- La grille salariale de l'apprenti en 2026 : les montants vont de 492 € à 1 823 € brut mensuel selon l'âge et l'année de contrat.
- La réforme de mars 2025 abaisse le seuil d'exonération : les cotisations salariales s'appliquent désormais dès 50 % du SMIC pour les contrats récents.
- Le salaire de l'apprenti est exonéré d'impôt sur le revenu : dans la limite du SMIC annuel, soit 21 876 € en 2026.
- La majoration de palier d'âge s'applique le 1er du mois suivant : un apprenti qui fête ses 21 ans en juin est revalorisé dès le 1er juillet.
- La gestion de la paie des apprentis implique des règles spécifiques : L-Expert-Comptable.com accompagne les employeurs sur leurs obligations sociales via son partenaire Apy.
Noté 4,9/5
Le salaire minimum de l'apprenti en 2026
Un étudiant sous contrat d'apprentissage est considéré comme un salarié. Il dispose des mêmes droits et obligations : il respecte des horaires de travail, des objectifs fixés, et il est rémunéré. Son salaire minimum est calculé en pourcentage du SMIC, selon une grille qui varie en fonction de son âge et de son année de formation.
Cette grille est indicative d'un plancher légal. Des dispositions contractuelles ou conventionnelles peuvent prévoir une rémunération plus favorable. C'est notamment le cas dans les conventions collectives de la coiffure, du bâtiment ou de la blanchisserie, et dans toute branche dont le salaire minimum conventionnel (SMC) dépasse le SMIC. À partir de 21 ans, l'employeur doit appliquer le plus favorable des deux.
L'apprenti bénéficie des mêmes modalités de rémunération des heures supplémentaires que les autres salariés de l'entreprise (majoration ou récupération en RTT selon les règles applicables).
Grille des salaires de l'apprenti en 2026
Au 1er janvier 2026, le SMIC mensuel brut est fixé à 1 823,03 € (soit 12,02 €/heure pour 35 heures hebdomadaires, +1,18 % par rapport à 2025). Les rémunérations minimales des apprentis évoluent en conséquence. La grille comporte désormais quatre tranches d'âge depuis la réforme opérée par la loi Avenir professionnel de 2018, dont la tranche "26 ans et plus" à 100 % du SMIC.
| Année de formation | Moins de 18 ans | 18 à 20 ans | 21 à 25 ans | 26 ans et plus |
|---|---|---|---|---|
| 1re année | 27 % — 492 € | 43 % — 784 € | 53 % — 966 € | 100 % — 1 823 € (ou SMC si supérieur) |
| 2e année | 39 % — 711 € | 51 % — 930 € | 61 % — 1 112 € | |
| 3e année | 55 % — 1 003 € | 67 % — 1 221 € | 78 % — 1 422 € |
Les montants en euros sont des salaires bruts mensuels minimaux, calculés sur la base du SMIC 2026 de 1 823,03 €. Pour calculer précisément le salaire net d'un apprenti selon son profil, utilisez notre simulateur de salaire apprenti brut/net.
Pour déterminer les pourcentages applicables, les années d'apprentissage se calculent de date à date à partir du début du contrat, pas en année civile. La majoration liée au passage dans une tranche d'âge supérieure (18, 21 ou 26 ans) s'applique à compter du 1er jour du mois suivant l'anniversaire de l'apprenti.
Prolongation, réduction et nouveau contrat : quel salaire appliquer ?
Plusieurs situations particulières méritent d'être connues :
- Si le contrat est prolongé suite à un échec à l'examen ou à une dérogation sur la date de début, le salaire applicable pendant la prolongation est celui de la dernière année précédant cette prolongation.
- Si le contrat est réduit d'un an, l'apprenti est considéré comme ayant déjà effectué une 1re année. Le salaire de la 2e année lui est donc immédiatement attribué.
- Si l'apprenti conclut un nouveau contrat avec le même employeur, sa rémunération doit être au moins égale à celle qu'il percevait lors de la dernière année du contrat précédent.
