L'article en bref
- Le barème kilométrique 2026 : il est identique à celui de 2025 et reste issu de l'arrêté du 27 mars 2023.
- La déduction des frais kilométriques : elle est possible uniquement en optant pour les frais réels dans sa déclaration de revenus.
- La majoration électrique de 20 % : elle s'applique aux seuls véhicules 100 % électriques et exclut les hybrides rechargeables.
- Le remboursement kilométrique par l'entreprise : il est exonéré de charges sociales si les montants respectent le barème officiel.
- L-Expert-Comptable.com : son offre comptabilité dès 39 € HT/mois, sans engagement inclut un conseiller dédié pour gérer les frais de véhicule.
Sommaire
Frais kilométriques et impôts : le principe général
Lorsqu'un salarié ou un dirigeant utilise son véhicule personnel pour des déplacements professionnels, il supporte des frais réels : carburant, entretien, assurance, usure. Le droit fiscal prévoit deux manières de traiter ces dépenses.
La première est l'abattement forfaitaire de 10 % appliqué automatiquement par l'administration sur les salaires déclarés. Il est plafonné à 14 555 € par personne en 2026 (revenus 2025) et planché à 509 €. Simple et sans justificatif, cet abattement couvre l'ensemble des frais professionnels, pas seulement les déplacements.
La seconde est la déduction des frais réels : le contribuable renonce à l'abattement de 10 % et déduit ses dépenses effectives, justificatives à l'appui. C'est dans ce cadre qu'intervient le barème kilométrique : plutôt que de rassembler chaque facture de carburant et d'entretien, l'administration propose une grille forfaitaire par type de véhicule et par distance, réputée couvrir l'ensemble de ces coûts. Seuls les péages et les frais de stationnement restent remboursables en supplément, sur justificatifs.

L'option pour les frais réels n'est avantageuse que si la déduction obtenue dépasse l'abattement de 10 %. Pour un salaire net imposable de 30 000 €, l'abattement représente 3 000 € : vos frais réels (frais kilométriques, repas, péages) doivent dépasser ce seuil pour que l'option soit rentable. Utilisez le calculateur LEC ou le simulateur impots.gouv.fr pour comparer les deux options.
Le barème kilométrique 2026 : voitures, motos et cyclomoteurs
Le barème kilométrique 2026 est identique à celui de 2025 : aucune revalorisation n'a été publiée par l'administration fiscale, pour la troisième année consécutive. Il résulte de l'arrêté du 27 mars 2023. Ce barème sert à la fois au calcul des frais réels déductibles dans la déclaration IR et au remboursement des notes de frais des salariés par les entreprises.
Barème voitures 2026

| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d x 0,529 | (d x 0,316) + 1 065 | d x 0,369 |
| 4 CV | d x 0,606 | (d x 0,340) + 1 330 | d x 0,407 |
| 5 CV | d x 0,636 | (d x 0,357) + 1 395 | d x 0,427 |
| 6 CV | d x 0,665 | (d x 0,374) + 1 457 | d x 0,447 |
| 7 CV et plus | d x 0,697 | (d x 0,394) + 1 515 | d x 0,470 |
Exemple : un salarié parcourt 12 000 km avec une voiture de 5 CV à essence. Calcul : (12 000 x 0,357) + 1 395 = 5 679 € déductibles. Avec un véhicule électrique, majoration de 20 % : 5 679 x 1,20 = 6 815 €.
Barème motocyclettes 2026
| Puissance fiscale | Jusqu'à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| 1 ou 2 CV | d x 0,395 | (d x 0,099) + 891 | d x 0,247 |
| 3, 4 ou 5 CV | d x 0,468 | (d x 0,082) + 1 158 | d x 0,275 |
| Plus de 5 CV | d x 0,606 | (d x 0,079) + 1 583 | d x 0,343 |
Barème cyclomoteurs (moins de 50 cm³) 2026
| Jusqu'à 2 000 km | De 2 001 à 5 000 km | Au-delà de 5 000 km |
|---|---|---|
| d x 0,315 | (d x 0,079) + 471 | d x 0,198 |
La puissance fiscale du véhicule est indiquée sur la carte grise, rubrique P.6. Elle est indispensable pour appliquer la bonne ligne du barème.
La majoration de 20 % pour les véhicules électriques
Depuis 2021, les véhicules 100 % électriques bénéficient d'une majoration de 20 % sur le montant calculé par le barème. La formule est simple : calculer l'indemnité selon le barème standard, puis multiplier le résultat par 1,20. Cette majoration s'applique aux voitures, motos et cyclomoteurs électriques. Les hybrides rechargeables en sont exclus.
Le traitement fiscal côté salarié
Le salarié qui utilise son véhicule personnel pour ses déplacements professionnels (entre son domicile et son lieu de travail, ou entre différents lieux de mission) peut déduire ces frais via le barème kilométrique dans sa déclaration d'impôt sur le revenu, à condition d'avoir opté pour les frais réels.
