- Plus d'un million d'entreprises sont créées chaque année en France depuis 2021 : les crises économiques accélèrent les reconversions et poussent vers l'indépendance plutôt que de freiner la création.
- La micro-entreprise ne génère aucune cotisation sans chiffre d'affaires : ce statut gratuit permet de tester une activité en période d'incertitude avec un risque financier proche de zéro.
- Le patrimoine personnel est automatiquement protégé depuis 2022 : l'entrepreneur individuel n'a plus besoin de créer une société pour mettre ses biens personnels à l'abri.
- Le maintien des allocations chômage sécurise le lancement : les demandeurs d'emploi peuvent créer leur entreprise tout en continuant à percevoir l'ARE partiellement ou intégralement.
- L'accompagnement à la création : L-Expert-Comptable.com crée votre entreprise gratuitement et gère votre comptabilité dès 79 € HT/mois.
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Plus d'un million d'entreprises créées par an en France : les crises n'arrêtent pas les entrepreneurs
En 2023, la France a franchi pour la troisième année consécutive le cap du million d'entreprises créées (1 051 500 selon l'INSEE), contre 815 000 en 2019 et à peine 580 000 en 2017. Cette dynamique a survécu à la crise sanitaire du Covid-19 (2020-2021), à la crise énergétique et inflationniste de 2022-2023 et aux incertitudes géopolitiques. La création d'entreprise en France n'est pas un phénomène conjoncturel : c'est une tendance structurelle alimentée par la simplicité du statut de micro-entrepreneur, la digitalisation des démarches et l'évolution des mentalités professionnelles.
L'histoire économique récente confirme un paradoxe : les créations d'entreprises augmentent pendant ou juste après les crises. Le premier confinement de mars 2020 a provoqué un effondrement temporaire (baisse de 30 % en avril 2020), mais le rebond a été spectaculaire : dès le second semestre 2020, les créations ont dépassé les niveaux pré-Covid, et le record absolu a été atteint en 2021 avec plus d'un million de créations pour la première fois dans l'histoire de la France.
| Année | Nombre de créations d'entreprises | Contexte économique |
|---|---|---|
| 2017 | 591 000 | Reprise post-crise 2008 |
| 2019 | 815 000 | Pré-Covid, forte croissance |
| 2020 | 848 000 | Année Covid (effondrement T2 puis rebond T3-T4) |
| 2021 | 1 007 000 | Record historique, sortie de crise sanitaire |
| 2022 | 1 072 000 | Crise énergétique et inflation |
| 2023 | 1 051 500 | Stabilisation à haut niveau |
Pourquoi les crises poussent-elles à la création d'entreprise ?
Trois facteurs structurels expliquent pourquoi les périodes d'incertitude économique sont propices à la création d'entreprise :
L'entrepreneuriat comme alternative au salariat fragilisé. Les vagues de licenciements, les plans sociaux et le recours au chômage partiel qui accompagnent les crises poussent de nombreux actifs vers l'indépendance. Les seniors de plus de 45 ans sont particulièrement concernés : ils représentent environ 16 % des créateurs d'entreprise chaque année en France. Pour beaucoup, la création d'entreprise est une réponse à la difficulté de retrouver un emploi salarié après un licenciement, surtout après 50 ans.
La quête d'autonomie et de sens. Les crises accélèrent les reconversions professionnelles. Le Covid-19 a provoqué une vague de "Grande Démission" à la française : des centaines de milliers de salariés ont quitté leur emploi pour se lancer dans des projets personnels, souvent dans des secteurs différents de leur activité d'origine. Cette tendance s'est poursuivie en 2022-2024 avec les crises inflationniste et écologique qui ont renforcé la recherche de sens professionnel.
La simplification administrative. La création d'une micro-entreprise se fait en quelques clics sur le site de l'URSSAF ou via le Guichet Unique de l'INPI (obligatoire depuis le 1er janvier 2023 pour toutes les formes juridiques). L'absence de capital minimum, la franchise de TVA et le calcul des cotisations sur le CA réellement encaissé éliminent la quasi-totalité des barrières à l'entrée.
