- La convention de prestation de service formalise les droits et obligations entre un prestataire et un consommateur.
- Elle est essentielle pour prévenir les litiges en détaillant les modalités d'exécution, de paiement, et de non-respect.
- La rédaction de la convention est cruciale, souvent confiée à des experts pour garantir la sécurité juridique.
- Les auto-entrepreneurs doivent aussi rédiger cette convention, soulignant son importance pour toutes les formes d'activités professionnelles.
- Une attention particulière doit être portée aux détails de l'accord, comme les obligations, le paiement, et les clauses de résiliation ou de renouvellement.
- La convention établit les bases d'une collaboration sereine et sécurisée entre les parties, assurant une coopération réussie et équitable.
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Prestataire de service : définition
La notion de prestation de service n’est pas définie dans le Code civil ni dans le Code de consommation. Au sens large, un prestataire de service est :
une personne physique ou morale,
qui réalise un service et non la vente d’un produit,
qui travaille de manière indépendante, sans lien de subordination avec le consommateur du service au sens du droit du travail
Convention de prestation de service : définition
Un contrat de prestation de service est donc un contrat dans lequel le prestataire de services s’engage à réaliser un travail spécifique, de manière indépendante, sans contrat de travail et pour lequel le consommateur dudit travail s’engage à rémunérer.
Cette définition est issue de la directive du 25 octobre 2011 relative au droit des consommateurs.
Le contrat de prestation de service, que l’on peut aussi nommer « convention de prestation de service », engage les parties signataires et fait naître des droits et des obligations pour chacune d’entre elles. Il dispose donc d’une valeur commerciale, au même titre qu’un contrat de vente.
De manière générale, un contrat de prestation de service peut être utilisé dans de multiples secteurs d’activité, dès que les conditions s’y prêtent ; entre collectivités, dans le cadre d’un contrat de prestation artistique, de prestation informatique, avec une association…
On parle aussi de contrat d’entreprise. Ce terme est régulièrement utilisé dans les métiers de l’artisanat ou par les professions libérales.
À ne pas confondre avec d'autres contrats
La convention de prestation de services présente des caractéristiques qui la distinguent de contrats voisins :
- Le contrat de travail : le salarié est lié à son employeur par un lien de subordination. Le prestataire de services, lui, est totalement indépendant de son client. C'est cette absence de lien de subordination qui fonde la qualification de prestation de service.
- Le contrat de vente : le prestataire effectue un service et ne vend pas de produit. La prestation n'implique pas de transfert de propriété d'un bien.
- Le contrat de sous-traitance : ce dernier implique une relation tripartite dans laquelle le sous-traitant n'est pas en relation directe avec le client final. Dans la convention de prestation de services, en revanche, le prestataire et le client entretiennent un rapport direct.
Pourquoi rédiger une convention de prestation de services ?
La rédaction d'une convention de prestation de services n'est pas une simple formalité. Elle protège les deux parties de manière concrète.
Pour le client, la convention délimite avec précision le périmètre d'intervention du prestataire : les tâches à effectuer, les modalités d'exécution, le coût et la durée de la prestation. Elle prévoit également des garanties et des obligations contractuelles, ce qui apporte une sécurité juridique en cas de litige.
Pour le prestataire, le contrat définit clairement son rôle et fixe le montant de la rémunération. Lorsqu'une collaboration est envisagée sur une longue période, la convention permet de s'organiser efficacement pour honorer les engagements pris.
Les obligations des parties
Obligations du prestataire de services
L'obligation principale du prestataire est la fourniture de la prestation pour laquelle il s'est engagé dans le contrat : c'est une obligation de faire. Pour autant, sauf mention contraire dans la convention, il n'est pas tenu à une obligation de résultat mais à une obligation de moyens : il doit mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose pour accomplir sa mission, mais sa responsabilité ne peut pas être engagée s'il n'y parvient pas malgré ses diligences.
Le prestataire est également soumis à une obligation d'information envers le client. Selon les professions, cette obligation peut prendre la forme d'un devoir de renseignement, d'un devoir de mise en garde ou d'un devoir de conseil.
Obligations du client
Le client s'engage quant à lui à payer le prix de la prestation selon les modalités prévues au contrat. En cas d'impayé, le prestataire peut suspendre l'exécution de ses propres obligations jusqu'au règlement complet, c'est l'exception d'inexécution, ou exercer un droit de rétention sur les livrables tant que la facture n'est pas réglée.
Par ailleurs, le client doit mettre à la disposition du prestataire les moyens nécessaires à la réalisation de la prestation : accès aux locaux, fourniture d'informations, interlocuteur dédié…
Les mentions obligatoires
Tout contrat de prestation de services doit comporter les informations suivantes :
- La dénomination sociale des sociétés ou le nom et prénom du client particulier ;
- Le statut juridique des parties ;
- Le montant du capital social de chaque société ;
- L'adresse du siège social (ou l'adresse personnelle du client particulier) ;
- Le représentant légal de chaque partie ;
- Le numéro d'immatriculation (SIREN ou SIRET) ;
- L'objet du contrat.
Les clauses principales
L'objet du contrat
La prestation doit être décrite aussi précisément que possible. Il est possible de réaliser ce descriptif en annexe si la mission est complexe.
