- La TVA : elle reste le premier impôt collecté en France avec environ 211 milliards d'euros de recettes en 2025.
- L'impôt sur le revenu : environ la moitié des foyers fiscaux français ne le paient pas du fait de la progressivité du barème.
- Le PFU en 2026 : son taux passe de 30 % à 31,4 % sur les dividendes et les plus-values mobilières avec l'ajout de la CFA.
- Les prélèvements obligatoires en France : ils représentent 44 à 45 % du PIB, parmi les taux les plus élevés de l'OCDE.
- La CVAE : cet impôt de production sur les entreprises a été définitivement supprimé au 1er janvier 2024.
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Le classement des impôts par rendement en 2025
En 2025, les recettes fiscales nettes collectées par la DGFiP pour l'ensemble des affectataires (État, collectivités territoriales, sécurité sociale) ont progressé de 7,1 %, soit plus vite que le PIB (+2,0 %). Cette dynamique est portée non pas par la TVA — dont le rendement est resté atone — mais par l'impôt sur le revenu et des contributions exceptionnelles sur les grandes entreprises.
| Impôt / contribution | Rendement 2025 (estimé) | Part des recettes fiscales brutes | Affectataire principal |
|---|---|---|---|
| TVA | ~211,7 Md€ collectés (part État : ~107 Md€) | ≈35 % | État, sécu, collectivités |
| CSG et contributions sociales | ~168 Md€ (CSG seule) + cotisations ~400 Md€ | Premier poste en comptabilité nationale | Sécurité sociale |
| Impôt sur le revenu (IR) | ~100 Md€ (part État nette) | ≈15,6 % (IR + CDHR) | État |
| Impôt sur les sociétés (IS) | ~67 Md€ (IS + contribution exceptionnelle) | ≈11,4 % | État |
| Taxes foncières et annexes | ~55 Md€ | ≈9 % | Collectivités territoriales |
| Accises énergie (ex-TICPE, électricité, gaz) | ~45 Md€ | Variable selon périmètre | État |
| Taxes tabac et alcool | ~16 Md€ | Variable | Sécurité sociale / État |
| IFI | <2 Md€ | Marginal | État |
Ces chiffres correspondent aux recettes brutes collectées par la DGFiP sur l'ensemble des affectataires. Les recettes nettes du budget général de l'État seul en 2025 s'établissent à 356,4 Md€, soit 30,7 Md€ de plus qu'en 2024. Une large part de la TVA et des accises est en effet reversée aux collectivités territoriales et à la sécurité sociale.
La TVA : premier impôt de France, mais en perte de vitesse
La TVA reste la première recette fiscale collectée, avec 211,7 Md€ de TVA économique déclarés en 2025. Elle représente environ 35 % des recettes fiscales brutes selon les évaluations révisées du PLF 2026. Elle s'applique à presque toutes les transactions économiques au taux normal de 20 %, ou à des taux réduits (10 %, 5,5 %, 2,1 %).
Environ la moitié de ces recettes revient à l'État, l'autre moitié étant partagée entre les collectivités territoriales (~52 Md€ en 2024) et la sécurité sociale (~58 Md€ en 2024).
Malgré son poids dominant, la TVA a constitué le principal point de faiblesse des recettes en 2025 : sa croissance a été quasi nulle (+0,5 Md€ seulement, soit +0,2 %), pénalisée par le manque de dynamisme de la consommation des ménages, la désinflation rapide et des remboursements de crédits de TVA aux entreprises soutenus. Cette atonie de la TVA s'observe depuis 2023 et contraste avec la forte progression des autres impôts.
L'impôt sur le revenu : progressif, redistributif, dynamique en 2025
L'impôt sur le revenu est emblématique par sa progressivité et son rôle redistributif. Son barème 2026 (sur les revenus 2025) s'articule en cinq tranches :
| Tranche de revenu net imposable | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 11 497 € | 0 % |
| 11 498 € à 29 315 € | 11 % |
| 29 316 € à 83 823 € | 30 % |
| 83 824 € à 180 294 € | 41 % |
| Au-delà de 180 294 € | 45 % |
En 2025, les recettes d'IR ont progressé de +7,9 %, portées par la croissance des revenus réels et une élasticité naturelle élevée du barème progressif (toute hausse des revenus supérieure à l'inflation entraîne une hausse du taux moyen). La nouvelle contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), instaurée pour garantir un taux minimal d'imposition de 20 % aux foyers dont le revenu fiscal dépasse 250 000 € (500 000 € pour un couple), a cependant déçu : elle n'a rapporté que 0,4 Md€ au lieu des 1,9 Md€ attendus.
Près de la moitié des foyers fiscaux (environ 20 millions sur 40 millions) ne paient pas d'IR, en raison des exonérations, du quotient familial et de la progressivité du barème. C'est pourquoi l'IR rapporte moins que la TVA ou les prélèvements sociaux, dont l'assiette est beaucoup plus large.
Les contributions sociales : le premier prélèvement en comptabilité nationale
En comptabilité nationale (périmètre large incluant l'ensemble des administrations de sécurité sociale), les cotisations sociales et contributions constituent le premier poste de prélèvements obligatoires, bien au-delà de l'IR ou de la TVA.
La CSG (Contribution Sociale Généralisée), créée en 1991, est un impôt proportionnel prélevé sur une assiette très large — salaires, pensions, revenus du capital, allocations chômage. Son rendement s'établissait à ~153 Md€ en 2024 (source : FIPECO / Commission des comptes de la sécurité sociale). Une hausse d'un point de l'ensemble des taux de CSG rapporterait environ 17 Md€.
