- L'AFE atteint 2 000 € par contrat de professionnalisation : France Travail la verse pour tout demandeur d'emploi d'au moins 26 ans recruté à temps plein.
- Les +45 ans permettent de cumuler AFE et PEPS : l'aide totale atteint 4 000 € pour l'embauche d'un demandeur d'emploi senior à temps plein.
- Les exonérations spécifiques au contrat de professionnalisation ont été supprimées : seule la RGDU (ex-réduction Fillon) s'applique, comme pour tout autre salarié.
- L'OPCO prend en charge les frais de formation : l'employeur doit transmettre le contrat dans les 5 jours suivant la signature pour déclencher le financement.
- L-Expert-Comptable.com gère les formalités d'embauche via son partenaire Apy : fiches de paie, déclarations sociales et suivi administratif sont pris en charge pour les TPE.
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Le contrat de professionnalisation est un contrat d'alternance permettant d'acquérir une qualification professionnelle reconnue, en associant formation théorique et pratique en entreprise. Il s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans révolus souhaitant compléter leur formation initiale, mais aussi c'est une spécificité importante aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, aux bénéficiaires du RSA, de l'ASS ou de l'AAH, et aux personnes en CUI. En 2026, plusieurs aides restent accessibles aux employeurs, mais le paysage a évolué depuis 2019 : certaines exonérations spécifiques ont disparu, l'aide exceptionnelle de 6 000 € a été supprimée en 2024, et l'OPCA a été remplacé par l'OPCO. Voici le point complet sur les aides actuellement en vigueur.
L'Aide Forfaitaire à l'Employeur (AFE) en 2026
L'Aide Forfaitaire à l'Employeur (AFE) est une aide versée par France Travail à tout employeur qui embauche un demandeur d'emploi inscrit, âgé de 26 ans ou plus, dans le cadre d'un contrat de professionnalisation en CDD ou CDI. Son montant maximal est de 2 000 € pour un temps plein. En cas de temps partiel, le montant est calculé au prorata du temps de travail.
L'AFE est versée en deux échéances :
- 1 000 € après 3 mois d'exécution du contrat ;
- 1 000 € (solde) après 10 mois d'exécution, à condition que le contrat ne soit pas rompu avant cette échéance.
Trois mois après chaque versement, l'employeur doit envoyer à France Travail une attestation confirmant que le contrat de professionnalisation se poursuit.
Conditions pour bénéficier de l'AFE
- Le salarié embauché doit être un demandeur d'emploi inscrit à France Travail, âgé d'au moins 26 ans au premier jour d'exécution du contrat ;
- L'entreprise ne doit pas avoir procédé à un licenciement économique sur le poste concerné dans les 6 mois précédant l'embauche ;
- Le salarié embauché ne doit pas avoir fait partie des effectifs de l'entreprise dans les 6 mois précédant la signature du contrat ;
- L'employeur doit être à jour de ses cotisations et contributions sociales auprès de l'Urssaf et des autres organismes de recouvrement. En cas de retard, il dispose d'un délai de 15 mois à compter du début du contrat pour se mettre en conformité.
La demande d'AFE doit être déposée auprès de France Travail au plus tard 3 mois après le début d'exécution du contrat de professionnalisation, accompagnée d'une copie du contrat signé (volet 1 du cerfa n° 12434-01) et d'un justificatif de coordonnées bancaires.
L'AFE n'est pas cumulable avec les contrats d'insertion de type CI-RMA. En revanche, elle est cumulable avec les exonérations de cotisations patronales (RGDU) et avec l'aide spécifique pour les demandeurs d'emploi de 45 ans et plus. Consultez notre article sur les aides de France Travail (ex-Pôle Emploi) pour un panorama complet.
L'aide à l'embauche des demandeurs d'emploi de 45 ans et plus (PEPS)
En plus de l'AFE, une aide complémentaire est versée par France Travail lorsque le demandeur d'emploi embauché a 45 ans ou plus. Appelée PEPS (Prime à l'Embauche d'un Senior), cette aide est plafonnée à 2 000 € maximum, versée selon les mêmes modalités que l'AFE (1 000 € après 3 mois, 1 000 € après 10 mois).
Les conditions sont identiques à celles de l'AFE : pas de licenciement économique sur le poste dans les 6 mois précédents, salarié absent des effectifs depuis 6 mois, employeur à jour de ses obligations sociales, demande à formuler auprès de France Travail dans les 3 mois suivant le début du contrat.
Cumul possible : l'AFE et la PEPS sont cumulables, ce qui porte l'aide totale à 4 000 € maximum pour l'embauche d'un demandeur d'emploi de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation à temps plein.