Les modalités d'exécution
Les parties précisent ici les moyens mis en œuvre, les prestataires éventuellement mobilisés, le calendrier de réalisation et les dates butoirs.
Le montant de la prestation et les modalités de paiement
Le prix total de l'opération est indiqué, ainsi que les modalités de règlement : acompte initial ou acomptes intermédiaires, délai d'échéance (à réception de la facture de prestation, à 30 jours ou à 60 jours…) et indemnités de retard de paiement applicables en cas de non-règlement à l'échéance.
La durée de la convention
La convention peut être conclue à durée déterminée ou indéterminée. Cette mention conditionne directement les modalités de résiliation.
Les clauses spécifiques
Les parties peuvent insérer des clauses complémentaires pour organiser leur relation et anticiper les situations conflictuelles :
- Clause de confidentialité. Elle protège les informations professionnelles auxquelles le prestataire peut avoir accès durant la mission. Le prestataire s'engage à ne pas divulguer ces informations à des tiers.
- Clause de non-concurrence. Elle interdit au prestataire de mettre son savoir-faire au service d'un concurrent direct du client pendant la durée de la convention, et éventuellement au-delà. Elle est particulièrement recommandée dans les activités de conseil, de marketing ou d'informatique.
- Clause d'indexation. Elle permet de faire évoluer le prix de la prestation selon un indice préalablement défini par les parties. Elle est particulièrement utile pour les conventions de longue durée, afin de préserver l'équilibre économique du contrat face à l'inflation.
- Clause de force majeure. Elle organise l'avenir du contrat en cas de survenance d'un événement imprévisible et extérieur aux parties (incendie, catastrophe naturelle, grève, pandémie…).
- Clause de résolution des litiges. Elle précise la procédure applicable en cas de conflit : tentative de médiation amiable préalable, loi applicable et tribunal compétent.
Le prestataire de services pourra rédiger lui-même le modèle du contrat de prestation de service qu’il proposera ensuite à son client. La convention de prestation de service doit être détaillée afin d’éviter les litiges, tout comme l’émission d’une facture pour la prestation de service qui en découle.
La résiliation de la convention de prestation de services
Les modalités de rupture du contrat dépendent de sa durée.
Convention à durée déterminée (CDD). Le contrat prend fin à son terme, c'est-à-dire à l'achèvement de la mission ou à la date d'échéance prévue. Une résiliation anticipée est possible si les deux parties s'entendent sur le principe. Si une clause de tacite reconduction a été prévue, le contrat se renouvelle automatiquement à l'arrivée du terme sauf dénonciation expresse dans le délai stipulé.
Convention à durée indéterminée (CDI). Chaque partie peut mettre fin au contrat à tout moment, sous réserve de respecter un délai de préavis dont la durée est précisée dans la convention.
Résiliation pour manquement. Le non-respect par l'une des parties de ses obligations contractuelles peut entraîner la résiliation du contrat, indépendamment de sa durée. La partie fautive peut en outre être tenue de réparer le préjudice causé par l'inexécution de ses engagements.
Convention de prestation de service auto-entrepreneur
Les auto-entrepreneurs sont des professionnels comme les autres. Si leur cœur de métier le nécessite, ils ne seront pas exemptés de rédiger une convention de prestation de service, comme toute autre entreprise.
FAQ - Questions fréquentes sur la convention de prestation de services
La convention de prestation de services doit-elle obligatoirement être rédigée par écrit ?
Non, aucun texte légal n'impose la forme écrite pour un contrat de prestation de services. Un accord verbal a en principe la même valeur juridique. En pratique, le recours à un document écrit est fortement recommandé car il constitue la seule preuve opposable en cas de litige sur le contenu de la mission, le prix convenu ou les délais d'exécution. Pour les missions récurrentes ou d'une valeur significative, la forme écrite est indispensable.
Un auto-entrepreneur peut-il utiliser la même convention qu'une société ?
Oui. La forme juridique du prestataire n'impose pas de convention spécifique. Un auto-entrepreneur peut utiliser une convention de prestation de services standard, en adaptant les mentions obligatoires à sa situation : son nom et prénom, son numéro SIRET, et la mention de son régime d'auto-entrepreneur. La seule vigilance particulière concerne la clause TVA : si l'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA, la convention doit le préciser et aucune TVA ne doit apparaître dans le prix.
Que se passe-t-il si le client refuse de payer la prestation ?
En cas d'impayé, le prestataire dispose de plusieurs recours. Dans un premier temps, il peut adresser une mise en demeure formelle par lettre recommandée. Si le règlement n'intervient pas, il peut engager une procédure d'injonction de payer auprès du tribunal compétent. En parallèle, si des livrables sont encore en sa possession, il peut exercer son droit de rétention jusqu'au paiement intégral. Des intérêts de retard sont également dus de plein droit à compter du lendemain de la date d'échéance, au taux légal majoré ou au taux prévu dans la convention.
Sources et références
Service Public - https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/N24036
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Questions & réponses
comment faire pour avoir une convention de prestation ?
Bonjour,
Vous pouvez soit rédiger vous-même un modèle adapté à votre activité ou utiliser un modèle type à personnaliser. Pour plus de sécurité juridique, il est souvent conseillé de faire valider le document par un professionnel (avocat ou juriste).
Bien à vous.