Nouveauté 2026 : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a instauré une contribution financière pour l'autonomie (CFA) de 1,4 point, s'ajoutant à la CSG sur certains revenus du capital. En pratique :
- La CSG sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, revenus des loueurs meublés non professionnels passe de 9,2 % à 10,6 %
- Les prélèvements sociaux totaux sur ces revenus passent de 17,2 % à 18,6 %
- Le PFU (flat tax) passe de 30 % à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux)
- Ne sont pas concernés : revenus fonciers classiques, plus-values immobilières, Livret A, LDDS, PEL, CEL, assurance-vie
L'impôt sur les sociétés : un rebond exceptionnel en 2025
L'IS a connu un rebond marqué en 2025, principalement dû à des mesures exceptionnelles. La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (applicable aux entreprises dont le CA dépasse 1 Md€) a rapporté 7,5 Md€ en 2025, proche de la prévision de 7,8 Md€. Elle a été prorogée avec les mêmes taux par la loi de finances pour 2026.
Hors contribution exceptionnelle, l'IS "structurel" reste peu dynamique : la faible progression du résultat fiscal des entreprises en 2023-2024 se traduit avec décalage sur les acomptes versés en 2025. Le taux normal d'IS reste à 25 %, avec un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles.
Les taxes comportementales : accises, tabac, carburants
Les accises sur l'énergie ont constitué une des plus fortes hausses de recettes en 2025 avec +73,7 %, en lien avec la fin progressive du bouclier tarifaire sur l'énergie et la hausse des tarifs sur le gaz et l'électricité. Ces taxes finançaient anciennement le budget de l'État sous le nom de TICPE (carburants), TICGN (gaz), TICFE (électricité) — désormais regroupées sous la dénomination "accises" depuis la réforme de 2022.
Les taxes sur le tabac et l'alcool, transférées de la DGDDI à la DGFiP en 2024, représentent environ 16 Md€ et sont principalement affectées à la sécurité sociale.
Les impôts locaux : taxe foncière, CFE, DMTO
Les recettes fiscales affectées aux collectivités territoriales représentent environ 55 à 60 Md€ via la taxe foncière et ses annexes (9 % des recettes fiscales brutes). À cela s'ajoutent la part de TVA transférée (~52 Md€) et les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui ont progressé de +2,9 Md€ en 2025, signe d'une reprise du marché immobilier.
Deux points réglementaires à noter :
- La CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) a été supprimée au 1er janvier 2024. Son rendement était encore en forte baisse en 2025 (-30,1 %), correspondant aux reliquats de la suppression progressive.
- La taxe d'habitation sur la résidence principale a été supprimée pour tous les foyers depuis 2023. Elle subsiste uniquement sur les résidences secondaires.
- La CFE (cotisation foncière des entreprises) reste en vigueur et a progressé légèrement en 2025.
L'IFI : un impôt symbolique
L'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière), qui a remplacé l'ISF en 2018, ne concerne que le patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 M€ et produit un rendement inférieur à 2 Md€. Son taux varie de 0,5 % à 1,5 % selon la tranche de patrimoine taxable. Il joue davantage un rôle de signal politique que de levier budgétaire significatif.
Trajectoire budgétaire : des recettes en hausse, mais un déficit qui demeure
En 2025, les recettes nettes du budget général de l'État se sont établies à 311,35 Md€, soit 4 Md€ au-dessus de la prévision de la loi de finances de fin de gestion (LFG). Ce résultat positif résulte d'une amélioration de l'IS (+1,7 Md€) et de la TVA nette État (+1,6 Md€), les recettes d'IR étant en ligne avec les prévisions.
Les prélèvements obligatoires (impôts + taxes + cotisations sociales) représentent environ 44 à 45 % du PIB en France, ce qui place le pays parmi les États les plus taxés de l'OCDE. Cette proportion devrait rester stable à court terme, malgré les efforts de maîtrise du déficit public.
Questions fréquentes sur les recettes fiscales
Quel est le premier impôt de France en montant collecté ?
La TVA, avec 211,7 Md€ collectés en 2025 (≈35 % des recettes fiscales brutes). Mais si l'on inclut les cotisations sociales, la CSG et autres prélèvements sociaux, les contributions au financement de la protection sociale dépassent largement la TVA en comptabilité nationale.
Pourquoi l'IR rapporte-t-il moins que la TVA ?
L'IR est progressif et dispose d'une assiette étroite : environ la moitié des foyers fiscaux français ne le paient pas. La TVA, elle, s'applique à presque toutes les consommations de tous les Français — imposables ou non. Sa base est donc plus large, même si son taux apparent (20 %) peut paraître plus bas que le taux marginal supérieur de l'IR (45 %).
Le PFU a-t-il changé en 2026 ?
Oui. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur certains revenus du capital de 1,4 point. Le PFU passe donc de 30 % à 31,4 % pour les dividendes, intérêts et plus-values mobilières, via l'ajout d'une contribution financière pour l'autonomie (CFA). Les revenus fonciers classiques et les plus-values immobilières ne sont pas concernés.
Qu'est-il arrivé à la CVAE et à la taxe d'habitation ?
Les deux ont été supprimées. La taxe d'habitation sur la résidence principale a disparu pour tous les foyers depuis 2023. La CVAE (impôt de production sur la valeur ajoutée des entreprises) a été supprimée au 1er janvier 2024. Elle ne subsiste qu'en reliquats décroissants dans les statistiques 2024-2025.
Sources et références
DGFiP — Les recettes fiscales collectées par la DGFiP en 2025 (mars 2026)
Budget.gouv.fr — Situation mensuelle budgétaire — décembre 2025
INSEE — Recettes du budget général — PLF 2026
Presse.economie.gouv.fr — Solde budgétaire de l'État 2025 (janvier 2026)
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