La création d'une micro-entreprise est gratuite et peut être effectuée en ligne en moins de 30 minutes. Le numéro SIRET est délivré en quelques jours. Cette rapidité fait de la micro-entreprise le premier choix des créateurs en période d'incertitude, car elle permet de tester une activité sans engagement financier lourd.
Les secteurs les plus dynamiques pour créer en période d'incertitude
Tous les secteurs ne se valent pas en période de crise. Certaines activités sont plus résilientes, voire anti-cycliques :
- Services aux entreprises (conseil, formation, IT) : les entreprises externalisent davantage en période de tension économique pour réduire leurs coûts fixes. Un consultant indépendant est moins risqué pour un donneur d'ordre qu'un recrutement en CDI.
- E-commerce et vente en ligne : le Covid a définitivement ancré les habitudes d'achat en ligne. Les créations dans ce secteur restent à un niveau élevé.
- Santé, bien-être et services à la personne : demande structurelle liée au vieillissement de la population et à la montée en puissance des préoccupations de bien-être.
- Transition écologique et rénovation énergétique : les aides publiques (MaPrimeRénov', CEE) soutiennent une demande forte en travaux de rénovation, audit énergétique et conseil en transition.
- Alimentation locale et circuits courts : les crises de confiance alimentaire et la montée des préoccupations environnementales favorisent les projets de production et distribution locale.
Les secteurs les plus vulnérables en période de crise sont la restauration traditionnelle (sensible à la baisse du pouvoir d'achat), le commerce physique non alimentaire (concurrence du e-commerce) et le tourisme d'affaires (budgets réduits en période de tension).
Quel statut juridique choisir pour créer en période d'incertitude ?
Le choix du statut juridique est d'autant plus important en période d'incertitude que l'objectif est de limiter les risques tout en conservant de l'agilité :
| Statut | Adapté si... | Plafond CA 2026 | Risque financier |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | Vous testez une activité, charges faibles, CA prévisionnel modéré | 83 600 € (services) / 203 100 € (ventes) | Minimal (pas de cotisations si pas de CA) |
| EI au réel | Charges réelles élevées (loyer, matériel, sous-traitance) | Pas de plafond | Faible (patrimoine personnel protégé depuis 2022) |
| SASU | Vous souhaitez la couverture sociale du régime général + optimisation rémunération/dividendes | Pas de plafond | Limité au capital social |
| EURL/SARL | Vous souhaitez le régime TNS (cotisations moins élevées) ou vous associer | Pas de plafond | Limité au capital social |
La micro-entreprise est le choix naturel en période d'incertitude car elle ne génère aucune cotisation en l'absence de chiffre d'affaires. Si l'activité ne décolle pas, le coût est nul. Si elle décolle, il est toujours possible de basculer vers un régime réel ou une société.
Depuis la loi du 14 février 2022, l'entrepreneur individuel bénéficie d'une protection automatique de son patrimoine personnel (résidence principale, épargne, biens personnels), sans avoir besoin de créer une société. Cette protection réduit considérablement le risque de la création en nom propre.
Utilisez notre simulateur de statut juridique pour comparer les options selon votre situation. En période d'incertitude, la règle est simple : commencez léger (micro-entreprise) et montez en structure (EI au réel puis société) quand l'activité le justifie.
Les aides à la création d'entreprise disponibles en 2026
Les dispositifs d'aide sont particulièrement généreux en France et constituent un filet de sécurité pour les créateurs en période de turbulence :
- ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) : exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d'activité. Depuis la réforme de juillet 2026, le taux est fixé à 75 % des cotisations normales (vous ne payez donc que 25 % du montant habituel la première année). Accessible sans condition de revenus pour toute première création.
- Maintien des allocations chômage (ARE) : les demandeurs d'emploi qui créent une entreprise peuvent continuer à percevoir leurs allocations France Travail (partiellement ou intégralement selon le revenu généré par l'entreprise) ou opter pour le versement en capital via l'ARCE (45 % du reliquat des droits).
- Prêt d'honneur : prêt personnel à taux zéro (de 2 000 à 50 000 € selon les réseaux) accordé par Initiative France, Réseau Entreprendre ou France Active pour renforcer les fonds propres et faciliter l'accès au crédit bancaire.
