- Les plafonds de la micro-entreprise en 2026 : les dépasser deux années de suite entraîne la perte automatique du régime.
- La micro-entreprise ne se transforme pas : elle doit être radiée avant de démarrer l'activité sous la nouvelle structure.
- SASU ou EURL : le choix entre ces deux structures en solo repose principalement sur le niveau de protection sociale souhaité.
- L'imposition à l'IS : elle devient généralement plus avantageuse que l'IR à partir d'un bénéfice annuel de 40 000 euros nets.
- Accompagnement à la création : L-Expert-Comptable.com guide les entrepreneurs dans le choix du statut juridique le plus adapté.
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Pourquoi faire évoluer sa micro-entreprise vers une société ?
Le régime de la micro-entreprise offre une grande simplicité : calcul forfaitaire des cotisations sociales, obligations comptables minimales, franchise de TVA sous les seuils. Mais il impose des plafonds de chiffre d'affaires au-delà desquels il n'est plus possible d'y rester, et une impossibilité d'avoir des associés.
En 2026, les seuils de chiffre d'affaires à ne pas dépasser sont :
| Type d'activité | Plafond 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises, fournitures, hébergement touristique | 188 700 € |
| Prestations de services BIC, professions libérales BNC | 77 700 € |
Si votre chiffre d'affaires dépasse ces seuils deux années consécutives, vous perdez automatiquement le bénéfice du régime micro. Mais il est souvent judicieux de ne pas attendre ce dépassement pour prendre la décision : anticiper le changement permet de l'organiser dans de bonnes conditions fiscales et sociales.
Changer de statut s'impose aussi dans deux autres situations fréquentes :
- Vous souhaitez vous associer — la micro-entreprise ne permet pas d'avoir d'associés
- Vous voulez séparer votre patrimoine personnel de votre patrimoine professionnel pour vous protéger en cas de difficultés
Question 1 — Quel statut juridique choisir pour remplacer la micro-entreprise ?
Le choix du statut est la décision la plus structurante. Il détermine votre fiscalité, votre régime social, votre responsabilité et vos obligations comptables.
| Situation | Statut recommandé | Raison principale |
|---|---|---|
| Vous restez seul, souhaitez cotiser comme salarié | SASU | Régime général, meilleure protection sociale, IS de plein droit |
| Vous restez seul, optimisez les charges sociales | EURL | Cotisations TNS moins élevées, option IS possible |
| Vous vous associez à 2 ou plus | SAS ou SARL | SAS = souplesse statutaire ; SARL = encadrement légal plus fort |
| Vous exercez une activité libérale réglementée | SEL (SELARL, SELAS…) | Obligatoire pour certaines professions réglementées |
L'Expert-Comptable.com vous accompagne gratuitement dans la création de votre société, du choix du statut jusqu'à l'obtention du Kbis.
Question 2 — Comment procéder aux formalités de création ?
Depuis le 1er janvier 2023, le Centre de Formalité des Entreprises (CFE) n'existe plus. Toutes les démarches de création d'entreprise s'effectuent sur le guichet unique en ligne : guichet-entreprises.fr.
Ce portail centralise la transmission à tous les organismes concernés : impôts, URSSAF, greffe du tribunal de commerce (qui procède à l'immatriculation et délivre l'extrait Kbis). La démarche varie légèrement selon la nature de l'activité :
- Activité commerciale ou industrielle : immatriculation au RCS via le guichet unique
- Activité artisanale : immatriculation au Registre National des Entreprises (RNE) + inscription à la Chambre des Métiers
- Profession libérale : déclaration à l'URSSAF via le guichet unique
- Activité agricole : MSA
Pour une société (SASU, SAS, SARL, EURL), les démarches impliquent en amont la rédaction des statuts et la publication d'une annonce légale (environ 150 à 250 € selon le département). Ces étapes peuvent être réalisées avec l'aide d'un expert-comptable ou d'un avocat.
Question 3 — Quelles nouvelles charges dois-je anticiper ?
Le passage en société génère des coûts nouveaux qu'il faut intégrer dans votre prévisionnel dès la décision prise. Ne les sous-estimez pas : une trésorerie insuffisante dans les premiers mois est l'une des premières causes de difficultés pour les entreprises qui changent de statut.
