- Les professions libérales non réglementées sont toutes éligibles : consultants, formateurs, graphistes et développeurs peuvent exercer en micro-entreprise sans restriction.
- Le plafond de CA est fixé à 83 600 € en 2026 : un dépassement deux années consécutives oblige le passage au régime réel BNC avec déclaration 2035.
- Les cotisations sociales s'élèvent à 21,1 % du CA : aucune cotisation n'est due en l'absence de chiffre d'affaires sur la période déclarée.
- L'abattement forfaitaire de 34 % couvre les charges : au-delà de ce seuil de charges réelles le régime réel devient fiscalement plus avantageux.
- La comptabilité déléguée dès 79 € HT/mois : L-Expert-Comptable.com accompagne les professions libérales dans le choix de leur régime et leur comptabilité.
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Peut-on exercer une profession libérale en auto-entrepreneur ?
La micro-entreprise (anciennement appelée auto-entrepreneur) est un régime fiscal et social simplifié accessible à toute personne physique souhaitant exercer une activité professionnelle à titre principal ou secondaire. Depuis le 1er janvier 2009, les professions libérales peuvent y accéder sous conditions. En 2026, ce régime reste le point d'entrée le plus simple pour démarrer une activité libérale indépendante, à condition de rester sous le plafond de chiffre d'affaires et de vérifier que la profession est compatible avec ce statut.
La profession libérale se définit comme une activité non salariée, non artisanale, non agricole et non commerciale, exercée de façon autonome et sous la responsabilité personnelle du professionnel. Elle relève des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) sur le plan fiscal. Il existe deux grandes catégories : les professions libérales réglementées, soumises au contrôle d'un ordre, d'un syndicat ou d'une chambre professionnelle, et les professions libérales non réglementées, librement accessibles.
Quelles professions libérales peuvent exercer en auto-entrepreneur en 2026 ?
La compatibilité avec le régime micro dépend du statut réglementé ou non de la profession. Pour les professions réglementées, c'est l'ordre ou l'autorité de tutelle qui détermine si l'exercice en micro-entreprise est autorisé. Voici un aperçu des principales professions :
| Profession libérale réglementée | Autorité de tutelle | Auto-entrepreneur possible ? |
|---|---|---|
| Expert-comptable | Ordre des Experts-Comptables | Non |
| Avocat | Barreau | Non |
| Médecin | Ordre National des Médecins | Non (secteur conventionné) |
| Infirmier | Ordre National des Infirmiers | Oui (sous conditions) |
| Kinésithérapeute | Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes | Oui (sous conditions) |
| Architecte | Ordre des Architectes | Oui (sous conditions) |
| Notaire, huissier, commissaire-priseur | Chambre nationale | Non |
| Agent commercial | Registre spécial des agents commerciaux | Oui |
Les professions libérales non réglementées peuvent en principe toutes exercer en micro-entreprise. On y trouve notamment les consultants, formateurs, coaches, graphistes, développeurs freelance, traducteurs, rédacteurs, ingénieurs conseil, économistes de la construction, psychanalystes, designers, maîtres d'œuvre, et toutes les activités de conseil et de services intellectuels non soumises à un ordre professionnel.
Si vous exercez une profession libérale réglementée et que vous souhaitez ouvrir une activité complémentaire non réglementée en micro-entreprise, sachez qu'il n'est pas possible d'être deux fois TNS simultanément. Vous ne pouvez pas cumuler un cabinet libéral en BNC réel avec une micro-entreprise distincte pour une activité annexe. La décision dépend de la structure de votre activité principale : rapprochez-vous de votre ordre ou d'un expert-comptable avant toute démarche.
Le plafond de chiffre d'affaires en 2026
Pour bénéficier du régime micro-entrepreneur en activité libérale BNC, le chiffre d'affaires annuel encaissé ne doit pas dépasser 83 600 € hors taxes en 2026. Ce seuil s'apprécie sur l'année civile. Si le CA dépasse ce plafond deux années de suite, le micro-entrepreneur bascule automatiquement au régime réel BNC à partir du 1er janvier de la troisième année.
À titre comparatif, le seuil de la franchise en base de TVA est de 37 500 € pour les prestations de services : un micro-entrepreneur libéral qui dépasse ce seuil doit facturer la TVA, même s'il reste sous le plafond micro pour ses bénéfices.
Les cotisations sociales du micro-entrepreneur libéral en 2026
En 2026, le taux de cotisations sociales applicable aux professions libérales relevant du régime SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) est de 21,1 % du chiffre d'affaires encaissé. Ce taux s'applique aux professions libérales non réglementées et à certaines professions réglementées dont la liste relève désormais de la SSI depuis l'intégration progressive des caisses de retraite spécifiques.