- Si l'apprenti conclut un nouveau contrat avec un employeur différent, son salaire doit être au moins équivalent au minimum auquel il pouvait prétendre lors de la dernière année du contrat précédent.
- En cas de prolongation d'une année supplémentaire non prévue initialement, la rémunération correspond à celle de l'année précédente majorée de 15 % du SMIC.
L'employeur qui ne respecte pas ces minima s'expose aux sanctions prévues pour les contraventions de 5e classe, cumulatives : elles s'appliquent autant de fois qu'il y a d'apprentis rémunérés dans des conditions illégales.
Compléments de salaire de l'apprenti
L'apprenti bénéficie des avantages conventionnels ou des avantages résultant d'un usage ou d'un engagement unilatéral de l'employeur, comme une prime de 13e mois ou une prime de fin d'année. Ces primes ne doivent pas être proratisées en fonction du temps passé en CFA.
L'apprenti bénéficie également de compléments de salaire tels que la participation et l'intéressement, dans les mêmes conditions que les autres salariés. Il a par ailleurs droit à la prise en charge de ses frais de transport domicile-travail dans les conditions de droit commun.
Charges sociales et fiscales du salaire de l'apprenti
Le régime social de l'apprenti a subi des modifications importantes depuis 2019, et à nouveau depuis le 1er mars 2025. Il convient de distinguer selon la date de signature du contrat.
Exonérations de cotisations salariales
Pour les contrats signés avant le 1er mars 2025, l'exonération totale de cotisations salariales (y compris CSG et CRDS) s'applique dans la limite de 79 % du SMIC, soit environ 1 440 € en 2026. En dessous de ce seuil, l'apprenti perçoit un salaire net quasiment identique au brut.
Pour les contrats signés à partir du 1er mars 2025 (décret n° 2025-290 du 28 mars 2025), ce seuil est abaissé à 50 % du SMIC, soit environ 911 € en 2026. Au-delà de ce montant, les cotisations salariales classiques s'appliquent sur la fraction excédentaire, y compris CSG et CRDS (après abattement de 1,75 % pour frais professionnels).
Cette réforme a un impact concret sur les apprentis de plus de 21 ans, qui sont presque tous rémunérés au-dessus de 50 % du SMIC. Un apprenti de 22 ans en 3e année (78 % du SMIC, soit ~1 422 € brut) voit son salaire net diminuer d'environ 100 à 120 € par mois par rapport à un contrat signé avant mars 2025. Pour estimer précisément l'impact sur votre situation, utilisez notre simulateur de salaire apprenti.
Exonérations de cotisations patronales
Depuis la réforme de 2019, les exonérations patronales spécifiques à l'apprentissage ont été supprimées. L'employeur cotise désormais comme pour un salarié classique, et la rémunération de l'apprenti entre dans le champ d'application de la Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU), anciennement réduction Fillon, réformée en 2026.
Il subsiste toutefois deux exonérations patronales spécifiques :
- Les entreprises de moins de 11 salariés (hors apprentis dans le décompte) et les artisans inscrits au répertoire des métiers restent exonérés de la taxe d'apprentissage et des contributions à la formation professionnelle et à la construction sur les rémunérations versées aux apprentis.
- Tous les employeurs, quelle que soit leur taille, sont exonérés de la contribution supplémentaire à la formation professionnelle normalement due pour les CDD, lorsque le contrat concerne un apprenti.
Pour calculer le coût réel d'un apprenti pour votre entreprise, notre simulateur d'embauche intègre les charges patronales applicables. Pour connaître les aides financières auxquelles vous pouvez prétendre pour accueillir un apprenti, consultez notre article sur les aides à l'apprentissage en 2026.
Avantages fiscaux pour l'apprenti
La rémunération de l'apprenti est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du SMIC, soit 21 876 € en 2026. Cette exonération s'applique même si le contrat débute ou se termine en cours d'année, sans proratisation. Seule la fraction de rémunération dépassant ce plafond est imposable et soumise au prélèvement à la source.
