- Le compte courant d'associé : c'est la solution la plus simple pour injecter des fonds sans modifier le capital.
- La réduction d'impôt IR-PME : elle permet de récupérer 18 % des sommes versées au capital d'une PME non cotée.
- L'emprunt bancaire : il nécessite un dossier solide et des garanties pour convaincre les banques de financer votre projet.
- Les dons familiaux : depuis le 1er janvier 2026, ils doivent être déclarés obligatoirement en ligne sur impots.gouv.fr.
- L-Expert-Comptable.com : un expert dédié peut établir votre prévisionnel financier pour renforcer un dossier de financement.
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L'apport en compte courant d'associé
C'est le moyen le plus simple d'apporter de l'argent à son entreprise. Aucune augmentation de capital n'est requise (et donc pas de convocation d'assemblée générale extraordinaire) et l'apporteur peut récupérer à tout moment les fonds mis à disposition de l'entreprise. L'apport peut de plus être rémunéré par des intérêts déductibles du résultat imposable de la société.
En contrepartie, cette voie ne permet pas d'accroître la quote-part dans le capital. Dans les sociétés pluripersonnelles, les associés qui privilégient les augmentations de capital accroissent leur pouvoir de décision par rapport à ceux qui injectent de l'argent uniquement en compte courant.
Les intérêts versés sur le compte courant d'associé sont fiscalement déductibles pour la société dans la limite du taux d'intérêt maximal fixé par l'administration (taux des avances de la Banque de France majoré de 0,5 point). Au-delà, les intérêts seraient requalifiés. Pour en savoir plus sur ce mécanisme, consultez notre article sur l'abandon de compte courant d'associé.
L'apport en capital : augmenter les fonds propres
Souscrire au capital initial ou aux augmentations de capital présente de nombreux avantages :
- l'apport confère des droits politiques (droits de vote) et financiers (droit aux dividendes) ;
- une plus-value pourra être constatée en cas de cession des titres reçus en contrepartie ;
- la souscription peut, sous certaines conditions, ouvrir droit à une réduction d'impôt sur le revenu (dispositif IR-PME dit "Madelin") ;
- la crédibilité de l'entreprise est renforcée avec un capital social plus important.
Toutefois, les apports en capital sont soumis à un formalisme contraignant (convocation d'une assemblée générale extraordinaire, accord des associés) et les sommes versées sont en principe bloquées, difficilement remboursables.
La réduction d'impôt IR-PME pour souscription au capital (dispositif Madelin)
Les personnes physiques qui souscrivent au capital d'une PME non cotée peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu (art. 199 terdecies-0 A du CGI). En 2026, les taux applicables sont les suivants :
- 18 % pour les souscriptions directes au capital de PME éligibles (taux de droit commun) ;
- 25 % pour les souscriptions au capital d'entreprises solidaires d'utilité sociale (ESUS) ;
- 30 % pour les souscriptions au capital de jeunes entreprises innovantes (JEI, JEIR, JEII).
La réduction s'applique sur les versements dans la limite de 50 000 € par an pour un célibataire et 100 000 € pour un couple. L'investisseur doit conserver les titres pendant au moins 5 ans. La réduction est soumise au plafonnement global des niches fiscales (10 000 € par an, ou 18 000 € avec certains investissements outre-mer).
L'ancienne réduction d'ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) pour souscription au capital de PME, qui permettait une réduction de 50 %, n'existe plus depuis la suppression de l'ISF le 1er janvier 2018. L'IFI qui l'a remplacé ne prévoit pas d'avantage fiscal pour investissement dans les PME.
L'emprunt bancaire
C'est le moyen le plus naturel de bénéficier d'un financement extérieur. Toutefois, les banques restent exigeantes : il convient de présenter un projet particulièrement crédible et de disposer de fonds propres suffisants. La solidité du dossier (plan de financement, prévisions, garanties) détermine largement les conditions obtenues. Consultez notre calculateur de remboursement d'emprunt pour simuler vos mensualités.