S'ajoute à ce taux la contribution à la formation professionnelle (CFP) de 0,2 % du CA, prélevée annuellement.
| Prélèvement | Taux 2026 | Base de calcul |
|---|---|---|
| Cotisations sociales (SSI — BNC libéral) | 21,1 % | CA encaissé |
| Contribution à la formation professionnelle | 0,2 % | CA encaissé |
| Cotisation foncière des entreprises (CFE) | Variable selon commune | Valeur locative (exonération 1ère année) |
Si aucun chiffre d'affaires n'est encaissé sur la période de déclaration, aucune cotisation sociale n'est due. Ce mécanisme est l'un des atouts majeurs du régime micro pour les activités démarrantes ou irrégulières.
Depuis la réforme de 2023, les professions libérales non réglementées qui cotisaient auparavant à la CIPAV ont progressivement basculé vers la SSI. Ce changement ouvre des droits à une retraite complémentaire intégrée dans les cotisations, ce qui explique l'évolution des taux ces dernières années. Vérifiez auprès de votre caisse de retraite à laquelle vous êtes rattaché si vous avez des questions sur vos droits constitués.
La fiscalité du micro-entrepreneur libéral en 2026
Régime micro-fiscal : abattement forfaitaire de 34 %
Les bénéfices d'une activité libérale en micro-entreprise sont soumis à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des BNC. Le résultat imposable est calculé en appliquant un abattement forfaitaire de 34 % au chiffre d'affaires annuel. Cet abattement représente forfaitairement les charges professionnelles : il n'est pas possible de déduire les charges réelles sous ce régime.
Exemple : un formateur indépendant réalise 60 000 € de CA en 2025. Son revenu imposable sera de 60 000 × 66 % = 39 600 €. L'abattement ne peut pas être inférieur à 305 €.
Option pour le versement libératoire de l'IR
Les micro-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence du foyer de l'année N-2 ne dépasse pas les seuils suivants peuvent opter pour le versement libératoire forfaitaire de l'IR :
- Personne seule : RFR N-2 inférieur à 27 478 € (1 part)
- Couple sans enfant : RFR N-2 inférieur à 54 956 € (2 parts)
Dans ce cas, l'impôt sur le revenu est payé simultanément aux cotisations sociales, au taux forfaitaire de 2,2 % du CA pour les activités BNC libérales. Ce taux est appliqué directement sur le CA encaissé, sans abattement préalable.
Simulation chiffrée 2026 : profession libérale à 60 000 € de CA
Voici une simulation indicative pour un consultant libéral non réglementé réalisant 60 000 € de CA annuel en 2026, sans option pour le versement libératoire :
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires annuel | 60 000 € | |
| Cotisations sociales (21,1 %) | 60 000 × 21,1 % | - 12 660 € |
| Formation professionnelle (0,2 %) | 60 000 × 0,2 % | - 120 € |
| Revenu disponible avant IR | 60 000 - 12 780 | 47 220 € |
| Base imposable IR (abattement 34 %) | 60 000 × 66 % | 39 600 € |
| IR estimé (TMI 30 %, célibataire sans enfant) | Barème progressif sur 39 600 € | ~ 5 500 € |
| Revenu net estimé après IR | ~ 41 720 € |
Cette simulation est indicative et ne tient pas compte de la situation familiale, des autres revenus du foyer ni des éventuelles déductions applicables. Utilisez notre simulateur micro-entrepreneur pour une estimation personnalisée.
Comment créer une micro-entreprise libérale en 2026
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les démarches de création d'entreprise sont centralisées sur le Guichet Unique de l'INPI. Pour créer une micro-entreprise libérale, la procédure est la suivante :
- Vérifier que la profession est compatible avec le régime micro (ordre professionnel ou liste des professions non réglementées)
- Se connecter sur guichet-entreprises.fr ou autoentrepreneur.urssaf.fr et compléter le formulaire de déclaration d'activité
- Pour les professions réglementées, joindre le justificatif d'adhésion ou d'inscription à l'ordre ou à la chambre compétente
- Recevoir son numéro SIRET et la notification de régime d'imposition transmis par l'administration fiscale
Une fois créée, la déclaration du chiffre d'affaires s'effectue mensuellement ou trimestriellement sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr. Le paiement des cotisations est simultané à la déclaration. En l'absence de CA sur la période, la déclaration reste obligatoire (déclaration à zéro) mais aucune cotisation n'est due.
