Vendeur à domicile indépendant (VDI) : guide 2026

Temps de lecture : 6 min
L'article en bref
  • Le statut de VDI : il permet de vendre des produits à domicile sans lien de subordination avec l'entreprise mandante.
  • Mandataire ou acheteur-revendeur : le type de contrat signé détermine si les revenus sont imposés en BNC ou en BIC.
  • Les cotisations sociales du VDI : le plus souvent, c'est l'entreprise mandante qui les verse directement à l'URSSAF.
  • La franchise en base de TVA : en dessous de certains seuils de chiffre d'affaires, le VDI n'est pas redevable de la TVA.
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Deborha-Vindiolet-expert-comptable

Déborha VINDIOLET

Diplômée en DCG et BTS Comptabilité et accompagnatrice de freelances chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour
Sommaire

VDI : ce que recouvre réellement ce statut en 2026

Le Vendeur à Domicile Indépendant (VDI) est une personne qui vend des produits ou services pour le compte d'une entreprise, directement au domicile des clients ou sur leur lieu de travail, sans lien de subordination avec cette entreprise. Il ne s'agit ni d'un salarié classique, ni d'un simple auto-entrepreneur : le statut VDI répond à des règles spécifiques en matière sociale, fiscale et commerciale.

Le démarchage à domicile suppose la présence physique simultanée du vendeur et du client. Il se distingue de la vente à distance (e-commerce) et fait l'objet d'une réglementation protectrice du consommateur, notamment le droit de rétractation de 14 jours.

Les trois situations possibles pour un VDI

La situation sociale et fiscale d'un VDI dépend en premier lieu de son inscription ou non au registre du commerce.

SituationRégime socialRégime fiscal
VDI salarié (contrat de travail avec l'entreprise)Régime général salarié, cotisations calculées sur salaire brutTraitements et salaires
VDI non inscrit au RCS/RSAC (assimilé salarié)Régime général de la Sécurité sociale. L'entreprise paie les cotisations. Bases et cotisations forfaitaires possibles.BIC (acheteur-revendeur) ou BNC (mandataire)
VDI inscrit au RCS ou RSAC (TNS)Régime général des travailleurs non-salariés. Le VDI paie lui-même ses cotisations.BIC (acheteur-revendeur) ou BNC (mandataire)

La grande majorité des VDI ne s'inscrivent pas au registre du commerce et sont donc assimilés salariés pour la Sécurité sociale : c'est l'entreprise qui verse les cotisations à l'URSSAF en leur nom, via un bulletin de précompte trimestriel. Ce fonctionnement est souvent présenté comme un avantage du statut car il simplifie les démarches administratives.

L'activité VDI ne peut s'exercer qu'en entreprise individuelle, en nom propre. Il n'existe pas de société VDI. Seuls les commerçants disposant d'un contrat de distribution propre (distinct du contrat VDI) peuvent exercer en société et opter pour l'IS.

Les deux types de VDI : mandataire et acheteur-revendeur

Le régime fiscal dépend du type de contrat signé avec l'entreprise :

  • Le mandataire prend des commandes au nom et pour le compte de l'entreprise. Il perçoit des commissions sur les ventes réalisées. Ses revenus sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).
  • L'acheteur-revendeur achète les produits à l'entreprise et les revend lui-même à ses clients. Son revenu est la marge entre le prix d'achat et le prix de revente. Il est imposé dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).

Régime fiscal du VDI : IR obligatoire, barème ou micro

Le VDI est toujours imposé à l'impôt sur le revenu (IR). L'impôt sur les sociétés (IS) n'est pas applicable, puisque l'activité VDI ne peut pas s'exercer en société. Le taux normal de l'IS en 2026 est de 25 % : cette information ne concerne donc pas les VDI, mais uniquement les commerçants qui opèrent sous forme sociétaire.