- Microcrédit professionnel : jusqu'à 12 000 € via l'ADIE (Association pour le Droit à l'Initiative Économique) pour les créateurs n'ayant pas accès au crédit bancaire classique.
- Aides régionales : chaque région dispose de ses propres dispositifs (subventions, avances remboursables, accompagnement). Consultez aides-entreprises.fr pour identifier les aides disponibles dans votre territoire.
Les stratégies pour limiter les risques de la création en période d'incertitude
Créer en période de crise n'est pas imprudent, à condition d'adopter une approche pragmatique :
- Testez avant d'investir : la micro-entreprise permet de valider un marché avec un investissement proche de zéro. Ne signez pas de bail commercial, n'achetez pas de matériel coûteux et ne recrutez pas tant que votre CA ne le justifie pas.
- Conservez un revenu de sécurité : si vous êtes salarié, le cumul emploi/création d'entreprise est possible (sous réserve de clause de non-concurrence). Si vous êtes demandeur d'emploi, maintenez vos allocations France Travail le plus longtemps possible.
- Ciblez une offre anti-cyclique : en période de crise, les entreprises et les particuliers cherchent à réduire leurs coûts, à gagner en efficacité ou à résoudre des problèmes urgents. Positionnez votre offre sur l'un de ces axes.
- Gardez des charges fixes minimales : travaillez depuis chez vous ou en espace de coworking, sous-traitez plutôt que de recruter, utilisez des outils gratuits ou freemium.
- Provisionnez vos cotisations : mettez de côté environ 22 % de chaque encaissement (micro-entrepreneur services) ou 45 % de votre bénéfice (régime réel) sur un compte dédié.
L-Expert-Comptable.com accompagne les créateurs d'entreprise dans toutes les étapes de leur projet, de la création en ligne à la gestion comptable courante. Notre accompagnement est offert pour la création et la comptabilité démarre à partir de 79 € HT par mois.
Ce que les futurs entrepreneurs nous demandent le plus souvent
Est-ce risqué de créer son entreprise en période de crise économique ?
Le risque dépend du statut choisi et de l'investissement initial. En micro-entreprise, le risque financier est proche de zéro : pas de CA, pas de cotisations. Depuis la loi de 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement protégé. Le vrai risque n'est pas financier mais temporel : le temps investi dans un projet qui ne fonctionne pas est du temps non consacré à une recherche d'emploi salarié.
Quels sont les secteurs les plus sûrs pour créer en 2026 ?
Les services aux entreprises (conseil, IT, formation), la santé et le bien-être, la rénovation énergétique et le e-commerce restent les secteurs les plus résilients. Les activités qui répondent à une contrainte réglementaire (mise en conformité, audit, DPE) ou à un besoin incompressible (alimentation, santé) résistent structurellement mieux aux retournements de conjoncture.
Peut-on créer son entreprise en restant salarié ?
Oui. Le cumul d'un emploi salarié et d'une activité indépendante est légalement possible, sous réserve de respecter les obligations de loyauté et de non-concurrence envers votre employeur. Vous n'avez pas l'obligation de prévenir votre employeur sauf si votre contrat de travail ou votre convention collective l'exige expressément.
Peut-on créer une entreprise tout en touchant le chômage ?
Oui. Les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail peuvent créer une entreprise tout en continuant à percevoir leurs allocations ARE (partiellement, en fonction du revenu d'activité généré). L'alternative est de demander l'ARCE (versement en capital de 45 % du reliquat des droits) pour financer le démarrage de l'entreprise.
Combien coûte la création d'une micro-entreprise en 2026 ?
La création d'une micro-entreprise est gratuite : l'inscription se fait en ligne sur le site de l'URSSAF ou via le Guichet Unique de l'INPI, sans frais d'immatriculation. Les seuls coûts récurrents sont les cotisations sociales (21,1 % du CA pour les services BNC, 12,3 % pour les ventes BIC) et l'éventuel impôt sur le revenu si vous n'optez pas pour le versement libératoire.
Sources et références
Entreprendre.service-public.gouv.fr - https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23282
Bpifrance Création - Accompagnement et financement de la création d'entreprise
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