Charges à prévoir :
- Frais de création : rédaction des statuts, annonce légale, immatriculation (200 à 600 € selon la structure)
- Expert-comptable : établissement du bilan annuel, liasse fiscale, conseils (à partir de 79 € HT/mois chez L'Expert-Comptable.com)
- Cotisations sociales : calculées sur la rémunération (régime TNS ou régime général selon le statut) — généralement bien plus élevées qu'en micro
- TVA : vous serez assujetti à la TVA dès le 1er jour si votre CA dépasse les seuils de franchise, ce qui implique des déclarations périodiques et une gestion de la trésorerie TVA
- CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : due chaque année
- Locaux, matériel, salaires si votre développement le nécessite
Répertoriez ces charges par ordre de priorité et construisez un prévisionnel sur 24 mois avant de prendre la décision. L'objectif est de connaître précisément votre besoin en fonds de roulement au démarrage.
Question 4 — Les revenus dégagés seront-ils suffisants ?
Avant de changer de statut, mettez à jour votre business plan en y intégrant toutes les charges de la nouvelle structure. Posez-vous ces questions concrètes :
- À quel chiffre d'affaires annuel atteignez-vous votre seuil de rentabilité (point mort) avec les nouvelles charges ?
- Quel est votre délai réaliste pour atteindre ce seuil ?
- Avez-vous suffisamment de trésorerie pour couvrir les charges fixes les premiers mois, avant que les revenus augmentent ?
Si les bénéfices tardent à venir, plusieurs leviers permettent de tenir : réduction des charges variables, financement bancaire, aides à la création (ACRE, NACRE, Bpifrance). Ne vous lancez pas sans avoir évalué au minimum un scénario pessimiste.
Question 5 — Quelle fiscalité pour ma nouvelle structure ?
Le régime d'imposition dépend du statut juridique choisi et peut avoir un impact majeur sur votre revenu net disponible.
| Régime | Statuts concernés | Principe |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu (IR) | EURL (associé personne physique), EI, SNC, sociétés civiles | Le bénéfice de la société s'ajoute aux revenus personnels du foyer fiscal — barème progressif jusqu'à 45 % |
| Impôt sur les sociétés (IS) | SASU, SAS, SARL, SA, EURL sur option | La société est taxée sur ses bénéfices à 15 % jusqu'à 42 500 € (PME éligibles), puis 25 %. Le dirigeant est taxé séparément sur sa rémunération. |
En pratique, l'IS est généralement préférable dès que votre tranche marginale d'imposition à l'IR dépasse 25-30 %, car vous pouvez piloter la rémunération que vous vous versez et laisser les bénéfices non distribués dans la société à un taux réduit. Mais ce calcul dépend de votre situation personnelle et de vos projections de résultat.
Certains statuts permettent d'opter temporairement pour l'IR (SARL, SAS, SA) pendant 5 ans maximum, ce qui peut être utile en phase de démarrage si des déficits sont attendus — ils viendraient alors s'imputer directement sur vos revenus personnels.
Question 6 — Quelle couverture sociale et quelle responsabilité ?
Le régime social
Le statut juridique détermine votre régime de protection sociale en tant que dirigeant.
| Régime | Statuts concernés | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Travailleur Non Salarié (TNS) géré par l'URSSAF | Gérant majoritaire de SARL, gérant d'EURL, EI | Cotisations calculées sur les bénéfices (EURL à l'IR) ou sur la rémunération (SARL IS). Taux environ 40-45 % de la rémunération nette. Protection moins étendue que le régime général. |
| Régime général de la Sécurité Sociale | Président de SASU, SAS, SA, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL | Cotisations calculées sur la rémunération. Taux plus élevé (environ 70-75 % en charges patronales + salariales) mais protection identique à un salarié cadre, y compris chômage si revenus suffisants. |
Pour les professions libérales, la caisse de retraite dépend de la profession (CIPAV, CARMF, CARPIMKO…). Le passage en société ne modifie pas nécessairement l'affiliation à la caisse de retraite complémentaire.