Les exonérations de charges sociales pour le contrat de professionnalisation en 2026
Depuis la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018, la structure des exonérations applicables au contrat de professionnalisation a été simplifiée. Il n'existe plus d'exonération spécifique liée au seul fait d'embaucher en contrat de professionnalisation : le régime de droit commun s'applique.
La Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU) — ex-réduction Fillon
Depuis le 1er janvier 2026, la réduction Fillon a été remplacée par la RGDU (Réduction Générale Dégressive Unique). Elle s'applique à tous les salariés — y compris ceux en contrat de professionnalisation — dont la rémunération est inférieure à 3 SMIC brut annuel (soit 65 629 € en 2026, contre 1,6 SMIC auparavant). Le taux de réduction peut atteindre jusqu'à 39,81 % ou 40,21 % pour un salaire au SMIC selon la taille de l'entreprise.
L'exonération spécifique pour l'embauche en contrat de professionnalisation d'un demandeur d'emploi de plus de 45 ans a été supprimée au 1er janvier 2019 par la loi Avenir professionnel. Il n'existe plus de dispositif d'exonération ciblé sur ce profil. Seule la RGDU s'applique, dans les conditions habituelles. La confusion avec l'aide financière PEPS (2 000 €) est fréquente : l'une est une aide en numéraire versée par France Travail, l'autre était une exonération de cotisations patronales — cette dernière a disparu.
Ce qui a aussi disparu depuis 2019
La loi Avenir professionnel a également supprimé l'exonération de cotisations AT/MP applicable aux groupements d'employeurs (GEIQ) organisant des contrats de professionnalisation pour des jeunes de 16 à 25 ans ou des demandeurs d'emploi de 45 ans et plus. Les GEIQ bénéficient désormais d'une aide spécifique à l'accompagnement (814 € par an et par personne accompagnée), mais plus d'exonération de cotisations patronales spécifique.
Embauche d'un travailleur handicapé en contrat de professionnalisation
Pour l'embauche d'une personne en situation de handicap en contrat de professionnalisation d'une durée minimale de 6 mois, l'Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l'Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées) peut verser une aide pouvant atteindre 5 000 €, proratisée en fonction de la durée du contrat. Cette aide est cumulable avec l'AFE et la PEPS.
Cette aide Agefiph peut également être complétée par :
- des aides à l'aménagement du poste de travail pour l'adapter au handicap du salarié ;
- des aides à l'accessibilité des locaux si nécessaire.
La demande d'aide Agefiph doit être adressée directement à l'Agefiph, indépendamment de la demande d'AFE faite auprès de France Travail. Pour un panorama des aides à l'embauche, consultez notre article sur les aides à l'embauche disponibles.
Le financement de la formation : l'OPCO prend en charge les frais pédagogiques
L'un des principaux avantages du contrat de professionnalisation pour l'employeur est que les frais de formation sont généralement pris en charge par l'OPCO (Opérateur de Compétences) dont dépend l'entreprise — et non par l'OPCA, qui a été remplacé par les OPCO depuis le 1er janvier 2020 suite à la loi Avenir professionnel.
Le niveau de prise en charge est fixé par un barème de branche, défini soit par accord de branche, soit par France Compétences. Il varie selon la branche professionnelle et le type de certification visée. L'employeur doit adresser le contrat de professionnalisation à son OPCO dans les 5 jours calendaires suivant sa signature, par voie dématérialisée sur le portail de l'OPCO. L'OPCO dispose ensuite de 20 jours calendaires pour contrôler la conformité du contrat et notifier sa décision de prise en charge financière.
La prise en charge couvre généralement :
- les frais pédagogiques de la formation théorique ;
- certains frais annexes liés à la formation selon les accords de branche ;
- la rémunération du tuteur selon les règles de la branche.
Si l'OPCO ne prend pas en charge la totalité des frais de formation, les entreprises de moins de 11 salariés peuvent imputer le reste à charge sur leur plan de développement des compétences. Pour comprendre les différentes voies de financement de la formation professionnelle, consultez notre article sur le financement de la formation professionnelle.
Indemnité de fin de contrat : ce qui est dû ou non
L'indemnité de précarité (également appelée indemnité de fin de contrat), normalement due au terme d'un CDD et correspondant à 10 % du total des rémunérations brutes versées, n'est pas due à l'issue d'un contrat de professionnalisation en CDD. Cette dispense est prévue par la loi et constitue un avantage supplémentaire pour l'employeur.
Ce que beaucoup d'employeurs ignorent encore sur le contrat de professionnalisation en 2026
Le contrat de professionnalisation a perdu une grande partie de son attractivité apparente depuis la suppression de l'aide exceptionnelle de 6 000 € au 1er mai 2024. Les chiffres le confirment : selon la DARES, 88 000 contrats de professionnalisation ont débuté en 2024, soit une baisse de 24 % par rapport à 2023. Beaucoup d'employeurs ont donc réduit leur recours à ce dispositif — mais pas toujours pour les bonnes raisons.
