours de moins par semaine. Elle continue à cotiser et à acquérir des trimestres. Les congés payés des salariés à temps partiel continuent de s'appliquer normalement pendant toute cette période.
Cas pratique 2 : Jean, artisan indépendant
Profil : Jean a 62 ans. Il est artisan plombier affilié à la SSI (Sécurité sociale des indépendants). Ses revenus professionnels moyens sur les 5 dernières années sont de 40 000 €/an. Il réduit son activité pour ne générer que 20 000 €/an, soit 50 % de ses revenus antérieurs.
Calcul étape par étape :
- Pension provisoire estimée (base SSI + complémentaire) : 1 100 €/mois bruts.
- Fraction de pension versée : 100 % - 50 % = 50 %, soit 1 100 × 50 % = 550 €/mois.
- Revenus d'activité réduits : 20 000 €/an = 1 667 €/mois.
- Revenu total : 1 667 + 550 = 2 217 €/mois.
Jean gagne plus qu'avant en cumulant activité réduite et fraction de pension, tout en travaillant deux fois moins. Il continue de cotiser à la SSI sur ses revenus d'activité. Pour les travailleurs non salariés (TNS), le calcul des cotisations pendant cette période suit les règles habituelles du régime.
Retraite progressive pour les indépendants et dirigeants : ce qui change depuis la réforme 2023
Avant la loi du 14 avril 2023, la retraite progressive était un dispositif réservé dans les faits aux salariés du secteur privé. Les travailleurs non salariés (TNS) et les mandataires sociaux en étaient exclus. La réforme a changé la donne.
Depuis le 1er septembre 2023, les artisans, commerçants, professions libérales, exploitants agricoles et mandataires sociaux peuvent demander la retraite progressive. La différence majeure avec les salariés tient à la notion de « revenus réduits ». Un indépendant n'a pas de contrat de travail à temps partiel. La condition porte donc sur ses revenus professionnels : ils doivent être compris entre 40 % et 80 % de la moyenne de ses revenus sur les 5 dernières années.
Le cas du gérant majoritaire de SARL (TNS) : le gérant de SARL reste en poste et conserve son mandat social. Il n'a pas besoin d'avenant au contrat de travail puisqu'il n'en a pas. Il doit simplement prouver, via ses déclarations fiscales, que ses revenus professionnels ont baissé dans la fourchette requise. Concrètement, cela peut passer par une réduction de sa rémunération de gérance décidée en assemblée générale. La comptabilisation de la rémunération des gérants doit refléter cette modification.
Le cas du président de SAS ou SASU (assimilé salarié) : ce dirigeant relève du régime général de la CNAV. Il doit formaliser un passage à temps partiel, entre 40 % et 80 %, via un avenant à son mandat ou un PV d'assemblée. Les conditions sont les mêmes que pour un salarié classique. Le rôle du président de SAS et ses modalités de rémunération sont encadrés par les statuts de la société.
L'articulation entre retraite progressive et rémunération du dirigeant peut avoir des conséquences fiscales et sociales complexes : impact sur les cotisations, sur le revenu imposable, sur les droits futurs. Les experts-comptables de L'Expert-Comptable.com (dès 79 € HT/mois, plus de 50 000 clients accompagnés) peuvent vous aider à anticiper ces impacts et à ajuster votre rémunération.
Quel impact sur votre retraite définitive ?
La retraite progressive n'est pas un sacrifice financier sur le long terme. Pendant toute la durée du dispositif, vous continuez à cotiser sur votre activité réduite. Ces cotisations vous permettent d'acquérir de nouveaux trimestres validés et de nouveaux points de retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Au moment de la liquidation définitive, votre pension est entièrement recalculée. Elle prend en compte tous les trimestres et points acquis, y compris ceux de la période de retraite progressive. Si vous atteignez le taux plein (c'est-à-dire la durée d'assurance requise pour votre génération) pendant cette période, votre pension définitive sera calculée sans décote.
Mieux encore : si vous poursuivez votre activité au-delà de l'âge du taux plein, vous pouvez bénéficier d'une surcote qui augmente votre pension de 1,25 % par trimestre supplémentaire. La préretraite constitue une autre option d'aménagement de fin de carrière, mais elle répond à des conditions très différentes et ne permet pas d'améliorer sa pension de la même façon.
Cas pratique comparatif : pension définitive avec et sans retraite progressive
Reprenons le profil de Marie (62 ans, 155 trimestres, salaire brut 2 500 €/mois). Durée de référence pour sa génération : 172 trimestres.