La limite de 40 km pour le trajet domicile-travail
Les trajets domicile-travail sont pris en compte dans le calcul des frais kilométriques, dans la limite de 40 km par trajet (soit 80 km aller-retour par jour). Au-delà, la déduction n'est admise que si le salarié justifie de circonstances particulières : mutation professionnelle, rapprochement du domicile du conjoint, contraintes familiales ou sociales. Un seul aller-retour par jour de travail effectif est retenu. Le nombre de jours annuels généralement admis par l'administration est de 228 jours.
Indemnités versées par l'employeur et déclaration
Si l'employeur verse des indemnités kilométriques couvrant les mêmes trajets, le salarié opte soit pour les frais réels soit pour l'abattement de 10 %, mais ne peut pas cumuler les deux. S'il opte pour les frais réels, il doit déduire de son calcul les indemnités déjà perçues pour éviter une double déduction. Les indemnités versées par l'employeur dans la limite du barème officiel sont exonérées d'impôt sur le revenu. Au-delà du barème, la fraction excédentaire est imposable et doit être déclarée.
Sur la déclaration 2042, l'option frais réels s'exerce dans la rubrique traitements et salaires : les montants s'inscrivent case 1AK (déclarant 1) ou 1BK (déclarant 2).
Le traitement fiscal côté entreprise
Lorsqu'une entreprise rembourse les frais kilométriques de ses salariés ou dirigeants, ces indemnités constituent des charges déductibles du résultat imposable si elles respectent les principes généraux de déductibilité : intérêt pour l'exploitation, comptabilisation et justification.
Pour que les indemnités soient également exonérées de cotisations sociales, deux conditions sont nécessaires : elles ne doivent pas dépasser les montants prévus par le barème kilométrique officiel, et l'employeur doit conserver les justificatifs indispensables en cas de contrôle URSSAF. Ces pièces sont le moyen de transport utilisé, la puissance fiscale du véhicule, la distance parcourue et le nombre de trajets effectués. La fraction des indemnités dépassant le barème est requalifiée en complément de rémunération soumis à cotisations.
Erreur fréquente en entreprise : calculer les indemnités mois par mois plutôt que sur l'année entière, ou ajouter des frais de carburant et d'entretien par-dessus le barème. Ce dernier est réputé couvrir forfaitairement tous les coûts du véhicule. Seuls les péages et les frais de stationnement peuvent être remboursés en supplément, sur justificatifs.
Le cas particulier du vélo et du Forfait Mobilités Durables
Deux dispositifs distincts coexistent pour les déplacements à vélo.
L'indemnité kilométrique vélo (IKV) permet à l'employeur de rembourser 0,25 € par kilomètre aux salariés utilisant leur vélo personnel. Dans le cadre des frais réels, le montant déductible est plafonné à 200 € par an et par salarié.
Le Forfait Mobilités Durables (FMD), mis en place depuis 2020, est un dispositif plus complet et plus avantageux. Il permet à l'employeur de prendre en charge les déplacements effectués à vélo (y compris électrique), en covoiturage ou via des services de mobilité partagée. Le FMD est exonéré de cotisations sociales dans la limite de 800 € par an et par salarié en 2026, ou 900 € en cas de cumul avec un abonnement de transports en commun. Sa mise en place est facultative pour l'employeur. Si l'entreprise ne propose pas le FMD, le salarié peut déduire ses frais de vélo en frais réels à hauteur de 0,25 € par kilomètre.
L'Expert-Comptable.com accompagne les entreprises et les dirigeants dans le calcul et la justification de leurs frais kilométriques. Pour calculer rapidement vos indemnités, utilisez notre calculateur de frais kilométriques mis à jour avec les barèmes 2026. Pour toute question sur la déductibilité de vos frais de véhicule, notre équipe est disponible via l'offre comptabilité à partir de 39 € HT par mois.
Questions fréquentes sur les frais kilométriques et les impôts
Mon employeur me verse des indemnités kilométriques. Puis-je quand même déduire mes frais réels ?
Oui, mais vous devez soustraire les indemnités déjà perçues de votre calcul en frais réels. Si vos frais kilométriques calculés via le barème s'élèvent à 4 000 € et que votre employeur vous a versé 2 500 €, vous pouvez déduire 1 500 € supplémentaires. Une double déduction sur les mêmes trajets n'est pas possible.
Un auto-entrepreneur peut-il utiliser le barème kilométrique ?
Non, pas au régime micro. L'abattement forfaitaire de 34 % à 71 % est censé couvrir l'ensemble des charges, frais de déplacement inclus. En revanche, un indépendant soumis au régime réel (BIC ou BNC) peut déduire ses frais kilométriques via le barème ou opter pour la déduction des frais de véhicule réellement supportés.
Le barème kilométrique couvre-t-il les péages et le stationnement ?
Non. Le barème est réputé couvrir forfaitairement le carburant, l'entretien, l'assurance, l'usure et la dépréciation du véhicule. Les péages et frais de stationnement sont remboursables en supplément du barème, sur présentation de justificatifs. Attention à ne pas ajouter en plus du barème des frais de carburant ou d'entretien séparés : ce serait une double comptabilisation susceptible d'être redressée lors d'un contrôle URSSAF.
Sources et références
Impots.gouv.fr — https://www.impots.gouv.fr/simulateur-bareme-kilometriqu
Urssaf.fr — https://www.urssaf.fr/accueil/outils-documentation/taux-baremes/frais-professionnels.html
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