Deux régimes d'imposition sont possibles :

Type de VDICatégorieMicro-régime (abattement forfaitaire)Régime réel
MandataireBNCMicro-BNC : abattement de 34 % sur les recettes brutesDéclaration contrôlée : déduction des charges réelles
Acheteur-revendeurBICMicro-BIC : abattement de 71 % sur le chiffre d'affaires (activité de vente)Régime réel simplifié : déduction des charges réelles

Le micro-régime est applicable tant que le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas les seuils de la franchise en base :

  • 77 700 € pour les prestations de services (mandataire, BNC)
  • 188 700 € pour les ventes de marchandises (acheteur-revendeur, BIC)

Le revenu net imposable (après abattement) s'ajoute aux autres revenus du foyer fiscal et est soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Cotisations sociales : le fonctionnement du système forfaitaire

Pour les VDI non inscrits au RCS ou RSAC (les plus nombreux), le régime social est celui de l'assimilé-salarié. Les cotisations sont acquittées par l'entreprise mandante, pas par le VDI lui-même. Elles sont calculées trimestriellement, sur la base d'un système de bases forfaitaires ou d'assiettes forfaitaires, dont le montant varie selon le niveau de rémunération brute du trimestre.

Il existe un seuil d'exonération : si la rémunération brute trimestrielle est inférieure à 3 plafonds journaliers de Sécurité sociale (soit 660 € en 2026), aucune cotisation n'est due. C'est pourquoi de nombreux VDI à faible activité ne génèrent aucune charge sociale.

Au-delà de ce seuil, des assiettes forfaitaires s'appliquent par tranches de rémunération, avec application des taux de droit commun. La déclaration et le paiement de ces cotisations se font auprès de l'URSSAF à la fin de chaque trimestre.

Si votre rémunération trimestrielle dépasse 27 plafonds journaliers (soit 5 940 € en 2026), les cotisations ne peuvent plus être calculées sur base forfaitaire. Elles sont alors calculées sur l'assiette réelle (rémunération brute réelle × taux de droit commun).

Le VDI inscrit au RCS ou RSAC relève quant à lui du régime des travailleurs non-salariés (TNS). Il doit déclarer son activité via le guichet unique des formalités des entreprises et payer lui-même ses cotisations sociales à l'URSSAF.

TVA : la franchise en base de TVA pour les VDI

Un VDI peut bénéficier de la franchise en base de TVA s'il ne dépasse pas les seuils de chiffre d'affaires annuel :

  • 37 500 € pour les prestations de services (mandataire)
  • 85 000 € pour les ventes de marchandises (acheteur-revendeur)

En dessous de ces seuils, le VDI ne facture pas de TVA et doit faire figurer la mention "TVA non applicable, article 293 B du CGI" sur ses bons de commande, factures et bulletins de précompte.

Au-delà, il doit s'immatriculer à la TVA, facturer au taux applicable et déposer des déclarations de TVA périodiques.

Comment démarrer son activité de VDI en 2026 ?

Les démarches pour exercer en tant que VDI sont relativement simples, surtout dans le cas le plus courant (non inscription au RCS/RSAC) :

  • Signer un contrat de partenariat avec l'entreprise mandante (contrat de mandat ou contrat de distribution selon le type de VDI)
  • Si vous souhaitez vous inscrire au RCS (commerçant) ou au RSAC (agent commercial) : déclarer votre activité via le guichet unique sur guichet-entreprises.fr
  • Émettre des factures conformes avec les mentions obligatoires (nom, adresse, SIREN le cas échéant, date, numéro de facture, désignation, montant) sur chaque opération. En dessous des seuils de TVA, mentionner "TVA non applicable, art. 293 B du CGI"
  • Prévoir des conditions générales de vente pour encadrer vos relations commerciales avec vos clients, notamment le droit de rétractation de 14 jours applicable au démarchage

Si vous débutez et que votre activité VDI est complémentaire à un emploi salarié, le régime assimilé-salarié (sans inscription au RCS) est le plus simple à gérer. L'entreprise mandante s'occupe des cotisations sociales. Vous déclarez simplement vos commissions ou marges comme revenus BNC ou BIC lors de votre déclaration annuelle.

VDI et cumul avec un emploi salarié ou les allocations chômage

Le statut VDI est fréquemment exercé en complément d'une autre activité. Plusieurs situations courantes :

  • Cumul avec un emploi salarié : possible sans restriction particulière. Les revenus VDI s'ajoutent aux revenus salariaux dans votre déclaration de revenus.
  • Cumul avec le RSA : les revenus VDI peuvent être cumulés avec le RSA sous certaines conditions. L'organisme versant le RSA (CAF ou MSA) doit être informé.
  • Cumul avec les allocations chômage : sous conditions de France Travail. En règle générale, les allocations sont maintenues partiellement si l'activité VDI est déclarée et que les revenus restent modestes. Il est impératif de déclarer votre activité VDI à France Travail.