Le crédit inter-entreprises
La loi Macron a autorisé les prêts entre entreprises à compter du 1er janvier 2016. Une société peut ainsi prêter des fonds à une autre avec laquelle elle n'a aucun lien capitalistique, sous réserve de respecter des conditions strictes :
- l'échéance du prêt est courte (2 ans maximum) ;
- les deux entreprises doivent entretenir un lien économique justifié ;
- l'emprunteur est une TPE, PME ou ETI ;
- la société prêteuse doit être constituée sous forme de SA, SAS, SARL ou société coopérative, et disposer d'une trésorerie excédentaire ;
- le prêt doit être formalisé par un contrat écrit précisant notamment la durée, le taux et les modalités de remboursement.
La Banque Publique d'Investissement (BpiFrance)
BpiFrance offre des solutions de financement pour soutenir des projets spécifiques : développement de l'innovation, conquête de nouveaux marchés, reprise d'établissements, transition écologique. Ces solutions peuvent prendre la forme d'aides, de garanties, de cofinancements ou de financements mezzanine. Pour solliciter BpiFrance, les entreprises peuvent contacter une antenne régionale ou déposer une demande directement sur le site bpifrance.fr. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le rôle de BpiFrance dans le financement des petites entreprises.
Le crowdfunding (financement participatif)
Le financement participatif en ligne permet à de nombreux internautes d'investir dans un projet en quelques clics via des plateformes réglementées (soumises à l'agrément de l'AMF ou à la directive européenne ECSP depuis 2023). Les sommes versées peuvent prendre différentes formes : investissement en capital (equity crowdfunding), prêt (crowdlending), ou don avec ou sans contrepartie. Consultez notre article sur les acteurs du crowdfunding.
Les business angels
Les business angels sont des personnes physiques qui mettent à disposition d'une entreprise des fonds, leur savoir-faire et leur réseau. Il s'agit donc d'un véritable associé-entrepreneur qui participe, en échange de droits dans la société et des gains futurs, à la croissance de l'entreprise. Les business angels investissent généralement dans des entreprises innovantes à fort potentiel de croissance. Les entreprises plus conventionnelles auront davantage de difficultés à attirer ce type d'investisseur.
Les fonds d'investissement
Cette solution est réservée aux entreprises ayant un fort besoin de financement. Les fonds d'investissement sont des personnes morales dont le capital est détenu par de nombreux investisseurs (banques, assurances, particuliers). Ils investissent au capital de PME pour financer leur développement et rémunérer leurs souscripteurs. En contrepartie, ils sélectionnent drastiquement les entreprises cibles et accompagnent activement leur croissance (recrutements, acquisitions, structuration).
Les dons familiaux
Des dons peuvent être accordés dans le cadre de la sphère familiale pour financer une entreprise. Ces dons sont en principe soumis aux droits de mutation à titre gratuit, mais des abattements s'appliquent pour réduire la base imposable.
Abattements de droit commun (art. 779 du CGI, renouvelables tous les 15 ans)
- 100 000 € pour les dons aux enfants ou aux ascendants (par parent et par enfant) ;
- 31 865 € pour les dons aux petits-enfants ;
- 15 932 € pour les dons aux frères et sœurs ;
- 7 967 € pour les dons aux neveux et nièces.
Exonération spécifique pour les dons de sommes d'argent (art. 790 G du CGI)
En complément des abattements de droit commun ci-dessus, une exonération supplémentaire de 31 865 € s'applique spécifiquement aux dons de sommes d'argent, sous deux conditions : le donateur doit avoir moins de 80 ans et le bénéficiaire doit être majeur. Ce don familial de sommes d'argent peut être consenti à un enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, ou à un neveu/nièce en l'absence de descendant. Il se cumule avec l'abattement de droit commun.
Nouveauté 2026 : depuis le 1er janvier 2026, les dons manuels de sommes d'argent doivent être déclarés obligatoirement en ligne via l'espace "Mon espace Finances publiques" sur impots.gouv.fr (rubrique "Déclarer un don ou une cession de droits sociaux"). La déclaration doit être effectuée dans le mois suivant le don. Le formulaire papier Cerfa 2735 n'est plus accepté, sauf exception.