Les limites du régime micro pour une profession libérale
La micro-entreprise libérale présente des limites qu'il faut anticiper :
- Plafond de CA à 83 600 € : au-delà, le basculement au régime réel BNC est obligatoire, ce qui implique une comptabilité complète et une déclaration 2035
- Charges non déductibles : si vos charges réelles dépassent 34 % du CA (loyers, matériel, déplacements, sous-traitance...), le régime réel est plus avantageux fiscalement
- Embauche impossible : la micro-entreprise ne permet pas d'embaucher un salarié de façon rentable, car les cotisations sont calculées sur le CA global incluant les coûts salariaux
- Image professionnelle : certains clients professionnels (grands comptes, administrations) préfèrent travailler avec des sociétés (SASU, EURL) pour des raisons de crédibilité ou de responsabilité
- Pas de déduction des cotisations Madelin : contrairement au régime réel, les cotisations de prévoyance et de retraite complémentaire ne sont pas déductibles en micro
Le seuil de basculement vers une société (SASU ou EURL) se situe généralement entre 50 000 € et 70 000 € de CA annuel, selon le niveau de charges réelles et la politique de rémunération souhaitée. En dessous, la micro-entreprise reste avantageuse par sa simplicité. Au-delà, simuler le gain net en SASU ou EURL avec un expert-comptable permet de quantifier l'intérêt du changement. Notre simulateur de revenus TNS peut vous aider à comparer les deux régimes.
Questions fréquentes sur la profession libérale en auto-entrepreneur
Quel est le plafond de CA pour une profession libérale en micro-entreprise en 2026 ?
Le plafond de chiffre d'affaires annuel est de 83 600 € HT pour les activités de prestations de services BNC en 2026. Au-delà de ce seuil pendant deux années consécutives, le régime réel BNC s'applique obligatoirement.
Quel est le taux de cotisations sociales d'un micro-entrepreneur libéral en 2026 ?
Le taux est de 21,1 % du CA encaissé pour les professions libérales relevant de la SSI (non réglementées et certaines réglementées). S'ajoute 0,2 % de contribution à la formation professionnelle. Si aucun CA n'est déclaré, aucune cotisation n'est due.
Un expert-comptable peut-il exercer en micro-entreprise ?
Non. L'Ordre des Experts-Comptables n'autorise pas l'exercice de la profession en micro-entreprise. Il en va de même pour les avocats, notaires et certaines autres professions réglementées. Consultez votre ordre avant toute création.
Peut-on cumuler une profession libérale classique avec une micro-entreprise ?
Non. Il n'est pas possible d'être deux fois TNS simultanément. Si vous exercez déjà une activité libérale au régime réel BNC, vous ne pouvez pas ouvrir une micro-entreprise distincte pour une activité complémentaire. Les deux activités doivent être regroupées sous un même régime.
Qu'est-ce que le versement libératoire de l'IR et qui peut en bénéficier ?
C'est une option permettant de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations sociales, au taux forfaitaire de 2,2 % du CA pour les BNC libéraux. Elle est accessible si le revenu fiscal de référence du foyer de l'année N-2 est inférieur à 27 478 € pour 1 part (ou 54 956 € pour 2 parts).
Faut-il s'immatriculer quelque part pour créer une micro-entreprise libérale ?
Oui, la déclaration d'activité se fait désormais uniquement via le Guichet Unique de l'INPI (guichet-entreprises.fr) ou le site autoentrepreneur.urssaf.fr. Il n'y a pas d'immatriculation au RCS ni au RM pour les activités libérales, mais la déclaration auprès de l'URSSAF reste obligatoire.
Quand vaut-il mieux passer de la micro-entreprise à une société ?
Le passage en SASU ou EURL devient pertinent généralement entre 50 000 et 70 000 € de CA annuel, surtout si les charges réelles dépassent 34 % du CA, si l'activité nécessite des embauches, ou si la clientèle exige une structure sociétaire. Un expert-comptable peut réaliser une simulation comparative personnalisée.
Sources et références
Entreprendre.service-public.fr : Professions libérales réglementées et non réglementées
Economie.gouv.fr : Comment devenir micro-entrepreneur
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- Perplexity


Questions & réponses
Bonjour, Je suis kinésithérapeute et j'ai une formation complémentaire en neurosciences pour la prise en charge des troubles de l'attention. Cette pratique n'est pas nomenclaturé par ma profession (kiné). Je souhaite donc savoir si je peux ouvrir un cabinet libéral sous le statut d'auto-entrepreneur pour cette activité?
Merci beaucoup pour voter éclairage
Bien cordialement Gabrielle Cadet
Bonjour,
Vous devez prendre en considération le statut que vous avez en tant que dirigeante sur votre première activité. Vous ne pouvez pas être deux fois TNS.
Bien à vous.
Bonjour
Auprès de qui doit on signaler le changement du passage a prof liberale non réglemntée a autoentrepreneur
D abord les impots ou l INPI
J ai appelé les deux qui se renvoient la balle !!
Merci pour votre réponse
Bonjour,
Pour rappel, il n'est pas possible d'avoir à la fois une activité libérale et une auto-entreprise. De ce fait, vous devez fermer d'abord votre activité libérale puis recréer une auto-entreprise.
Pour la fermeture d'une société, vous devez passer par l'INPI et le site du guichet unique. Les informations seront par la suite transmises aux différents organismes (DGFIP, URSSAF, etc...).
Bonne journée.