Pour les personnes en recherche d'emploi, le statut VDI non inscrit au RCS est souvent le point d'entrée recommandé car il ne crée pas de lien de subordination et n'implique pas de cotisations à la charge du VDI.

Pour aller plus loin sur le régime fiscal et social détaillé du VDI, consultez notre article dédié sur le VDI : régime fiscal et social. Si vous cherchez à comparer le statut VDI avec d'autres formes d'exercice d'une activité commerciale indépendante, notre guide sur le statut freelance et sur le choix du statut juridique vous donnent les bases nécessaires pour décider.

Questions courantes sur le statut de VDI

Peut-on exercer en tant que VDI en société ?

Non. L'activité de VDI au sens réglementaire est réservée aux personnes physiques exerçant en nom propre (entreprise individuelle). Il n'existe pas de "société VDI". Un commerçant qui souhaite exercer une activité similaire sous forme sociétaire doit disposer de son propre contrat de distribution et non d'un contrat VDI. Il est alors soumis à l'impôt sur les sociétés (taux normal de 25 % en 2026, ou 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles).

Quelle est la différence entre un VDI mandataire et un acheteur-revendeur ?

Le mandataire prend des commandes au nom de l'entreprise et perçoit des commissions : il ne possède jamais les marchandises, ses revenus sont des BNC. L'acheteur-revendeur achète les produits et les revend lui-même : il possède les stocks, son revenu est la marge de revente, et il est imposé en BIC. Le mandataire a un abattement micro de 34 %, l'acheteur-revendeur de 71 %.

Le VDI paie-t-il des cotisations sociales ?

Cela dépend de sa situation. Le VDI non inscrit au RCS/RSAC est assimilé-salarié : c'est l'entreprise mandante qui calcule et verse les cotisations à l'URSSAF. Si la rémunération brute trimestrielle est inférieure à 660 € (3 plafonds journaliers en 2026), aucune cotisation n'est due. Le VDI inscrit au RCS ou RSAC est TNS : il paye lui-même ses cotisations au régime des travailleurs non-salariés.

Le VDI doit-il facturer la TVA ?

Pas nécessairement. En dessous des seuils de la franchise en base de TVA (37 500 € pour les prestations de services, 85 000 € pour les ventes de marchandises), le VDI n'est pas redevable de la TVA. Il doit faire figurer la mention "TVA non applicable, art. 293 B du CGI" sur ses documents commerciaux. Au-delà, il doit s'immatriculer à la TVA et facturer au taux applicable.

Comment déclarer ses revenus VDI aux impôts ?

Les revenus VDI se déclarent dans le formulaire 2042 C PRO, en BNC (case pour les revenus non commerciaux) pour les mandataires, ou en BIC (case pour les activités commerciales) pour les acheteurs-revendeurs. Si vous relevez du micro-régime, vous déclarez le chiffre d'affaires brut : l'abattement est appliqué automatiquement par l'administration. Si vous optez pour le régime réel, vous déclarez le bénéfice net après déduction des charges réelles.

Faut-il s'inscrire au guichet unique pour être VDI ?

L'inscription n'est obligatoire que si vous vous immatriculez au RCS (statut commerçant) ou au RSAC (agent commercial). Dans ce cas, la démarche se fait depuis 2023 via le guichet unique des formalités des entreprises. Le VDI assimilé-salarié (non inscrit) n'a aucune formalité d'immatriculation : c'est l'entreprise mandante qui gère l'ensemble des démarches URSSAF.

Est-il préférable de s'inscrire au RCS ou de rester assimilé-salarié ?

Pour la grande majorité des VDI dont l'activité est complémentaire ou à temps partiel, rester non inscrit (assimilé-salarié) est la solution la plus simple : l'entreprise gère les cotisations, les démarches sont limitées, et vous bénéficiez d'une couverture sociale du régime général. L'inscription au RCS ou RSAC devient pertinente si votre activité VDI devient principale et que vous souhaitez optimiser votre protection sociale en tant que TNS, ou accéder à certains avantages réservés aux professionnels immatriculés.

Sources et références

Entreprendre.service-public.fr — https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F23962

Urssaf.fr — https://www.urssaf.fr/accueil/employeur/cotisations/base-forfaitaire-franchise-cotis/vendeur-a-domicile.html

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Déborha VINDIOLET
Leader comptable chez L'Expert-Comptable.com avec plus de 6 ans d'expérience dans le domaine. Diplômée en DCG et BTS Comptabilité.
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