Tableau récapitulatif des moyens de financement
| Mode de financement | Avantage principal | Contrainte principale |
|---|---|---|
| Compte courant d'associé | Simple, flexible, remboursable à tout moment | N'augmente pas la quote-part au capital |
| Apport en capital / augmentation de capital | Renforce les fonds propres, réduction IR-PME possible (18 %-30 %) | Formalisme lourd, fonds bloqués |
| Emprunt bancaire | Solution classique, montants élevés possibles | Dossier solide et garanties exigés |
| Crédit inter-entreprises | Accessible aux TPE/PME sans banque | Durée max 2 ans, lien économique requis |
| BpiFrance | Aides, garanties, cofinancements dédiés aux PME | Projets ciblés (innovation, export, reprise) |
| Crowdfunding | Financement sans intermédiaire bancaire | Campagne à gérer, succès non garanti |
| Business angels | Apport de fonds + réseau + expertise | Réservé aux projets innovants à fort potentiel |
| Fonds d'investissement | Forts montants, accompagnement stratégique | Sélectivité très élevée, dilution du capital |
| Dons familiaux | Abattements fiscaux (jusqu'à 131 865 € par parent/enfant) | Déclaration en ligne obligatoire depuis le 01/01/2026 |
Pour aller plus loin, consultez également nos articles sur la gestion de la trésorerie, sur la capacité d'autofinancement (CAF), et sur les moyens d'aider ses enfants à développer une entreprise.
Questions courantes sur l'apport d'argent au sein de son entreprise : compte courant d’associé, capital, emprunt et aides
Qu’est-ce qu’un compte courant d’associé ?
Le compte courant d’associé est un mécanisme permettant à un associé de prêter de l’argent à sa société, sans modifier le capital social. Il s’agit d’un financement simple, rapide et flexible, souvent utilisé pour répondre à un besoin de trésorerie ponctuel. Les sommes peuvent en principe être remboursées à tout moment, sous réserve de la situation financière de l’entreprise.
Quels sont les avantages du compte courant d’associé ?
Le principal avantage du compte courant d’associé réside dans sa souplesse de mise en place puisqu’il ne nécessite ni assemblée générale extraordinaire ni formalités lourdes. Il peut également être rémunéré par des intérêts, lesquels sont déductibles du résultat imposable de la société dans certaines limites fiscales.
Quels sont les inconvénients du compte courant d’associé ?
Le compte courant d’associé ne permet pas d’augmenter la participation au capital ni d’obtenir davantage de droits de vote. Il s’agit d’un simple prêt, sans impact sur le pouvoir décisionnel. Par ailleurs, le remboursement dépend de la trésorerie de l’entreprise, ce qui peut limiter la disponibilité réelle des fonds.
Quelle est la différence entre compte courant d’associé et apport en capital ?
La différence essentielle est juridique et financière. Le compte courant d’associé correspond à un prêt remboursable, tandis que l’apport en capital constitue un investissement durable donnant accès à des droits politiques (vote) et financiers (dividendes). Le capital renforce également les fonds propres de l’entreprise, ce qui améliore sa crédibilité auprès des partenaires financiers.
Pourquoi réaliser une augmentation de capital ?
L’augmentation de capital permet de renforcer la structure financière de l’entreprise, d’améliorer sa solvabilité et de rassurer les banques et investisseurs. Elle offre aussi la possibilité de bénéficier, sous conditions, d’une réduction d’impôt sur le revenu (dispositif IR-PME dit Madelin). En contrepartie, les fonds sont généralement immobilisés sur le long terme.
Qu’est-ce que la réduction d’impôt IR-PME (Madelin) ?
La réduction IR-PME est un avantage fiscal accordé aux particuliers investissant dans le capital de PME non cotées. En 2026, elle peut atteindre 18 %, 25 % ou 30 % selon le type d’entreprise, dans la limite de plafonds annuels. Les titres doivent être conservés pendant au moins cinq ans pour bénéficier définitivement de cet avantage.
Qui sont les business angels ?
Les business angels sont des investisseurs privés qui financent des entreprises à fort potentiel en échange d’une participation au capital. Au-delà de l’apport financier, ils offrent un accompagnement stratégique, un réseau et une expertise, ce qui en fait un levier précieux pour les startups innovantes.
Les fonds d’investissement sont-ils accessibles à toutes les entreprises ?
Les fonds d’investissement ciblent principalement des entreprises en forte croissance avec des besoins de financement importants. Leur intervention implique généralement une entrée au capital et une certaine perte de contrôle, en contrepartie d’un accompagnement stratégique et de moyens financiers conséquents.
Sources et références
Service-public Entreprendre — Réduction d'impôt IR-PME
Economie.gouv.fr — Réduction Madelin 2026
Economie.gouv.fr — Comment faire une donation 2026
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