Scénario A : départ direct à 62 ans, sans retraite progressive
- 155 trimestres validés sur 172 requis, soit 17 trimestres manquants
- Décote appliquée : 17 × 0,625 % = 10,625 %
- Pension définitive estimée (base + complémentaire) : 1 250 €/mois (avec décote)
Scénario B : retraite progressive de 62 à 65 ans (3 ans à 60 %), puis liquidation définitive
- Trimestres acquis pendant la période : 12 trimestres supplémentaires
- Total : 155 + 12 = 167 trimestres, soit 5 trimestres manquants seulement
- Décote réduite : 5 × 0,625 % = 3,125 %
- Points Agirc-Arrco supplémentaires acquis sur 3 ans de cotisations (à 60 %)
- Pension définitive estimée : 1 520 €/mois
Résultat : en choisissant la retraite progressive, Marie gagne 270 €/mois de plus sur sa pension définitive, soit 3 240 €/an. Et pendant les 3 ans de transition, elle a perçu un revenu total (salaire + fraction de pension) de 2 060 €/mois au lieu de s'arrêter complètement.
La retraite progressive est l'un des rares dispositifs qui permet d'améliorer sa pension définitive tout en réduisant son activité. C'est une stratégie particulièrement intéressante pour les personnes qui n'ont pas encore atteint le taux plein.
Comment demander la retraite progressive ? Démarches étape par étape
Étape 1 : Vérifiez votre éligibilité. Connectez-vous sur info-retraite.fr pour consulter votre relevé de carrière. Vérifiez votre nombre de trimestres validés (150 minimum) et calculez si vous avez atteint l'âge requis (2 ans avant votre âge légal de départ).
Étape 2 : Négociez le passage à temps partiel (salariés et assimilés salariés). Adressez une demande écrite à votre employeur pour un avenant au contrat de travail prévoyant une quotité de travail entre 40 % et 80 %. Depuis la réforme 2023, l'employeur peut refuser, mais il doit motiver son refus par écrit en invoquant l'incompatibilité avec l'activité économique de l'entreprise. S'il ne répond pas dans un délai de 2 mois, son silence vaut acceptation. En cas de refus motivé, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes.
Étape 3 : Déposez votre demande auprès de votre caisse de retraite de base. Pour le régime général, remplissez le formulaire Cerfa n° 12916*03 et envoyez-le à la CNAV. Pour les indépendants, la demande se fait auprès de la SSI ou de la CNAVPL. Déposez votre dossier au moins 6 mois avant la date de départ souhaitée.
Étape 4 : Demandez simultanément la retraite progressive complémentaire. Pour les salariés, la demande Agirc-Arrco peut être faite via le même dossier ou un formulaire séparé sur le site agirc-arrco.fr.
Étape 5 : Fournissez les justificatifs demandés.
Checklist des documents à fournir :
- ☐ Formulaire Cerfa n° 12916*03 (régime général) ou formulaire spécifique SSI/CNAVPL
- ☐ Relevé de carrière (téléchargeable sur info-retraite.fr)
- ☐ Avenant au contrat de travail mentionnant la quotité de temps partiel (salariés)
- ☐ Attestation de l'employeur précisant la durée du travail (salariés)
- ☐ Déclarations fiscales des 5 dernières années (indépendants)
- ☐ Derniers bulletins de salaire ou avis d'imposition
- ☐ Pièce d'identité en cours de validité
- ☐ RIB
Étape 6 : Attendez le traitement. Comptez entre 4 et 6 mois de délai. La pension progressive est versée à compter du premier jour du mois suivant la date d'effet.
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Retraite progressive vs cumul emploi-retraite : quelle différence ?
Ces deux dispositifs permettent de combiner revenus d'activité et pension de retraite, mais ils ne fonctionnent pas au même moment ni dans les mêmes conditions. Beaucoup d'entrepreneurs les confondent, alors qu'ils répondent à des situations très différentes.
La retraite progressive s'adresse à ceux qui veulent réduire progressivement leur activité avant de prendre leur retraite définitive. Le cumul emploi-retraite concerne ceux qui ont déjà liquidé leur pension et souhaitent reprendre ou poursuivre une activité. Cette distinction est particulièrement importante pour les travailleurs indépendants qui doivent anticiper leur stratégie de sortie d'activité.
| Critère | Retraite progressive | Cumul emploi-retraite |
|---|---|---|
| Moment du dispositif | Avant la liquidation définitive | Après la liquidation définitive |
| Liquidation de la pension | Provisoire (partielle) | Totale (définitive) |
| Obligation de réduire l'activité | Oui (40 % à 80 % du temps plein ou des revenus) | Non (temps plein possible) |
| Fraction de pension versée | Proportionnelle à la réduction d'activité | Totalité de la pension |
| Les cotisations créent de nouveaux droits | Oui (trimestres + points) | Oui, depuis la réforme 2023 (cumul intégral) |
| Impact sur la pension définitive | Pension recalculée avec les droits acquis | Pension de cumul versée en plus de la pension initiale |
| Condition d'âge | 2 ans avant l'âge légal | Âge légal atteint (ou taux plein) |
| Condition de trimestres | 150 trimestres minimum | Variable selon le type de cumul (intégral ou plafonné) |
| Possibilité de revenir à temps plein | Oui (fin de la retraite progressive) | Déjà possible |
| Accord de l'employeur requis | Oui (pour le temps partiel) | Non |
Quel dispositif choisir ? Si vous êtes proche du taux plein sans l'avoir atteint, la retraite progressive est souvent plus avantageuse : elle vous permet de valider les trimestres manquants tout en allégeant votre charge de travail. Si vous avez déjà le taux plein et souhaitez maintenir une activité après la liquidation, le cumul emploi-retraite intégral est plus adapté. Dans les deux cas, l'impact sur les tranches d'imposition mérite d'être anticipé, car la combinaison de revenus d'activité et de pension peut modifier votre taux marginal d'imposition.