En pratique, la quasi-totalité des apprentis est totalement exonérée d'impôt sur le revenu sur leur salaire d'apprenti, puisque leur rémunération annuelle dépasse rarement 21 876 €.
Ce que la réforme de mars 2025 change concrètement pour les apprentis
Pendant des années, l'un des grands avantages du contrat d'apprentissage était que le salaire net était presque identique au brut. Un apprenti en 3e année à 21 ans touchait 78 % du SMIC brut et percevait quasiment la même chose en net, puisque tout son salaire était sous le seuil d'exonération de 79 % du SMIC.
Depuis le 1er mars 2025, ce n'est plus vrai pour les nouveaux contrats. Le seuil a été abaissé à 50 % du SMIC. Un apprenti de 22 ans en 3e année gagne 78 % du SMIC brut (~1 422 €), mais cotise désormais sur la fraction entre 50 % (~911 €) et 78 % (~1 422 €), soit sur environ 511 € de cotisations salariales. La perte de salaire net peut atteindre 100 à 120 €/mois selon le profil.
Pour les employeurs, l'impact est différent mais réel. La RGDU 2026 couvre désormais les salaires jusqu'à 3 SMIC, ce qui inclut tous les apprentis. Mais la suppression des taux réduits de cotisations maladie et allocations familiales (remplacés par la formule RGDU) peut modifier le calcul du coût réel. Notre simulateur d'embauche permet d'anticiper ce coût. Pour comprendre l'ensemble des nouvelles aides à l'apprentissage et des changements de mars 2026, consultez notre article dédié.
Questions courantes sur le salaire de l'apprenti
Quel est le salaire minimum d'un apprenti en 2026 ?
Le salaire minimum dépend de l'âge et de l'année de contrat. Il varie de 492 € (27 % du SMIC, pour un apprenti de moins de 18 ans en 1re année) à 1 823 € (100 % du SMIC, pour un apprenti de 26 ans et plus). Ces montants sont des bruts mensuels basés sur le SMIC 2026 fixé à 1 823,03 €.
Quand le salaire de l'apprenti augmente-t-il ?
Le salaire augmente automatiquement dans deux cas : lors du passage à une nouvelle année de contrat (à la date anniversaire du contrat), et lors du franchissement d'un palier d'âge (18, 21 ou 26 ans). Dans ce dernier cas, la majoration s'applique à compter du 1er jour du mois suivant l'anniversaire de l'apprenti.
Le salaire de l'apprenti est-il imposable ?
Non, dans la limite du SMIC annuel. La rémunération de l'apprenti est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 21 876 € en 2026 (montant annuel du SMIC). La fraction éventuelle au-delà est soumise à l'impôt sur le revenu et au prélèvement à la source.
Quel est le seuil d'exonération de cotisations salariales pour un apprenti en 2026 ?
Il dépend de la date de signature du contrat. Pour les contrats signés avant le 1er mars 2025, l'exonération totale s'applique jusqu'à 79 % du SMIC (~1 440 €). Pour les contrats signés à partir du 1er mars 2025, ce seuil est abaissé à 50 % du SMIC (~911 €). Au-delà, les cotisations salariales classiques (dont CSG et CRDS) s'appliquent sur la fraction excédentaire.
L'apprenti peut-il percevoir des primes en plus de son salaire ?
Oui. L'apprenti bénéficie des mêmes avantages conventionnels que les autres salariés : prime de 13e mois, prime de vacances, intéressement, participation. Ces primes ne doivent pas être proratisées en fonction du temps passé en CFA. L'employeur est tenu de les verser dans leur intégralité, dans les mêmes conditions que pour les autres salariés.
Sources et références
Service-public.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2918
Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051393046
Résumer cet article avec :
- ChatGPT
- Perplexity


Questions & réponses