La responsabilité juridique
C'est l'un des avantages majeurs du passage en société par rapport à la micro-entreprise.
- Société (SASU, SAS, SARL, EURL) : responsabilité limitée aux apports. Les créanciers professionnels ne peuvent pas saisir votre patrimoine personnel, sauf en cas de faute de gestion.
- Entreprise individuelle : depuis la réforme de 2022, le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel sont automatiquement séparés — mais cette protection est moins robuste qu'en société en cas de procédure collective.
La protection du patrimoine personnel est souvent l'argument décisif pour les entrepreneurs qui ont un patrimoine immobilier ou familial à préserver.
Le tableau récapitulatif : SASU vs EURL
Les deux structures les plus choisies par les anciens micro-entrepreneurs en solo :
| Critère | SASU | EURL |
|---|---|---|
| Régime social dirigeant | Régime général (assimilé salarié) | TNS (URSSAF) |
| Cotisations sociales | Plus élevées (~75 % du brut) | Plus faibles (~40-45 % du net) |
| Protection chômage | Oui (sous conditions) | Non |
| Fiscalité par défaut | IS | IR (option IS possible) |
| Souplesse des statuts | Très grande liberté | Encadrée par la loi |
| Transition vers pluralité d'associés | Facile (SAS) | Facile (SARL) |
Il n'y a pas de meilleure structure universelle. Le choix dépend de votre niveau de rémunération prévu, de l'importance que vous accordez à la protection sociale, et de votre stratégie de développement à moyen terme. L'Expert-Comptable.com vous accompagne gratuitement dans la création de votre société et vous aide à faire le bon choix selon votre situation.
Questions fréquentes sur le passage de micro-entreprise à société
À partir de quel chiffre d'affaires faut-il passer en société ?
Les plafonds légaux en 2026 sont 188 700 € pour la vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services. Mais passer en société avant ces seuils peut être judicieux dès que votre bénéfice dépasse 40 à 50 000 € nets, car l'IS devient souvent plus avantageux que le barème IR à ce niveau.
Peut-on transformer sa micro-entreprise en société ?
Non, au sens juridique. La micro-entreprise ne se "transforme" pas — elle est fermée (radiation) et une nouvelle société est créée séparément. Les deux démarches peuvent être menées en parallèle pour assurer une continuité d'activité. La radiation de la micro se fait sur guichet-entreprises.fr.
Faut-il fermer sa micro-entreprise avant de créer sa société ?
Pas nécessairement au même moment. Vous pouvez créer la société d'abord, démarrer l'activité sous la nouvelle structure, puis radier la micro-entreprise une fois la transition opérationnelle. Veillez à ne pas exercer la même activité simultanément sous les deux statuts pour éviter tout risque de requalification ou de conflit d'intérêts.
SASU ou EURL : que choisir en solo ?
La SASU offre une meilleure couverture sociale (régime général, accès au chômage) mais coûte plus cher en cotisations. L'EURL optimise les charges sociales (régime TNS) au prix d'une protection moins étendue. Si vous avez un patrimoine à protéger et des revenus importants, la SASU est souvent privilégiée. Si vous optimisez les charges à court terme, l'EURL est plus avantageuse.
Que devient la TVA lors du passage en société ?
En micro-entreprise, vous bénéficiez souvent de la franchise en base de TVA. En société, cette franchise reste applicable si votre CA reste sous les seuils (77 700 € services, 188 700 € ventes). Au-delà, vous devenez assujetti à la TVA dès le 1er euro et devez la facturer à vos clients, la déclarer périodiquement et la reverser au Trésor public.
Comment sont calculées les cotisations sociales en société ?
Cela dépend du régime social. En SASU (régime général), les cotisations se calculent sur la rémunération versée — si vous ne vous versez pas de salaire, vous ne payez pas de cotisations (mais vous n'ouvrez pas de droits). En EURL TNS, les cotisations sont calculées sur le bénéfice net si soumis à l'IR, ou sur la rémunération si option IS.
Sources et références
Entreprendre.service-public.fr — Choisir un statut juridique
Entreprendre.service-public.fr — Impôt sur les sociétés : taux et déclaration
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