Questions fréquentes - retraite progressive
À quel âge peut-on demander la retraite progressive en 2026 ?
L'âge minimum est fixé à 2 ans avant l'âge légal de départ applicable à votre génération. Pour les personnes nées en 1963 (âge légal : 62 ans et 9 mois), c'est dès 60 ans et 9 mois. Pour celles nées en 1966 (âge légal : 63 ans et 6 mois), c'est 61 ans et 6 mois. Il faut aussi justifier de 150 trimestres validés.
Est-ce que mon employeur peut refuser ma demande de retraite progressive ?
Oui, mais depuis la réforme 2023, il doit motiver son refus par écrit en invoquant l'incompatibilité avec l'activité économique de l'entreprise. Sans réponse dans les 2 mois, le silence vaut acceptation. Vous pouvez contester un refus devant le conseil de prud'hommes. Les sanctions disciplinaires ne peuvent en aucun cas être utilisées comme moyen de pression pour dissuader un salarié de faire cette demande.
Combien vais-je toucher avec la retraite progressive ?
Le montant dépend de votre quotité de travail. Si vous passez à 60 % d'un temps plein, vous percevez 40 % de votre pension provisoire en plus de votre salaire à temps partiel. Pour une pension provisoire de 1 400 €/mois et un passage à 60 %, cela donne 560 €/mois de pension + votre salaire réduit.
Un indépendant peut-il bénéficier de la retraite progressive ?
Oui, depuis le 1er septembre 2023. Les artisans, commerçants et professions libérales doivent justifier d'une réduction de leurs revenus professionnels entre 40 % et 80 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années. La demande se fait auprès de la SSI ou de la CNAVPL. Pour les professions libérales médicales affiliées à la CARPIMKO, des règles spécifiques peuvent s'appliquer selon la caisse concernée.
La retraite progressive réduit-elle ma pension définitive ?
Non. Pendant la retraite progressive, vous continuez à cotiser et à accumuler des trimestres et des points Agirc-Arrco. Votre pension définitive est recalculée au moment de la liquidation totale et peut être supérieure à ce qu'elle aurait été en cas de départ direct.
Quelle différence entre retraite progressive et cumul emploi-retraite ?
La retraite progressive intervient avant la liquidation définitive : vous réduisez votre activité et percevez une fraction de votre pension. Le cumul emploi-retraite intervient après la liquidation totale. Depuis 2023, les deux dispositifs permettent de créer de nouveaux droits à pension.
Puis-je revenir à temps plein après avoir demandé la retraite progressive ?
Oui, à tout moment. Le versement de la fraction de pension est alors suspendu. Vos droits acquis pendant la période progressive sont conservés pour le calcul de votre pension définitive. Un avenant au contrat de travail sera nécessaire pour formaliser le retour à temps plein avec votre employeur.
Comment demander la retraite progressive quand on est gérant de SARL ?
Le gérant majoritaire de SARL (TNS) fait sa demande auprès de la SSI en justifiant d'une réduction de ses revenus professionnels. Il n'a pas besoin d'avenant au contrat de travail, mais doit prouver la baisse de revenus via ses déclarations fiscales. Il conserve son mandat de gérant. La décision de réduire sa rémunération doit être actée lors d'une assemblée générale et consignée dans un procès-verbal.
La retraite progressive concerne-t-elle aussi la retraite complémentaire Agirc-Arrco ?
Oui. Le dispositif s'applique à la pension de base et à la pension complémentaire Agirc-Arrco. La fraction versée suit le même calcul. Vous continuez à acquérir des points pendant toute la durée du dispositif.
La retraite progressive est-elle compatible avec le statut de président de SAS ?
Oui, depuis la réforme 2023. Les mandataires sociaux assimilés salariés (président de SAS ou SASU) doivent formaliser un passage à temps partiel entre 40 % et 80 % et remplir les conditions d'âge et de trimestres du régime général.
Sources et Références
Service-Public.fr - Retraite progressive d'un salarié du secteur privé
Info-retraite.fr - La retraite progressive
Légifrance - Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023
Agirc-Arrco - La retraite progressive
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