Ce qui est souvent oublié : le cumul AFE + PEPS permet d'atteindre 4 000 € d'aide pour tout demandeur d'emploi de 45 ans et plus recruté en contrat de professionnalisation. Combiné à la RGDU sur les cotisations patronales et à la prise en charge de la formation par l'OPCO, le coût réel de l'embauche d'un senior en reconversion est nettement plus faible que ce que les employeurs estiment a priori. Un demandeur d'emploi de 47 ans payé au niveau bac +2 peut ainsi coûter à l'employeur un salaire net de charges proches de zéro la première année, en tenant compte de toutes les aides.
Autre point méconnu : depuis 2019, le contrat de professionnalisation est également ouvert aux bénéficiaires du RSA, de l'ASS et de l'AAH. Ces profils ouvrent aux mêmes aides que les demandeurs d'emploi inscrits, et la formation est toujours prise en charge par l'OPCO. Notre simulateur du coût total d'un salarié permet d'estimer les charges réelles après application de la RGDU.
Questions fréquentes sur les aides au contrat de professionnalisation
L'aide de 6 000 € pour les contrats de professionnalisation existe-t-elle encore en 2026 ?
Non. L'aide exceptionnelle de 6 000 € pour l'embauche de jeunes de moins de 30 ans en contrat de professionnalisation a été supprimée au 1er mai 2024. Elle n'est plus mobilisable pour les nouveaux contrats. Les aides disponibles en 2026 pour le contrat de professionnalisation sont l'AFE (2 000 €), la PEPS pour les +45 ans (2 000 € supplémentaires) et l'aide Agefiph pour les personnes handicapées (jusqu'à 5 000 €).
L'AFE est-elle automatiquement versée ?
Non. L'AFE n'est pas automatique. L'employeur doit en faire la demande auprès de France Travail dans les 3 mois suivant le début du contrat, en fournissant une copie du contrat signé et un RIB. Sans cette démarche dans les délais, l'aide est perdue. Le formulaire de demande AFE est disponible sur le site de France Travail.
Le contrat de professionnalisation donne-t-il droit à des exonérations spécifiques de charges ?
Non, plus depuis 2019. La loi Avenir professionnel a supprimé les exonérations spécifiques liées au contrat de professionnalisation (notamment celle pour les +45 ans et pour les groupements d'employeurs). Depuis le 1er janvier 2019, seule la réduction générale de cotisations patronales — devenue la RGDU depuis le 1er janvier 2026 — s'applique sur les salaires des alternants en contrat de professionnalisation, dans les mêmes conditions que pour les autres salariés.
Qui prend en charge les frais de formation en 2026 ?
L'OPCO (Opérateur de Compétences) dont dépend l'entreprise prend en charge les frais pédagogiques de la formation, selon un barème défini par la branche professionnelle ou par France Compétences. L'employeur doit transmettre le contrat à son OPCO dans les 5 jours calendaires suivant la signature. L'OPCO peut refuser la prise en charge si le contrat n'est pas conforme. En pratique, la grande majorité des formations courantes aux métiers du secteur sont prises en charge intégralement. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le financement de la formation professionnelle.
Peut-on cumuler le contrat de professionnalisation avec un CPF ?
Non directement : pendant l'exécution d'un contrat de professionnalisation, la formation est financée par l'OPCO dans le cadre du contrat, pas par le CPF. En revanche, le CPF peut intervenir en amont (avant la signature du contrat) pour financer une formation préparatoire, ou ultérieurement pour compléter le parcours du salarié après la fin du contrat. Consultez notre article sur le CPF et la formation professionnelle pour en savoir plus.
Quelle est la différence entre contrat de professionnalisation et contrat d'apprentissage ?
Les deux sont des contrats d'alternance, mais ils diffèrent par leur public cible, leur régime social et les aides associées. Le contrat d'apprentissage est davantage orienté jeunes en formation initiale (jusqu'à 29 ans en général), avec des exonérations de cotisations salariales jusqu'à 50 % du SMIC et une aide unique de 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés (niveau bac). Le contrat de professionnalisation vise à la fois les jeunes et les demandeurs d'emploi adultes, avec l'AFE comme aide principale. Pour comparer les aides disponibles en apprentissage en 2026, consultez notre article sur les aides à l'apprentissage 2026.
Sources et références
Service-public.fr — Contrat de professionnalisation
France Travail / Entreprendre.service-public.fr — Aides à l'embauche en contrat de professionnalisation
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